Cette page est une participation au concours de fanfiction, élaborée par un des participants. Merci de ne pas la modifier, à part pour la mise en page, car cette fanfiction doit être de l'entière création de l'auteur(e).

Merci de votre compréhension.

Explications

Alors, voici ma fanfic pour le concours! Jai choisie le thème "un Noël dans les Cités perdues"! J'espère que ça va vous plaire! Une dernière chose: cette fanfiction se situe à peu près vers les derniers tomes, mais avant le 8,5 car je ne l'ai pas lu.

Le manteau de la reine

Une petite lueur, un éclat d'étoile, un morceau d'infini éphémère.  Étincelant, fin ouvrage de givre et de glace, cathédrale d'eau gelée.  

Elle ne devait pas oublier,  jamais. Et pourtant... La réalité la happa, brisant sans remords le tissu de rêve dont Morphé l'avait drapé. Ne pas oublier, surtout... Les derniers voiles éparses de songe volèrent en éclat,  et la jeune fille se redressa tout à fait.

Déjà si longtemps qud je vie dans les Cités Perdues!

-Tiens, nota t-elle, il neige.  Il neige? À Everglen?  C'est impossible!  

Elle avait cru, à tort certe, que le beau fixe devait forcément se maintenir dans son nouveau foyer, pas si nouveau que ça.  Jamais une once de pluie, pas un soupçon de froid. Et voila que tout était recouvert d'un épais manteau blanc étincelant à la pâle lueur du jour naissant. Le manteau de la reine des neiges...

Dans un conte que sa mère humaine lui lisait lorsqu'elle était enfant, deux enfants, un garçon et une fille, se retrouvaient pour faire de la luge sur la place du village. Un jour, le petit garçon accrocha, comme il était coutume de le faire alors, sa luge au traîneau qui passait là. Il ne parvint pas à s'en défaire et sortit du village. La reine des neiges, car c'était elle, le fit monter dans son traîneau, le recouvrit de son manteau blanc, et lui donna deux baisers. Un pour devenir insensible et froid comme la glace, et l'autre pour oublier. Oublier...

Elle prit alors conscience d'une chose, peut être la plus importante qui soit: elle n'était pas seulement le Colibri, destinée à remplir une obscure mission du Cygne Noir, mais également une elfe élevée par des humains, un pont entre les mondes. Elle se devait de le faire, de leur faire comprendre, de leur faire réapprendre que la magie existe en chacun d'entre eux, que ça n'était pas une invention humaine. Elle devait leur ouvrir les yeux, comme on aide un petit enfant à marcher. Car les elfes, aussi beaux et puissants soient-ils, ne connaissaient pas l'émerveillement. Ils avaient tout oublié, comme embrassé par la reine de glace du conte.

Et comme la petite fille du conte, elle allait faire fondre la glace issu de ces baisers maudits.

Pour commencer cet apprentissage crucial, elle décida de leur montrer Noël.

La mémoire de neige, le refus de glace

Saisissant son transmetteur avec un entrain démesuré, sans se rendre compte qu'elle portait sur la tête une coiffure à faire pâlir d'envie un ananas, elle annonça une réunion d'urgence à Havenfield, le plus tôt possible, puis descendit prendre son petit-déjeuner, non sans avoir livré une sacré bataille à ses cheveux, sous les ordres de Vertina.

Grady et Edaline, attablés devant un bol de liquide d'un violet profond, devisaient en se regardant tendrement.

- Bonjour Papa, bonjour Maman!

Papa et maman. Comme elle aimait les appeler ainsi! La trace de tant d'épreuves se reflétaient en ces mots, mais de tant d'amour aussi!

- Bonjour Sophie! Nous t'avons gardé de quoi manger, tu viens?, répondirent-ils de concert.

- Oui! Dites, vous connaissez Noël ?

- Bien sûr, pourquoi cette question?

Ils répondaient à l'unisson, et semblaient vibrer sur une même symphonie

- Quoi! Je pensais que vous ne...

- Ne quoi? Naol est le meilleur joiailler de l'Atlantide, c'est....

