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Les temps sont sombres, Ama commence à comprendre ses tourments, mais de nombreuses énigmes restent. Pour les comprendre et les résolver elle va avoir besoin d'aide, voulue ou non. Elle va devoir s'ouvrir aux autres et savoir commettre l'irréparable; mais saura-t-elle vraiment hoter la vie à quelqu'un ? Même pour ceux qu'elle aime tant ? De nouveaux dilemes s'offrent à elle, ses anciennces rencontres se joignent à la bataille et la vérité commence à se propager au sein des esprits.

La magie du silence cover tome 4.png

Une question reste... Qui sera vainqueur ? Dernier tome, je vous souhaite une bonne lecture, je mets les chapitres dès que l'inspiration viendra.

Prologue :

Lorsque le vent cesse de souffler sur la plaine, le calme prend sa place, lorsque la tornade cesse le soulagement vient. Lorsque l’aube se lève, le ciel bleu ne tarde pas, lorsque le crépuscule arrive la nuit ne tarde pas. Tout cela va ensemble, c’est un cycle infini.

Lorsque le soleil se couche, les étoiles le remplace. Le soleil, grande étoile éclairant la Terre, grosse boule de flamme mais pourtant bien rassurante et utile, quant aux étoiles, elles, elles sont source d’espoir. Lorsque le soleil se couche et que la nuit tombe, les étoiles éclairent le chemin, pour guider les jeunes voyageurs téméraires. Elles représentent l’espoir car elles montrent qu’il y aura toujours de la lumière, donc il y aura toujours de l’espoir.

Le soleil a succombé, désormais, ils sont tous au courant qu’il est tombé, mais la peur imprègne les étoiles qui s’assombrissent également. Les plus jeunes vont devoir briller encore plus fort pour refaire ressurgir l’espoir et courage. Pour cela les étoiles vont devoir parler.

Hausser fort la voix, oser être contre tous, ne pas avoir peur du regard des autres pour convaincre autrui que la liberté et la paix ne seront gagnés uniquement après la guerre. Pour cesser de ne voir le sang maculait la neige, il faut le faire couler, pour arrêter de voir les proches tombaient au combat, il faudra provoquer la chute du camp adverse. La paix est impossible sans faire la guerre, guerre pacifique et orale, ou physique et cruelle.

Sans la guerre, la paix ne peut être savourée et engage des conflits inutiles et futiles, malheureusement la paix est tout de même suivie de guerre, personne ne comprend les erreurs du passé, personne ne comprend que les bains de sang sont la plupart du temps inutile. Mais ceux qui comprennent, n’ont pas le courage d’élever leurs voix. Ce qui est bien dommage.

Les erreurs du passé redeviennent celles du présent, les erreurs du présent deviendront celles du futur, le temps est censé changer. Pourtant les mêmes erreurs sont commises à chaque fois, chaque année, chaque génération, rien ni personne ne peut échapper aux erreurs du temps.

Quelles genres d’erreurs ? La guerre, une confiance placée en une mauvaise personne, la trahison inutile, les bains de sang, tout est une erreur ; mais tout est causé par un risque. Le risque de confier quelque chose à une oreille à l’écoute qui devient une bouche qui trahit. Le risque d’aimer et de se faire rejeter à la suite d’une trahison. Mais à tout bien y réfléchir, toutes ces erreurs étaient liées.

Une confiance mal placée finit en trahison, une trahison fini en guerre et une guerre fini en bain de sang. Chaque erreur en entraine une autre, mais l’erreur est humaine, donc c’est un risque à prendre. Prendre le risque de faire confiance, d’aimer et de se battre pour une cause juste, ce sont des risques à prendre, pour se sentir vivant, pour comprendre le véritable sens de la vie.

Oui, la vie est un ramassis d’erreurs et de risques, mais parfois cela à du bon, le risque de faire confiance peut créer la plus solide des amitiés comme il peut la détruire, le risque d’aimer peut combler de bonheur ou au contraire de malheur, le risque de se battre pour vivre avec ses proches, mais également pour les voir tomber.

Voilà, c’était cela la vie et à côté la mort était une seconde aventure semblable à la précédente.

Chapitre I :

Des rires, des sourires, des larmes, de la surprise, mais surtout et avant tout de la joie. Cela faisait trois semaines que les vacances d’été avaient commencées, tout allait pour le mieux au Terrier, Fred et George n’y habitaient plus, ils avaient enfin fini d’aménagés leur appartement sur le Chemin de Traverse juste au-dessus de leur boutique et avait pris leur dépendance, néanmoins ils trouvaient parfois le temps de venir rendre visite à Ama et Ginny.

Il y avait aussi Bill et Fleur, c’était eux les principaux auteurs de cette joie momentanée, ils avaient annoncés leur mariage, il était déjà prévu depuis bien longtemps, mais les « enfants » n’avaient appris la nouvelle qu’à la fin des cours. Mais Molly et Ginny n’étaient guère ravie de cet union, la première disant qu’ils se connaissaient depuis deux ans et que c’était trop tôt pour le mariage, la seconde disant qu’elle aurait préféré que ce soit Tonks car elle était plus drôle.

Ginny et Ama en parler par ailleurs, elles se trouvaient dans la chambre des jumeaux où elles se retrouvaient à ranger les cartons et affiches épars sur le sol.

— Vraiment il n’aurait pas pu choisir une autre fille que Fleurk ?! Elle me parle comme si j’avais trois ans et avec son air là, rouspéta Ginny en mettant ses bras en l’air à la façon d’une ballerine tout en faisant voler ses cheveux roux dans un geste prétentieux.

— Elle n’est pas si horripilante tu exagères, fit Ama en levant les yeux au ciel avec amusement.

— Tu ne vas pas me faire croire que tu arrives à la supporter toi ! s’indigna Ginny avant de prendre une petite voix niaise accentuée. Avec ces « Ho Ama tes cheveux sont tellement longs ! » ou « Bill m’a tant parlé des jumeaux ils sont si amusants ! »

— Oui bon c’est vrai j’avoue elle m’insupporte, mais elle peut se montrer adorable parfois ! contra Ama en rangeant une série de bonbons dans un carton.

— Oui, à condition que tu trouves un sujet qui peut l’intéresser, donc tout ce qui concerne Bill.

— Tu as déjà des frères en or, ce n’aurait pas été drôle si tu adorais la belle-famille aussi ! s’esclaffa Ama. Puis, tu finiras bien par l’apprécier, ajouta-t-elle devant le regard noir de Ginny.

— Quelque chose me dis que toi tu es plus agréable, contra Ginny.

— Qui sait ? fit Ama avec un air innocent qui redonna le sourire à Ginny.

Sans un mot de plus elles continuèrent leur rangement, prenant garde à ne pas activer les farces des jumeaux pour éviter de ne se prendre une fumée noire en plein visage, des paillettes ou même des choses blessantes. Malheureusement, elles ne purent pas échappée aux paillettes. Au moins la boite dans laquelle il y en avait n’était pas très remplie, résultat Ginny avait des cheveux roux pailletés et ceux d’Ama semblaient brillés d’un éclat argenté.

— Apparemment les paillettes ça me va bien, dit Ama dans un soupir un sourire aux lèvres.

— Je n’aurai qu’à dire que c’est parce que je suis une flamme flamboyante dans le meilleur des cas, plaisanta Ginny en riant.

Ama ne répondit pas et se hâta de ranger les dernières boites trainantes sur le sol. Une fois que cela fut fait les deux amies quittèrent bien vite la chambre, de peur d’avoir une nouvelle farce qu’il ne leur tombe sur le dos. Elles descendirent donc les deux étages et allèrent dans la cuisine où se trouvait Fleur, avec son fin corps élancé, ses cheveux blonds soigneusement regroupé en un chignon parfait. Ama devait l’avouer, sans être une elfe Fleur était dotée d’une grande beauté.

— Bonjour Ama ! Bonjour Ginny ! dit-elle alors d’un ton enjoué avec un sourire étincelant.

— Bonjour Fleurk…Heu Fleur, Fleur, répondit Ginny se rattrapant de justesse.

Mais Fleur ne semblait ne pas avoir entendu le surnom, son mariage approchait à grand pas et depuis elle était aux anges, toujours la tête en l’air, à faire mille et un compliments, à la limite de sautiller de joie, on pouvait dire qu’elle ne prêtait plus attention à grand choses à part les festivités.

