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Hello tout le monde !!!! Voilà une nouvelle fanfiction !! Nous sommes deux auteure : Ginny (qui joue Sharyl) et Lanxi (qui joue Lya)

On espère que ça vous plaira et n'hésitez pas à commenter !

Prologue :

Le bien, le mal... La paix ?

Les cris, les pleurs... Les rires ?

Le jour, la nuit... L’espoir ?

Après l’ombre, la lumière...

Apres la pluie, vient le beau temps...

Mais comment y croire quand personne ne semble s’en soucier ?

Chapitre 1 :


Moi, je suis Lya, Lya Klugry. Une fille... pas tout à fait normale... en effet, j’ai quatorze ans, et pourtant je me retrouve en seconde... De plus, je ne sais pas ce qui m’arrive, mais je ressens les émotions des autres, et je sais qu’ils me détestes tous... Ce secret, personne ne le connais, même pas ma meilleure amie. Je ne ressemble pas beaucoup à mes parents, j’ai des cheveux bruns et courts, alors qu’ils ont les cheveux noirs, j’ai les yeux bleus profonds, alors que les leurs sont aussi noirs... il m’aiment, certes, mais peut-être qu’il préfèrent mon petit frère, leur portrait tout craché. Heureusement qu’il y a une personne comme moi dans ce monde, on se sent mieux quand on sait qu’on est pas seul à être pas humain... en plus, cette personne se tient juste devant moi, et c’est ma meilleure amie ! Sharyl, Sharyl Wanders. Avant, j’habitais en Chine, à Pékin. Mais quand mes parents ont appris qu’il y avait une personne surdouée comme moi, ils n’ont pas hésité à déménager pour que j’aille dans le même collège qu’elle (nous nous sommes rencontrés en 4ème). Nous sommes devenue meilleure amie, lorsque je l’ai défendu alors qu’elle se faisait harceler.

Une alarme interrompt mes pensées. Les profs ne nous ont pourtant pas prévenus qu’il y avait un test aujourd’hui. Ce qui prédit mauvais signe... La concierge pénètre dans la salle de cantine, un sifflet à la main.

- Alerte confinement, hurle t-elle. Tout le monde dans la salle de classe la plus proche, sans un bruit.

D’un coup, tout le monde se lève, paniqués, il y a des gens qui hurlent, et d’autres pleurent. Sharyl m’attrape le poignet et me force à me lever. Nous nous dirigeons vers la sortie, bloquée par tous les élèves. Je grimace tellement leurs émotions sont fortes. D’ailleurs, celles de Sharyl sont assez discrètes... Je n’y avait jamais fais grandement attention.

Quand nous réussissons à sortir, nous entrons dans une salle. Une fille de terminale nous insulte en disant que nous allions attirer les terroristes. Elle nous pousse dehors. Nous ne pouvons rien faire contre elle. Une fille et son groupe de terminales contre deux gamines de quatorze ans ?

Sharyl crache sur sa belle chaussure avant de quitter la salle en lui claquant la porte au nez, m’entraînant au passage. J’avais été toujours impressionné pas Sharyl. Elle était si courageuse... alors que moi, je n’était qu’une pauvre petite fille perdue.

Enfin, nous arrivons au bout du couloir, nous entrons dans la salle, vide, fort heureusement. Nous nous asseyons dans le coin.

- Nous vous attendons, dit une voix féminine derrière nous.

Je me retourne en même temps que ma meilleure amie, pour faire face à une bande de personnes déguisés avec une combinaison noire munie d’une capuche relevée sur leur tête. Sur leur bras gauche, régnait un œil blanc.

C’était eux, les terroristes. Nous allions bientôt mourir...

Chapitre 2 :

J'entends des cris, des gens qui courent, et d'autre qui leur hurlent de se taire. Est-ce qu'il y a déjà eu des morts ? En vérité, je préfère ne pas le savoir. Tous ces gens, entassés dans la salle là-bas, vont-ils s'en sortir ? Je l'espère.

- Nous vous attendions.

En même temps que Lya, ma meilleure amie, je fais volte face. Devant nous, se tiennent quatre ou cinq personnes vêtus d'un costume noir. Leur visage est couvert par une capuche, et sur leurs manches, un oeil blanc de forme bizarre semble nous observer.

Les terroristes.

Cette vision me rappelle un souvenir que j'ai tenté d'oublié, sans succès. À l'époque où je me faisait harceler, les gens de ma classe m'avaient conduite dans une rue déserte et avaient surgi devant moi, de lourds manteaux noirs à capuche dissimulant leurs identités, dans le seul but de me faire peur.

Je regarde Lya, elle a l'air aussi désespérée que moi. Elle est tellement géniale, jamais je n'aurait pu tenir le coup sans elle. La seule qui m'a défendue lorsque je me faisait harceler. La seule qui a l'air de se soucier de moi et la seule qui a réussi à voir à travers se masque de confiance et d'autorité que j'affiche chaque jour sur mon visage. J'aurai tellement voulu lui dire tout ça avant qu'on meure. Je pensais qu'on aurait le temps.


C'est là que je réalise que je ne veux pas mourrir. Pas comme ça, pas maintenant.


- Qu'est ce que vous voulez ? je demande.

- Vous révéler tout ce que vous n'avez jamais su sur vous, réponds la femme.

- On a pas besoin de vous pour ça, merci bien, rétorque Lya d'une voix froide.

- Vraiment ? Vous trouvez donc ça normal d'être mille fois plus intelligentes que la plupart des adultes ? Normal que vous ressentiez les émotions des autres ?

Je sens mon coeur rater un battement. Les surdoués, sa existe. Mais, oui, je ressent les émotions des autres. Mais je n'ai connu que la haine, le dégoût ou encore la pitié. Même mes parents sont fatigués de m'avoir comme fille. Seules les émotions de Lya sont différentes. Elles sont toujours pleines de gentillesse et de légèreté. Mais en se moment, elle a l'air aussi stupéfaite que moi. Ce pourrait-il qu'elle aussi puisse savoir ce que les gens ressentent ?

Je jette un regard à la porte par dessus mon épaule. Ces gens en savent beaucoup trop, et n'ont pas l'air des plus sympas.

Un homme me regarde m'affoler et me dis d'un ton satisfait :

- Pas la peine d'espérer sortir d'ici. Alors maintenant, suivez nous. Vous n'êtes pas à votre place, ici. On peut vous offrir une vie différente.

Ça, on le sait bien. Mais suivre des terroristes ? Autant se tuer directement !

L'homme s'avance, et, rapidement, attrape le poignet de Lya. Je n'ai pas le temps de réagir que ma meilleure amie l'a envoyé rouler par terre d'un coup de pied. Les autres s'approchent de nous, et je perçois clairement la panique qui règne entre Lya et moi. Lorsque la femme n'est plus qu'a un pas de nous, je tends les mains devant moi, par réflexe. Aussitôt, un dôme brillant se crée autour de Lya et moi. La femme recule vivement en se tenant la main, comme si elle avait reçu une décharge éléctrique. Elle souffle :

- Une Psionipathe...

Au même moment, trois personnes vêtus de tenues tout aussi excentriques mais bien moins inquiétantes apparaissent dans la pièce. Je regarde la porte, elle est toujours fermée. Comment ont-ils fait ?

- Et vous, dit Lya, qu'est ce que vous voulez ?

Chapitre 3 :

Que s’est t-il passé ? Sharyl à tendu la main devant elle, et un éclair aveuglant s’en est échappé ! Quand j’ai ouvert les yeux, j’éternue coincée avec ma meilleure amie dans un dôme, et les terroristes se sont éloignés, comme frappés physiquement.

D’un coup, trois personnes vêtues de tenues sophistiqués apparaissent comme par magie, au milieu de la pièce. Pourtant, la porte est fermée. L’une à de longs cheveux blond, des yeux marron et une robe rouge qui lui arrive aux genoux, le second a les yeux d’un bleu-vert si magnifique, et des cheveux bruns foncés, et le troisième et un adulte, plutôt boursouflé. Je prends la main de Sharyl. Cette fois-ci, a moi d’être courageuse... Sharyl a assez risqué sa vie pour moi. Je me positionne devant elle, au bord du dôme, poussant Sharyl contre le mur.

- Et vous, qu’est-ce que vous voulez ? Rétorquai-je sèchement aux trois inconnus qui venaient d’apparaître.

Le garçon nous adresse un sourire digne d’une star de cinéma qui a l’effet d’accélérer mon cœur, et celui de Sharyl.

Ce n’est ni le lieu, ni le moment pour ce genre de chose, pensai-je en me secouant la tête pour reprendre mes esprits.

Le jeune homme reprend son sérieux et détourne son regard pour toiser les terroristes.

- Nous sommes venu vous chercher, toi est ton amie, explique calmement le vieil homme.

J’éclate d’un rire rauque.

- C’est ce qu’on dit les terroristes il y a même pas cinq minutes !

- Nous ne sommes pas des terroristes, rétorque la femme habillé en noir.

- Vous êtes bien pires, ajoute la jeune femme en rouge. Venez avec nous, nous ne voulons que votre bien, je vous le promet.

Bien que ses émotions, soit discrètes, je ressens ses émotions, elle dit la vérité. Je regarde Sharyl, et je sens qu’elle pense la même chose. Notre choix est clos, nous allons avec les trois personnes sans capuche. Il ne suffit plus qu’à sortir de ce dôme... Je fais un pas en avant, mais je reste dans le dôme, comment nous faire sortir de là ? Je regarde les trois personnes, elle ont disparu.

Voilà que nous voulons aller avec eux, qu’ils partent sans nous ! C’est pour ça que je ne fais jamais confiance à personnes.

Les personnes capuchonnées forment un cercle autour de nous, nous sommes fichue, nous ne sortirons pas d’ici vivantes. Je repense à toute mon enfance, lorsque j’ai rencontré Sharyl, que je l’avait défendu, lorsque je passais du bon temps avec ma famille... plus jamais je ne les reverrai. En plus, hier je m’étais disputé avec ma mère et nous nous n’étions pas encore réconciliées... je vais mourrir sans lui avoir dit au revoir... sans mettre pardonner... une larme dévale ma joue.

Je dois rester forte, j’essuie ma larme. Je ne veux pas mourir maintenant, alors je ne mourrai, pas maintenant du moins.

D’un coup, un éclair déchiré la salle. Je ferme des yeux aveuglée. Quand je rouvre mes yeux, une dizaine de personnes se tenaient devant nous, face au terroristes, dont les trois personnes de toute à l’heure. Ils étaient revenus, pour nous sauver, et avec des renforts...

Chapitre 4 :

En voyant les deux adolescents et le vieil homme revenir accompagnés de renforts, je laisse échapper un soupir de soulagement. Avant de me reprendre aussitôt. Ne jamais faire confiance aux gens. Jamais, jamais, jamais. C'est de cette façon qu'on se rend vulnérables. Et j'ai je l'ai déjà constaté, à mes dépends.

Je ne sais pas si je suis prête à confier ma vie et celle de Lya à des inconnus. Je perçoit leurs émotions, et ils n'ont pas l'air d'être mal intentionnés. Mais j'ai peur. Et j'ai beau essayer, je ne parviens pas a traverser cette mystérieuse bulle.

C'est alors que je vois un spectacle si étrange que j'ai l'impression de rêver (ou de cauchemarder, plutôt) : des gens, des gens comme moi, comme tous les gens qui marchent sur cette planète, se battent à coups de pouvoirs surnaturels. L'une crée une sphère d'eau sans la toucher, une adolescente et un homme encapuchonné s'envoie des boules de feu, et la jeune fille blonde envoie des lignes bleues et rouges en plein dans la poitrine de la femme qui a tenté de nous emmener tout à l'heure.

Je continue de lutter pour faire éclater ce bouclier érigé devant moi, mais je n'y parvient pas. Je martèle la paroi de coups de poings et et frappe avec mon pied, j'essaie de l'enfoncer avec mon épaule, et cela ne fait que m'affoler et m'épuiser davantage. Je m'écroule contre la paroi, et une larme coule sur ma joue. Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?

- Sharyl ! me hurle Lya, par dessus le vacarme, débarrasse nous de ce truc !

- Je voudrais bien, mais je n'y arrive pas !

- Non, pas comme ça, me répond-elle, tout-à-l'heure, tu as fait jaillir un éclair de tes mains.

Un éclair ? Je n'ai pas eu le temps de voir ce que j'ai fait tout à l'heure. J'essaie de tendre les mains et j'imagine la bulle se rétracter dans mes doigts. J'ai sans doute l'air ridicule... mais bon, ce n'est pas le moment de penser à ça. J'épuise toutes mes forces en luttant sans bouger, et le tourbillon d'émotions qui volent dans tous les sens me donne mal à la tête. L'esprit embrumé, le regard flou, je lâche prise. J'ai envie de pleurer, de hurler. Accroupie au sol, je dis à Lya :

- Je n'y arrive pas. Je suis désolée.

Je la vois regarder la bataille derrière la paroi de notre bouclier, impuissante. Soudain, un garçon avec une frange argentée s'approche de notre bulle et commence à faire voler des nuages d'un noir profond autour de lui. Il envoie sa brume noire cogner le mur argenté, et, quelques secondes plus tard, Lya et moi sommes libres. J'inspire et expire lentement pour supporter les émotions qui m'assaillent, comme si la bulle les retenaient. Je reprends mes esprits, et quand je relève la tête, le vieil homme boursoufflé se tiens devant nous. J'attrape le poignet de Lya, qui comprends aussitôt le message : on reste ensemble. L'homme nous attache des bracelets épais aux poignets d'un geste rapide puis sort un pendentif orné d'un petit cristal transparent. Je ne comprends plus rien.

- Venez et ne discutez pas, grogne t-il en nous prenant les poignets.

La dernière chose que je voit est le cristal qui renvoie la lumière de façon à créer une sorte de sentier sur le sol. Ensuite, l'homme nous prends les poignets et la salle de classe disparaît.

Chapitre 5 :

Nous apparaissons dans une sorte de jardin, il y a des fleurs que je ne connais même pas alors que j’ai en mémoire toutes les pages, toutes les images et toutes phrases de l’encyclopédie des fleurs sur terres... À moins qu’on nous ait emmené sur une autre planète ? Ou dans un autre monde ? Ce qui expliquerait les événements de toute à l’heure... En effet, le garçon a la frange argentée nous a fait une sorte de démonstration avec des ombres, avant de les envoyer sur l’espèce de bouclier transparent qui nous entouraient, Sharyl et moi. En plus, il y avait d’autre personne qui avaient des pouvoirs surnaturels, comme une jeune fille qui ressemblait beaucoup au garçon à la frange argentée, lançait des boulé d’eau, tandis qu’une autre fille lançait des boules de feu...

Je regarde autour de moi même, et Sharyl fait de même. Les fleurs et arbres, forment un cercle autour de nous, au centre, il y a une fontaine avec de l’eau dorée, et au loin, on voit un somptueux palais réfléchissant la lumière. Je suis émerveillée par ce tableau, j’ai l’impression de rêver, que j’oublie que je serre très fort la main du vieil homme jusqu’à ce qu’il se racle la gorge.

- Vous les gamins, on dirait que vous n’avez jamais vu ce genre de paysage.

- En effet, rétorque Sharyl.

Je lâche précipitamment la main de l’homme boursouflé, et recule d’un pas.

- Ou sommes nous ? Demandai-je.

- A Everglen, chez moi, dit une voix derrière nous.

Je me retourne en sursaut, synchronisée avec ma meilleure amie, de peur que les terroristes nous aient suivi. Mais nous tombons sur une paire d’yeux bleu-vert, et un sourire de star de cinéma.

- Et chez moi aussi, dit une fille au même yeux que le garçon, et aux cheveux bruns et ondulés.

- T’es riche ? S’exclame Sharyl.

- Hum, oui, comme tout le monde ici présent, ajoute le garçon en haussant les épaules et en montrant ses amis.

- Pas nous, soupire Sharyl.

- Si, ne vous inquiétez pas, assure la fille.

Le vieil homme se racle à nouveau la gorge.

- Je vais être direct, mais vous n’êtes pas humaines, vous êtes des elfes.

Je fronce les sourcils, et jette un regard à Sharyl. Ça peut paraître ridicule, mais je le crois. Je ne me suis jamais sentie a ma place. J’ai l’impression que tout ce débloque dans ma tête, c’est pour ça que je suis surdouée, que j’ai une mémoire photographique, comme je l’appelle, et que je ressens les émotions des autres... Je suis une elfes...

- Je vous crois, rétorquai-je.

- Moi aussi, ajoute Sharyl.

- Bien, alors, vous êtes les projets des Invisibles, vous faites parties du fameux héritage de Keefe, et de la vision de Fintan.

- Des Invisibles ? Demandai-je, intriguée.

- Les personnes, vêtues de noir, tout à l’heure, dit un garçon, aux yeux d’un bleu glacier, qui se tenait un peu à l’écart.

- Les terroristes ?

- Oui, confirme la fille blonde en robe rouge.

- Et si on se présentait ?! Propose la fille qui a les yeux aigue-marine. Moi je suis Biana, et lui c’est Fitz, mon, très pénible, frère, dit elle en pointant du doigt le garçon au yeux semblable à Biana.

- Dixit, la fille qui s’amuse à s’éclipser pour agacer son frère et son père, soupire Fitz.

- A s’éclipser ? Demande Sharyl, perdue, comme moi.