Ils s'interrompirent brusquement.

- Pourquoi le connaîs-tu?

- Je parlais de NOËL, pas de je ne sais quel bijoutier. C'est une fête humaine.

Le mal était donc grave. Même les parents d'une elfe qui avait vécu chez les humains étaient atteints. Il était grand temps de les secouer un peu.

- Et cela consiste en quoi?

Edaline gardait quand même sa curiosité intacte, heureusement !

- Je vous expliquerais pendant la réunion. Je peux ?, dit t-elle en désignant le bol.

- Oui, bien sûr. Attends, quoi?

Grady manqua de s'étrangler avec la mixture violette, avant de balbutier:

- Une réunion? J'espère que nous pourrons y assister!

Grady, à l'instar d'Edaline, gardait quelque chose intact, son instinct de surprotection. Elle répondit par l'affirmative, puis, ayant fini son bol, sorti dehors pour admirer le panacier de Calla couvert de neige.

Ses amis et le comité enfin arrivé et installé sous un dais installé par les gnomes près du panacier, elle exposa son plan: faire fêter Noël au Cités Perdues, et, réussir à la faire devenir une fête elfe.

C'est là que tout commença à basculer. Une mystérieuse lueur monta de la neige, qui décidément n'était pas là par hasard, et une silhouette vaporeuse à la longue traîne blanche se forma. D'une voix suave mais néanmoins d'outre-tombe, elle délivra un message mental à la Télépathe, tandis que les autres gardaient les yeux fixés sur la silhouette.

Jeune fille. Tu es la voix et tu connais la voie. Seule toi peux faire changer les choses. Retrouves ceci. Retrouve le, morceau par morceau, et fait devenir incroyable ce qui était banal. Ton origine est la clef. Voici de quoi commencer la quête. Mais prends garde...ma....ma...soe...

La silhouette retomba au sol, tandis que la télépathe percevait un brin de fraîcheur dans sa paume. En dépliant ses doigts, elle découvrit un minuscule pendentif, auquel il semblait manquer six morceaux. Seul le coeur, un hexagone, demeurait. C'était lui qui irradiait une fraîcheur que Sophie reconnut pour celle de la mystérieuse apparition. Le tout était monté sur une chaîne d'argent arachnéenne, et le pourtour de ce qui devait constituer la breloque paraissait fait de dentelle d'argent. Elle le passa autour de son cou, et recommença à prendre conscience de ce qui l'entourait. Tout'es les personnes présentes scrutaient les environs, pensant avoir affaire à un Rafaleur. Sophie démentit leurs propos. Personne ne l'a crut parmi les adultes présents, tous n'avaient vu qu'une colonne d'air s'élever, entraînant dans son sillage des flocons. Dex, Biana, Keefe et Linh soutinrent l'Instillatrice, mais Fitz, Marella et Tam ainsi que Wylie se rangèrent du côté des adultes.

Sophie narra son histoire, et conclua en montrant le collier qu'elle avait reçu. Un fin rayon de lumière en tombait. M. Forme prit le collier, l'examina et l'observa sous toutes ses coutures avant de déclarer:

- C'est un cristal de saut. Il mène dans les cités interdites.

Cette affirmation souleva un tollé général, chacun y allant de son petit commentaire. Les positions changèrent, pour finalement former deux groupes distincts. Les adultes étaient tous contre, estimant la chose dangereuse, et Sophie et ses amis, qui souhaitaient découvrir se que cachait le mince filet de lumière. M. Forkle accepta finalement de rendre le bijou, contre la promesse qu'il ne serait pas utilisé par la jeune fille.

La première lueur

Une dizaine d'heures plus tard, la petite troupe se retrouvait à Candleshade, déserté par le père de Keefe, qui se reposait dans un de ses "refuges". Vêtus comme des humains en hiver, ils se préparaient à sauter grâce à l'entrefilet de lumière, quand ils perçurent un éclat de lumière de l'autre côté de la maison : Grady venait d'arriver chez les Sencen, visiblement en quête de sa progéniture et de ses amis. Sans se conserter, ces derniers décampèrent par la voie de la lumière.