— Je vous rappelle que le mariage aura seulement lieu une fois que nous aurons amené Harry ici en sécurité, déclara Molly qui était là à laver une assiette.

En effet, un plan pour protéger avait été mis en place, mais sur toute la maison seules Ginny et Ama n’étaient pas dans la confidence, même les jumeaux qui n’habitaient pourtant plus ici étaient au courant ! Mais lorsque les deux filles avaient voulues leur soutirer des informations ils avaient seulement répondus que c’était à leur tour de ne pas être au courant, on ne pouvait pas dire que c’était injuste, même si elles ne s’attendaient pas à ce qu’ils répondent cela. En leur cachant leurs recherches elles avaient juste chercher à comprendre avant de se prononcer, pas à creuser un fossé entre eux.

— D’ailleurs quand est-ce qu’il doit venir ? demanda Ginny avec un entrain non dissimulé.

— Dans une semaine ou deux Ginny chérie, répondit simplement Molly avant de quitter la pièce pour s’éloigner de Fleur qu’elle n’aimait pas trop non plus.

Ama, quant à elle, sortit dehors pour aller s’asseoir sur les marches du perron. Profitant du soleil d’été et du souffle du vent dans ses cheveux, mais également des léger cris des poules. Néanmoins, son esprit dériva bien vite se demandant comment ils allaient amener Harry ici, tous ceux impliqués dans le plan disait que c’étaient des mesures de précaution très sécurisées, et qu’il n’y aurait aucun blessé.

Dire qu’Ama n’y croyait pas vraiment serait un bel euphémisme. Elle savait que ça raterait, elle n’avait pas confiance, si les adultes avaient peur d’une attaque à l’égard d’Harry pourquoi ne pas transplaner tout simplement au lieu de se compliquer la vie et de risquer la vie des plus âgés ? Et pourquoi Ron et Hermione avaient-ils le droit d’être dans la confidence alors qu’ils avaient le même âge qu’Ama ? Autant dire que niveau justice ils ne volaient pas très haut ces temps-ci.

— Pfff, j’en ai marre des secrets, soupira-t-elle en se passant les mains sur le visage avec fatigue.

Si même les vacances ne lui donner pas sa dose de repos comment pourrait-elle se reposer durant l’année scolaire ? D’ailleurs elle ne savait toujours pas si elle y retournerait, elle hésitait fortement entre y retourner pour être dirigé par Rogue, qui était apparemment le nouveau directeur, ou rester ici à chercher des solutions. En toute franchises, les deux choix lui semblaient risqués, mais elle ne parvenait pas à savoir lequel était le mieux.

Chapitre II :

Tandis qu’Ama songeait à ses nombreux tourments, une lumière aveuglante lui fit redresser la tête avant qu’elle ne ferme bien vite les yeux. Lorsqu’elle les rouvrit, une jeune femme arriva, ses vêtements modestes ne mettant pas en valeur sa fine taille, ses cheveux bruns tombants en cascades sur ses épaules ondulant légèrement au rythme du vent et ses yeux bleu clair pétillants de curiosité et de joie, même si une légère lueur de timidité restait visible dans son beau regard, à côté Ama était clairement ridicule avec ses cheveux brillants d’éclats argentés.

La jeune femme remarqua alors Ama, s’approchant d’un pas raide et timide elle jetait des regards autour d’elle, comme dans l’espoir de voir quelqu’un en particulier.

—  Bonjour. Je cherche hum…commença la jeune femme.

— Bonjour moi c’est Ama invitée de cette maison, c’est pour voir qui ? la coupa Ama avec un aimable sourire.

— Ace Everdinia, répondit-elle simplement en soulevant ses cheveux bruns.

A l’entente du nom de son frère, Ama se mit sur ses gardes, son sourire s’effaça rapidement pour laisser place à un regard méfiant qui sembla mettre la jeune femme mal à l’aise.

— Et vous êtes qui ? demanda finalement Ama.

— Ashley Cameron, je suis sa petite amie.

Ama sentit sa mâchoire se décrochait, c’était la première fois qu’elle voyait une elfe ne portant pas des vêtements à joyaux, qui ne portait pas de maquillage et qui mettait le pied dans un endroit semblable au Terrier. Au moins Ace avait-il bien choisit, pour l’instant Ama la jugeait acceptable, plus qu’à voir sa personnalité.

— Ah je rencontre enfin l’heureuse élue ! Je suis Ama sa petite sœur, répéta Ama en se levant.

— Ah mais oui ! Ace m’a parlé de toi, une vraie petite tête de mule apparemment ! s’écria Ashley un sourire s’étirant doucement sur ses lèvres.

— Ravie de savoir que je suis présenté d’une manière aussi peu favorable, fit Ama en prenant un sourire forcé. Plus sérieusement, il n’est pas là il est dans les Cités Perdues à la rechercher de quelqu’un je crois, je n’ai pas trop écouté ce qu’il a dit, mais vas-y entre.

Ashley s’exécuta, un sourire gêné aux lèvres. Elle entra avec hésitation dans la maison, l’Hypnotiseuse remarquant qu’elle ne risquait pas de faire beaucoup de pas passa devant elle et l’entraina dans la cuisine où Fleur était toujours en train de rêvasser, Ginny en train de bougonner et Molly toujours à sa vaisselle qu’elle avait reprise.

— Ama ! Tu me sauves la vie j’ai cru que…Heu bonjour ? commença Ginny en s’interrompant net lorsqu’elle vit Ashley.

— Tu me diras après, alors voici Ashley, la petite amie d’Ace. Ashley voici Ginny, Fleur et Mrs. Weasley, fit Ama en montrant tour à tour les personnes présentes dans la pièce.

— Elle veut dire Molly, la corrigea celle-ci avec un sourire chaleureux à Ashley.

— Enchantée, fit simplement Ashley d’une petite voix démontrant son manque d’aise.

Ama eut un sourire à la pensée que son frère avec son caractère enflammé pouvait sortir avec une fille timide, en soit cela la faisait doucement rire. Alors qu’elle souriait toute seule en échangeant des regards complices à Ginny la porte d’entrée se fit entendre, signe qu’Ace rentrait sûrement. Cela ne pouvait guère être Arthur car il rentrait très tard le soir, ni les jumeaux car ils étaient en plein milieu de journée, ni Silver et Lise car elles restaient la plupart du temps enfermées dans leurs chambres ce qui rappela à Ama qu’elle devrait aller les voir à un moment ou un autre.

Et l’Hypnotiseuse avait vu juste, la tête blonde d’Ace apparu dans la cuisine, un sourire illuminant son visage, sourire qui s’agrandit lorsqu’il vit Ashley. Il s’approcha d’elle et lui déposa un rapide baiser sur la joue, ce qui la fit quelque peu rougir, avant de ne se tourner vers Ama.

— Oui je sais, on va avoir une discussion. Mais d’abord apprécie le cadeau ok ? dit-il d’une voix lasse contrastant avec son grand sourire.

— Cadeau ?

Ce fut la seule chose que retint Ama, lorsqu’Ace disait qu’ils allaient avoir une discussion cela finissait souvent mal, surtout si cette fois-ci ils abordaient le sujet des relations le malaise serait au maximum.

— Oui. Tu peux venir ! dit-il en se tournant vers le couloir.

A peine eut-il dit ça qu’un jeune homme arriva, des cheveux bruns en bataille, un regard bleu électrique perçant et un sourire de star de cinéma au visage.

— Léo ?! s’écrièrent Ama et Ginny le reconnaissant.

— Salut la compagnie ! dit-il en agrandissant son sourire.

Honnêtement Ama hésitait entre lui sauter dans les bras ou lui en vouloir pour ne pas avoir donné de nouvelles pendant plus d’un an, finalement elle opta pour le côté calme et se contenta de réfléchir à toute vitesse le regard détaillant Léo de haut en bas.

— Tu as finis tes séances de zénitude avec Bronte donc ? devina-t-elle ne sachant pas sur quel pied danser.

— En effet, normalement je suis plus calme. Alors qu’est-ce que j’ai raté ? demanda-t-il son sourire s’affaissant quelque peu.

Molly les invita d’abord à s’asseoir, lui et Ashley, l’histoire était tout de même assez longue. Mais alors qu’Ama allait commençait Fleur se leva, comme si elle ne voulait pas gâcher sa joie rêveuse en entendant les sombres évènements, malgré qu’elle soit totalement consciente de cela. Lorsqu’elle fut partie l’Hypnotiseuse commença donc à tout lui raconter, de son renvoie du Cygne Noir, jusqu’au décès de Dumbledore qui parut être un lourd choc émotionnel pour Léo. Perdant tout son sourire il regarda tristement un vase posé au milieu de la table avant de ne s’ébrouer.