- En fait, explique Biana, nous avons des pouvoirs, je suis Eclipseuse, je peux me rendre invisible, Fitz est Télépathe, il peut lire dans les pensées des autres.

- Moi je m’appelle Keefe, mais vous pouvez m’appeler Lord Bellecoiffe, je suis Empathe, je peux lire les émotions des autres, intervient le garçon a la tignasse blonde et savamment décoiffée, et au yeux bleu glaciers, tandis que Fitz lève les yeux au ciel.

Keefe nous fait un clin d’œil en affichant un sourire narquois qui me fait rougir, et Sharyl aussi.

- Moi je suis Sophie, je suis Télépathe, Polyglotte, je peux parler d’autres langues, Instillatrice, je peux instiller les émotions chez d’autres personnes, Teleportatrice, je peux me téléporter ou je veux, et Optimisatrice, je peux rendre votre talant plus performant quand je vous serre la main, dit la fille blonde au yeux marron.

- Je me présente, je m’appelle Dex et je suis Technopathe, c’est à dire que je peux concevoir des outils, c’est un peu plus compliqué que ça mais voilà, dit un jeune homme au cheveux blond vénitien, aux yeux pervenches, et au sourire avec des fossettes.

- Bon, moi je suis Marella, je suis Pyrokinesiste, je peux contrôler le feu, dit une fille blonde au cheveux tressés et aux yeux bleu glacé, voici Linh, elle est Hydrokinesiste, elle contrôle l’eau, ajouta elle en montrant une jeune fille au cheveux noirs et aux pointes argentée.

- Et moi, je suis Tam, je suis son frère, et je suis Ténébreux, je contrôle les ombres, dit le garçon à la frange argentée, qui nous avait fait sortir du dôme que Sharyl avait créé.

Je réalise que seul Sophie a les yeux marron, mais je me retiens de demander pourquoi.

- Et moi, je suis M. Forkle, dit l’homme boursouflé. Vous resterez ici ce soir, pour dormir.

- Je refuse ! Explosai-je. Déjà, ce midi, des terroristes viennent dans notre lycée, et essayent de nous kidnapper, et maintenant, vous ne voulez même pas que je rentre chez moi, pour prévenir à mes parents que je vais bien !!

- Vous les verrez demain, dit le dénommé M. Forkle.

-Non, non et non ! S’écrie Sharyl.

- Les filles, calmez vous, vous serez bien chez nous, enfin chez mes parents, dit calmement Fitz.

- Non.

Avant que nous ne réagissons, M. Forkle nous jette un disque à nos pieds, qui explose dans un nuage rose. Une odeur doucereuse nous emplit les narines. Je m’écroule en même temps que Sharyl, en sombrant dans un sommeil, sans rêve.

Chapitre 6 :

Quand j'ouvre les yeux, l'esprit embrumé et flou, je m'assois. Je prends ma tête entre mes mains, comme pour mettre de l'ordre dans mes pensées. Je ne comprends pas pourquoi j'ai tant de mal à réfléchir, ce matin. Je me frotte les yeux et à la vue de la chambre dans laquelle je me trouve, tout me reviens. Le lycée, l'intrusion, les gens encapuchonnés, la bataille, tous ces adolescents munis de pouvoirs formidables et la fumée rose pâle.

Je retombe sur mon oreiller, choquée. Comment tout à pu changer en si peut de temps ? Mais rien n'a changé, me souffle une partie de moi. Tu as toujours été étrange. Ce n'est pas faux. Je soupire. Soudain, je me souviens d'un détail qui m'avait échappé. Je suis une Elfe. Mais... qu'est ce que je raconte !? Une Elfe, et puis quoi d'autre encore ? Pourtant, je suis forcée d'admettre que c'est bien la vérité. Comment expliquer, sinon, mon intelligence exceptionnelle ou ma capacité à lire les émotions des autres ? J'avais l'impression qu'il me manquait une pièce du puzzle, mais maintenant que je l'ai trouvée, j'ai l'impression d'avoir perdu toutes les autres.

Je suis une Elfe.

Je suis une Elfe.

Et pas n'importe quelle Elfe. Le projet des Invisibles. Des terroristes.

Qu'est ce que tout ça signifie ? Qu'entendent t-ils par projet ? Comment est-ce possible ?

Qui suis-je ?

Des centaines de questions sans réponses se bousculent dans ma tête. Et à en juger le tourbillon d'émotion qui émane de Lya, elle aussi est réveillée et se torture l'esprit. Alors que je m'apprêtait à l'interpeller, elle se lève.

- Sharyl ?

- Est-ce que tu arrive à... à croire que nous sommes des...

Je ne parviens pas à finir ma phrase, ni à trouver mes mots. Après un petit silence, Lya me réponds :

- Oui... et non. Je ne me suis jamais sentie à ma place, je n'ai jamais été normale. J'ai l'impression d'avoir enfin compris pourquoi.

- On nous a menti depuis toujours, je dis plus pour moi même, tout dans notre vie est faux.

- Non, pas tout, me réponds Lya d'une voix douce, pas notre amitié.

- Tu as raison.

Pendant quelques instants, aucune de nous ne parle.

- Je ressens les émotions des autres, dis-je, je suis désolée de ne pas te l'avoir dit plus tôt.

- Tu n'a pas à t'excuser. Moi aussi, je perçois les émotions des gens, et je ne te l'ai jamais dit.

- On est quittes, dis-je avec un sourire, bien qu'un peu triste.

Soudain, j'entends des pas qui approchent de notre chambre, accompagnés de deux voix qui nous sont désormais familière.

- ... n'auriez pas dû les endormir, proteste Sophie, comment voulez vous qu'elles nous fassent confiance si on les traite de cette façon ?

- Il ne s'agit pas de confiance, réponds Mr. Forkle, elles sont les projets des Invisibles et sont déjà très puissantes ! Les deux sont Empathes et l'une d'elles est Psionipathe. Connaissant les Invisibles, ils ne s'en sont pas arrêtés là.

- Comment savez vous qu'elles sont Empathes ? Vous... vous avez lu dans leurs pensées ?!

- Que dans celles de la Psionipathe, rectifia t-il, l'autre a un esprit impénétrable.

Je sens la colère bouillonner en moi, et celle qui émane de Lya ne fait que la renforcer. Lire dans nos pensées ? Au point où on en est, sa ne m'étonne pas en soi. Mais lire dans nos pensées, comme ça, sans rien nous dire ? J'ai une furieuse envie d'attraper un des stupides bibelots qui ornent la pièce et de le jeter sur le visage de cet homme boursouflé.

- Vous ne changerez donc jamais, soupire Sophie. Et puis, qu'est ce que sa change qu'elles soit liées aux Invisibles ?

- Ça change qu'elles sont potentiellement dangereuses pour notre organisation.

Je sens le monde tourner autour de moi. Puissante. Dangereuse. Je ne suis rien de tout ça, juste une pauvre gamine qui fait semblant d'être forte et fière, car je suis bien trop fragile. Si Lya et moi sommes le projet des Invisibles... que nous sommes puissantes et dangereuses... cela fait-il de nous des méchantes ?

Les deux Elfes entrent dans la chambre, interrompant ma panique montante et affichent aussitôt un regard surpris, voir gêné pour Mr. Forkle.

- Oh, vous êtes réveillées ?

Je crois que je ne vais pas du tout aimer ce Mr. Forkle, et encore moins ce qu'il veut de nous.

Chapitre 7 :

Burk... J'ai juste envie de dire le mot "burk". M. Forkle me donne envie de vomir.

Ça change qu'elles sont potentiellement dangereuses pour notre organisation... Je réécoute cette phrase plusieurs fois dans ma tête. Comment ça, nous sommes dangereuse ? Qu'avons nous fait de mal ?

Cette question sort de ma bouche sans que je le veuille. M. Forkle me regard de travers, comme s'il voulait que je me taise. Manque de chance, je n'en ai pas envie...

- J'attends une réponse...

Il continue à me toiser bizarrement. Je regarde Sharyl, elle aussi a l'air de détester ce vieil homme. Si seulement je pouvais lire dans ses pensée... Mais je dois me contenter de lire ses émotions.

M. Forkle prend enfin la parole :

- Vous les gamins, êtes trop curieux...

Je sens que je vais m'énerver...

- Oh ! criai-je. Vous allez nous le dire !!! Je signale que nous sommes les concernées !! Il n'y a pas que vous sur la terre !! Ni dans l'Univers...

L'homme boursouflé hausse un sourcil.

- Vous n'êtes pas la seule non plus.

Là, il a joué de ma patience. Il m'a cherché, et il m'a trouvé. Je me lève le plus rapidement de mon lit, m'approche de lui, et le gifle. Je le gifle si violement, qu'il recule de quelques pas. Il frotte sa joue endolorie. Il y a la marque rouge de ma main.

- Alors maintenant, si vous ne voulez pas que je recommence, expliquez nous. Du début à la fin, repris-je plus calmement.

Il soupire.

- Vous êtes le projet des Invisibles, une organisation meurtrière. Ils vous ont fabriqué dans le but de réaliser leurs rêves. Soit, vous êtes des rats de laboratoire. Alors que nous, nous avons créé Sophie dans le but de rendre le monde meilleur.

- Oh... C'est pour ca qu'elle à autant de pouvoir ! Et qu'elle à les yeux marron, alors que tous les autres elfes ont les yeux bleus !! M'exclamai-je, même si la dernière phrase fut prononcée d'un ton moins fort.

- Oui, répond Sophie. Mon ADN est basé sur celui des Alicornes.

- Je continue, reprend M. Forkle. Ce midi, ils sont venu vous chercher.

-Mais vous nous avez protégé, alors maintenant, nous sommes sous votre responsabilité. Vous devez nous protéger, ou alors, vous les Invisibles réaliseront leurs vision, continuai-je à sa place.

- Je n'allais pas dire ça... commença M. Forkle.

Nous sommes interrompus par le grincement de la porte qui s'ouvre. Fitz, Biana et Keefe entrent.

- Oh... Les deux jolies filles sont réveillés !! S'exclame Keefe, ce qui nous fait rougir, moi et Sharyl.

Fitz lui jette un regard de travers qui fait pour effet de faire sourire davantage Keefe, et qui nous fait rougir de plus belle.

- Le dîner est prêt, informe Fitz, avant de rajouter : Sophie, ça te dirait de manger avec nous ce soir ?

- Ah euh oui, si vous voulez bien, réplique la Télépathe. Il y a qui d'autre ?

- Il y a moi, mes parents, Biana, Lya, Sharyl, Keefe et Dex.

Keefe lui fait un clin d'œil et sort de la chambre.

- Moi, j'ai faim, je ne vous attendrai pas !

Sophie se met à rire, puis court le rejoindre, suivie de Biana et de Fitz, nous laissant seules, avec ce M. Forkle.

- Vous ferez bien de partir d'ici, dit Sharyl en me prenant la main. Viens Lya, allons rejoindre les autres avant que les plats ne refroidissent.

On sort de la chambre, et claquons la porte. Heureusement que Sophie et ses amis nous ont attendu, sinon nous nous serons perdues depuis longtemps.

- Allons manger ! S'exclame Keefe en prenant sous son bras, Sharyl d'un coté et moi de l'autre, et de nous entrainer vers les escaliers.

Chapitre 8 :

Entrainée par Keefe, je suis le joyeux mouvement vers le repas avec un soupir. C'est dans leurs habitudes de passer de "Vous êtes des Elfes génétiquement modifiées par une organisation meurtrière" à "Venez, on va manger" ? Je me dégage du bras de Keefe pour marcher un peu arrière.

Tout en marchant, je repense aux paroles de M. Forkle, et à la journée que je viens de passer. Je ne sais pas vraiment quoi en penser. C'est génial d'être une Elfe, mais être une création d'un groupe de terroriste, pas vraiment non. En tout cas, j'espère que la vision de Lya giflant cet idiot de M. Forkle restera à jamais gravée dans mon esprit. Pas que ce soit rare, non, si on la cherche on la trouve, mais parce que je ne supportait plus sont petit air suffisant : "Nous avons créé Sophie dans le but de rendre le monde meilleur" Berk.

En arrivant au repas, je m'assois à coté de Lya et regarde les... trucs colorés dans nos assiettes.

- C'est... quoi ça ?

Quand tout le monde se tourne vers moi, je me rends compte que j'ai parlé à voix haute. Oh, et puis tant pis !

- Ce sont des légumes cultivés par les Gnomes, me réponds Fitz, ce sont d'excellents jardiniers.

Je suis stupéfaite, et ça doit se voir. Aussi, je décide de me taire de j'entreprends de manger les filaments orange fluo qui finalement ne sont pas si mauvais. Une fois le repas terminé, je m'apprête à me lever mais M. Forkle me fais signe de m'asseoir et dit :

- Restez ici, il faut que je vous parle.

- Nous aussi, on doit vous parler ! je crie, vous venez nous enlever comme ça sans rien dire dans notre lycée, pour ensuite nous annoncer que nous sommes des Elfes ! Vous parlez dans notre dos, en disant que nous sommes dangereuses !

- Vous en savez plus sur nous que nous mêmes et vous refusez de nous le dire ! termine Lya.

Tout le monde nous regarde d'un air surprit. Quoi, ça ne leur ait jamais arrivé de se faire crier dessus par une fille ? Seul Keefe nous regarde avec un sourire narquois, qui ne fait que renforcer mon énervement.

- Justement, dis M. Forkle que je regarde avec un magnifique regard noir, je compte vous expliquer certaines choses.

- Non, pas certaines choses, je rectifie, toutes les choses.

Il lève les yeux au ciel en marmonnant quelque chose qui ressemble à "Ces gamins..." puis commence à parler.

- Comme je l'ai déjà dit, vous êtes des Elfes. Les Elfes ont chacun un talent, sauf Sophie dont l'ADN a été modifié par moi même et mes collègues. Les Invisibles, le groupe de terroristes comme vous les appelez, on modifié votre ADN avant votre naissance pour vous permettre d'avoir plusieurs pouvoirs.

- D'accord, l'interrompt Lya, mais qui sont-ils exactement ?

- Il n'y a pas de mot pour les décrire. Ce sont des...

- Psycopathes prêts à tout pour accomplir on ne sait quelle mission, complète Keefe.

- Comme tu dis, reprit M. Forkle, ils ne sont pas bien intentionnés. Ils vous ont sans doute dotées de pouvoirs puissants afin que vous accomplissiez quelque chose qui leur permettrait de gagner contre notre ordre.

J'ai la tête qui tourne. Tout bien réfléchi, ce n'est pas étonnant. Mais je reste très en colère. Pas contre ce vieil homme boursouflé, mais contre les dénommés Invisibles. Sont t-ils horribles au point de s'amuser sur l'ADN de deux jeunes filles avant de les abandonner n'importe où ?

- Vous êtes toute les deux Empathes, vous pouvez ressentir les émotions des autres. Mais apparement, vous n'avez pas besoin de contact physique, contrairement aux Empathes ordinaires.

- Comment ça "ordinaires" ? Demanda Keefe. Ne suis-je pas génialement génial ?

Sophie lui lança un regard noir comme pour dire "C'est pas le moment, là" et M. Forkle reprit son discours.

- Toi, Lya, tu as un esprit impénétrable : les Télépathes, comme moi même, Sophie et Fitz, ne peuvent pas lire tes pensées ni endommager ton esprit de quelques façon possible.

Je frissonne en entendant ces mots. Je croise le regard de Lya qui a l'air de se poser les mêmes questions que moi.

- Sharyl, tu est aussi Psionipathe : tu peux créer et détruire des champs de force, c'est ce qu'il c'est passé dans les Cités Interdites, là ou vous avez vécu.

- D'accord. Depuis le début vous nous parlez d'une mystérieuse organisation dont vous faites apparement partie, c'est quoi ?

- Le Cygne Noir, répond-t-il, une société qui se bat contre les Invisibles.

Qui se bat contre les Invisibles ? C'est tout ? On aurait presque dit que M. Forkle esquivait la vraie question. Mais c'était tout ce que je me demandais à présent : Que fait le Cygne Noir ? Qui sont ils ?

Chapitre 9 :

Le Cygne Noir ? Une organisation, qui est sensée « rendre le monde meilleur », et elle vraiment crée pour ça ? Ou juste, elle est comme ces Invisibles... Sont-ils vraiment les soit disant Gentils dans l’histoire ? Ou alors les Méchant ? M. Forkle nous dit vraiment la vérité ? Nous cache t-il des chose ?

Je réfléchis trop, ma tête commence à tourner, je n’en peut plus. J’ai envie de vide, j’ai envie de me reposer, de ne plus rien penser. Je veux le vide dans ma tête. Le calme. Je ferme les yeux. Je n’est jamais eu ce genre de ressentis, j’ai l’impression que tout le monde m’écrase. Je n’arrive plus à respirer. Il y a un brouhaha dans ma tête, j’en ai la migraine. Ma tête commence à se dandiner d’un côté à l’autre, mes yeux toujours fermés, je respire fort, et très lentement. Une main serre la mienne, sûrement celle de Sharyl. Ses émotions étais brutes, plus fort que d’habitude. Je ressens quelque chose d’autre, on dirait ses pensées. Ça doit sûrement être un mirage du a ma migraine... Pourtant, ça a l’air réel, on dirait qu’elle me supplie de me calmer. Mais d’arrêter quoi ?

Je me concentre sur ces pensées.

*Qu’est ce qui lui arrive ? Est ce qu’elle va bien ?* ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi elle le pense, et non le dit.