Ils se matérialisèrent dans une ruelle sombre, à deux pas d'une immense assemblée de petites cabanes de bois décoré, sculptés, lumineux et étincelant.

Apparemment, ils étaient atterri dans une fête immense, et ô combien bruyante! Les deux télépathes créèrent rapidement un bouclier mental, et le groupe d'elfe se glissa dans la cohue. Partout ce n'était que rangées de cabanes de bois, agitation, mais surtout joie. Divers échoppes attirèrent leurs attentions: celles de chapeau, d'arts décoratifs, de chocolat, de pâtisseries, de nourriture, de sacs et de bijoux.

Se rangeant près d'une assemblée de canaux surplombés d'un pont en pierre, Sophie entreprit d'instruire ses amis:

- Nous sommes en France, plus précisément en Alsace, dans une ville nommée Colmar, une région aux traditions de Noël très importantes. Cette fête est un marché de Noël, où les artisans montent des cabanons et vendent leurs produits. C'est une manière d'attendre Noël, et de célébrer la joie d'être ensemble. Vous comprenez?

- Bon, ça va Foster! C'est le retour de miss-je-sais-tout, ajoutait-il à l'intention du reste de la troupe. Mais bon, revenons à nos gulons. Ils savent s'amuser ces humains! On y retourne? Allez!

Et il entraîna tout le monde vers le stand le plus proche, qui servait des crêpes et du pain d'épices. Les elfes insistèrent d'ailleurs pour en ramener, tandis que Sophie s'éclipsait discrètement. La troupe enfin rassasiée visita le marché de Noël jusqu'à sa clôture, vers environ minuit.

Les bras chargés de leurs emplettes, ils ouvrirent un sentier lumineux pour rentrer dans les cités perdues.

Ils furent accueillis par un tourbillon d'adultes en colère, qui finirent par se taire faute de choses à dire. Sophie se racla la gorge, et posa ses achats sur la table, invitant ses amis à en faire de même.

- Nous savons ce que nous faisons, mais nous allons devoir recommencer si il faut que les elfes retiennent la leçon.

- Bien, rétorqua Tiergan après consultation de l'assemblée du regard, mais ne prenez pas se risques inconsidérés...

- Oui! Merci! Avant de partir, prenez ça.

L'optimisatrice déballa son paquet, dévoilant 9 calendriers de l'Avent, un pour chacun d'entre eux, dont elle expliqua le fonctionnement.

- Et puisqu'aujourd'hui nous sommes le deux décembre, on peut manger le contenu des deux premières case! Vous...oh...mais..., elle s'interrompit pour dévoiler une minuscule branche de flocon luisant, qui s'emboîtait à merveille sur un des côtés de l'hexagone

- C'est pas vrai! Le jeu de piste ne fait que commencer!

Keefe venait de résumer la pensée de tous.

- Bon, en attendant, au lit!

Les parents, impérieux, firent se coucher les voyageurs. Ils rentrèrent donc tous en leurs demeures, se promettant mille chose.

Le vert sur le chemin

Après avoir accompli la première étape, et s'être ressourcé, la petite bande se retrouva chez les Dizznee, pour réfléchir à l'utilisation de la branche du flocon, qui n'était pas un cristal de saut temporaire cette fois. Ils eurent beau le tourner, le tapoter, le presser, chanter des chansons de Noël et essayer des formules délirantes, l'artefact restait muet. Soudain, la Polyglotte tendit sa main à Dex.

- Dex, tu veux bien essayer?

- Et comment!, rétorqua t'il, bien sûr.

Narquois, l'Empathe ajouta:

- Oh, le Dexi a trouvé un super moyen de courtiser Foster! Je prends note?

À l'instant, Dex ressert son emprise sur la main de Sophie, avant de hurler de joie. Il lâcha la Télépathe pour récupérer le gadget, le bidouilla, et fit apparaître une sorte de projection lumineuse qui tournoyait dans l'air.

Une sorte de film se déroula, muet, et Sophie suppléa le petit film pour les explications.