— Je savais que ça arriverait, mais ça fait quand même un choc. J’y réfléchirai plus amplement après. D’abord je veux profiter, dit-il finalement dans un soupir.

— Sinon tu peux réfléchir avant et profiter après, enfin cela me parais plus logique, fit remarquer Ginny.

— Oui c’est vrai, tu n’as qu’à dormir dans l’ancienne chambre des jumeaux, proposa Molly.

— SURTOUT PAS ! crièrent Ama et Ginny d’une même voix faisant sursauter les elfes et Molly.

— Pourquoi donc ? demanda Ashley innocente.

— On n’a pas encore fini de s’assurer qu’il n’y avait rien de dangereux dans la chambre des jumeaux, expliqua Ama qui dû se rattraper devant le regard effaré d’Ashley. Ils ont un humour très développé et sont très inventifs.

— Pour l’humour ils vont bien s’entendre, elle rit de tout et de rien, fit Ace en souriant.

— C’est faux ! Tu racontes n’importe quoi ! s’empressa de dire Ashley tandis qu’Ace disait non de la tête.

Ama quant à elle sentit sa mâchoire se contractait, sans vraiment savoir pourquoi. Sûrement par jalousie inutile, après tout Ashley était tout de même très belle même pour une elfe et si elle avait le sens de l’humour… En bref Ama avait tout simplement que Fred ne succombe, il fallait vraiment qu’elle arrête de se torturer l’esprit avec des choses aussi futile, vraiment.

Se rendant compte qu’elle serrait les poings en dessous de la table, Ama les desserra rapidement et échangea un regard avec Ginny.

— Tu ne devais pas me dire quelque chose ? demanda-t-elle avec espoir.

— Ah si, si ! On monte ! répondit Ginny qui sembla comprendre le ton et le regard d’Ama.

Les deux filles montèrent donc dans la chambre de Ginny qu’elles partageaient désormais, des livres étaient éparpillés sur le sol avec plusieurs affiches de Quidditch, une tenue de ce fameux sport, des magazines de sport, des dessins et des plans n’aboutissant à rien. Personne ne pouvait avoir le moindre doute sur les propriétaires de cette chambre en tout cas.

— Alors tu voulais me dire ? fit Ama innocemment.

— Fleurk m’énerve ! répondit Ginny avec un entrain nouveau avant de ne déblatéré sur Fleur et ses rêveries.

Chapitre III :

Après une longue conversation sur Fleur et ses rêveries, Ama et Ginny étaient finalement redescendues et avaient passées la journée à discuter de tout et de rien avec Léo, ce dernier ne cessant de parler d’Alice disant à quel point elle lui manquait. Finalement ils avaient décidés de trouver son lieu d’habitation pour qu’il lui rende visite sinon ils allaient devenir fous, Léo parce qu’il ne verrait pas sa bien aimée et les autres car ils ne pourraient pas supporter Fleur et Léo, surtout que les deux semblaient très bien s’entendre.

Ils étaient donc le lendemain, Ama encore allongée sur son lit, elle était réveillée, mais les rayons du soleil filtraient à peine à travers la fenêtre, Ginny dormait encore à poings fermés et aucun bruit ne se faisait entendre dans la maison, signe qu’elle était sûrement la seule debout. Elle avait donc décidée de rester coucher, le regard rivé au plafond elle continuait de chercher des solutions à leurs problèmes. Ils devaient trouver le moyen d’éclaircir les esprits des sorciers et elfes, donc pour commencer Ama allait devoir retourner dans les Cités Perdues, idée qui ne lui plaisait guère, mais comment pourrait-elle faire entendre sa voix sachant que les elfes étaient trop aveugles et sourds ? Ils n’écoutaient que le Conseil et n’avaient de yeux que pour lui, c’était mission impossible pour qu’elle ait une chance de se faire entendre.

Ensuite il y avait les sorciers, ces derniers semblaient prendre la menace plus au sérieux, nombreux étaient ceux qui préparaient les défenses, mais comment savoir qui était un traitre dans ceux-là ? Ce n’était pas les test du Ministère de la Magie qui allaient révéler les Mangemorts au sein des familles. C’était donc sur ce sujet là que le problème se révélait ardu, comment dévoiler leur plan sans mettre au courant de potentiels Mangemorts ? C’était sûrement un risque à prendre, dévoiler la vérité, certes cela avantagerait les Mangemorts, mais s’ils voulaient avoir le maximum d’aide c’était un réel risque à prendre. Encore fallait-il d’abord trouver le plan parfait.

Alors qu’Ama continuait d’imaginer des scénarios aux chances quasi nulles, Ginny commença à bouger dans le lit voisin, elle s’étira les yeux bouffis de sommeil avant d’ouvrir ces derniers pour en révéler deux bruns encore fatigués qu’elle tourna vers Ama.

— Wow déjà debout ? Tu es une lève-tôt ! déclara Ginny dans un bâillement.

— Et toi t’es un lion actuellement, fit remarquer Ama son regard porté sur la chevelure de Ginny.

Ses cheveux roux étaient plus qu’en bataille, ils avaient l’air relevés de façon à créer une crinière autour de son visage ce qui donnait réellement l’impression d’avoir affaire à un lion. Confuse, Ginny se leva et alla dans la salle de bain pour voir à quoi elle ressemblait, Ama se leva également et commença à sortir ses vêtements quand elle entendit un cri strident venant de la pièce d’à côté qui était la salle de bain.

— LORSQUE FRED ET GEORGE REVIENNENT ILS SONT MORT ! hurla Ginny en revenant dans la chambre.

— Ah tu es sûre que c’est eux ? fit Ama avec un air innocent pour camoufler ses rires.

— Bien sûr que c’est eux ! Je suis sûre qu’ils ont mis quelque chose dans mon shampoing la dernière fois qu’ils sont venus !

— Ils sont venus y a une semaine, fit remarquer l’Hypnotiseuse.

— Bah dans une deuxième bouteille de shampoing puis je ne sais pas moi ! Je sais juste que ce sont eux ! répondit Ginny avec humeur avant d’attraper des vêtements et une brosse pour aller arranger sa coiffure indomptable.

L’Hypnotiseuse attendit d’être à portée de voix pour se permettre de rire tout en s’habillant de simples vêtements modestes, elle ne cherchait jamais compliquer et prenait les premières vêtements lui passant sous la main. Une fois que cela fut fait elle s’assura que ses vêtements ne ressemblaient pas à ceux de Ginny avant de descendre dans la cuisine où Ron, Léo, Ashley et Ace étaient déjà attablés le regard dans le vide, les yeux bouffis et la mine fatiguée.

— Laquelle de vous deux a hurlé assez fort pour tous nous réveiller ? demanda Ace à Ama en étouffant un bâillement.

— Le lion sauvage, répondit Ama en riant avant d’aller s’asseoir à côté d’Ace.

— Tu parles de Ginny là ? demanda Ron surpris.

— Non de la Reine d’Angleterre, dit-elle en levant les yeux au ciel avec amusement.

Ro ne répondit pas les joues rosies et baissa la tête en grommelant des mots incompréhensibles, Ama n’en dit rien et commença à lancer une conversation avec Ace pour éviter qu’il ne s’endorme sur sa tartine. Finalement Ginny arriva, les cheveux lisses et bien coiffés un grand sourire au visage malgré ses yeux brûlants de colère, Ama donnait deux heures de survie aux jumeaux lorsqu’ils reviendraient.

— Bonjour mes enfants ! Vous allez bien ? s’écria alors Molly en entrant dans la cuisine, un panier rempli d’œufs au bras.

— Non, on s’est fait réveiller par un lion enragé, bougonna Ron avec un regard en biais à Ginny.

— Tu iras te plaindre aux jumeaux ! Ce sont eux qui ont eu cette idée débile ! se défendit-elle sous le regard amusé de l’Hypnotiseuse.

— Ah oui d’ailleurs ils arrivent aujourd’hui ou demain, ils doivent se préparer pour Harry, et comme c’est bientôt le mariage ils ont préférés fermer boutique jusqu’à la rentrée environ, expliqua Molly en commençant à ranger les œufs.