- Lya !!! S’écrie la voix de Sharyl, quelques secondes après que j’ai entendu ses pensées, respire, calme toi.

Je secoue la tête, je ne comprends pas ce qui m’arrive.

Des doigts se pose sur mes tempes, le contact me fait frissonner, pendant qu’une main prends ma main libre. Une légère brise bleue se reprends dans mon esprit. Pourtant, c’est agréable, je me sens soulagée d’une partie de la douleur.

Je recommence à respirer normalement, même si ma tête continue à tourner.

Au bout de quelques minutes, tout redevient normal, enfin pas tout, je continue à percevoir les pensées des autres. Et les émotions, bien sûr, Sharyl semble soulagée, d’ailleurs elle soupir. Le plus étonnant, c’est M. Forkle, qui lui aussi semble soulagé.

D’ailleurs, je peut lire ce qu’il pense. Je me concentre dessus. Tous ce fit noir au début, ensuite, vint des images en directe, on me voyait moi, les sourcil froncés, la tête qui se dandinait de gauche à droite. Keefe tenait ma main et celle de Sophie pendant que Sharyl me tenait l'autre. Cette image me fit rougir. Et je n'aurai pas du, parce que Sharyl se lève d'un bond et et me secoue les épaules, inquiètes de mon état. Keefe, lui fronce les sourcils, comme s'il avait compris ou ressentit ma gène...

Mieux vaux ne pas continuer à regarder la scène, de plus, M. Forkle ne fait rien, et ça m'énerve. Je continue ma route dans l'esprit du vieil homme. Un moment, je tombe sur une phrase qu'il se répète en boucle :

*Quand est-ce que je leur proposerais de rejoindre le Cygne Noir ?*

Je fronce des sourcils de plus belle, avant de sortir de sa conscience.

- Pourquoi voulez vous que nous fassions partie du Cygne Noir ? Demandai-je, les yeux fermés et les sourcils toujours aussi fronçés.

- Vous êtes Télépathe ? Demande M. Forkle en ignorant ma question.

- Je crois que tu viens de déclencher un nouveau pouvoir, murmure Keefe.

- Je ne sais pas, j'avais mal à la tête, et j'entendais toutes vos pensées, j'ai donc entendu les vôtres.

- Tu viens bien de déclencher un nouveau pouvoir... Dit M. Forkle.

- Répondez, ordonnai-je.

- Oui, parce que vous serez d'une très grande aide contre les Invisibles.

- Mais je refuse de tuer qui que ce soit !! S'écrit Sharyl.

- Et moi donc, rajoutai-je.

- Voila pourquoi je voulais attendre... Soupir le vieil homme.

- Et bien, que vous attendiez ou non, cela ne changera rien au fait que je vous déteste, rétorquai-je.

- C'est décidé !! Je suis tombé amoureux de cette gamine !! S'écrit Keefe en brandissant sa main et la mienne en l'air.

Je rougis violement.

- Dans tous les cas, je ne veux pas faire partie de votre organisation, dit Sharyl pour me sauver de l'embarras.

- Moi non plus, dis-je.

- Les filles, je vous rappelle que vous êtes en danger, le plus sage serait de rester avec nous, suggère Keefe. En plus vous resterez toujours avec de beaux garçons.

Sophie lève les yeux au ciel en même temps que Biana et Fitz pendant que Sharyl et moi rougissons. Keefe nous fait un clin d'œil qui nous fait rougir de plus belle.

- Keefe se n'est sérieusement pas le moment, dit Sophie.

- Tu es jalouse ? Ricane Keefe.

Sophie détourne le regard, pour nous toiser.

- Les filles, joignez vous à nous, je vous promet d'être ne sécurité...

Chapitre 10 :

Rejoindre leur ordre. Le Cygne Noir. Je ne sais pas quoi en penser. Il y a quelques secondes, ma meilleure amie semblait faire une crise de... de... je ne sait pas. Encore un de leur trucs d'Elfes étranges ? Sans doute. Mais pendant quelques instants, j'ai eu peur de la perdre...

J'essaie d'y réfléchir. Je ne sais pas. Sophie nous garantit la sécurité, mais comment lui dire que ce n'est pas ça qui compte ?

- Nous vous connaissons à peine, je réponds. Nous ne savons pas qui vous êtes, ni ce pour quoi vous vous battez. Je ne peux pas rejoindre votre ordre comme ça. Désolée.

Un des garçons, blond vénitien avec des yeux pervenches, prends la parole pour la première fois. Il relève un pan de sa tunique, laissant voir une brûlure qui ne s'effacera sans doute jamais.

- C'est ce qu'ils m'ont fait quand ils nous ont enlevés, Sophie et moi. Et encore, vous n'avez pas vu ce qu'ils ont fait à Wylie. Il faut que vous sachiez que ce ne sont pas des gens bien. On a besoin de vous pour aider ce monde. Il y a trop d'injustices, d'inégalités. Et il y a eux, les Invisibles.

- C'est de nous dont vous avez besoin ou de nos pouvoirs ?

C'est moi qui ait prononcé cette phrase. Je ne sais pas pourquoi. C'est terriblement mesquin comme remarque, mais c'est sorti tout seul. Je ne supporte pas que l'on m'utilise. Tout le monde me regarde, gênés, mais je soutins leurs regards. Qu'attendent-ils pour répondre ? Je crois que finalement, j'ai bien fait de l'ouvrir. Forkle soupire et dit d'une voix lasse :

- Je vais pas vous mentir, vous m'exaspérez déjà...

Moi de même, je pense.

- ... nous avons besoin de vous. Certes, ce sont vos pouvoirs que nous recherchons, mais ces talents font désormais partie de vous à jamais. Nous pouvons vous apprendre à les utiliser, à les maitriser, à devenir plus fortes grâce à eux.

Il est fort... très fort. Sophie prends la parole :

- Vous savez, au début, je ne savait pas qui était gentil et qui était méchant. C'est pour ça que j'ai mis du temps à leur faire confiance. Mais je vous demande juste de me faire confiance à moi et de me croire.

Elle a l'air vraiment sincère, et une partie de moi ne peut s'empêcher de lui faire confiance. Je croise le regard de Lya, qui à l'air d'être convaincue, comme moi.

- OK, demande-t-elle, et que faut il faire pour rejoindre cet ordre ? Mettre un chapeau qui parle sur sa tête ? Mettre du sang dans une case ?

Sophie laisse échapper un petit rire tandis que les autres semblent étonnés. Quoi, ils n'ont jamais entendu parler de Harry Potter et Divergente ?

- Non, répond la jeune fille, vous devrez prononcer un serment.

Un serment ? C'est pire que ce que j'imaginais ! J'essaie de repousser de mon esprit l'image qui me vient : Lya et moi en robes blanches, les cheveux détachés, marmonnant des mots incompréhensibles.

- Et quel type de serment ?

Lya vient d'exprimer mes pensées à voix haute. Forkle soupire (encore) et grogne :

- Trop de questions...

- Pardon ?

- Rien, se reprends-il.

Il nous tends deux boites noires et je comprends. Décidément, ils ne manque pas de culot ! À croire qu'il avait déjà prévu de nous faire rejoindre son ordre en nous ramenant ici. C'était peut-être même la seule chose qu'il était venu faire dans notre lycée, recruter des gens puissants pour faire joujou avec. Je meurs d'envie de lui balancer son cube à la figure mais je prends sur moi et attrape docilement la boite.

Sans que je puisse l'expliquer, Keefe fronce les sourcils.

- Vous avez toujours le choix.

J'ai presque l'impression qu'il a compris ce que je ressentait. J’avais oublié qu’il était Empathe.

- Voici ce qui vous permettra de prêter allégeance au Cygne Noir, dit-il. Il reconnaîtra votre ADN et affichera le serment. Le loquet ne s'ouvrira qu'à condition que votre serment soit sincère.

- Bien, réponds Lya.

Et nous quittons la pièce, nos pensées égarées dans tous les sens. Lorsque nous regagnons la chambre, l'angoisse est à son comble.

- Ensemble ? me demande ma meilleure amie.

- Comme toujours, je réponds en souriant.

Nous léchons le capteur à ADN (en se sentant parfaitement ridicules) et le serment que nous devons prononcer s'affiche : Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour aider mon monde.

Sharyl :

( C'était déjà Sharyl oui )

Je lâche un soupir de soulagement. Je pense pouvoir tenir cette promesse.

- Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour aider mon monde, je prononce.

Rien.

Derrière moi, j'entends Lya essayer aussi. Je relis la phrase et je pense soudainement à ce que j'ai vu, ce que j'ai vécu. Les mendiants dans la rue que personne ne regardait jamais, les animaux abandonnés dans les refuges, les gens que seul l'argent intéressent, tant pis pour les autres. Une bouffée de colère m'envahit.

- Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour aider mon monde.

Toujours rien.

Une autre image, très différente des précédentes mais toute aussi poignante, s'empare de moi. Une fillette, le visage caché derrière ses cheveux bruns, est penchée sur une feuille. Derrière elle, des adolescents se moquent d'elle, la bombardent de bouchons de stylo et de papiers froissés. "Miss parfaite" "Va crever, sa fera de la place !" "Cache ta grosse tête derrière tes cheveux, c'est ça !" Et des cercles humides tombaient sur la feuille pendant que la petite Sharyl pleurait. J'avais toujours tout fait pour paraître fière et indifférente, mais personne n'y avait cru car je traînais ces insultes derrière moi, partout ou j'allait, les autres avaient tous entendus parler de la petite surdouée fragile et impuissante.

Je repense ensuite au jour où Lya est arrivée, où elle m'avais défendue face à mes harceleurs. Cette fille est un soleil. Je ne connais personne d'aussi gentil... c'est là que vient le déclic. Je veux être ce soleil. Je veux être cette fille qui défends les autres, qui les sort du cauchemar.

Cette fois quand je prononce le serment, le cube s'ouvre et j'y trouve un pendentif en forme de Cygne Noir orné au centre d'une petite loupe en son centre, accompagné d'un petit papier.

Toute cause à défendre nécessite des sacrifices.

Mon sentiment de triomphe s'estompe aussitôt.J'ai un mauvais pressentiment.

Lya :

Je rentre dans la chambre étonnée. Ce M. Forkle nous a juste tendu une boîte et nous laisse nous débrouiller seule. Heureusement qu’il y a Sharyl, sinon je ne sais pas comment j’aurais tenu jusqu’au bout sans avoir n’étranglera le vieil homme. Je m’assoie dos contre dos à Sharyl, avant de prononcer la phrase inscrite sur le cube.

Rien, absolument rien ne bouge. J’ai même l’impression que la mouche s’es arrêtée pour me regarder bizarrement. Je réessaye une seconde fois, toujours rien.

Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour aider mon monde... Pour aider notre monde...

Je replonge dans mon passé, lorsque Sharyl se faisait harceler. Les élèves lui lançaient des bouchons de stylos de des feuilles froissées. Je m’en rappelle du jour ou je mettais interposer entre eux et Sharyl, avant de gifler le meneur du groupe. Il était partit en courant, emboîté par ses amis. A partir de ce jour, plus personne ne venait l’embêter. A cette pensée, je sourie. Plein d’autre enfants sont dans la même situation qu’elle l’avait été avant, et je les aiderais. Mais pour cela, j’allais rejoindre ce mystérieux ordre.

Je puise toutes mes émotions venant de mon cœur. La haine, la colère, mais aussi de la tristesse, et de la compassion pour eux, pour tous ces enfant malheureux.

- Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour aider mon monde.

Cette fois, le petit cube s’ouvre, laissant apparaître un collier noir avec pour pendentif un cygne noir, sûrement pour faire référence à l’organisation. Je le sort pour le mettre autour de mon cou. Au fond du cube, il y a un papier. Je le sort pour pouvoir le lire.

Il n’y a rien de plus précieux que d’exister pour quelqu’un.

Je regarde Sharyl, elle aussi lit son papier, je lui demanderai plus tard ce qu’il y avait écrit dessus.

Oui, il y a bien pour quelqu’un que j’existe... Cette personne, je ne l’abandonnerai jamais. Je l’ai protégé et je la protégerai toutes ma vie, jusqu’à ma mort. Et cette personne, se tient devant moi, c’est Sharyl.

(On repasse du PDV de Sharyl) :

Je sors le pendentif de sa boite pour le nouer autour de mon cou. J'essaie de ne pas penser au petit papier que je tiens dans ma main tremblante et qui me paraît soudain très lourd. Calme toi, Sharyl, calme toi, c'est juste un bout de papier...

Je me demande ce qu'en pense Lya, si elle a réussi à ouvrir la boite elle aussi. Toujours le dos contre le sien, je lui demande :

- Lya ? Tu as réussi ?

- Oui, c'est bon, me réponds-t-elle. Et toi ?

- Oui, pas de problème. Enfin... un peu inquiétant ce papier hein ! dis-je en lâchant un petit rire angoissé.

Lya se retourne, les sourcils froncés pour me regarder.

- Ben... non ! Attends, il y a écrit quoi sur le tien ?

- Toute cause à défendre nécessite des sacrifices, je récite.

Les émotions de ma meilleure amie partent dans tous les sens. Incompréhension, angoisse, inquiétude... et les miennes ne doivent pas êtres très différentes. Non mais à quoi ils jouent ? Si ils voulaient nous mettre en confiance, c'est raté. Et, même si j'essaie de repousser ce souvenir, j'entends la voix de Forkle dire : Il ne s'agit pas de confiance, elles sont les projets des Invisibles et sont déjà très puissantes... ils ne s'en sont pas arrêtés là...

- Et toi, qu'y a-t-il d'écrit ? lui demandais-je pour penser à autre chose.

Lya déplie son papier et me le tends. Je lis, puis relève la tête, songeuse.

- À ton avis, qu'est ce que ça veut dire ?

- Je ne sais pas, me réponds-t-elle. Je ne sais pas.

Au même moment, Forkle entre dans la chambre -non mais sérieusement, c'est trop demander de frapper à la porte ?- et nous annonce de but en blanc :

- Vous retournez dans les Cités Interdites. Malheureusement, vous ne pourrez plus habiter chez vos familles, alors ce sera la dernière fois. En temps normal, nous aurions fait croire à un kidnapping ou à un accident mais...

- Vous aviez prévu de faire croire à notre mort ? explose Lya.

- Les humains ne connaissent pas l'existence des Elfes et c'est bien mieux comme ça, soupire Forkle.

- Vous êtes cruel ! je crie. Vous avez pensé faire croire à des parents que leurs filles sont mortes ! Vous n'avez pas de coeur où quoi ?!

- Écoutez moi bien toutes les deux, rugit-il, il n'est pas seulement question de vous dans ce monde ! Des sacrifices sont nécessaires pour le plus grand bien.

Son regard glisse sur moi lorsqu'il prononce ces mots. Argh, encore cette histoire de sacrifices...

- Mes collègues et moi avons donc pris la décision d'effacer tout souvenir de vous dans la mémoire de vos familles.

Je vacille. Ils vont m'effacer de la mémoire de mes parents. Ma famille, ceux qui m'ont accompagnée depuis ma naissance. Ils ne m'ont pas toujours soutenue, et ont eu du mal à accepter que je sois surdouée, mais ce sont mes parents et je les aimes !

- Vous partez maintenant, reprends le vieil elfe. Prenez quelques affaires si besoin, mais dépêchez vous.

Il tends un cristal et Lya et moi disparaissons dans un lent scintillement, sans réaliser ce que nous nous apprêtions à faire.

Chapitre 11 :

Je ressens les meme picotement et chatouillement que lorsque j’avais fait le voyage avec M. Forkle. Je trouve ça agréable...

Nous nous retrouvons devant le lycée, le silence règne. Sur le mur du toit, il y l’horloge, indiquant l’heure, 19 heure 47. Les élèves doivent être tous chez eux à cette heure ci, et nos parents doivent être déjà morts d’inquiétude pour ne pas nous avoir retrouvé... Ou alors les Invisibles sont allés les voir et les ont tué... Cette pensée me fait frémir. J’échange un regard avec Sharyl, elle aussi a peur. Nous devons les retrouver. Je la serre dans les bras.

- Je suis sure qu’ils vont bien, murmurai-je.

Elle hoche de la tête.

- Rendez-vous ici à 20 heure 10. Si tu n’es pas là je viendrai te chercher, continuai-je.

- Ou l’inverse, réplique t-elle.

Sur ceux, nous échangeons un dernier regard et nous nous élançons chacune d’un côté pour aller dire adieu à notre famille...

Lya :

(C’était déjà Lya...)

Je cours tout droit, avant de tourner à gauche puis à droite et encore à droite. Heureusement que mon lycée n’est pas loin de chez moi. En quelques minutes je suis arrivée. Autour de moi, tout est désert, tout le monde a du rentré chez soi en apprenant l’histoire avec les Invisibles. Je respire un grand coup, et m’attends à pire. Si mes parents sont là, je suis rassurée pour eux, mais je vais devoir endurer les pires minutes de ma vie. Je vais devoir les quitter... Ils ne se souviendront alors plus jamais de moi...

J’ai envie de m’assoir et de pleurer, de verser toutes les larmes de mon corps, jusqu’à ce que je ne ressentes plus rien, juste le vide.

Je reprends ou goulée d’air. Je ne dois pas me laisser abattre, je dois rester forte. Je m’avance à travers le jardin. Quand il me reste plus qu’un pas devant la porte, je m’efforce pour ne pas pleurer. C’est difficile, même très difficile. Mes yeux me piquent. Je tends le bras et appuie sur la poignet. Mon cœur bat à toute allure.