- C'est un film montrant la décoration d'un sapin de Noël en Allemagne. Ils font ça un peu particulièrement, car ils cachent un cornichon dans le sapin, qui portera chance à la personne qui le trouvera ensuite. On essaie dans faire un?

- Si tu parles d'arbre, il y en a des tonnes autour de Rimeshire, on pourrait en décorer un dehors? Par contre, pour les décorations bizarres.... j'ai pas.

Dex venait en effet de donner une très bonne idée, et Biana n'allait pas être en reste.

- Au lieu des décorations, si on faisait des gâteaux, comme ceux d'hier?

- Bonne idée, c'est d'ailleurs comme ça qu'on faisait avant!

Ils s'attelèrent à la tâche, chacun préparant des gâteaux de son mieux. Il fallu quand même empêcher Keefe de mettre un élixir dedans, mais tout se passa pour le mieux. Le résultat était très réussi, et la joyeuse assemblée demanda aux parents de Dex de cacher le cornichon qu'un gnome avait rapporté. Le cherchant ensuite gaiement, tous les enfants présents riaient aux éclats, quand soudain:

- Un nouveau morceau du flocon!

- Je l'ai et pas vous!

Ces deux exclamations avaient fusées, plongeant les autres dans une abîme d'incompréhension. Keefe venait de trouver le cornichon, et Sophie la deuxième branche du flocon.

Les nains du bout du monde

Pendant une période d'une dizaine de jours, la deuxième partie du pendentif refusa de parler, même à Dex, qui s'échinait sur le deuxième mystérieux artefact. Il passait le plus clair de son temps enfermé dans son laboratoire personnel avec Sophie, ce qui ne manquait pas d'attirer les blagues de Keefe et de Tam, qui pour une fois partageaient le même avis. Sandor, fidèle à son axiome: "Où que vous irez, j'irai" resta également avec eux. Les adultes, de leur côté, commençaient à s'inquiéter de la longueur de cette mission auquelle ils ne voulaient croire.

Le 12 décembre, une des premières fois où la troupe se réunissait dans son entier, la quête connue un grand bon en avant. Pestant contre le travail qui n'avançait pas, un Dex bougonnant traversa la pièce, sans se soucier de ce qui s'y trouvait : et ce qui devait arriver arriva. Il fit tomber le premier flocon, qui ne tomba point. Au lieu de cela, et sans que personne ne puisse l'expliquer, il se mit à léviter à hauteur d'yeux, brillant comme une braise incandescente et glacée dans son écrin de lumière bleu. Une forme qui ressemblait fortement à une porte se mit aussitôt à apparaître à l'arrière du phénomène, et une inclusion étoilée et tourbillonnante formait une sorte de serrure en face du morceau de flocon. Comme si il attendait qu'on l'utilise, le petit morceau se balançant mollement au gré des courants d'air de la pièce luisait de plus en plus fort. Sophie le saisit enfin, l'introduisit dans l'espace étoilé et le tourna comme si il s'agissait d'une porte banale. La masse lumineuse se brouilla pour dessiner un vortex dans les airs, comme si il invitait les jeunes gens à le traverser.

Sans aucun préavis, la jeune Télépathe entraîna ses amis à travers lui, d'où ils atterirent sur une place froide, où il faisait encore nuit noire.

Un petit personnage hirsute fit rapidement le tour de la place, mettant de temps à autres des choses sur les fenêtres. Il se dirigea vers eux, et dit simplement, sans préambule :

- C'est le flocon, hein? Leslera est de retour? Bon, c'est pas tout, venez, j'ai des choses à vous dire.

Il imita soudain avec une incroyable justesse le bêlement d'un mouton. Les écharpes de brumes se dissipèrent, et un nain apparu.