Parle d’Harry fit immédiatement baisser l’entrain d’Ama et Ginny, cette dernière avait beau être aux anges de savoir qu’ils allaient se revoir elle et l’Hypnotiseuse aimeraient savoir en quoi consistait ce plan, à coup sûr ils allaient leur dire au dernier moment et elles risqueraient de tirer une tête de six pieds de long durant une période indéterminée.

— Attends ils viennent aujourd’hui ?! Mais on a invité Luna et Neville nous ! s’écria soudainement Ginny en se montrant elle-même et Ama.

En effet, comme convenu elles les avaient invités pour la journée, pour pouvoir discuter d’un plan, réfléchir aux évènements, qu’ils soient du passé ou du futur.

— Ne t’en fais pas Ginny chérie ! Vous irez dans les champs ou dans ta chambre, répondit Molly avec un sourire quand on toqua à la porte.

Molly alla donc ouvrir et quand elle revint, elle était accompagnée de Neville et de sa grand-mère. C’était une vieille femme aux cheveux grisés, presque argentés, assez petite, elle portait une robe violette avec de longs gants en satin de la même teinte que sa robe, un sac à main et une écharpe en renard qui faillit faire rendre le petit déjeuner à Ama, Ace et Ashley.

— Bonjour Neville ! Bonjour Mrs. Londubat ! dirent alors Ron, Ama et Ginny en cœur.

— Bonjour mes petits-enfants, je vous confie mon grand Neville donc ? fit-elle d’une douce voix en interrogeant Ama et Ginny.

— Exactement et on vous l’emprunte maintenant, répondit Ginny en se levant. Maman tu diras à Luna qu’on est dehors si jamais elle ne nous voit pas, ajouta-t-elle.

Ama se leva donc à son tour, elle souhaita un bon courage à Ace et Ashley lorsqu’elle vit leurs regards écœurés bloqués sur le renard qu’avait Mrs. Londubat sur le cou. A la suite de cela elle quitta la maison et alla rejoindre Neville et Ginny qui étaient déjà assis dans un carré d’herbe verdoyante.

— On attend Luna et c’est bon, on pourra commencer à réfléchir, fit Ginny en commençant à gratter l’herbe d’impatience.

Quelques instants s’écoulèrent avant que deux personnes n’apparaissent en tornade devant les trois amis, deux personnes qui se révélaient être Luna et son père, Xenophilius Lovegood, habillé de vêtements campagnards ils s’approchèrent d’eux, un sourire illuminant le visage du père de Luna.

— Merci pour l’invitation, ce n’est pas souvent que Luna est invitée, dit-il avec un aimable sourire en déposant un baiser sur le front de Luna. Je vais voir Mrs. Weasley, à tout à l’heure ma chérie.

Après un dernier salut aux amis de Luna il s’éloigna en direction de la maison avant de disparaitre de leur champs de vision, Luna s’installa donc à leurs côtés, ses yeux bleus rêveurs les regardant tour à tour, un faible sourire au visage. Maintenant qu’elle était là, ils allaient pouvoir commencer la discussion.

Chapitre IV :

Le silence régnait, aucun des quatre amis ne savait par où commencer ni comment. Démarrer cette discussion était une sorte de pacte pour eux, cela officialiserait leurs idées, les faire jurer qu’ils n’avaient plus la possibilité de faire marche arrière, plus de choix. Même si ce dernier avait été fait il y a déjà bien longtemps, le doute était resté parmi eux jusqu’au bout.

— Bon. On va peut-être commencer un jour ? déclara finalement Ginny. On doit clairement dire aux sorciers et elfes que la bataille approche, qu’on a besoin d’aide et qu’ils doivent y croire.

— Je vais devoir retourner dans les Cités Perdues, je n’imagine même pas le choc, je vais être l’elfe oubliée, fit Ama songeuse.

— Ne vaudrait-il pas mieux en parler aux deux autres elfes ? Silver et Lise je crois ? demanda Neville.

— Tout dépend de leur façon de voir les choses, Silver est encore avec le Cygne Noir, je ne sais pas si elle le trahira pour suivre le plan et Lise je ne sais pas, je leur parlerai quand je pourrais, répondit simplement l’Hypnotiseuse en détournant le regard.

— Je pense que pour que notre plan marche, déjà il faut en trouver un, mais aussi que pour rallier des sorciers ou elfes à notre cause il faut en parler à certains ayant de l’influence, dit Luna coupant Ginny de peu.

— C’est une bonne idée. Quels sont les sorciers avec de l’influence ? On a bien vu que le Ministère n’était pas plus influent que ça, renchérit Ama en redressant la tête.

— Je ne sais pas, il y a Scrimgeour, mais c’est le Ministre donc non. Peut-être McGonagall, hasarda Ginny.

— Pour gagner le soutient des autres, il faut le récolter, semer les informations et attendre qu’on les récolte, ça ira petit à petit, mais ça fera parler et attisera la curiosité, émit Luna comme possibilité.

Ama prit un temps de réflexion, selon Luna il faudrait donner les informations à des personnes n’ayant pas forcément une grande importance pour qu’ils ébruitent l’information ce qui fera jaser les plus curieux. Cela créerait une chaine et, avec de la chance, ce serait une chaine qui achèverait les sorciers et elfes de comprendre que les jeunes adolescents, l’Ordre du Phénix et le Cygne Noir ne blaguaient pas lorsqu’ils disaient que le temps de la guerre était venue, revenue même.

— Donc, si j’ai bien compris, tu voudrais qu’on en parle à un petit nombre de personnes et qu’on laisse le temps faire les choses ? clarifia Neville après un long silence.

— Oui c’est ça, affirma Luna en hochant la tête.

— Donc on va devoir faire confiance au temps, c’est vraiment une bonne idée ? signala Ginny.

— C’est ce qui nous manque le plus, mais c’est un risque à prendre, coupa Ama.

— Et qu’est-ce que la vie sans un peu de risque ? ajouta Neville avec un sourire.

— Sans un peu de risque ? Elle n’est pas drôle, répondirent les trois filles en échangeant des sourires complices.

— Exactement. Donc on est d’accord, va falloir parler mais pas trop, reprit Neville. Mais à qui ?

Ama haussa les épaules, elle ne savait pas à qui en parler et visiblement eux non plus. Ils auraient bien pu en parler à Xenophilius pour qu’il mette certaines informations dans son magazine le Chicaneur il y avait peu de lecteurs, donc les informations se seraient ébruitées avec douceur. Encore restait-il à choisir les informations, les mettre au clair et décider de comment annoncer cela dans les Cités Perdues. Alors qu’Ama restait perdue dans ses pensées, Ginny se redressa subitement et courut en direction de la maison sans qu’Ama ne comprenne pourquoi, ils s’étaient un peu éloignés de la maison pour être sûr de ne pas être entendu.

Ama, Luna et Neville se levèrent donc pour suivre Ginny, lorsqu’ils arrivèrent devant la maison ils la virent en train de se battre avec Fred, littéralement, tandis que George se tenait à côté, les mains sur les hanches en se retenant de rire.

— Je prends dix gallions sur Fred, dit-il alors en voyant Ama.

— Je prends dix pour Ginny alors, convint Ama dans un soupir lasse.

Le combat entre le frère et la sœur dura à peine quelques minutes, les deux possédant leurs propres forces et connaissant l’autre à une quasi-perfection le combat se solda rapidement. Etant donné que Ginny fut la première debout Ama et George se mirent d’accord pour dire qu’elle était la gagnante, George lui donna donc ses dix gallions avec des grommellements.

— Merci beaucoup !

— Tais-toi, d’où le grand frère perd sur la petite sœur ! s’offusqua George.

— Depuis que la petite sœur est enragée à cause de vos blagues ? proposa Ama avec un regard innocent tandis qu’elle aidait Fred à se redresser.

— Génial, vêtements faits en peau de dragon couvert de terre, grogna-t-il en époussetant sa veste vert émeraude.

— Vengeance pour ma crinière de lion de ce matin, se défendit Ginny en croisant les bras avec humeur.

— En clair les cheveux de Ginny étaient magnifiquement bien coiffés pour donner l’illusion d’une crinière de lion, expliqua Ama à Luna et Neville pendant que Fred et George explosaient de rire.