Dans la maison, il fait chaud, mon cœur s’apaise quelques instant, avant de ré accélérer. Je repense à tous les moment passé ici avec ma famille. Puis quand je sens un poids lourd me tomber sur les dos, alors c’est la fête. Je me mets à pleurer en prenant la chose qui s’est ruée sur moi. C’est mon petit frère de 4ans. Ses cheveux noirs sont en bataille, ses yeux rouges tellement il a pleurer. C’est la personne la plus mignonne que je connaisse. Sa petite main serre très fort mon épaule, puis il me secoue.

Ma mère arrive et prends mon petit frère dans ses bras. Elle s’accroupit devant moi pour me regarder droit dans les yeux. Elle aussi a pleuré.

Je la serre très fort dans les bras et laisse éclater mes sanglots, ma mère se joint à moi, ainsi que mon petit frère. Nous restons là plantés ici pendant longtemps, même si je m’écarte à contrecœur. Je dois leurs dire au revoir. Je regarde autour de moi, mon père n’est pas là. Où est-il ? Encore au travail ?

- Il travaille encore, il reviendrait dans encore une heure, explique ma mère comme pour répondre à ma pensée.

Quoi ? Non, comment vais-je lui dire au revoir alors ? Des larmes remonte dans mes yeux. Je cours dans ma chambre, prends un sac à dos bleu comme l’océan et j’y mets toutes les choses qui me viennent à la main. Je prends une photo de moi et de ma famille, et une où il n’y a que mon frère et moi. Je prends aussi le dessin que m’avait offert mon petit frère, c’était nous deux, nous tenant la main et derrière, il y avait la maison. J’en four dans mon sac tout et n’importe quoi d’autres, comme un porte clé, un autre cadre avec des photos... Puis j’entends le bruit des clés qui tourne dans la serrure.

Je sors de ma chambre en courant et je vois mon père, avec sa cravate, Comme d’habitude et sa chemise de couleur noire. Je me jette à son cou.

- Je viens d’apprendre ce qui s’était arrivé à ton lycée, tu me vois heureux de te voir saine et sauve, murmure t-il. Je hoche de la tête.

- Je t’aime, dis-je entre deux sanglots.

- Ça va pas ?

- Si, si, répondis-je.

Je m’écarte et retourne dans ma chambre, pour continuer de préparer mon départ. Je glisse dans mon sac un carnet de dessin, et mes crayons. L’heure affiche 20 heures 03.

Je suis prête...

Je retourne dans le salon, mes parents discutent entre eux et mon petit frère s’amuse avec un playmobil superman. Je viens le serrer très fort.

- Je t’aime plus fort que tout Yuan...

Yuan... C’est son prénom.

- Moi aussi !

Il m´embrasse la joue. C´est le dernier bisou qu´il me fera. Et lui, aussi cˋest le dernier bisou que je lui ferais... Mais larmes devalent les joues.

Je m´ecarte de lui, les yeux en feu. Je me poste devant mes parents et les prends dans mes bras.

- Je vous aime tres fort, murmurai-je.

Ma mere me rends la calin, et mon pere fait de même, malgre cela, ils restent un peu troublés.

- Qu'est ce qui ne va pas ma puce ? Demande ma mère en me caressant la joue.

Je detourne le regard.

Mon père a remarqué que jˆavais mon sac a la main, et fronce les sourcils.

- Ou vas tu ?

Je secoue la tête et recule. Il tente de m´attaper le poignet mais je l´esquive. Je m´elance dans la maison et je sors d´ici. Je pleure comme je ne l´avais jamais fait auparavant. Je reprends le chemin inversemnt que j´avais pris du lycee pour venir chez moi.

Quand j’arrive, je vois Sharyl, elle aussi pleure. Elle tient dans sa main le cristal qui nous emmenera loin d´ici. Je regarde une dernière fois derrière moi et prends la main de Sharyl. Elle tend le cristal en l´air, et nous disparaissons de ce monde.

Sharyl :

(Pendant que Lya est avec sa famille..).

Je baisse la poignée de la porte d'entrée. Je veux être sûre qu'ils vont bien, voir ma mère à ses occupations quotidiennes et entendre les tapotements des doigts de mon père sur son clavier d'ordinateur. Je pousse la porte et je me rue au salon. Personne. La cuisine. Personne.

Je sens les battements de mon coeur s'accélérer. Où sont-ils ?

J'ai envie de pleurer comme un petit enfant, de pleurer toutes les larmes de mon corps sans me soucier d'être forte, pleurer pour ne plus jamais arrêter et laisser ma peur et ma tristesse me quitter, comme une cascade sous mes yeux. Seulement... j'ai peur que cette cascade m'emporte.

Je continue ma course dans les couloirs, le bureau, la chambre de mes parents.

Leur ait-il arrivé malheur ?

C'est lorsque j'atteins la salle de bain que j'entends une voix familière derrière moi.

- Sharyl ?

- Maman !

Je retiens mes larmes quand je vois ma mère me regarder. Que lui dire ? Je t'aime maman ? Les démonstrations d'affection n'ont pas leur place dans notre famille. C'est comme ça. Comment lui dire au revoir, comment lui expliquer que je l'aime énormément, mais qu'elle ne reverra jamais sa fille ?

Finalement, ce n'est rien de tout ça qui franchit la barrière de mes lèvres :

- Où est papa ?

- Ici ! me réponds une voix masculine.

- Je vous aime, tous les deux.

Ma voix tremble. Je relève la tête et tente de faire comme si tout allait bien, malgré mes yeux qui me brûlent. J'avais besoin de le dire.

- Nous aussi. me dit ma mère avec raideur.

Je me détourne pour cacher mes larmes. Je ne les verrais plus jamais. Et je n'entendrais plus jamais le son de leurs voix. Pourquoi notre relation s'est elle dégradée de cette manière au fil du temps ? Nous aurions pu être une famille heureuse et unie, mais la vie en a décidé autrement.

Je les regarde une dernière fois et je me retourne pour rejoindre ma chambre. Il ne me reste que quelques minutes, seulement de petites minutes pour dire adieu à tout une vie.

- Où vas tu ? me demande ma mère.

- Dans ma chambre.

Sans lui laisser le temps de répondre, je me rue dans ma chambre et ferme la porte derrière moi. À clé. Je prends quelques secondes pour respirer, les yeux fermés, avant de les rouvrir sur la pièce qui m'entoure. Ma chambre, l'envers du décor de ma vie. C'est la dernière fois que j'y viens, j'y ait pleuré, crié, écrit mes peurs et mes colères, et que je contemple les murs que j'ai recouvert de photos et de dessins, d'écrits, de souvenirs.

Ne pas pleurer. Ne pas pleurer.

J'attrape un sac, je ne sais pas où je l'ai trouvé. J'y fourre quelques vêtements au hasard, ma vue brouillée m'empêchant d'y voir clair. Quelques secondes plus tard, les habits sont rejoints par toutes sortes d'objets : une boite qui contient les lettres que mes cousins et moi nous somme échangés, ils habitent loin mais font partie des rares personnes qui m'apprécient. Je leur demandait conseil quand j'étais triste, et cela m'a beaucoup aidée...

J'entrouvre la boite et une photo tombe sur mes genoux. Moi au centre sur la pointe des pieds pour essayer de dépasser l'un de mes cousins, l'autre faisant bien une tête de plus que nous deux. Je retourne l'image et je lis d'une écriture familière : Les Dalton !!!

Une larme coule sur ma joue et fait couler le dernier point d'exclamation. Je referme la boite et la fourre dans mon sac. J'y ajoute quelques autres photos de ma famille et moi, un carnet à spirales que j'ai depuis longtemps représentant un chaton sur la couverture dans lequel j'ai écrit quelques passages de ma vie sur les conseils de ma prof de français ainsi qu'un bracelet en chaîne comportant cinq étoiles dorées.

J'allais refermer mon sac lorsque je me rends compte que j'ai oublié quelque chose de très important; je cours le récupérer dans le tiroir de ma table de chevet. C'est un petit porte clé tout simple qui représente un soleil, que Lya m'a donné il y a très longtemps. C'est mon porte-bonheur, m'avait-elle dit, prends le, peut être que grâce à lui tu verra le soleil quelque soit le moment et l'endroit. C'était en effet l'époque où je l'ai rencontrée, où je me faisait harceler. Je lui avait promis d'en prendre soin, ce que j'ai fait. Et ce simple bout de métal jaune m'a redonné espoir... depuis ce jour, le jaune est ma couleur préférée.

Au lieu de le mettre dans mon sac, je le glisse dans ma poche.

Mon regard se pose ensuite sur mon agenda, ouvert par terre depuis des jours. Au lycée, quelqu'un me l'a volé pour couvrir les pages d'insultes. Je ne supportais pas de voir les horreurs qu'il avait écrites chaque jour, alors je ne l'amène plus en cours. Si on me pose la question, je dis que je l'ai oublié, même si les autres élèves chuchotent dans mon dos des choses comme "La pauvre... elle n'ose même plus ouvrir son agenda !" d'un ton plein de sarcasmes. J'aimerai pouvoir leur donner tort.

Dans un élan de colère et de tristesse, j'attrape l'agenda et envoie voler les pages, je déchire les feuilles, puis je contemple le sol jonché de morceaux de pages et je me sens encore plus mal. J'ai l'impression que même ma chambre m'insulte. Je ne suis plus à ma place ici. J'attrape mon sac et j'ouvre la fenêtre. Ma chambre étant au rez-de-chaussée, je peux rentrer et sortir comme bon me semble. Je fais passer mon sac puis je me faufile dehors sans faire un bruit.

Puis je cours, je cours comme je n'ai jamais couru, dans l'espoir que la vitesse me fasse oublier ce que je laisse derrière moi. Mes cheveux s'emmêlent dans mon dos, et les larmes qui coulent enfin sur mon visage laissent des trainées humides sur mes joues. Je ne reverrai jamais ma famille.

De retour à Lya :

Nous réapparaissons devant l’immense palais qui est la demeure de Fitz et Biana. D’ailleurs ils nous attendent, accompagné de Dex, Sophie, Keefe... Et bien sûr, à mon grand malheur, M. Forkle...

Je m’écroule et me roule en boule par terre. Je n’ai pas envie de parler, je veux juste rester seule. Je me fous de ce que pense les autres, il doivent sûrement me trouver bizarre et penser que je ne suis qu’une gamine... Ils peuvent croire tous ce qu’ils veulent, je m’en fous. Je viens de quitter mes parents à tout jamais. Jamais je ne pourrais revoir leurs sourires, ni entendre le son de leurs voix.

Le pire, c’est que je ne reverrai plus mon petit frère, c’est lui qui m’aimait réellement dans cette famille. Lui, qui ne se plaignait jamais, qui n’aimait juste les câlins, j’aurais tellement voulu le garder avec moi, le voir grandir, et voir toutes les filles lui courir après...

Mais tous ça, maintenant c’est du passé... Ils ne se souviendront plus jamais de moi. Je serai effacé de leur mémoire.

Je reste ici, plantée devant le palais. Les autres me regardent, ou plutôt nous regardent, Sharyl aussi est dans la même situation que moi, assise, ses jambes repliés sur elle, sa tête entre les genoux, elle pleure.

Nous restons dans cette état pendant longtemps, jusqu’à ce qu’un raclement de gorge nous interrompt. Comme je l’avais deviné, c’est M. Forkle. Que nous veut-il ? A cause de lui, j’ai quitté ma famille. Tout est à cause de lui !

Je relève la tête, ma vue est brouillée, mais je ne pleure plus, je n’en ai pas la force. Je ressens de la gêne, mais aussi de la compassion qui émane de lui.

- Cette nuit, annonce t-il, nous irons leurs effacer la mémoire.

Mais yeux recommencent à piquer. Je recommence à trembler, comme si mon corps était recouvert de spasmes. Puis je sens que je sens des bras me soulever, je regarde Sharyl, elle se fait porter par Fitz. Instinctivement, je me colle à mon porteur et me laisse bercer. Je ferme les yeux, je suis fatiguée, j’ai envie de dormir.

Quand je rouvre les yeux, je suis dans la chambre d’ami. Le soleil est déjà couché. Il doit être minuit. A côté de moi, Sharyl gigote, elle doit faire un cauchemar. Je me décide de la réveiller. Je lui secoue l’épaule droite en murmurant son prénom. Au bout d’un moment, elle se réveille en sursaut.

- Tu m’as fais peur, me murmure t-elle.

- J’entends des voix en bas, ils ne sont pas encore parti, on pourrait y aller avant eux, répondis-je.

Elle me sourit, me reconnaissant, avant de sortir de sa poche le cristal de saut qui nous mène devant notre lycée.

Sur ceux, nous sautons.

Nous apparaissons devant mon lycée, et nous entreprenons le chez mon qui mène à chez moi. Nous entrons. Il fait noir, mes parent sont sûrement en train de dormir. Je me dirige dans la chambre de mon petit frère, lui prépare un sac, j’y mets des playmobils, et ses dessins. Ensuite je lui mets le bracelet que M. Forkle m’a donné. Avant qu’il ne se réveille, je rassemble ma concentration et nous sautons avec ma meilleure amie.

Nous apparaissons dans un scintillement devant le palais. Ça ne s’est pas passé comme prévu, je mets sur mon dos Yuan, et nous contournons le palais pour arriver devant la fenêtre de la chambre d’ami. Heureusement qu’elle est au Rez de chaussé. Nous enjambons la fenêtre. Je cache Yuan dans l’armoire et Sharyl et moi, se replaçons dans nos lits respectifs. A peine quelques minutes plus tard, la porte de la chambre s’ouvre et laisse place à M. Forkle.

- Il est temps d’aller leur effacer la mémoire. Vous venez avec moi, je ne sais pas où vous habitez.

Il nous prends les mains et on saute une fois de plus devant le lycée...

Chapitre 12 :

Pourquoi fallait-il y retourner ? C'était bien assez horrible hier soir pour que j'aie envie d'y aller encore une fois. À quoi bon retourner le couteau dans la plaie ? C'est comme mettre toute sa volonté à détruire un espoir puis tout briser d'un claquement de doigts. Je pense à Yuan, le petit frère de Lya, dormant dans l'armoire de la chambre d'amis à Everglen. Avons nous fait le bon choix ? Honnêtement, je n'en sais rien. Que va-t-on faire pour s'occuper de lui ? Comment allons nous lui expliquer la situation ? Que dirait Forkle si il l'apprenait ? Je préfère ne pas le savoir.

D'ailleurs, c'est lui qui me sort de mes pensées avec son grognement caractéristique, il me demande où on tourne et de me dépêcher "parce qu'on à pas toute la journée" et d'arrêter de le foudroyer du regard "parce que vous les gamins vous êtes vraiment pénibles" je lui indique le chemin à prendre d'un mouvement de poignet et prends la tête du groupe. Je marche vers chez moi -non, vers chez mes parents, comme un automate la tête ailleurs. Quand nous arrivons dans le quartier, je vois tout de suite que quelque chose cloche : une voiture de police est garée devant chez moi. En plissant les yeux, j'aperçois mes parents et ceux de Lya parler à deux policiers en chemise bleue et cravate noire. Je pousse Lya et Forkle contre la haie qui borde la première maison du lotissement et je lis dans leurs regards qu'ils ont vu, eux aussi.

- Faites diversion, grogne le vieil homme, je m'occupe du reste.

Je ne meurs pas d'envie de lui obéir, mais je dois laisser ma fierté de coté, il faut admettre qu'on est vraiment pas dans une bonne situation. À vrai dire, je suis plutôt douée pour le théâtre, et ce talent va me sauver une fois de plus. Je chuchote mon plan à l'adresse de Lya qui hoche la tête. Puis, nous nous préparons à courir vers le véhicule. Forkle nous donne le départ puis Lya m'entraine sur le goudron. J'essaie de paraître triste, inquiète et fatiguée, et je lis dans le regards des agents de police que c'est réussi.

- Vous voilà enfin ! crie le père de Lya.

Cette dernière se jette dans les bras de ses parents tandis que les miens me toisent d'un air entre soulagé et déçu.

- Ne refaites plus jamais ça ! dit ma mère, jamais !

Lya et moi nous excusons d'une voix timide dans la posture parfaite des deux jeunes filles coupables et épuisées.

- On est désolées, je plaide, mais on en avait marre des gens au lycée et...

- Vous avez fugué parce que vous ne vous entendiez pas avec vos camarades d'école ? me coupe mon père. Mais vous rigolez ?

- Justement non, je continue, ils se moquaient de nous et on voulait s'éloigner d'eux...

Ce n'est pas vraiment un mensonge. C'est vrai que les autres lycéens se moquent de nous mais sa ne nous dérange pas tant que ça, c'est toujours plus facile à deux. Sa arrive que sa nous affecte, mais pas de quoi en faire tout un cirque. Seulement, aujourd'hui c'est notre seule issue.

- Mais enfin, s'écrie mon père, vous avez quatorze ans mince ! Si vous n'aimez pas vos camarades ne leur parlez pas ! Et oui, des gens se moqueront de vous, toujours, et c'est normal ! Ces gens là, il faut les ignorer !