- Oui, je sais, on ne s'est pas présenté au roi Enki et bla, bla, bla. Nous, oui nous. On est 13. Au fait, ce trou perdu c'est l'Islande. Donc, mes frères et moi, sommes des personnages du folklore de l'île, les lutins de Noël. Ils nous ont donné des noms étranges, qui ont un rapport avec nos manies. Mais on a tous des manies, pour sûr ! Donc nous sommes: Harcèlemoutons, Ravineur, Courtaud, Lèchecuillère, Grattepot, Lèchebol, Claqueporte, Gobeyahourt, Chipesaucisse, Zieutefenêtre, Renifleporte, Crocheviande, et Volebougie. On préfère nos noms humains. Donc reprenons, nous passons chacun dans l'ordre pendant les treize jours avants et après Noël, pour déposer de paquets ou des patates pourries, on passera chez vous si vous accrochez une chaussette à votre fenêtre. Moi c'est Harcèlemoutons, vous devinez?

Il lança un bêlement et reparti comme il était venu, s'évanouissant dans la brume. Interloqués et épuisés par le débit des paroles du nain, ils tournèrent la clef comme on ouvre une porte, pour rentrer chez eux. Ils prirent tous soin d'accrocher une chaussette à leur fenêtre, et reçurent tous un cadeau, sauf Keefe, qui avait évidemment reçu une pomme de terre pourrie pour son mauvais comportement. Dans celui de Sophie se trouvait le troisième morceau de la breloque.

Mille questions leurs venaient en tête: qui était Leslera? Pourquoi son nom ressemblait autant à Vespéra?

Une bûche dans la cheminée

Apparemment, les délais d'utilisations des branches du flocon variaient. On était le 18 décembre, et toujours rien: ni annonce, ni clef, ni cristal de saut, seulement l'attente longue et inexorable, l'agitation et le cafouilli mental de certains, l'impatience des autres. Après leur rencontre avec ce nain, les elfes se remirent profondément en question, histoire de pouvoir savoir jusqu'où le baiser de la reine fonctionnait.

Mais, le soir de ce froid jour enneigé, le troisième morceau s'activa enfin, devint chaud et prit une teinte parsemée de reflets rouges et dorés, et la team de Noël, comme l'appelait l'empathe, entra dans un souvenir enregistré dans le cristal, à la manière d'une Cache.

Une famille espagnole, probablement assistée d'une elfe aux cheveux d'ébènes, frappaient avec des bâtons une bûche de bois décoré, qui finit par se désagréger et libérer quantité de friandises. L'homme s'avança et déclara : - Merci Leslera, c'est un honneur de fêter Noël en ta présence.

Ils réintégrèrent leurs corps, pour s'entreregarder avec stupéfaction. Encore cette mystérieuse personne!

Au moins savaient-ils ce qu'il leur restait à faire! Ils passèrent ainsi la journée à sculpter une bûche de bois déjà mort offert par les gnomes, sec et cassante. Ils lui dessinèrent des jambes et des pieds, des bras et des mains, un buste et une tête. Vint ensuite la question de la peinture: chacun avait une idée dont il ne voulait pas se départir, ce qui se termina par une répartition des tâches, où chacun peignait une partie de la bûche-personnage sculpté.

Ils l'exposèrent un petit moment, le temps de manger des éclaterolles et de boire des Canelle-crèmes bien chaudes.

La tradition espagnole voulait que la bûche soit "battue" le soir du réveillon de Noël, mais il était essentiel de trouver une autre partie du médaillon, ils décidèrent donc de la battre la veille du réveillon, le 23 décembre au matin.

Évidemment, les papotins et les bonbons d'humeur qu'ils y avaient placé jaillirent de leur réalisation, accompagné de leur quatrième indice. Keefe ne manqua pas de comparer les bonbons et la bûche aux entrailles d'un gulon qui... Tous comprirent, légèrement dégoûté par la vue du tas de friandises.

La chaleur de l'hiver austral

Cette fois, la branche possédait des reflets d'argent et de platine, et au toucher, paraissait granuleuse comme du sable. Mu par une intuition aussi soudaine qu'utile, ils se donnèrent tous la main avant que Sophie n'attrape le petit bijou. Bien leur en pris, car ils se retrouvèrent aussitôt sur une plage où des familles préparaient des barbecues ou surfaient vers une barrière de corail.

- C'est quoi cette odeur? C'est infâme! J'avais oublié que vous mangiez des animaux!, s'exclama Fitz, condescendant.