Ama haussa les épaules pour paraitre indifférente, par pure amitié pour Ginny elle évitait d’exploser de rire, comme Luna et Neville qui se cachaient derrière une toux polie. Alors qu’Ama faisait voler son regard sur les jumeaux, une idée lui passa par l’esprit. Si elle, Luna, Neville et Ginny parlaient de leur plan et leur fouillis d’idées aux jumeaux ils pourraient en parler à leur boutique devant des clients qui feraient ébruiter tout cela.

— Ama ça va ? Tu songes à me rendre mes dix gallions ? demanda George en passant une main devant les yeux d’Ama.

— Pas touche je les ais gagné à l’amiable, ce n’est pas ma faute si Fred est plus lent que Ginny, répondit Ama en partant sur l’idée de la taquinerie pour couvrir sa soudaine perte dans ses pensées.

— Ce n’est pas vrai ! J’ai juste été surpris, se défendit Fred en tirant sur sa veste pour la remettre correctement.

— Fred a toujours été mauvais perdant, je te préviens Ama si jamais, fit alors Ginny d’une petite voix innocente.

— Crois-moi, je me chargerai personnellement de ta coiffure la prochaine fois, prévint Fred un sourire en coin.

— Pourquoi moi et pas Ama ?! C’est elle qui a commencé ! Tu fais des préférences ! s’indigna Ginny.

— J’ai d’autres plans pour elle, répondit Fred avec mystère.

— Ah… Rassurant, dit la principale concernée avec un sourire peu rassuré.

Ce sourire peu rassuré se transforma en fou rire, bientôt imité par ses amis. L’Hypnotiseuse décida de savourer cet instant de joie, le plan commençait à se former, le sérieux prendrait vite sa place, donc profiter de chaque moment de joie était une excellente idée.

Chapitre V :

Une semaine s’était écoulée, la tension était grimpée en flèche, Hermione était arrivée. Personne ne savait quand est-ce qu’ils allaient chercher Harry, enfin personne se résumé à Ama et Ginny, les jumeaux cherchaient d’abord une bonne idée de chantage pour le dire aux filles. Autant dire qu’aucune des deux ne voulait se retrouver à faire leurs corvées ou à être leur cobaye, donc elles se contentaient de rester exclues, même Ashley qui était nouvelle était au courant si c’était pour justifier leur mauvaise humeur du moment.

C’était d’ailleurs une raison qui les poussait à rester dans la chambre, déjà pour ne pas cracher leur mauvaise humeur sur les autres, mais également parce que dès qu’elles arrivaient dans une pièce soit le silence se faisait, soit ils changeaient de conversation ce qui agaçait fortement les deux jeunes filles.

Finalement elles passaient le plus clair de leur temps dans la chambre ou en extérieur, actuellement elles étaient couchées sur le sol à parler du fouillis d’idées qu’elles avaient eu avec Luna et Neville, cherchant encore un vrai plan qui tiendra la route, dans le pire des cas elles feraient de l’improvisation.

— J’en ai marre qu’ils ne nous disent rien, je suis peut-être la plus jeune mais j’en sais autant que les autres ! Et toi tu dois être aussi âgée qu’Harry au moins ! bougonna Ginny en jetant un magazine loin d’elle.

— Je ne sais pas, peut-être, ou peut-être que je suis plus petite, j’en ai aucune idée, avoua Ama en arrêtant de gribouiller sur une feuille.

— Comment ça tu ne sais pas ? Tu ne connais pas ta date d’anniversaire ?! s’exclama Ginny surprise.

— Exactement, surtout que contrairement à vous les elfes comptent à partir de la date de conception, donc j’ai neuf mois de plus que ce que vous me donnez, expliqua Ama dans un haussement d’épaules.

— Au moins j’aurai de quoi m’occuper quand Harry sera là, à coup sûr ils ne vont rien nous dire quand il arrivera, grogna Ginny en se relevant, bientôt imitée par Ama.

— Je pense que tu as raison, à mon grand désarroi. On va devoir trouver de quoi s’occuper.

— Maman a dit qu’on devrait s’occuper de faire le gâteau de Bill et Fleurk, ça promet, gloussa Ginny un sourire malicieux aux lèvres.

— Du moment qu’on ne laisse pas Fred et George s’en approchaient, personne ne risque une intoxication non ? fit Ama avec un sourire.

— On parle de nous ?

Ama et Ginny se retournèrent d’un même mouvement pour se retrouver face aux jumeaux, vêtus de vêtements modestes pour une fois.

— Non on parlait de Fred et George de Poudlard, vous savez ceux qui n’existent pas là ? répondit Ginny avec sarcasme.

— C’est qu’elle est de mauvaise humeur la petite sœur, se moqua George.

Ama quant à elle ne disait rien, ne sachant pas si elle devait leur en vouloir de ne pas leur dire le plan qu’ils avaient pour « sauver » Harry. Elle préféra donc choisir cette voie qui ne l’avait jamais déçue : le silence.

— En effet, et Ama aussi la preuve elle ne dit rien, renchérit Ginny en croisant les bras avec humeur.

Sentant le regard pesant des jumeaux sur elle, l’Hypnotiseuse détourna le sien et se lança dans la contemplation dur mu sur lequel était accroché une affiche d’une équipe de Quidditch, les Tornades si elle se souvenait bien.

— C’est vrai Ama ? demanda soudainement Fred.

Pour toute réponse Ama fusilla Ginny du regard, elle avait prévue de garder le silence jusqu’à nouvel ordre c’était fichu maintenant !

— Disons que je ne sais pas si je dois être en colère ou pas pour les cachoteries du fameux plan. Certes nous aussi nous n’avons rien dit lorsqu’on était à Poudlard, mais pour notre défense on est plus jeune, on a moins d’expérience et on avait déjà du mal à tout comprendre donc on a préféré ne rien dire, répondit-elle finalement en soupirant.

Fred et George avaient insistés pour savoir leurs idées durant l’années, Ama et Ginny n’avaient pas répondu grand-chose, elles avaient seulement parlés des étranges rêves d’Ama, de sa discussion avec Firenze et McGonagall mais c’était tout, sans savoir pourquoi elles préféraient garder le reste de manière confidentielle.

Visiblement personne ne s’attendait à ce qu’elle ne réponde quelque chose comme ça, elle haussa les épaules, gênée et quitta vite la pièce pour descendre les deux étages et sortir dehors. Gardant tout de même un mauvais souvenir de sa dernière escapade elle décida simplement d’aller s’asseoir sur la clôture et laissa son regard se perdre à l’horizon.

Alors qu’elle commençait réellement à se perdre dans ses pensées, elle entendit des bruits de pas derrière elle. Elle tourna juste la tête de profil pour voir Fleur arrivait, cette dernière était pour la première fois vêtue d’un pantalon et d’une chemise, ses cheveux attachés en une longue queue de cheval au lieu d’un chignon parfait.

— Fleur ? Tu vas bien ?

C’était sorti tout seul, elle n’avait pas pu s’empêcher de demander, mais après tout, elle n’avait rien contre Fleur, ni sa joie, c’était sûrement à force d’écouter Ginny.

— Oui je vais très bien ! J’ai juste eu envie de tester des vêtements plus modernes ! répondit-elle avec son fameux accent.

— Tu me rassures ! Tu dois avoir hâte d’être au grand jour non ? fit Ama en lui souriant gentiment.

— Oui ! Cette journée sera très spéciale ! Mais j’ai peur qu’il arrive quelque chose à Bill durant sa sortie pour aller chercher Arry, murmura-t-elle.

— Pourquoi lui arriverait-il quelque chose ? demanda Ama, cherchant à récolter une information.

— Ho, tu n’es pas au courant ? Si c’est le cas je suis navrée je n’ai pas le droit d’en parler, s’excusa Fleur la mine sombre.

— Ce n’est pas grave, ce n’est pas grave, soupira Ama. Sinon, tu ne m’as pas raconté ta rencontre avec Bill !

Fleur parut revivre à l’entente de ceci et se lança dans l’explication de sa rencontre avec Bill. Ama la connaissait déjà en réalité, elle ne se souvenait pas des détails, mais elle n’avait pas la force de réfléchir aux détails, tout simplement satisfaite d’avoir relancé la bonne humeur de Fleur. Laissant Fleur parler elle lui répondait parfois par de courtes phrases, plus préoccupée à se demander si elle avait bien fait de dire ça aux jumeaux. Ne voulant pas se tourmenter l’esprit elle se tourna vers Fleur et se laissa convaincre par sa joie maladive.