Un étrange sentiment de vide m'envahit. Je n'avais pas ressenti ça depuis ce fameux soir où j'avais décidé de dire à mes parents que j'étais la risée du collège. Mon père n'a pas envie d'aller chercher plus loin que ça : il aurait préféré avoir quelqu'un d'autre comme fille, une fille qui ne passerai pas son temps à se plaindre, une fille qui sortirait avec sa bande d'amis après les cours, une fille audacieuse, populaire, appréciée. Au lieu de ça, il m'a eu, moi. Une intello qui passe son temps dans des livres ou a broyer du noir un casque sur les oreilles, une gamine que tout le monde hait. Il se fiche complètement de ce que je ressent.

Autour de moi, un nuage écrasant de pitié et de confusion émane des adultes qui nous entourent, Lya et moi. Je déteste la pitié. Et même si j'aurais envie de m'allonger au sol et de pleurer toutes les larmes de mon corps, je hausse les épaules et me tourne vers les policiers, qui parlent avec Lya.

- ... sommes désolées. On a pas trop réfléchi, on ne recommencera plus.

- J'espère bien ! réponds un policier. Vous nous avez fait une peur bleue, jeunes filles !

Nous murmurons de vagues excuses tandis que les agents se tournent vers les parents de Lya.

- Nous allons mener un enquête, nous retrouverons votre fils.

Je sens mon estomac se retourner. J'avais complètement oublié ce détail catastrophique.

- Que... quoi ? s'écrie Lya d'une voix étranglée. Yuan ?

- Yuan a disparu.... dit sa mère d'une voix empreinte de tristesse et de douleur. Cette nuit.

- Ce... ce n'est pas... commence Lya avant d'éclater en sanglots.

- Nous allons réunir une équipe de recherche, dit le policier d'un ton compatissant, si il c'est enfui, nous le retrouverons bien vite. Si il s'agit d'un kidnapping, nos équipes retrouvent rapidement les coupables, ne vous inquiétez pas. D'ici là, gardez l'oeil ouvert et prévenez nous si quoi que ce soit vous semble suspect.

Puis, ils remontent dans leur voiture qui s'éloigne, tandis que Lya et ses parents sanglotent les uns contre les autres.

Je suis impressionnée, n'importe qui y aurait cru. À moins qu'elle ne pleure pour une autre raison. Mon esprit ressasse inlassablement les paroles de la police. Un kidnapping... c'est bien un kidnapping. Nous avons kidnappé un enfant. Maintenant il est trop tard pour faire marche arrière, Yuan doit être en train de se réveiller dans l'armoire... Pourvu que personne ne l'ai vu ni entendu !

Je contemple Lya et ses parents, puis je me tourne vers les miens. Ma mère semble sur le point de me dire quelque chose, mais elle reste muette, mal à l'aise. Puis, elle prends une grande inspiration et ouvre la bouche...

Soudain, ma tête se met à tourner...mes pensées se font brumeuses...je suis si fatiguée...l'air a une odeur bizarre...NON ! Ma mère...ma mère...je n'entends plus que des sons en écho et...dormir...fatiguée...

*

Quand je rouvre mes yeux, j'ai mal au dos... pas étonnant, je suis étalée par terre à coté de la voiture de ma mère. Ma mère... que voulait-elle me dire tout à l'heure ? J'ai senti mon esprit tomber dans... comme dans un gros chamallow (NDA : ça m'est venu comme ça) . Lya, qui vient de se relever, me devance et demande, dans le même état de confusion que moi :

- Qesskicépassé ?

- J'ai endormi toutes les personnes présentes à l'aide d'un sédatif afin d'effacer la mémoire de vos famille, réponds Forkle sans la moindre gêne.

Il me tends une main pour m'aider à me relever, que j'ignore royalement. Je m'approche de mes parents inconscients, leur mémoire est effacée, ils ne se souviendrons jamais de moi... je refoule quelques larmes en pensant à la conversation que j'ai eu avec mon père. C'était la dernière fois... et on s'est disputés. Lya s'approche de moi et passe un bras autour de mes épaules; je fais de même. C'est un soutien silencieux, mille fois plus efficace qu'une longue argumentation.

- Il t'aimait, me dit-elle, ton père.

Je garde le silence. Je ne sais pas quoi répondre.

- Fait confiance à la Télépathe. Je n'ai pas eu besoin de faire quoi que ce soit pour entendre leurs pensées, je ne sais pas pourquoi d'ailleurs, mais il t'aimait et il était réellement soulagé de te voir.

Ma gorge se noue. J'avais complètement oublié qu'elle avait ce pouvoir.

- Merci... et toi, ça va ?

Lya hausse les épaules, mais je vois bien qu'elle est triste et perdue comme moi. Derrière nous, Forkle se racle la gorge et nous dit :

- Bon, il faut y aller.

En silence, nous disparaissons accompagnés d'un léger picotement devenu familier à présent. Quand ma vue se rétablit, le paysage qui m'attends est magnifique, composé de cabanes dans les arbres, une belle lumière qui éclaire une clairière... une scène tout droit sortie d'un conte de fée.

Le problème, c'est que...

- Nous ne sommes pas à Everglen ! s'exclame Lya.

- En effet, réponds Forkle d'une voix posée, nous sommes à Alluveterre. Vous habiterez ici à présent.

J'échange un regard paniqué avec Lya. Yuan est toujours à Everglen !

- Et nos affaires ? je demande, dans l'espoir d'y voir une excuse pour retourner chez Fitz et Biana.

- Elles sont déjà ici.

Je sens mes sens s'affoler. Que va-t-on bien pouvoir faire ? Je le savais, que ce n'était pas une bonne idée... Nous nous laissons entraîner à l'intérieur, qui se révèle plus beau encore mais nous ne sommes pas d'humeur à penser à ça. La panique monte tandis que je cherche désespérément un échappatoire. Nous sommes tellement perdues dans nos pensées que nous percutons violemment Sophie et Biana qui couraient dans notre direction.

- Il... faut...qu'on...parle...à Lya ! Dit Sophie, essoufflée.

- C'est... urgent ! renchérit Biana.

- Sharyl vient avec moi alors, réponds la concernée en haussant un sourcil.

Les deux filles semblent hésiter puis nous attrapent par les bras pour nous tirer dans une chambre magnifique. Au fond, il y a un lit et sur ce lit, un petit garçon aux cheveux noirs et aux yeux de la même couleur est assit.

- Yuan ! s'écrie Lya en accourant vers lui.

- Il va nous falloir des explications... dit Biana, déconcertée.

Chapitre 13 :

⁃ Euh...

Yuan me serre toujours la main et me regarde tour à tour avec Sharyl. Il semble perdu et s’en est le cas. Comment expliquer à Sophie et Biana que j’ai pris Yuan avec moi ?

Non, non, non... J’ai agit égoïstement. Je n’ai pas pensé à ce que ressentirait Yuan, je n’ai pas réfléchi avant d’agir... Je ne suis qu’une égoïste. Que faire ? Éclater en sanglot ? Expliquer ce qu’il se passe ? J’opte pour la deuxième idée, tout leur expliquer.

⁃ En fait, si Yuan reste avec mes parents, ils retrouverons leur mémoire, non ? M. Forkle a dit que s’ils me revoyaient, ils se souviendraient de tout. Ça doit être pareil si Yuan retourner auprès d’eux.

Sophie et Biana s’échange un regard.

⁃ En effet maintenant que leur mémoire a été effacée... Murmure Sophie, pensive.

⁃ Donc, il peut rester avec moi, m’enthousiasmais-je.

⁃ On doit en parler à M. Forkle.

⁃Surtout pas !!! S’écrit Sharyl qui n’avait pas prononcé de mots depuis que Sophie et Biana avait remarqué Yuan.

- Pourquoi ? S’enquit Biana.

⁃ Ah... Euh...

Nous échangeons un regard.

⁃ Pas besoins de prévenir M. Forkle, reprend Sharyl.

⁃ De quoi parlez vous les filles ? Fait une voix à l’accent narquois que je reconnais très bien. Qu’est-ce qu’il ne faut pas dire à Forklenator ?

Je tourne la tête pour toiser la personne qui vient d’émettre cette voix. Je ne suis pas surprise de me retrouver face à Keefe.

Je soupire. Pourquoi il est toujours là au mauvais moment lui ?

Il fronce les sourcils en remarquant Yuan, toujours assis sur le lit.

⁃ Ah, je comprends... c’est lui que vous voulez cacher au yeux de M. Forkle... Hum, je suis partant pour vous aider !

Cette fois ci je soupire de soulagement.

- Sinon, reprend Keefe, qui dort ici et qui dort dans l’autre cabane ?

J’échange un avec Sharyl. Peut-être que nous pourrions dormir ensemble ? Au bout d’un long moment d’hésitation, Sharyl prend la parole.

- J’irai dans l’autre cabane et Lya et Yuan resterons dans celle-ci.

Sophie prend le sac de Sharyl et sort de la cabane. Elle traverse une sorte de pont et arrive dans une salle commune. Il y a une table au milieu, entourée de poufs et dans le coins, il y a une cheminée. Sophie ne prend pas le temps de s’arrêter et continue sa route elle retraverse un pont et arrive dans une cabane symétrique à la mienne.

- Voici ta chambre, déclare t-elle à l’adresse de Sharyl en posant le sac de celle ci sur le lit soigneusement fait.

- Demain, nous irons en Atlantide pour vous chercher des vêtements elfiques, s’exclame Biana.

Je fronce les sourcils, et Sharyl fait de même. Je déteste les robes, et hors de question que j’en mette, surtout pas ce genre de robes à paillettes et remplis de froufrous et dentelles... Pendant ce temps, Keefe toussote pour dissimuler son hilarité.

- Je voudrai les voir après !

Sharyl et moi rougissons violemment.

- Sinon, j’accompagnerai Yuan lui chercher des vêtements aussi...

Comme Keefe peut être drôle et sérieux à la fois... Attendez, stop ! Suis-je en train de tomber amoureuse ? Non, ce n’est pas possible...

Je regarde le soleil, midi...

- Et si nous allions manger ? Proposai-je, je meurs de faim !

Sharyl, Yuan et Keefe (bien sûr) hochent la tête.

- Allons-y !!! S’écrie Keefe pendant que Sophie soupire et Biana pouffe discrètement.

Sur ceux, nous nous dirigeons vers la salle commune, où déjà tout le monde nous attends, non, pas tout le monde, les adultes ne sont pas présents, heureusement d’ailleurs. Ils me questionnent tous à propos de Yuan, et aussi de ma vie quand je vivais dans les cités interdites, comme ils l’appellent.

L’après midi, Sophie nous fait visiter. Nous nous rendons à Havenfield, chez Sophie. La bas, je vois des dinosaures... Ils ne ressemble pas du tout à la description dans les livres !

Enfin, quand le soir arrive, je n’ai pas envie d’aller me coucher. J’ai peur... Tout le monde va rentrer chez soi, et on va se retrouver seule, Sharyl et moi. Bien qu’il y est Yuan, il ne pourra pas nous protéger, au contraire, ce sera à moi de le protéger, et ensuite d’assumer les conséquences.

- Sharyl, l’apostrophai-je, je pourrai dormir pour ce soir avec toi ?

Elle semble tout d’abord un peu gênée, avant d’acquiescer. J’apporte le matelas pour mon frère et moi, la couverture et aussi les oreillers. Je me sens plus apaisée. Savoir que Sharyl est auprès de moi me soulage.

- Tu sais, Sharyl, murmurai-je, avant qu’elle ne perdent sa mémoire, ta mère voulait te dire un chose, tu te souviens ?

- Oui, me répond-elle.

- Et bien, voilà, elle voulait te dire...

Chapitre 14 :

Lya se tourne vers moi et termine d’une voix tendue :

- Elle voulais te dire qu’elle n’aurait pour rien au monde voulu quelqu’un d’autre comme fille.

C’est peut-être niais mais j’ai l’impression qu’un étau qui esserait mon coeur se détend, alors que je n’avais jamais pris concience de son existence. Je fixe le plafond en essayant de mettre de l’ordre dans mes pensées. Bien sûr que je le savais. Mais, je n’osais pas vraiment y croire... mes parents ne sont pas trop du genre « sentimental » et ma mère n’ose pas contredire mon père. Savoir qu’elle le pensait vraiment... c’est comme une délivrance. En me remmémorant la scène, je me souviens que je pensais à ça, que mon père n’est -non, n’était pas heureux de m’avoir comme fille. Pourquoi dire ça sans contexte, comment savait-elle ? Une pensée me traverse, mais non, je ne veux pas... ma mère n’est pas une Elfe, elle n’est pas Télépathe, ce n’est que ma mère. Puis-je encore la considérer comme ma mère ? Ou est-ce-que je dois les oublier, elle et mon père ? Qu’importe, que je me souvienne d’eux ou pas ne change rien, je ne les verrais plus jamais ! Mon coeur se resserre douloureusement. Dois-je me considérer comme orpheline ? Je ne sais pas. Sans doute.

- Merci, dis-je à Lya.

Un simple « merci » , mais ces cinq lettres veulent dire beaucoup. Malheureusement, à force de nous apprendre à l’utiliser pour tout et n’importe quoi, on oublie le sens de ce terme, exprimer sa gratitude. Croient-ils vraiment qu’il n’y a aucune différence entre ôter un poid qui manque de m’écraser depuis longtemps et me tendre un mouchoir en papier ?

- De rien, réponds t’elle avec un sourire triste.

- Bonne nuit Lya

- Bonne nuit.

- Dors bien Yuan, je murmure en direction du frère de Lya.

Il dort déjà, il est adorable. Je redoute le moment ou il nous demandera de retourner auprès de ses parents. Que répondra-t-on ? Comment annoncer à un enfant de cet âge qu’il ne reverra jamais ses parents ?

J’essaie de chasser ces sombres pensées de ma tête mais il paraitrait que c’est mission impossible. Je me tourne et me retourne dans mon lit pendant des heures et lorsque le sommeil m’emporte enfin, je pense encore à mes parents, à Yuan, à ces Invisibles en costumes noirs... quand mes paupières se ferment, j’ai l’impression de franchir un portail pour entrer dans l’arène. Je vais encore faire des cauchemars... mais au moins, demain, j’aurais oublié. Et oublier, c’est tout ce dont j’ai besoin.

*

Je me réveille dans la pièce baignée de lumière. Plutôt sympa comme ambiance. Quoique, ces deux derniers jours ont étés tellements sinistres que je vais tout trouver sympa. À moins que ça continue.

Yuan réveille Lya en lui grimpant dessus, c’est plutôt amusant.

- Liiiiiiiiaaaaaa !!!!!!!! Réveille toiiiiiiii !!!!!!

- Yuan... laisse moi dormir... grogne mon amie.

Elle se frotte les yeux et semble prendre conscience qu’elle n’est pas chez elle, dans sa chambre mais dans une planque d’une organisation secrète à qui nous avons juré de se battre contre une bande de terroristes sans coeur. Son regard se voile légérement, puis il croise le mien et Lya se lève. Nous nous habillons avant de descendre accompagnées de Yuan, enfin, nous commençons à descendre lorsqu’une silhouette rose et froufrouteuse nous saute dessus.

- Aujourd’hui on va faire du Shopping en Atlantide les filles ! s’écrie Biana en nous voyant.

Oh, mince, j’avais complétement oublié... et je n’aime pas trop le shopping. Enfin non, pas du tout.

- C’est vraiment indispensable ? demande Lya.

- Oh non, vous pouvez rester en tenue d’humaines pour que tout le monde vous regarde mal, porter les mêmes vêtements tous les jours et continuer de marcher en mode pingouin dans ces pantalons qui vous serrent trois fois trop !

- Comment ça « marcher en mode pingouin » ? je relève.

- Qu’importe, vous n’avez pas le choix ! On va pouvoir faire des merveilles ! Lya, tes yeux sont magnifiques tu va ressembler à une princesse quand j’aurais trouvé la couleur qui te va et toi Sharyl j’adore tes cheveux, je pourrais te coiffer...

J’enfouis mon visage dans mes mains. Pitié, sauvez moi...

- Hé, doucement Biana, tu va les faire fuir ! intervient Dex derrière elle.

- Il a raison, on dirait que tu leur annonce que tu va les abandonner sur une planche en plein Océan, au milieu des requins, se moque Keefe. Pendant que Biana vous transformera en poupées, je m’occuperai de Yuan.

À la mention de son nom, Yuan relève la tête et rejoins Keefe qui se présente avec un sourire bienveillant. Peut-être qu’il a des qualités cachées derrière ses blagues... devrais-je continuer à le considérer comme l’enfant de la bande ?

- Fais attention quand même, dit Lya en s’adressant à Keefe, essaie de faire en sorte qu’il reste un miinimum présentable...

- Ne t’inquiète pas ! Il sera tout beau, je vais lui apprendre l’art de la beauté capillaire ! Et il aura le meilleur professeur en la matière, pourquoi croyez vous qu’on m’appelle Lord Bellecoiffe ?

- Personne ne t’apelle comme ça Keefe, soupire Biana tout de même amusée.

Lord Bellecoiffe ? Le surnom est tellement ridicule qu’un petit rire m’échappe. Sur ce, Biana recommene à énnumérer les couleurs qui nous iraient bien à Lya et à moi pendant que Keefe apprends à Yuan à faire un check. Pour m’échapper, je prétexte devoir demander quelque chose à Forkle et je fais quelques pas, suivie de Lya.

- Vous ne le trouverez pas ici, intervient Sophie, il reviendra sans doute un peu plus tard.

- Ah... d’accord, merci.