- Il n'y a pas de vous qui tienne, et puis d'ailleurs, nous ne sommes pas là pour ça. Allons faire la fête!

- Très très bonne idée. On est des elfes je te rapelle!

- C'est vrai? Rétorqua Sophie. Waouh, quelle perspicacité ! On peut passer pour des humains. On est tous en tunique. Trêve de bavardage!

- Oui! On y va!

Le cri avait jailli de toutes les poitrines enthousiastes.

Ils passèrent une matinée mémorable, et décalage horaire oblige, une matinée à 23h. L'air embaumait le maïs grillé et les gâteaux, et des jeux sur le sable furent organisé par les Australiens. Les elfes apprirent les joies de la course en sac, que Dex appréciait particulièrement, le volley, les raquettes, un peu de surf aussi.

Ils s'en donnèrent à coeur joie, heureux d'expérimenter de nouvelles choses. Les humains quittèrent peu à peu la plage, et ils se trouvèrent seuls sur la grève de sable blanc. Une lueur étoilée s'abaissa vers eux, miroitant tel un rayon de lune. Il s'agissait évidemment de l'avant-dernière partie du collier. Cette dernière prit soudain une trajectoire oblique, comme attiré par un corps derrière eux. Pivotant dans un ensemble parfait, ils aperçurent Vespéra qui tendait la main dans sa direction.

Dans un regain d'énergie, Sophie utilisa une poussée cérébrale, bondit et parvint à rattraper le petit bijou à l'éclat opalin, puis fit volte-face en saisissant la main que lui tendait Marella, pour qu'ils sautent de consert.

Le pays du Père Noël

Pendant le court laps de temps du saut, l'impensable se produisit: ils furent de nouveau transporté par un saut dans le saut lumineux. Ils se retrouvèrent dans un endroit glacé, où des rangées de maisons enneigées faisaient office de paysage et de relief dans cette étendue désertique. Des familles, déjà toutes réunies la veille du réveillon, mangeait du pudding dans la bonne humeur coutumière de Noël. Soudain, à travers les vitres d'une des habitations, ils purent voir un petit garçon brandir entre le pouce et l'index une amande, qui semblait une fève dans une galette des rois. Sa mère prit délicatement la petite amande blonde, et lui donna dans un geste emprunt de délicatesse un petit cochon de pâte d'amande.

La scène était tendre et émouvante, en ce lieu que tous, même les elfes, recourent comme la demeure du Père Noël, la Scandinavie. Une énorme banderole où s'étalait en lettres artistiquement moulées l'inscription "Julenisse" annonçait la couleur, tandis qu'une multitude de guirlande illuminait les recoins du village. Toutes ces choses déclenchèrent un souvenir de Sophie, qui entraîna ses amis à sa suite dans un flash de lumière pour pouvoir revenir dans les Cités Perdues.


- Nous étions en Scandinavie, annonça t-elle, le pays du Père Noël. Ici, les humains fêtent la "petite veille de Noël" le 23 décembre et le réveillon le 24. Étonnement, ils ne fêtent pas ou peu le Père Noël, mais plutôt un tomte, ou nisse, une sorte de petit nain minuscule, qui ressemble dans leur imaginaire à un elfe minuscule. C'est ce dernier qui apporte les cadeaux, le 24 décembre. Ce que nous avons vu était le partage du pudding, un gâteau, où ils mettent une amande à l'intérieur. Celui qui trouvera l'amande sera chanceux l'année prochaine, et reçoit un petit cochon en pâte d'amande.

- Trop bien, hurla l'Empathe, mais ça serait quand même mieux...

- Avec un gulon, oui on sait, répondirent ses amis.

- Vous ne prenez même plus la peine de laisser Lord Bellecoiffe s'exprimer?

- Keefe....

- Oui, Foster-qui-ne-peut-pas-vivre-sans-moi-mais-qui-ne-l'avoura-jamais?

- Attends, c'est quoi ce surnom?

- Laissez tomber, on a du gâteau à manger!

- Oh! Le Dexinounet à faim!