Chapitre VI :

Le lendemain la tension continuait de grimper, le plan pour aller chercher Harry se déroulait en fin de semaine normalement, donc le stresse montrait toujours un peu plus. Etouffant Ama et Ginny qui ne comprenaient pas la cause de le tension, l'Hypnotiseuse n'étant pas parvenue à soutirer des informations à Fleur. Les adultes continuaient donc de chuchoter entre eux, Ace faisait de nombreux aller retours entre le Terrier et les Cités Perdues tandis que Léo passait le plus clair de son temps chez Alice, Remus et Tonks passaient une ou deux fois dans la journée pour s'entretenir avec Molly, Ron et Hermione n'arrêtaient pas de s'inquiéter de la façon dont était traité Harry, les jumeaux Ama avait fait en sorte de les ignorer et pour finir il y avait Bill et Fleur, cette dernière était d'un coup joyeuse et l'instant d'après maussade, quant à Bill il continuait de travailler à longueur de journée, mais lorsqu'Ama le croisait il se montrait tout aussi agréable que ses frères, avec un peu plus de maturité certes, malgré le fait qu'il se soit fait défiguré par Greyback et soit désormais cicatrisé au visage il n'était pas devenu irritable et supportait même les plaisanteries des jumeaux à ce sujet.

— J'ai réfléchi, peut-être qu'ils ne nous disent rien car ils ont compris qu'on avait déjà assez de soucis, déclara soudainement Ama à l'intention de Ginny alors que toutes deux étaient plongées dans une lecture.

— Mais eux aussi ont pleins de soucis ! Pourtant ça ne les empêchent pas de s'en rajouter ! s'emporta Ginny. Mais après tout, peut-être que tu as raison, concéda-t-elle en s'adoucissant.

— De toute façon, à quoi ça nous servirai de le savoir ? Dans tous les cas Harry arrivera ici, confessa Ama un sourire las aux lèvres.

— Malheureusement tu as raison, il n'empêche que ça m'agace de ne rien savoir ! En plus je ne sais toujours pas si je retourne à Poudlard ou pas ! pesta la jeune Weasley.

— Si on retourne à Poudlard, on vivra un enfer avec Rogue, mais peut-être pourra-t-on récolter des informations. Si on n'y retourne pas, on devra s'acharner à la tâche.

— Certes, mais Neville et Luna y retournent, tu penses qu'il vaudrait mieux qu'il y en ai deux à l'intérieur et deux à l'extérieur ? demanda Ginny.

— Je pense. Ils nous donneront des informations de temps à autres et nous on fera ce qu'on peut pour en récolter, convint Ama.

— Alors on va faire comme ça j'imagine, murmura la rousse en fermant son livre.

Ama s'apprêtait à rajouter quelque chose, mais elle fut interrompue par l'arrivée de Molly dans la chambre que partageait les deux filles, elles commençaient elles-mêmes à prendre l'habitude de garder le silence lorsqu'on les écoutait.

— Mes chéries vous pourriez sortir un peu dehors ! Vous restez tout le temps enfermé aller sortez ! dit-elle d'une voix menaçante, exactement celle d'une mère qui gronde son enfant parce qu'il ne sort pas assez.

— Et c'est quoi la vraie raison ? demanda Ginny.

— Vous ne sortez pas assez, aller dehors ! reprit Molly d'une voix plus forte.

Ama et Ginny, connaissant bien Molly, choisirent de se lever et de sortir rapidement dehors, ne voulant pas subir les foudres de la mère des Weasley, Ginny eut alors l'idée d'aller dans la petite cabane où les balais étaient rangés et en sortit deux.

— On se fait un petit jeu ? Je vais prendre une balle et on va se faire des passes, on verra laquelle est la plus douée, annonça-t-elle d'une voix claironnante.

— Aller, on a du temps à tuer, fit Ama en enfourchant son balai avant de taper du pied.

Elle n'était pas encore des plus à l'aise sur un balai, mais Ginny l'avait « entrainée », les débuts étaient catastrophiques, mais maintenant cela allait, elle savait changer de direction sans terminer dans un arbre ou sur le sol.

Ama commença donc à faire des petits cercles autour de la maison, attendant Ginny qui cherchait une balle convenable. Finalement elle arriva à la hauteur de l'Hypnotiseuse, la coupant dans ses petits tours, elle lui montra la balle dont elle avait écopé, une balle rouge bordeaux semblable à un vrai souafle. Sans un mot et prévention elle lança la balle sur Ama qui la rattrapa de justesse du bout des doigts.

— Cette fois-ci pas de pitié ! prévint Ginny en se mettant à virevolter dans les airs.

Ama partit donc à sa poursuite, cherchant une façon de lui lancer la balle pour qu'elle ne la rattrape pas, mais Ginny avait l'avantage d'être attrapeuse et récupérait toujours la balle, au contraire d'Ama qui l'avait fait tomber quelques fois. Mais malgré ça, les deux filles avaient passés l'après-midi à jouer et à s'amuser, oubliant leurs petits tourments, leurs petits tracas, tout, leurs pensées étaient centrées sur une seule chose : s'amuser.

Elles continuaient donc de se lancer cette balle, tantôt en train de réellement chercher à la rattraper, tantôt en train de faire un concours de pirouettes, jugées par elles-mêmes bien entendu.

Ce fut seulement en fin d'après-midi, lorsque le ciel vira à l'orange que Molly arriva en criant pour se faire entendre, disant que c'était l'heure de rentrer.

— Faudrait savoir, soit faut aller dehors, soit à l'intérieur, s'exclama Ginny en riant.

Ama opina d'un signe de tête et piqua vers le sol, manquant de peu de finir étalée sur le sol elle alla ranger le balai et attendit Ginny pour retourner à l'intérieur. Elles n'eurent pas la peine de justifier leur absence de la journée, d'où se voyait sur leurs cheveux en bataille que les filles prirent dix bonnes minutes à remettre correctement. Une fois que cela fut fini elles rejoignirent les autres dans la cuisine, où comme d'habitude le silence se fut, mais pour une fois elles l'ignorèrent totalement et continuèrent de parler de sujets légers et joyeux entre elles. Malheureusement, leur joie fut interrompue par Remus et Tonks qui arrivèrent soudainement.

— Fol Œil veut qu'on y aille maintenant, déclara Remus.

— Fred, George, Arthur, Hermione, Ron, Bill et Fleur debout on y va, ajouta Tonks d'une voix autoritaire malgré son sourire.

Les principaux concernés se levèrent donc et s'approchèrent de Remus, laissant Ama et Ginny perdues et étonnées que le plan se déroule ce soir et non en fin de semaine comme prévu. Tonks eut l'air de remarquer leurs airs déçus et perdus, car elle s'approcha d'elles et leur chuchota :

— Quand je reviens j'aurai quelque chose à vous dire, et n'oubliez pas que vous aussi vous aurez le droit à vos petits secrets.

Sur ces paroles redonnant un peu du baume aux cœurs des filles elle rejoignit le groupe qui sortit dehors partir chercher Harry sans aucun doute. Une fois qu'Ama et Ginny furent sûres qu'ils soient partis, elles se tournèrent vers Molly le regard curieux et demandèrent d'une même voix :

— On peut le savoir le plan maintenant ?

— J'imagine. Ils vont aller chercher Harry, certains d'entre eux prendront du polynectar pour prendre l'apparence d'Harry justement, il y a de fortes chances pour que Vous-Savez-Qui sache où il réside, donc s'ils prennent son apparence il y aura plus de chances pour qu'il survit, confia Molly la voix tremblante. Nous n'avons rien dit, pas parce que vous êtes jeunes, mais parce que vous vous seriez sans doute emportées et fait en sorte que le plan n'ait pas lieu pour en trouver un moins risqué.

— Je me serai bien emporté, mais là quelque chose me reste coincé dans la gorge : vous êtes en train de dire qu'ils sont tous partis risquer leurs vies ? demanda Ama les yeux écarquillés.

Devant l'approbation de Molly, Ama se laissa tomber sur une chaise tandis que Ginny faisait de même, surprise. Aucune des deux ne semblaient avoir le courage de s'énerver, Ama comprenait leurs raisons, mais était-ce vraiment une raison pour leur avoir caché le plan ? Et les laisser s'énerver durant un mois entier ? L'Hypnotiseuse ne croyait pas, mais le courage de dévoiler ses pensées était envolée, son estomac semblait s'être comprimé de peur et son cœur commençait à tambouriner dans sa poitrine.