Nous nous trouvons donc à la merci de Biana jusqu’au départ pour l’Atlantide. Nous sautons devant l’eau dans laquelle Keefe verse UN TOURBILLON en bouteille (décidément, ces Elfes sont de plus en plus étranges) puis on nous demande de SAUTER DEDANS. Ça va pas la tête ? Finalement, nous atterissons tous chacun notre tour sur une grosse éponge et nous dirigeons vers les magasins. Nous entrons tous dans une boutique, une immense salle remplie de vêtements de toutes les couleurs, de toutes les matières, et surtout... tout brille. Ce magasin est rempli de paillettes, paillettes, paillettes et encore paillettes. Il y a beaucoup de bijoux, des pierres précieuses... j’en reste bouche bée.

- C’est magnifique n’est-ce pas ? demande Biana, les yeux brillants comme les robes.

- J’ai l’impression d’être chez le styliste des princesses Disney, dit Lya.

À mon avis, dans ce magasin, les princesses Disney auraient l’air d’être habillées de haillons.

- Disney ? s’interroge Biana, qu’est-ce-que Dex à à voir là dedans ?

- Rien ! réponds Sophie en riant, Disney c’est une société qui fabrique des films chez les humains...

Biana semble comprendre et Sophie nous explique que le nom de famille de Dex est Diznee, d’ou la confusion. Nous rions allégrement jusqu’à ce que Biana nous attrape par le bras en nous attirant vers les vêtements en disant d’une voix fébrile :

- Passons aux choses sérieuses ! Je sens qu’on va s’éclater !

Mon rire s’étrangle dans ma gorge.

Chapitre 15 :

Nous passons toute la matinée dans les cabines d’essayage. Biana nous faisait essayer toutes sortes de robe, des longues, des courtes, avec des froufrous, avec des dentelle, des roses, des bleus… Mais toutes ont un point commun: elles scintillent ! Même les robes des princesses Disney, et pas seulement celle de Disney, mais aussi des réelles, qui ont existé pendant le Moyen Âge ne brillent pas autant. Le pire du tout c’est qu’on a aussi des capes qui sont assorties à nos tenues. Biana nous explique comment la prochaine fois on devra choisir nos robes, mais je ne l’écoute que d’une oreille, voire d’une demie oreille, j’ai la tête ailleurs. Je pense à Yuan que fait-il en ce moment ? J’espère que Keefe ne l’a pas rendu comme un clown vu comme il est même si des fois il peut être sérieux.

- Lya ! S’écrie Biana en interrompant mes pensées. On va y aller .

Je soupire, avant de me reprendre. C’est vrai, j épuisé heureuse de pouvoir enfin sortir de cet endroit, mais pas avec toutes ces robes et capes sur moi. En effet, je me tiens devant une montagne de paillettes. Je ne sais pas comment je vais faire pour porter tout ça... Peut-être que je vais devoir les mettre dans un chariot. Problème : je vais ressembler à une folle. Oh, mon problème est réglée, Biana transporte mes habits et ceux de Sharyl... Attendez, elle les fait voler !!!!!! Bon après, on est dans un monde où les gens ont tous des pouvoirs, donc, pas besoins de s’inquiéter... Mais ce n’est pas tout ! Quand on sort des cabines, il y a une créature de deux mètre, à la peau grise qui nous attend. C’est Sandor (je crois qu’il s’appelle comme ça), l’un des garde du corps de Sophie (et oui, elle a des gardes du corps et elle a dit que Sharyl et moi allons aussi en avoir minimum un... La misère...). Nous nous dirigeons vers la caisse et c’est Biana qui paie (bien heureusement, elle est riche et si c’était moi qui payait, déjà que je n’ai pas d’argent sur moi, je serai en train de mendier dans la rue...) avec son collier... Non ! On pourrait s’imaginer qu’elle troque son collier contre les habits, mais non ! La caissière scanne son bijoux avant de nous laisser passer. Décidément, les elfes sont d’une bizarrerie perpétuelle !!

Nois sortons, enfin, de ce bâtiment ! J’en pouvais plus, il me fallait de l’air. J’inspire comme s’il fallait que je reste dix minutes sans respirer. Mais comme d’habitude, quelqu’un m’interrompt, et ce quelqu’un c’est Keefe, je me redresse et devient rouge, il est accompagné par Yuan, qui lui tient la main (pourquoi ?!) et des autres garçons. Je ai vraiment l’air d’une folle... Mais heureusement que Sharyl est dans la même situation que moi, je peux paraître méchante en disant ça, mais ça me rassure de savoir que je ne suis pas toute seule.

Yuan se jette dans mes bras en s’écriant :

- Lya ! T’es trop belle !

Cette dernière phrase ne fait qu’aggraver ma gêne. Je me regarde, ma robe est violette avec des manches longues et violettes transparentes. Et pour tout couronner, j’ai une cape dégradée de violet à blanc.

- On dirait que Biana vous a torturer, ricane Keefe.

- On ne peut pas contredire, s’exclame Sharyl.

Je me dégage de Yuan et l’observe. Il est si mignon... Il porte un pourpoint bleu nuit avec des reliefs en forme de spiral dorés. Son pantalon est noir, ainsi que ses bottes. Sa cape aussi est noir, et discrète, pas comme la mienne en tout cas. Et... Ses yeux sont...

- Qu’avez vous fait à ses yeux ! M’écrirai-je, horifiée.

- Er bien, c’est une idée de Fiztou, explique Keefe en haussant les épaules.

Je toise le concerné, attendant une réponse.

- Je crois que vous savez déjà. Tous les elfes on les yeux bleus, sauf Sophie, alors je me suis dit qu’il fallait les lui changer de couleur aussi, dit Fitz.

- Mais pourquoi, ils ne sont pas bleu-vert alors, s’écrie sa sœur.

- Bah, c’est Keefe qui voulait pas, soupir le Télépathe.

- Hey ! C’est normal ! Le bleu glacé, c’est beaucoup plus beau que ton bleu-vert ! Rétorque l’Empathe.

- Mais alors pourquoi il ne sont pas comme tes yeux ? Demandai-je.

- Ça c’est la faute de Dex, maugrée Keefe.

- Écoute Keefe, l’apostrophe le concerné, c’est moi qui fabrique les lentilles, alors Yuan doit avoir les meme yeux que moi !

Je hausse d’un sourcil.

- Pourtant ils ne sont pas bleu pervenche, non ?

- Ça c’est la faute de Mister-Frangette, s’écrient Keefe et Dex en cœur.

Tam soupire.

- Il me ressemble plus qu’il vous ressemble, alors pourquoi pas avoir les mêmes yeux que moi ?

Sharyl, Biana, Linh et moi toussotons pour masquer notre fou rire. Sophie, elle soupire mais sourit comme même.

- Vous auriez pas pu nous dire directement pourquoi Yuan avait les yeux semblables à ceux de Tam et de Linh, soupire Shayl, malgré son amusement.

J’entends le ventre de Yuan gargouiller, et même pas une seconde après il me murmure à l’oreille qu’il a faim. En effet, il est déjà une heure de l’après midi. Quand je me dis que nous avons passé plus de trois heures dans le magasin...

- Devrions nous pas aller manger, Yuan meurt de faim.

Cette fois ci, c’est Biana qui s’écrie :

- Oh oui ! Moi aussi je meurt de faim.

Elle prend le cristal de saut et nous entraîne dans le sentier lumineux en direction de Havenfield.

Chapitre 16 :

Une fois arrivés à Havenfield, chez Sophie, nous sommes acceuillis par sa mère qui se nomme Edaline. Elle à l’air douce et gentille quand elle nous invite à entrer dans la maison. Enfin, ce que les Elfes appellent une maison. Un palais quoi ! Nous nous installons à table et commençons à discuter. Edaline nous présente son mari Grady, un Elfe aux cheveux blonds et aux yeux bleus -forcément. J’ai l’impression d’être à Hollywood, à cotoyer des stars. La conversation continue, le repas aussi. Lorsque vient le dessert (je n’ai jamais rien mangé d’aussi bon) le sujet s’oriente vers les cristaux de saut.

- Au fait, je demande, comment ça se fait qu’on puisse se téléporter grâce à un cristal ?

- C’est simple, répond Edaline, votre organisme se décompose en millier de petites particules et se reforme à l’arrivée.

-QUOI ???

Ça, c’était Lya et moi. Yuan, de son coté, est trop occupé à savourer son dessert pour comprendre ce qu’on dit et tant mieux. J’ose à peine imaginer la tête que je dois faire. Sans m’en rendre compte, j’entoure mes bras de mes mains et tout le monde rit.

- Mais vous êtes malades ! s’écrie Lya. Et si on ne se reformait pas ?

- À vrai dire... c’est à ça que sert le nexus, le bracelet que vous portez. Il rassemble les fragements afin de garantir votre sécurité. La concentration a le même effet. Les Elfes apprenent à se concentrer suffisement pour se passer de nexus et sauter seuls.

J’échange un regard perplexe avec Lya. À part nous, personne ne sait que nous avons déjà sauté seules pour aller chercher Yuan. Avec nexus, d’accord mais... c’est un peu louche.

- D’où venez vous ? nous demande Grady.

- Des Cités Interdites, répond Fitz.

- Elles tiennent mon rôle chez les Invisibles, dit Sophie.

Les parents de la télépathe équarquillent les yeux pendant que je me sens devenir nauséeuse. J’aurais préféré faire une croix sur ce point... si je dois oublier mon ancienne vie, pourquoi la raison de mon existence doit-elle subsister ? Je ne veux rien avoir en commun avec les Invisibles.

- Comment ce fait-il que vous soyez ici ? Chez le Cygne Noir, je veux dire; s’empresse de préciser Edaline.

- Les Invisibles ont essayé de nous recruter, ou plutôt de nous enlever; expliquais-je. Par chance, le Cygne Noir est arrivé à temps et on s’est sauvées avec eux. Ils nous ont expliqué qui étaient les Invisibles, ce qu’ils faisaient.

- Je vous promet que nous sommes de votre coté, assure Lya. Plutôt mourrir que de les rejoindre.

- Content de l’entendre ! dit une voix bourrue derrière nous.

D’un seul mouvement, nous nous retournons tous pour voir qui a parlé malgré cette voix plus que reconnaissable.

- Mr Forkle ? demande Keefe. Que faites vous ici ?

Ben voyons, maintenant il s’invite partout... ça ne devrait pas m’étonner. J’ai prêté serment pour aider le Cygne Noir, pas pour autoriser Forkle me suive comme mon ombre !

- Désolé pour l’interruption, continue-t-il, j’ai des informations de la plus haute importance à vous communiquer.

- Ah, parce qu’on est mis au courant maintenant ? dit Keefe.

- Keefe-tait-toi-c’est-pas-le-moment! réponds Sophie d’une voix pressée.

Elle a presque bondit de sa chaise quand Forkle a annoncé devoir comuniquer des informations et bla-bla-bla, et sa voix ne fait que renforcer cette impression : Sophie est juste sur-exitée. Bon, ok, je le sait surtout grâce à mon talent d’Empathe.

- Alors ? Qu’est ce qui ce passe ? On a des nouvelles des Invisibles ?

Les yeux de Forkle se tournent l’espace d’une seconde vers Lya et moi, comme pour signifier qu’il hésite à parler devant nous. Je me lève brusquement de ma chaise et m’écrie :

- Ah non ! Ça ne marche pas comme ça ! Vous avez voulu que l’on rentre dans votre ordre, maintenant il faut nous trainter comme ses membres !

Forkle soupire et marmone quelque chose qui ressemble à « ..ou... é...gahins » et commence à parler :

- Nous étions sans nouvelles des Invisibles jusqu’à présent, c’est une bonne chose mais ça laisse surtout penser qu’ils préparent un mauvais coup. Je viens d’être prévenu par une de nos équipes d’espions qu’un signe de leur activité à été découvert dans une de leur planques. Nous devrions êtres prêts à l’action car je pense qu’ils ne préparent rien de bon... bon pour nous en tout cas.

Wouah, on se croirait dans un James Bond ! je pense.

- Que préparent-ils à votre avis ? demande Biana.

- Je ne sais pas excatement, mais je pense qu’il doit s’agir d’un gros coup. Quelque chose d’énorme, ils doivent préparer ça depuis des mois, des années peut-être. Il faut rester vigilants.

J’ai soudain une très nette envie d’éclater de rire, c’est tellement...tellement...je ne sais pas, mais on se croirait dans un film. Mais en voyant les visages mi-tendus mi-effrayés, je comprends que ce n’est pas le moment, pas du tout. Tous demeurent silencieux, comme une commémoration. Y-a-t-il déjà eu des morts durant cet affront qui ne se finit pas ? Mon sang se glace à cette pensée.

- Vous ne nous dites pas tout.

Je reconnais la voix de Lya, et je me tourne vers elle comme toutes les personnes présentes dans la pièce, Forkle en premier, mais elle soutint le regard de ce dernier sans s’occuper des autres.

- Avez-vous utilisé votre Télépathie ? demanda Forkle.

- Pas besoin de lire les pensées des gens pour le voir, rétorqua-t-elle, enfin regardez !

Elle nous regarde, guettant notre approbation. Je jette un coup d’oeil vers Forkle qui semble soudain plutôt mal-à-l’aise. Cela paraît évident qu’il cache quelque chose et que la réaction de Lya ne faisait pas partie de ses plans. De plus, les émotions qui émanent de lui ne me permettent plus aucun doute. Il est vraiment catastrophé. Je prends la parole :

- Tu as raison. Il y a quelque chose que vous nous cachez.

À présent, c’est vers Forkle que tous les regards sont tournés. Certains sont choqués, d’autres en colères, peinés qu’on ne leur fasse pas confiance ou effrayés de ce qu’ils vont apprendre.

- En tout cas, heureusement qu’on les a repérés ! clame Keefe. Avant elles, il ne se passait jamais rien, faites ci, faites ça et jamais on ne nous mettait au courant. Vous avez toute mon admiration les filles !

- Mr. Sencen, reprit Forkle à l’adresse de Keefe qui grimaça, si notre façon de faire ne vous plait pas, vous pouvez partir. Quand à vous... le Cygne Noir est une organisation qui s’étends bien plus loin qu’aux personnes présentes dans cette pièce, est-ce clair ? Et nous ne sommes pas obligés de vous révèler tout ce que nous savons. Vous avez prêter serment, vous devez nous écouter moi et les autres membres du comité.

Je le foudroie du regard pendant qu’il continue à nous faire la morale.

- On vous a peut-être habituées à êtres traitées en princesses, en êtres supérieures, mais sachez qu’ici ce n’est pas le cas ! Ce serait bien trop dangereux pour nos plans de tout révèler aux projets des Invisibles !

Je sens le choc de Sophie, ses amis et ses parents, la gêne de Forkle, qui regrette sans doute d’être allé trop loin. Mais c’est trop tard. Ce qui est dit est dit, et je me fiche bien de son ressenti.

Je me lève sans m’en rendre compte, furieuse. Je sens le sang battre à mes tempes, j’ai l’impression que mes pensées et mon corps sont plongés dans une eau bouillonante et brûlante. Mais surtout... je perçois la colère de Lya, debout à mes cotés, non, je la ressens, cette colère puissante et furieuse comme la mienne. Savoir qu’elle pense comme moi renforce ma propre rage, comme si nos deux émotions se rejoignaient pour me donner de l’énergie et de la force.

Deux étincelles qui déclenchent l’incendie.

Chapitre 17 :

Mon corps bouillonne de rage, mais pas que de rage. Je me sens triste, mise à l'écart, personne n'a confiance en moi... Ce n'est pas moi qui ai décidé d'être une création des Invisibles ! Ce n'est pas moi qui ai décidé de devoir jouer le rôle de la méchante. Meme si au fond de moi, une petite voix me dit qu'il n'a pas tort.Je m'apprête à faire un énième pas en direction de cet elfe ridé et boursouflé, prête à lui remettre une gifle, mais des bras me stoppent, pas que deux, il y en à au moins quatre.

Je regarde Sharyl, elle aussi est entourée de bras. Elle se débat tandis que Sophie se poste devant elle et tente de la calmer en lui parlant. Je n'ai ni le coeur à l'écouter, et encore moins à m'exécuter. De plus, voir que Sharyl ne démordra pas, ne fait qu'attiser ma colère. J'ai comme le sentiment qu'elle est mon autre moitié, qu'elle fait partie de moi. Je me mets donc à me débattre pour pouvoir sortir de là et faire comprendre à ce Forkle, ce que je suis. Ou plutôt, devrais-je dire, ce que nous sommes, Sharyl et moi.

Heureusement pour lui, je n'y arrive pas, et elle non plus. Mais je n'ai pas dit mon dernier mot. Je me suis promise qu'il regrettera les paroles qu'il vient de prononcer. Et je tiens mes promesses... Il faudrait attendre un jour, une semaine, un mois, ou peut-être un an, mais il le regrettera.

Ma vision se brouille, je sens que je vais pleurer. Non, pas maintenant, il faut que je reste forte. Je respire un grand coup pour ne pas éclater. Puis, je vois la silhouette de Sophie entrainer celle de Forkle dehors.

Puis, sens une petite tapette sur la hanche je regarde dans cette direction et remarque que ce n'est que Yuan, qui me tire la robe.

- Ca va ?

Je lui sourit et hoche de la tête. Puis Keefe vient se poster devant moi, et met une main sur mon épaule. Je détourne le regard et remarque que Fitz fait pareil à Sharyl. C'est gentil, même très gentil de venir nous réconforter, mais Forkle a raison, nous sommes telle que nous sommes, et nous ne pouvons pas changer. Je repousse la main de Keefe, et me décale, j'ai besoins d'air, je sors rapidement de la maison. Mauvaise idée, Sophiie et Forkle sont en train de discuter de nous...