Ils partirent tous dans un éclat de rire qui chassa les nuages qui s'étaient amoncellés à l'apparition de l'Ancienne. Edaline, qui avait entendue tout l'histoire, confectionna un pudding divin, après que sa fille adoptive lui eu transmis la recette. Grady, qui connaissait un pâtissier d'exception à Mysterium se fit accompagner par Dex pour aller chercher la récompense. Pour cette ultime tâche, ils décidèrent de convier leurs parents, mis à part ceux de Marella, Keefe et les jumeaux, et le Cygne Noir, et cela malgré le "Qui voudrait convier ces souaves à une fête?" de Keefe.

Tout se déroula à merveille, depuis le gâteau exquis jusqu'à l'amande, qui fut trouvée par Kesler, qui trouva très originale l'idée du cochon en pâte d'amande et s'exclaffa devant Rex, Bex et Lex qui tentaient de dérober le cochon en promettant d'être sages et en essayant d'évincer le reste de leur fratrie.
Dans une éclatante lumière, le dernier motif apparu dans les branches du panacier de Calla, qui semblaient éclairées de l'intérieur par ce petit médaillon.

Tous sortirent dehors, vêtu d'une cape passée par dessus leurs habits.

La reine contre-attaque

À peine arrivés au pied de la colline, ils virent une silhouette noire aux oreilles pointues surgir du néant, son habituelle couronne brouilleuse sur la tête et un atomiseur à la main. Vespéra, au pied du panacier et les toisant de toute sa hauteur les défendait de monter ne serait-ce qu'un seul pas plus haut. Elle allait attraper l'éclat qui toujours en lévitation, diffusait une belle lueur, lorsqu'une monstrueuse et impromptue tempête se neige se déclara. Enfin presque. Il ne s'agissait pas à proprement parler d'une tempête de neige, mais plutôt de la seconde apparition de la mystérieuse dame qui avait transmis le pendentif à Sophie, bien plus impressionnante et puissante que la fois précédente. À la différence que cette fois, les belligérants la voyait belle et bien en chair et en os, ou plutôt en neige et en vent. Sa voix emplit l'atmosphère, glaciale et sifflante comme le froid vent d'hiver.

- Vespéra, tonna t-elle, tu n'as pas le droit de le prendre. Comme tu n'avais pas le droit de faire ce que tu as fait il y a si longtemps. Tu n'es rien, et tu ne seras jamais rien. Ne l'oublies jamais, toi qui te caches. Vespéra, invoquer l'amour filiale ne sert à rien avec toi, tu as oubliées. Alors j'invoquerai le malheur. Si tu ne pars pas, je ferai de ta vie un enfer chaque heure, chaque minute et chaque seconde de ta misérable existence.

- Jamais Leslera! J'ai tous les droits, y compris de plonger le monde elfique dans le chaos et de le laisser dans l'oubli.

Sophie ressenti une vive surprise: la mystérieuse silhouette connaissait Vespéra! Cette dernière s'apparentant d'ailleurs parfaitement avec la reine de neiges du conte. La joute orale s'éternisait, et le groupe toujours sous la menace de l'ancienne suivait le débat avec curiosité.

- Toujours aussi mauvaise! Sache que l'oubli ne fera que précipiter votre chute. Ils ont le droit de savoir, et moi celui de t'empêcher de nuire, ma très chère soeur...

Sophie et ses amis tombèrent des nues, les deux belligérantes étaient soeurs!

- Ils ne sauront pas! Plus personne! Tout restera ignoré, surtout ça, surtout toi!, cracha l'ancienne, ivre de rage.

- Je ne pense pas non!, s'écria alors Biana, qui se matérialisa dans son dos, lui arracha l'atomiseur et la jeta à terre. Aussitôt, ils entrèrent en scène, ligotant Vespéra et la bâillonnant promptement. Malheureusement, la prisonnière profita du talent de Wylie pour sauter à la lueur d'une pierre de sa coiffe. Ils se tournèrent alors dans un parfait ensemble vers Leslera, et lui réclamèrent des explications. Las, elle avait disparue.