Malgré le fait qu'elle soit assez calme la plupart du temps, savoir qu'il y avait énormément de chances que les élus pour la mission meurent lui retourner l'estomac.

— Ah et Ama, Silver et Lise sont reparties dans les Cités Perdues ce matin, elles vont retrouver le Cygne Noir pour dire ce qu'il se passe dans notre monde, ajouta Molly.

Ceci acheva le moral d'Ama, elle n'avait même pas eu le temps de leur parler ! Cela faisait tellement longtemps, mais peut-être aurait-elle dû faire plus d'efforts. Elle ne savait pas, elle savait juste qu'elle avait peur et qu'elle devrait faire une virée dans les Cités Perdues bien plus tôt que prévu.

Chapitre VII :

Finalement, Ama avait oubliée toute trace de colère et le départ de Silver et Lise tant la peur et l'inquiétude prenaient de l'ampleur sur son esprit. Le choc passé, elle s'était mise à faire les cents pas dans le salon, attendant avec impatience qu'ils reviennent, mais être dans le salon n'était peut-être pas sa meilleure idée jusqu'à présent, en effet dans le salon se trouvait une drôle d'horloge où les prénoms des Weasley étaient inscrits, actuellement elle indiquait qu'ils étaient tous en déplacement sauf Percy et Ginny qui étaient indiqués en danger de mort. Ama se rassura, mais soudain cela changea et elle vit George en danger de mort contrairement aux autres qui étaient toujours en déplacement, l'Hypnotiseuse échangea un regard avec Ginny qui pâlit, il était tout juste vingt trois heures, tout pouvait se produire à cette heure-ci.

Mais elles n'eurent pas à s'inquiéter plus longtemps que ça, la porte d'entrée s'ouvrit brusquement laissant place à Remus et Harry qui soutenaient George qui avait le côté gauche de la tête ruisselante de sang, prises de panique elles allèrent vite l'aider pour l'installer sur le canapé tandis que Harry se précipitait dehors et que Molly accourait pour prendre soin de son fils.

— Que s'est-il passé ? demanda Ama à Remus tandis qu'elle s'agenouillait près de George pour observer son état.

— Nous volions poursuis par des Mangemorts, soudainement le professeur Rogue nous a rattrapé et a lancé un maléfice George n'a pas eu le temps de le contrer et se l'est pris de plein fouet, ce qui fit qu'il...

Remus ne parvint pas à finir sa phrase, pas la peine d'en dire plus, maintenant qu'Ama l'avait bien examiné elle voyait bien l'oreille gauche manquante. Rogue l'avait donc rendu sourd d'un côté, ce qui ne fit que rallumer la colère d'Ama, contre Rogue et contre le fait qu'ils aient caché ce maudit plan à elle et Ginny ! Peut-être auraient-elles pu empêcher cela, Ama n'y croyait pas trop mais elle se disait ça naturellement.

— Et les autres vont bien ? demanda Ginny qui essuyait doucement le sang de le tempe de George à moitié dans les vapes.

— Harry et Hagrid oui, pour les autres je ne sais pas, je vais m'assurer qu'aucun Mangemort n'est parvenu jusque-là, répondit Remus avant de quitter rapidement la pièce.

Ama quant à elle resta auprès de George, tentant de lui parler doucement pour qu'il ne s'évanouisse pas immédiatement, dire qu'elle lui en avait voulu à lui et Fred de ne rien avoir dit sur ce plan, maintenant qu'elle le voyait dans un tel état elle se rendait bien compte à quel point cela avait été stupide et puérile de sa part.

Ses pensées furent coupées par l'arrivée en trombe de Fred dans la pièce, le visage crispé d'inquiétude il s'agenouilla près de George.

— Comment tu te sens Georgie ? demanda-t-il d'une douceur dont Ama n'avait pas le moindre souvenir.

— Comme un saint.

Ama ne chercha pas à comprendre la réponse et se leva pour aller se mettre au côté de Ginny qui lui agrippa le bras et commença à serrer, démontrant toute son inquiétude et sa peur dans un simple geste.

— Comme un saint ? Mais qu'est-ce que ? fit Fred ne comprenant pas non plus la subtilité de la réponse.

— Comme un saint, j'ai une oreillole, tu as compris ? demanda George en montrant l'endroit où se trouvait auparavant son oreille avec un sourire en coin.

— Tu avais toute une sélection de blagues sur les oreilles et tu choisis celle-là ? Tu te ramollis Georgie, contra Fred malgré le sourire triste qui s'étira sur ses lèvres.

Ama avait tant été attendrie par l'échange des jumeaux qu'elle n'avait pas remarqué l'arrivée d'Harry, Hermione, Ron, Remus, Tonks, Arthur, Bill et Fleur, ni que Ginny lui serrait toujours fortement le bras.

— Désolé d'interrompre votre échange, mais Fol Œil est mort, déclara alors Bill d'une voix lugubre.

Encore un nouveau mort et pas des moindres, si Ama avait bien écouté Fol Œil était un membre très important de l'Ordre et un excellent sorcier, le perdre leur faisait perdre un précieux avantage, mais Ama ne se permit pas de penser à cela maintenant, ils ne devaient pas s'apitoyer sur cette perte, bien qu'elle soit grande, et continuait de se relever.

Finalement Ginny lâcha le bras d'Ama et alla voir l'état d'Harry, qui semblait allait bien à part une petite égratignure à la joue.

— Qui vous a trahis ? Pourquoi tous les Mangemorts étaient près de vous tout d'un coup ? demanda soudainement Tonks à Harry.

— C'est Hedwige, elle a voulu me protéger et y a laissé la vie, expliqua Harry en tremblant légèrement.

Hedwige était sans doute la première amie d'Harry, sa chouette harfang l'avait accompagné durant toutes ses années à Poudlard, quel choc émotionnel celui devait lui faire. Ama préféra ne pas imaginer, elle avait déjà subi plusieurs pertes dont une qui lui avait fait un sacré choc, cela lui suffisait amplement.

— Où sont Ashley et Ace ? demanda-t-elle soudainement se rendant compte de leurs absences.

— Dans les Cités Perdues avec Léo, ils font leur part du travail, répondit Remus.

Ama préféra ne pas demander quelle était cette part du travail, encore un secret et elle ne trouvait pas cela très respectueux de s'emporter alors que George semblait à deux doigts de s'évanouir. Finalement Molly déclara qu'il était temps d'aller se coucher, mais comme personne ne répondit à son ordre elle soupira et leur ordonna d'aller dans la cuisine pour laisser George respirer.

Ama obtempéra, laissant George aux soins de Molly et Remus elle alla dans la cuisine où elle s'empêcha de se perdre dans ses pensées bien sombres. Mais Tonks vint éclairer ces dernières, elle empoigna l'Hypnotiseuse et Ginny pour les guider dans un coin de la pièce pour ne pas être entendu de tous.

— Pour vous remettre un peu le moral je vais vous dire deux choses, le mariage a lieu demain, donc levez-vous tôt pour tout préparer, commença-t-elle tandis que ses cheveux prenaient une belle teinte rose chewing-gum alors que l'instant d'avant ils étaient d'un rose terni.

— Demain ? Déjà ? la coupa Ama surprise.

— Oui, j'espère que vous avez de belles robes et deuxième nouvelle... Je suis enceinte !

Ama sentit sa mâchoire se décrocher, Ginny aussi parut extrêmement surprise car ses yeux bruns s'écarquillèrent et elle ne parvint pas à trouver les mots pour dire n'importe quoi.

— De qui ? Depuis quand ? demanda finalement Ama.

— Un mois je crois, de Remus, répondit-elle avec un regard amoureux au loup-garou.

— Bien toutes nos félicitations ! dirent finalement Ama et Ginny qui eurent un sourire radieux aux lèvres le temps d'un instant.

— Merci ! Mais gardez ça pour vous, ce sera notre petit secret, reprit Tonks avec un sourire complice.

Les deux filles hochèrent la tête, étrangement contentes de savoir à leur tour quelque chose que les autres ne savaient pas, elles félicitèrent une nouvelle fois Tonks et eurent un regard disant tout pour Remus avant de ne retourner s'asseoir auprès des autres, reprenant leurs sérieux et perdant leurs sourires, seuls ceux qui savaient lire les regards pourraient savoir qu'elles étaient heureuses, mais tous semblaient trop préoccupés pour prendre cette peine.