- M. Forkle, ce n'est pas parce qu'elles sont le projet des Invisibles qu'il faut les traité comme ça, s'écrie Sophie, ne remarquant pas que je les observe.

- Sophie, tu me l'as déjà dit je ne sais combien de fois, soupire le vieil homme.

- Alors suivez mon conseil.

- C'est sortit tout seul, se défend-il.

- Tournez sept fois votre langue dans votre bouche avant de parler, récite Sophie.

Devant l'incompréhension de l'homme boursouflé, elle rajoute :

- Oh ce n'est juste qu'une expression... signifiant que vous devez réfléchir avant de parler !!

La dernière phrase a effet de contrarier M. Forkle. Il maugréai sa phrase habituel : "vous les gamins" avant de sauter.

- Lya, je sais que tu caches, tu peux sortir.

Je baisse la tête et sort, honteuse de mettre fait prendre.

- Rentre à Alluveterre, avec Sharyl et ton petit frère.

Je hoche la tète et retourne dans le salon pour chercher ma meilleure amie et Yuan.

Quelques instants plus tard nous sautons, pour aller préparer une vengence terrible à Forkle.

Chapitre 18 :

Je suis à Alluveterre, étendue sur mon lit. Malgré mon apparence calme et reposée, je me sens encore vibrer de colère. Comment a-t-il osé dire une chose pareille ? Je n’en sais rien. Ah, si, je sais quelque chose : il a de la chance que tout le monde nous ait retenues, Lya et moi. Beaucoup de chance.

Je n’en laisse rien paraître, mais il m’a blessée. J’ai beau ne montrer que mon coté furieux face à ses paroles, j’ai l’impression qu’il m’a planté un couteau dans le dos. C’est lui qui a voulu qu’on rejoigne sa foutue organisation, lui qui pense que l’on peut aider le Cygne Noir. Alors pourquoi nous traiter comme ses ennemies ?

Je n’ai pas oublié qu’il nous cachait quelque chose. En ce moment, il doit être en train de tout expliquer aux autres.Sans nous.

Parce qu’il ne nous fait pas confiance.

- À ton avis... qu’est ce qu’il allait dire ?

C’est moi qui ait posé la question. Assise sur le matelas qu’elle a amené hier soir, Lya tripote distraitement un pan de sa cape.

- Aucune idée.

Le silence retombe quelques instants. Il faut que je parle. Sinon, je vais recomencer à penser à...

- Je déteste porter ce truc ! dis-je d’une voix anxieuse. Trop de paillettes pour moi !

Lya me dévisage, mais réponds tout de même :

- Oui... je sens que je vais regretter mes jeans...

- Haha, oui hein ! Euh... en plus on a des vêtements pour cinq vies !

Cette fois, je dois carrément avoir l’air d’une folle bonne pour l’asile. Mais sortir tout ce qui me passe par la tête est une bonne stratégie. Cette fois, Lya a l’air de comprendre et elle se prend au jeu.A elle aussi, cela semble lui faire du bien. À chaque instant de silence, nous relançons notre conversation de facade, parlant de la pluie et du beau temps, des garçons trop débiles de mettre trois heures à nous expliquer pourquoi Yuan a les yeux bleus, de Biana qui aime beaucoup trop les vêtements, des Cités Perdues qui sont magnifiques... Comme des touristes évoquant des souvenirs de voyage, tout y passe, avec plus ou moins d’intelligence dans nos propos. Ça aurait presque plus marcher. Presque.

Au bout d’une demi-heure de faux rires et d’excamations pronnoncées d’une voix éteinte, je me tais. Je crois que j’ai épuisé mon stock de conversations un minimum censées. Mais je ne peux pas arrêter. J’en ai besoin, Lya en a besoin. Pour elle, comme pour moi, je dois jouer le jeu.

Alors, j’ose le sujet qui peut nous faire discuter des heures ou au contraire ... euh, non, je ne veux pas imaginer en fait.

C’est quitte ou double.

- Et sinon, ça se passe bien avec Keefe ?

Lya semble sortir de son état second, les yeux équarquillés.

- T’as vraiment plus d’idées... au point d’en arriver là ?

- Bah, tes parents seront plus là pour le fai...

Je me rends compte de ma bourde énnorme un instant trop tard. Bah bravo, Sharyl. Bien joué !

- Enfin, je veux dire... ouais... je suis ta meilleure amie donc... ouais.

C’est encore pire. Je m’en tapperais la tête contre les murs.

- Non, sérieux : c’est quoi cette question ?

- Rien. Rien, désolée... je sais pas ce qui m’a prit.

Cette fois, je suis écrasée par la gêne. La mienne et celle de Lya. Mais qu’est ce qui m’a pris de parler de ça ?

Je ne me reconnais pas. C’est ça, grandir ? Non.

Ça, ça s’appelle être débile et agraver la situation.

- Vraiment... excuse moi. Je sais pas pourquoi j’ai sortit ça, c’était idiot.

Mes joues sont clairement rouge écarlate, ce moment fera partie des plus gênants de ma vie, ceux qu’on aimerais oublier mais comme par hasard, c’est impossible. J’aimerai tellement remonter le temps... juste... quelques secondes avants. Oui, c’est ça, juste à temps pour pour ne pas dire un truc pareil.

- Pour te répondre, sache que tu te plantes complétement, me dis Lya. Je ne sais pas ce que tu as cru mais...

- Je sais ! Je... non ! Je ne crois rien du tout ! Je voulais juste... te taquiner.

Pour la première fois depuis longtemps, voire depuis toujours, je ne sais pas ce que ressent Lya. C’est... trop compliqué. C’est toujours compliqué, mais... elle est gênée, je le sens. Il y a de quoi.

Je me sens mal.

J’ai peur de l’avoir fâchée.

Lya et moi, on ne se dispute jamais. Et maintenant... j’ai tellement peur qu’elle m’en veuille !

Je voulais nous épargner une douleur supplémentaire à toutes les deux, mais je n’ai fait qu’agraver la situation. Ma vie, mes parents, mes certitudes... j’ai tout perdu en quelques heures. La seule chose qu’il me reste, c’est Lya, et parfois je me dis que je l’aime sans doute plus que je n’aime mes parents. Nous devons affronter cette épreuve toutes les deux. Je ne laisserai ni les Invsibles, ni M.Forkle, ni aucun garçon; je ne laisserai personne détruire notre amitié.

Je desserre ma main dans un geste lent. Sur ma paume, on voit des petits traits blancs : j’ai enfoncé mes ongles dans ma peau sans m’en rendre compte... remarque, après ce que j’ai dit, je ne mérite que ça. Je resserre ma main.

Non... c’est idiot. À quoi ça sert ?

Je re-desserre ma main.

Honte.

Voilà ce que je ressent.

- Tu m’en veux, Lya ?

- Bien sûr que non !

Le soulagement m’envahit. Elle ne m’en veut pas !

- Écoute Sharyl, il n’y a rien de grave ! Bon, d’accord, c’était assez gênant et plutôt débile de me poser cette question, mais sincérement, je ne t’en veux pas.

- Merci...

Elle me prends dans ses bras, et après quelques instants, Yuan nous rejoins. Ça fait du bien.

J’entends des voix dans une autre pièce. Oh, non, c’est la voix de Forkle... il n’est pas seul. Je n’ai pas oublié ce qu’il a dit tout à l’heure. Ce n’est pas près d’arriver... Je me détache de Lya et Yuan pour me rapprocher de la porte. C’est mal, je le sais. Mais je n’hésite pas une seconde.

- Il va tout de même falloir trouver une solution ! dit une voix inconnue à travers la cloison.

- Pour l’instant, nous n’avons pas d’autre choix. Nous devons juste attendre.

- Attendre ? dit une autre voix. Vous voulez dire... ne rien faire ?

- Exactement.

- Et quand est-ce qu’on interviendra ?

- Notre but est seulement d’éliminer les Invisibles ! Sans eux...

- Oui, mais si ils attaquent vraiment les Humains ? Nous...

- Moins fort !

Trop tard. On a entendu. Et c’est reparti... les Invisibles voudraient donc attaquer les Humains ? Mais pourquoi ? J’ai l’impression de ne pas le savoir, vide, néan, alors qu’une voix semble me dire : « ce sont des Terroristes » . Nos familles, les élèves du Lycée, tous ces gens que Lya et moi avons cotyés durant toute notre vie... quelles chances ont-ils face à des Elfes ?

Aucunes.

Chapitre 19 :

Déjà le chapitre 19...

Mon corps se mets à trembler... Ce n'est pas possible, ils ne peuvent pas faire ça... toutes nos familles, amis (bien que très rare, voir aucun amis) et les autres personnes n'ont aucune chance face aux Invisibles !!

Et je ne sais pas ce que je peux faire pour faire tout cesser... Et bien, RIEN ! Je ne peux rien faire.

Je jette un regard vers Sharyl et m'aperçois qu'elle aussi tremble. Je me rapproche d'elle et pose ma main sur mon épaule. Elle me regarde avant de me sourire. Puis, les pas se rapproche, nous devons faire comme si de rien étais, alors, nous accourrons vers le lit et le matelas et nous nous remettons à parler de rien et de tous. Comme nous l'avions prédit, la porte s'ouvrit et se cogna contre le mur, pou laisser entrer Forkle, une personne taillées dans la glace (qui bougeait, et c'était même très étrange), une autre personne tallée dans une espèce de roche, surement du granite, et une personne invisible, ou seule une cape argentée flottée dans l'air. Heureusement, derrière eux, il y a Sophie, Fitz, Keefe, en le remarquant, je rougis doucement en repensant à la discussion avec Sharyl de toute à l'heure, et les autres.

- Voici le comité, déclara M. Forkle.

En l'entendant, je grimace, je n'ai pas oublié ce qu'il a dit toute à l'heure, et je ne suis pas près de l'oublier. A ça non, même si je le voulais, je ne pourrais pas, à cause de ma mémoire photographique. Le vieil homme l'a remarqué, et grimace à son tour.

- Ecoutez, jeune fille...

- Non, je ne veux rien entendre, l'interrompis-je, vous nous avez insulter et manquez de respect, ce qui est dit est dit, vous ne pouvez pas remonter le temps.

Tout les adultes le regardent de stupéfaction. On dirait qu'il ne leur à pas tout dit... Il baisse la tête, gêné.

- Nous voulions vous ann...

- Laissez parler quelqu'un d'autre, je ne veux pas entendre votre voix, le coupe Sharyl, en parfait accord avec moi.

Il s'apprêtent à riposter, mais Sophie prend la parole.

- Les Invisibles s'apprêtent à attaquer les Humains.

Je prends un air choqué et Sharyl aussi.

- Quoi ? S'écrions nous en cœur.

- Nous devons faire quelque chose, continue Sharyl qui joue super bien le jeu.

- Non, nous ne ferons rien, dit sèchement M. Forkle.

Puis devant notre colère, il s'empresse de rajouter :

- Pas pour le moment, il faut attendre le bon moment.

- C'est ce que vous dîtes souvent, mais ça ne marche jamais, murmure Keefe.

Cette réplique m'arrache un sourire, mais je me reprend vite en regardant du coin de l'œil Sharyl qui ne semble n'avoir rien remarqué, fort heureusement d'ailleurs, sinon, elle m'aurait taquiner.

- Je vous entend M. Sencen.

- Je sais bien.

- Keefe, ce n'est pas le moment, soupire Sophie.

Mais, je ne sais pas si c'est moi, mais en ressentant ses émotions j'ai l'impression qu'elle est d'accord avec lui... M. Forkle se retourne et s'en va, il est surement vexé, mais ça me fait du bien de le voir dans cette état là, non pas que je suis contente de le voir souffrir, mais je trouve qu'il l'a bien mérité. Le comité, comme il l'appelle, nous fait signe de la tête et repart, nous laissant seule avec Sophie et ses amis. Il y a un blanc, tout le monde semble gêné, seul Yuan est là, ne comprenant pas ce qu'il se passe. Enfin, Sophie prend la parole.

- Si vous voulez venir chez moi ce soir, pour dîner, vous êtes la bienvenus.

- C'est très gentil de ta part, mais je crois... Commençai-je avant d'être interrompue par un petit monstre.

- Oh oui !!! Ze veut voir le T-Rex !

Yuan se met à faire plein de grognement de dinosaure et court dans toute la chambre pendant que tout le monde glousse, sauf moi qui soupire, le sourire comme même sur les lèvres. Enfin, il se jette dans mes bras en cessant ces interminables cris.

- Dis oui, dis oui, dis oui, s'te plait ma grand'soeur à moi.

Comment résister ?

- Hum...

- Elle a dit oui !!! S'écrie t-il en se levant d'un bond, manquant de cogner sa tête à mon menton, avant que je ne réponde.

Sophie lui sourit.

- A ce soir alors !

Elle s'apprête à repartir, mais s'arrête et se retourne pour dire :

- Tu voudras monter sur Verdi ?

Je reste choquée. Monter sur un dinosaure ? Il ne vont pas bien dans leur tête, ma parole !

- Oh non, non, non, non, no, et non !! M'écriai-je pendant que Yuan dit l'inverse de ce que je dis, soit : «Oui, oui, oui, oui, oui !».

Puis Sophie part sans entendre mon juron. Pendant tout ce temps, le reste des gens sont en train de rigoler de l'attitude de mon petit frère.

- Je suis fière de lui, il me ressemble tellement ! Dit Keefe en faisant semblant de sécher une larme sur sa joue droite.

- Ah, pas du tout, il est beaucoup plus sérieux que toi, il me ressemble plus, le contredit Tam.

Et ça recommence...

- Pas assez sérieux pour qu'il te ressemble, continue Keefe.

- Il a mon physique, il lui manque juste une frange argentée, je vais arrangé ça toute suite.

- Non !

C'est moi qui vient de parler, je prends Yuan par le bras et le serre contre moi en lui cachant les cheveux avec ma main droite.

- Quoi ? Il me ressemblerait d'avantage !

Je secoue la tête. Sophie a de la chance d'être partie, elle n'est pas là pour supporter les chamaillerie des deux garçons...

- Ah, tu voix, Lya ne veut pas qu'il te ressemble, le nargue Keefe.

Tam s'apprête à rétorquer, mais Sharyl lui coupe l'herbe au pied.

- Il ressemble à tout les deux, parce que vous êtes tous les trois de gros bébés !

Cette fois-ci, c'est la fête, tout le monde ce mets à parler de n'importe quoi. On parle de licorne et d'alicorne (je crois que ça s'appelle comme ça) il y en a une qui s'appelle Silveny et elle est mère de deux petits poulains, qui s'appelle Luna et Felix, on parle aussi de plein, plein d'autre chose. Jusque ce soit le soir. Yuan commence à s'impatienter et à faire le dinosaure partout. J'ai du appliqué l'avertissement : s'il continuait à faire n'importe quoi, il ne ferait pas du T-Rex. Malheureusement pour moi, il s'est calmé...

Il est l'heure de sauter. Nous formons un cercle énorme, dont je me suis postée en face de Keefe. J'ai décidé de prendre des distance avec lui, pour ne pas que Sharyl ai raison. Et, d'après mes souvenir, Keefe à 17, ou 18 ans, et moi, j'ne ai que 14, donc voilà...

Nous réapparaissons devant l'imposante maison - ou palais- de Sophie. Cette dernière nous attends devant l'enclos de Verdi. Je soupire...

- Yuan est vraiment obligé de monter sur Verdi ? Demandai-je.

Le concerné me regarde avec des yeux triste et hoche la tête. Je -re-soupire et le lâche. Sans attendre, il accoure vers Sophie qui le fait entrer dans l'enclos. Mon coeur bas à cents allures, je ferme les yeux, je ne peux pas voir ça. Même s'il ne ce fait pas manger, il pourrait tomber, et la chute serait mortelle.

Quelques secondes après, précisément 49, j'entends Yuan crier. J'ouvre les yeux, prête à courir le rattraper, mais je le vois, chevauchant Verdi, Sophie est derrière lui et le tiens. Mon petit frère a les bras écartés et tendus horizontalement. C'est bien l'un des plus beau spectacle que j'ai jamais vu... Je suis plus qu'emerveillée.

Au bout de quelques minutes, les pires minutes de ma vie en réalité, Yuan redessant. Arrivés par terre, ils manquent dde se faire manger par le tyrannausaure, je pousse un petit cri et cours, comme je l'avez prévu vers la porte de l'enclos. Heureusement que Sophie l'a bloqué par sa... Télékinésie ? Quand Yuan sort il se jette dans mes bras en s'écriant :

- J'ai fait du T-Rex !! J'ai fait du T-Rex !! Et pas toi, nananananèreee !!

Il me tire la langue et je sourit avant de lui embrasse le front.

- Alors t'es un vrai petit aventurier !

- Moui, dit-il.

Je lui prends la main et nous rejoignons le groupe qui acclame Yuan. Je manque de trébucher plusieurs fois, mais on ne remarque rien, enfin je l'espère, grâce à ma robe. Comme quoi, elles peuvent servir à quelque chose.