Sophie saisit l'ultime pièce du puzzle, et l'emboîta à la place restante. Immédiatement, et ce dans toutes les Cités Perdues, les elfes retrouvèrent une mémoire du fond des âges, qu'aucun ne devait ignorer : l'émerveillement.

Ils se rappelèrent également, de manière instinctive, les fêtes que leurs ancêtres avaient contribué à créer en communion avec les humains.

Et partout à travers la planète, ils posèrent un regard neuf sur le monde.

Noël dans les Cités Perdues

Pendant toute la journée suivante, ce fut l'effervescence dans les rues de l'Atlantide, dans les foyers elfes. Tous, la plupart instinctivement, préparaient Noël, empaquetant cadeaux et friandises, décorant les maisons et cuisinant en famille.

Chez les Vacker, à Everglen, Juline, Edaline et Della s'occupaient des pâtisseries, Dex, les triplés, Linh, Tam, Keefe et le Comité supervisaient les décorations, et le reste faisait indépendamment ou en petit groupe du shopping pour trouver des cadeaux. À 20 heure, tout était achevé, et le réveillon commençait dans la Salle à manger principale des Vacker, qui seule pouvait suffire à accueillir les nombreux convives, en effet, se trouvait rassemblé: Sophie, Dex, Keefe, Fitz, Wylie, Tam, Linh, Biana, Rex, Bex, Lex, Edaline, Grady, Juline, Kesler, Della, Alden, Prentice, Tiergan, M.Forkle, Livvy, Quinlin, Spectre, Brume et Elwin. Tout ce que les cités elfiques offraient de meilleur figuraient au menu, dans une ambiance conviviale et joyeuse. Suivant une dernière tradition, la tradition anglaise, les invités s'offrirent des Christmas Crackers. Heureux d'être réunis, de partager un moment si magique ensemble, ils conversaient, rigolaient...

Aux alentours de minuit, alors que les triplés dormaient déjà, Della et Alden décidèrent d'héberger tous les convives, pour qu'ils soient ensemble le lendemain, ce à quoi tous agréèrent.

Tôt le lendemain, et au grand désespoir de leurs parents, les triplés parcoururent l'ancestrale demeure des Vacker en hurlant une phrase bien connue: C'est Noël!

Passablement endormi, mais vite alertes, les elfes débalèrent leurs présents, dans la joie, au pied du sapin.

Un dernier optint leur attention: une petite broche en forme de flocon, assortie au collier que Sophie portait à présent. Elle lui était d'ailleurs destinée. Dès qu'elle la prit en main, une projection holographique jaillit.

- Bonjour et joyeux Noël! Après votre quête, vous êtes en droit de vous posez des questions. Je pense y répondre dans cet enregistrement. Je m'appelle Leslera Nita Folend, soeur cadette de Vespéra Neci Folend. J'était une Givreuse puissante, et j'ai appris les agissements de ma soeur peu avant l'immersion de l'Atlantide. Remontée contre le Conseil, j'ai tenté de leur ouvrir les yeux avant qu'il ne soit trop tard, mais le poison qu'instillait Vespéra avait déjà fait des ravages, et est à l'origine de votre ancien manque d'émerveillement. Lors de l'immersion de l'Atlantide, je me suis retrouvée coincé sous l'eau, frappée mortellement par ma soeur. J'en suis morte, mais mon talent a permis à mon esprit de survivre par la neige et de forger ces deux bijoux. La suite vous la connaissez. Lorsque vous parviendra ce message, j'aurai définitivement quittée le monde, ma mission accomplie. Merci à vous. Joyeux Noël!

La projection s'éteignit elle même, et tous prirent le temps de penser à cette personne si pure.

La fin d'un conte

Dans son conte, la petite fille d'animation les sentiments du petit garçon et ils rentraient chez eux.

Sophie, pour cette fois, était cette petite fille. Elle avait réussi.

Les elfes s'émerveillaient enfin face au monde.


Remerciements

Merci aux créateurs du concours, au juges et aux autres participants! J'ai hâte de voir les autres fanfic, et que le meilleur gagne! Merci aussi aux lecteurs, d'avoir la patience de me lire.

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