Mais cette fois ci, je tombe réellement, une bourrasque, pire qu'un mistral, me renverse. Pas que moi, mais aussi quelques uns, comme Sophie, Biana, Linh. Je crois que c'est a cause des talons, on perd l'équilibre a cause de ça. Attendez, je viens de voir Sharyl... Dans les bras de Keefe ! Non, j'abuse un peu mais c'est vrai, Keefe la tiens par les épaules, surement parce qu'elle allait tombée et qu'il la rattrapé.

A cette vision, mon cœur se serre. Mais seulement un tout petit peu.

Je regarde dans la direction d'où provenait le vent et j'aperçois au loin des silhouettes noirs qui deviennent de plus en plus grosses. Je peux enfin voir ce que c'est...

- Les Invisibles ! Criai-je en me relevant difficilement.

Sophie se relève d'un bond et ils le font tous. En effet, c'est bien eux, et maintenant il ne sont plus très loin de nous, mais plus du tout.

- Et nous ? Nous ne sommes pas invités ?

Je me poste devant Yuan. Nous sommes à l'écart du groupe, donc comment dire, une cible assez facile à atteindre, mais je ne dois pas me plaindre, pou le moment, je dois protéger Yuan.

- Oh, a ce que je vois, tu protège un Humain, sourit une femme aux yeux bleu glacé.

J'ai tellement envie de la contredire, de lui dire que Yuan n'est pas un Humain, mais ce serait mentir...

- Ne traitez pas mon frère comme ça, vous êtes pire que les Humain, crachai-je.

- Donc les Humains sont des vermines pour toi ?

- Elle n'a pas dit ça ! S'écrie Sharyl en se postant à son tour devant moi.

A coté d'elle se trouvait Keefe, Sophie, Tam, Linh, puis Dex, Marella, Whylie, Biana, Fitz, et Stina.

- Oh, tu t'es fait des amis, je suis si fière de vous, mes chéries, mais, vous ne vous êtes pas fait de bons amis.

- Maman, en tout cas on est bien meilleurs que Gethen et compagnie, ricane Keefe.

"Maman" ? Il ne m'avez pas dit que sa mère faisait partie des Invisibles. Bon après tout je viens d'arriver et on ne m'a pas tout révéler.

- Bref, je suis revenue reprendre ce qui m'appartiens, s'impatienta Gisela.

- Ce qui vous appartiens ? Demanda Sophie en haussant les sourcils.

- Oui en effet, je reviens prendre Sharyl et Lya.

- Parce que nous sommes des objets et que nous vous "apartenons" ? Ricanne Sharyl et moi en même temps.

- Allons, nous ne voulons pas employer la force, dit calmement la dénommé Gisela avant d'hausser le ton : alors vous allée vous dépêcher et nous rejoindre, immédiatement.

Je secoue la tête, ainsi que Sharyl.

Alors, je sens la colère, et l'agacement de Gisela. Elle pousse s'empare de Sharyl avant que personne ne puisse réagir.

- Maintenant, que faites vous ? Je suis capable de sauter à tout moment avec la petite Sharyl...

- Non ! M'écriai-je.

J'écarte tout le monde pour passer mais trop tard, j'arrive dans la scène où Gisela brand le cristal de saut. Je suis assez proche d'elle pour qu'elle puisse m'attraper le poignet, mais avant que sa main se referme sur la mienne, une force m'attire dans le sens contraire, et ma main glisse de celle de l'Invisibles, je suis désormais hors de son atteinte. Malgré cela, Gisela et Sharyl reussisent à sauter.

- Non !

Ma voix est presque inaudible. Je tombe à genoux, les mains tremblante sur le visage. Ils ont enlevé Sharyl. Sans elle je ne suis rien... Je me mets a pleurer. Je m'en fou de ce que dise les autres, j'ai besoins de me défouler.

Au bout d'un certain temps, la voix de Keefe me murmure à l'oreille :

- On va la retrouver, je te le promets, mais viens.

Il m'aide à me soulever et je sèche mes larmes. Yuan vient se coller à moi, pour me faire un câlin. Je renifle.

Courage, nous allons la retrouver !!

Chapitre 20 :

Enlevée.

Je n’aurais jamais cru que ça m’arriverait, à moi. Comme tout ce qui m’arrive en ce moment de toute façon.

Capturée.

Les Invisibles ont bien mené leur coup. Envoyer une seule personne, qui était en infériorité numérique mais bénéficiait de l’effet de surprise. Si seulement on avait été plus réactifs... si seulement j’avais réussi à me dégager... si seulement elle n’avait pas sauté avec moi...

Kidnappée.

J’ai envie de hurler, de tout casser, je... pleure ?

Je passe une main tremblante sur mon visage trempé. De grosses larmes coulent sur mes joues tandis que l’horrible vérité s’abat sur moi :

Je suis prisonnière des Invisibles.

Je hurle. Ça ne me suffit pas. Je crie à nouveau, mais je m’effrondre sur le sol dans un sanglot. Et je ne bouge pas. Je n’ai plus aucune notion du temps. Tout en moi c’est envolé, la vérité s’est emparée de mes sens.

Je reste là, longtemps, jusqu’à ce que quelqu’un ouvre la porte sans cérémonie et annonce :

- Lady Gisela veut te voir.

Je suis l’Invisible en tentant de retrouver mon visage impassible. Pas question de paraître faible devant mes ravisseurs !

- Ah, dit la dénommée Gisela d’un ton statisfait, un sourire machiavélique s’étirant sur ses lèvres. Voici donc le fruit de nos expériences !

Je serre les dents pour ne pas réagir, mais  ce n’est pas l’envie qu’il m’en manque. Chacun de ses mots me donne envie de régurgiter l’intégralité de ce que j’ai mangé depuis ma naissance.

- Même si il en manque une, c’est dommage mais c’est déjà mieux que rien, continue-t-elle en me regardant avec dédain. Bon, je vais aller droit au but...

- Oh, non, prenez votre temps surtout, dis-je du même ton.

- Ne joue pas à ça avec moi, Sharyl, ou tu vas le regretter.

Je ne réponds rien, mais je hausse les sourcils comme pour dire « Vraiment ? ». Gisela soupire.

- Sache que je n’aime pas ton attitude. Maintenant que tu est chez les Invisibles, tu vas arrêter ça.

- Jamais je ne serai une Invisible, répliquais-je avec dégoût.

- Oh, mais tu l’est déjà ! dit Gisela avec un sourire triomphant au visage. Tu oublie d’où tu viens... tu peux te persuader de ce que tu veux, croire ce qu’il te plaît de croire, mais tu ne fera jamais réellement partie du Cygne Noir, tu ne sera jamais comme Sophie et ses amis. C’est inscrit dans tes gênes, tu est une Invisible.

Je ne le montre pas, mais ses paroles me transpercent le coeur. Non, elle a tort. On peut choisir qui on est. Cela ne dépent que de nous-même...  Et j’ai choisi de rejoindre le Cygne Noir.

- Je fais partie du Cygne Noir, répliquais-je d’un ton sec.

Si elle est étonnée, elle n’en montre rien. Elle se contente d’élargir encore son sourire (si c’est possible), comme si je lui donnait une occasion pour me dire... quelque chose. Je crois que je viens vraiment de le faire.

- Cela ne m’étonne pas... le Cygne Noir à eu peur ! Il c’est donc dêpéché de vous recruter avant que nous puissions ne serais-ce que vous expliquer la vérité...

- Le Cygne Noir ne nous prends pas pour des objets que l’on peut manipuler à sa guise !

- Mais justement, ma chérie, justement...

- Ne m’apellez plus jamais « ma chérie » sinon je risque de vomir.

Ignorant ma remarque, elle continue avec avidité :

- Le Cygne Noir vous à manipulées ! Pourquoi croyez vous que Forkle vous fasse si peu confiance ? Pourquoi une organisation secrète recruterait soudain deux Elfes sorties de nul part ? C’est évident enfin, vous n’êtes que deux cartes dans son jeu, deux cartes qui épaississent sa collection, deux cartes qui ont pour seule particularité d’être plus puissantes que les autres.

Je vacille. Non ! Tout ce qu’elle veut, c’est me rallier à sa cause !

- Je ne rejoindrai jamais votre ordre ! je hurle. C’est clair ? JAMAIS !

- Est-tu sûre de ton choix ? me demande Gisela.

- Je n’ai jamais été aussi sûre.

- Nous en reparlerons demain. La vie n’est pas une boutique, Sharyl... on prend ce qu’il y a à prendre. Gethen ! dit-elle en direction d’un autre Invisible.

Je leur jette un regard noir, plein de défi. Le dénommé Gethen m’empoigne par l’épaule et m’entaînedans une pièce avec une sorte de lit. Dès que je passe la porte, il me pousse au sol. Je pousse un cri. Pas parce que la  chute était brutale et le sol très froid, mais parce que l’espace d’une seconde j’ai senti une douleur  lancinante à mon bras. Et juste avant de tomber, j’ai aperçu une lame sous la cape de Gethen.

- Tout dépend de toi, me dit-il avec un sourire malveillant.

Il sort, claquant la porte derrière lui. Je porte la main à mon bras, là ou j’ai eu mal, et quand je la retire et l’examine je m’aperçois qu’elle est tachée de sang. Je ne ressent plus qu’un picotement aigu, maintenant, parfois des pics de douleur. Mais ce n’est rien, juste une égratinure. En revanche, leur acte, ce n’est pas rien.

Je me laisse couler sur le sol de pierre, le froid apaisant mon entaille. Je ferme les yeux, et je pense à ce que Gisela a dit à propos du Cygne Noir. A-t-elle raison ? Non, sa façon de voir les choses comme si l’on ne voulait de nous que nos pouvoirs... Peut-être est-ce le cas de Forkle, mais pas des autres. Je refuse de le croire. J’ai prêté serment pour aider ce monde, et c’est ce que je veux, réellement.

Je décide de me faire une promesse :

- Je ne rejoindrait jamais les Invisibles, murmurais-je.

*

Je suis dans une pièce grande, très bien décorée sur le théme de la nature. J’ouvre les yeux. Je suis seule. Soudain, Lya entre en hurlant :

- Les Invisibles sont là !

Je me lève, épouvantée. Lya tient Yuan contre elle, et nous sortons de la chambre en courant. Mais dès que j’ai passé la porte, quelqu’un me pousse à l’intérieur. Derrière moi, Gisela me dit :

- Tu ne fera jamais réellement partie du Cygne Noir, Sharyl...  Tu est une Invisible.

La porte se rouvre, et Sophie, Keefe, Fitz et Linh font une entrée remarquable.

- Maman, dit Keefe, on est bien meilleurs que vous...

Quoi, Gisela est sa mère ? Sous mes yeux horrifiés, le visage de Gisela se transforme peu à peu en celui de Keefe, mais au lieu de son sourire blagueur, un sourire mauvais apparaît sur son visage. Elle m’attrape le bras et dit :

- Je peut sauter à tout moment avec la petite Sharyl...

Je vois Lya entrer avec Forkle, qui a le visage grave et clame :

- Ce serait bien trop dangereux pour nos plans de tout révéler aux projets des Invisibles !

Lya court vers moi en criant :

- NON !

Puis soudain, Gisela tends un cristal à la lumière et je vois la scène s’effacer.

*

J’ouvre les yeux, le front trempé de sueur et le cœur battant à dix mille à l’heure. Un cauchemar, ce n’était qu’un affreux cauchemar. Mais en voyant l’endroit dans lequel je me trouve, étendue au sol, je percute une deuxième fois la dure réalité :

Je suis toujours prisonnière des Invisibles.

Chapitre 21 :

Je me mets soudain à hurler. Tout le monde me regarde bizarrement. Nous sommes dans le salon à Havenfield, en compagnie du comité, donc de M. Forkle, qui nous fait la morale. Pourtant, c'est la vérité, l'espace d'une seconde, j'ai ressentie comme si quelqu'un me transperçait le bras. Je regarde.

Rien.

Mais ça avait l'air si réel. Je ne sais pas ce qui vient de ce passer, mais ça ma fait hyper mal. C'était atroce. J'avais l'impression que mon bras gauche se faisait tranché par une lame. Seulement, et heureusement d'ailleurs, ce n'est qu'une illusion.

- Tout vas bien, Lya ? Me demande Sophie.

Sauf, que en regardant de plus près, j'aperçois, qui se dessine une entrailles. Je ne comprends plus rien ! Il y a même pas trente seconde mon bras n'avait rien ! Et maintenant, une coupure énorme est apparue.

Sophie et ses amis, ainsi que Forklenator se précipite vers moi. Ils semblent tous en était de choc, et moi aussi. La mère de Sophie, Edaline, invoque un espèce de pensement, pendant que Fitz appelle un medecin. Keefe tente de baisser le stress dans l'atmosphère.

Au bout de quelques minutes, Elwin, c'est comme ça qu'il s'appelle, arrive. Il a une tenue qui fait rire Yuan. En effet, elle est assez drôle : elle est rose et il y a écrit "pas de soucis, je jère", autour, il y a de petit stégosaure qui bouge.

Il projette des orbres de couleurs differents autour de mon bras.

- Je ne vois rien, finit-il par conclure.

- Quoi, mais pourquoi ! S'écrie Sophie, qui semble très inquiète.

- Je viens de comprendre ! Les interrompt Keefe. Et si en réalité c'était Sharyl qui souffrait véritablement.

Tout le monde incline sa tête.

- Ecoutez, vous voyez, je sais que cela ne va pas plaire à Lya, mais elles sont entre guillemet "jumelle" vu qu'elles sont les projets des Invisibles, désolé Lya. Il se pourrait qu'elles soit connectés et que chez les Invisibles, Sharyl est en train de souffrir. D'ici, Lya ressens ce qu'elle ressnent.

Le viel homme bousouflé fronce des sourcils.

- En effet, ce n'est pas bête.

*Tout ce qui compte pour vous, c'est que je fasse partie des Invisibles et que je sois leur projet* terminai-je la phrase dans ma pensée.

- Il faut la sauver ! M'écriai-je.

- Pas tout de suite, réplique Forkle.

- Mais elle est en danger ! Continuai-je.

- Taisez-vous Lya Klugry ! Vous n'y connaissais rien, alors fermez là ! Hurle t-il. Vous n'avez aucune expérience mais vous en êtes une qui est en plus ratée ! Vous n'êtes qu'une pauvre gamine qui veut seulement jouer les super héros.

Cette fois, ci je reste bouche bée. Comment se permet-il de m'insulter ? Cela dépasse ma patience. Je vous promets qu'il va morfler celui là. Personne ne pourra m'arrêter. Je brûle de rage. Pire que cette après-midi. J'en ai assez de ce Forkle. Je veux qu'il regrette tout ce qu'il a dit...

Je me lève de ma chaise si brusquement qu'elle tombe en arrière. J'enflamme de colère (c'est une expression, n'allez pas vous imaginez que je brûle réellement), et je ne m'étonnerai pas si je voyais de la fumée s'échapper de mes oreilles.

J'en ai assez de lui, de ses paroles. Même s'il n'a pas fait exprès de le dire à voix haute, il le pensait. Maintenant, à lui d'en assumer les conséquences.

J'ai l'impression de bruler, mais cela ne doit être qu'une illusion ou un ressenti sous l'effet de la colère.

- Lya, arrête ! Calme toi, respire ! S'écrie Sophie.

Je ne prends même pas la peine de lui jeter un regard, tellement je suis focalisée sur M. Forkle. Je vais lui faire regretter..

Puis d'un coup, je me stoppe, je m'immobilise. J'entends la voix de Yuan, qui m'appelle. Ce n'est pourtant pas sa voix habituelle, non, elle est plutôt fragile, comme s'il venait de pleurer. Mes muscles se détendent, et je regarde autour de moi. Du feu... Je suis entourée par un mur de flamme. Que ce passe-t-il ?

Mais la chaleur m'écrase... Ma tête commence à tourner... Je perds mon équilibre et tombe brutalement contre le sol brulant.

Puis... Tout devient noir.

Lady Gisela se tient devant moi, un poignard dans un main, de l'autre, elle empoigne Sharyl. Je m'élance vers elles en criant un "Non" pitoyable, mais assourdissant, mais trop tard, Gisela déchire le bras de Sharyl et saute avec elle. Plus tard, je retrouve ma meilleure amie dans une pièce au murs blancs, il fait froid, très froid. Je dois la réchauffer. Une petite flamme apparaît devant elle, mais bientôt, elle se change en un énorme brasier, l'absorbant au passage. Je hurle de douleur, de tristesse et d'autres émotions. Je viens de perdre ma meilleure amies ! Je ne peux pas retourner en arrière, c'est terminer, elle n'es plus là, consumée par le feu.

Je me réveille en sursaut, plutôt en sueur. Ce n'était qu'un rêve, hum... Non, pluutôt un chachemar, oui c'est ça, un cauchemar. Je regarde autour de moi, je me trouve sur un lit, des flammes jaillissent et forment un mur. Derrière, j'entends des voix mais je ne distingue personne. Qui sont-ils ? Encore les Invisibles ? Je me mets en boule et attends.

C'est au bout d'un long moment que les flammes se dissipent révèlant derrière elles Elwin, Sophie, Keefe, Tam, Linh (d'ailleurs, je crois que c'est elle qui a éteinds lle feu, d'après tout, elle est Hydrokinésiste) et les autres.

- Tu es Pyrokinésiste, murmure le medecin.

- Je... Je suis... Je... Je contrôle le feu, réussirai-je à chuchoter.

- OUi, m'affirme Sophie. Tu es Pyrokinésiste.

Chapitre 22 :

Comment va Sharyl ?

Ceci est à Ginny de nous le dire ! A ton tour !!!

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