Chapitre VIII :

Après une nuit sans sommeil pour Ama, l’Hypnotiseuse sortit de son lit de bonne heure et alla réveiller Ginny, Molly leur ayant confier la lourde tâche de faire le gâteau tandis que les garçons seraient occupés à mettre une grande tente pour accueillir les festivités, en plus du mariage de Bill et Fleur fêteraient l’anniversaire d’Harry. Ce qui faisait qu’il faudrait en faire deux gâteaux.

— Vu qu’on fête aussi l’anniversaire d’Harry, faut faire deux gâteaux non ? Un pour le mariage les invités et un autre pour Harry et ses proches non ? demanda Ama en arrivant dans la cuisine avec Ginny.

— Déjà on essaye de réussir un gâteau sans que les jumeaux ne viennent l’intoxiquer et on verra pour un second après, répondit-elle en sortant des saladiers les aliments donc elles auraient besoin.

Ama opina d’un signe de tête et aida Ginny, cette fois-ci elle ne risquerait pas de faire brûler la cuisine comme la première fois où elle avait tenté de cuisiner justement. Oubliant ce souvenir assez drôle lorsqu’elle y repensait, Ama se concentra sur la tâche donnée, autant faire un gâteau mangeable si possible.

— Rassure-moi Ginny, lorsque tu fais la cuisine c’est mangeable ? demanda Ama n’ayant pas trop d’inquiétude à ce sujet-là, elle avait été pendant longtemps la cuisinière au Cygne Noir.

— Les jumeaux n’ont jamais fait semblant de vomir donc oui. Oui je m’identifie vraiment aux jumeaux pour savoir si ma cuisine est bonne, répondit Ginny.

— Si ta mère te mets aux fourneaux c’est qu’elle a confiance non ?

Pour toute réponse Ginny haussa les épaules et commença à casser des œufs dans un saladier. Ama commença donc à faire elle-même sa tâche, pour l’instant ce n’était pas bien compliquer, casser des œufs, mettre de la farine, du sucre et tout le reste. Ama devait tout de même avouer ne pas avoir l’habitude de cuisiner des gâteaux humains, elle était plus habituée à faire des éclateroles, de la guimolle et des crémantines et des d’autres pâtisseries elfiques, Lise en étant une fan incontestée.

Les filles passèrent une bonne partie de la matinée à faire la cuisine, empêchant quiconque de les déranger ou même de goûter, lorsque les gâteaux furent à la cuisson, Ama fut prise d’une envie joueuse et prit un peu de farine dans sa main.

— Eh Ginny regarde ! dit-elle à son amie.

Ginny, insouciante, se tourna vers l’Hypnotiseuse qui souffla sur le petit tas de farine pour que Ginny s’en prenne au visage ce qui réussit à la perfection, son visage désormais couvert de farine, elle clignait des yeux perdue et éternuait des petits nuages de farine.

— Crois-moi je me vengerai, grommela-t-elle malgré le sourire qui illuminait son visage.

— Je meurs de peur, plaisanta Ama en se nettoyant les mains.

— Je vois qu’on s’amuse bien ici !

C’était Tonks qui venait de parler, l’une des rares à comprendre leur dégout vis-à-vis des cachoteries du plan de la veille, les filles avaient beau tenter de ne rien montrer, leur peine restait visible. Elles avaient bien compris les raisons de ces cachoteries, mais elles avaient tout de même eu l’impression de ne pas être digne de confiance ainsi. Se rappelant que Tonks était là elle cessa de se perdre dans ses pensées pour se tournait vers la future maman.

— Disons qu’Ama a décidé de me faire le coup du nuage de farine, je compte bien me venger, répondit Ginny.

— Ah oui et comment ? demanda Tonks avec curiosité.

— Comme ça !

Et avant qu’Ama n’ait pu comprendre quoi que ce soit, Ginny écrasa sa main sur la tête de l’Hypnotiseuse, elle se dit au début que ce n’était rien du moins jusqu’à qu’elle voit Tonks se tordre de rire et qu’elle sente un liquide visqueux lui couler dans les cheveux.

— Ginny, je m’en souviendrai longtemps de celle-là, grogna Ama en retirant le maximum de l’œil que Ginny lui avait écrasé sur les cheveux.

— Joli coup Ginny ! Mais évitez de refaire ça ce soir, par respect pour Bill et Fleur, dit Tonks en riant.

— Bande de traitresses, je vais prendre une douche avant de croiser l’un de tes frères, déclara Ama en fonçant au deuxième étage prendre une longue douche.

Ama fit donc cela rapidement, bougonnant contre Ginny au passage. Une fois sortie elle vit sur son lit la robe qu’elle devait porter, tout le monde s’était déjà bien habillé et Ginny aussi étant donné que ses vêtements du matin étaient éparpillés sur son lit. A contre cœur Ama mit donc sa robe pour grandes occasions, en soit elle la trouvait belle et se sentait à l’aise dedans, mais elle préférait largement les vêtements modestes qui faisaient qu’elle était invisible.

L’Hypnotiseuse mit donc cette fameuse robe, une robe couleur blanc crème, contrastant avec ses cheveux immaculé, lui arrivant un peu plus bas que les genoux. D’après Ginny c’était une robe parfaite pour elle, au début elle n’avait pas eu confiance, mais même Fleur avait approuvé donc elle devait bien admettre la vérité. Alors qu’elle cherchait une coiffure pour éviter de faire voler ses cheveux tout le long de la soirée, Ginny entra dans la chambre vêtue d’une robe grisée, la taille ornée d’un tissu noir floral et le bas constellé de petites fleurs noires.

— J’ai horreur de l’admettre, mais Fleur avait raison cette robe est parfaite, marmonna Ginny en regardant sa robe d’un œil critique.

— Elle n’a pas mauvais gout, mais tu savais que tu étais toute rouge ? demanda Ama remarquant les joues rouges de son amie.

— Je viens légèrement d’embrasser Harry sans me rendre compte que George était là, répondit-elle simplement en se laissant tomber sur son lit.

— J’aurai aimé voir ça, se moqua Ama.

— Rigole. Si tu veux je ferai en sorte que George soit là lors de ton prochain baiser qu’on s’amuse bien.

— Non merci, répondit Ama un sourire aux lèvres.

A son tour elle se laissa tomber sur son lit, le regard perdu sur un point fixe. L’Hypnotiseuse sentait que quelque chose n’allait pas, peut-être était-ce à causes des légères embrouilles qu’il y avait eu récemment, étrangement elle espérait que ce serait le cas, si ce n’était pas le cas ça ne pouvait qu’être pire.

— Si j’avais un jour cru assister à un mariage, commenta soudainement Ama.

— Moi je m’y attendais avec Bill, mais peut-être pas si tôt, fit Ginny.

— Dans quelques heures ils sont mariés, c’est incroyable. Plus qu’à espérer que tout se déroule comme prévu.

— Et que George ne drague pas toutes les cousines de Fleur, renchérit Ginny en riant.

— Non il n’oserait pas… Si ? demanda Ama subitement curieuse.

— Ho que si, lorsque l’école de Fleur est venue à Poudlard il était à la limite de baver devant les filles crois-moi ! la contredit Ginny en riant.

Ama fut bien curieuse et demanda des précisions que Ginny lui donna avec joie, ce qui fit que le temps passa bien rapidement et que lorsque la discussion prit fin c’était l’heure de commencer le mariage.

Chapitre IX :

La cérémonie d’union venait de prendre fin, Ama ne chercherait pas à s’en rappeler les moindres détails pour préserver l’intimité des jeunes mariés. Le seul détail dont elle serait ravie de se souvenir fut les œillades que George avait fréquemment pour les cousines de Fleur, de charmantes filles possédant une grande beauté comme leur cousine. Parlant de George, ce dernier ne semblait pas le moins du monde gêné par son nouvel handicap, au contraire il en riait disant que plus personne ne le confondrait avec Fred comme ça, personne ne trouvait la force d’être sérieux et de le rabrouer. Tous, adultes ou non, étaient conquis par la légèreté sur laquelle ils abordaient le sujet et cette faculté que les jumeaux avaient à rendre n’importe quel sujet, même les plus horribles, drôles ou plus légers.

Alors qu’Ama conversait avec Ashley, faisant bien en sorte d’humilier Ace c’était sa vengeance pour l’avoir présentée de manière aussi peu flatteuse, elles furent interrompues par Ace justement, ce dernier revenant enfin de sa longue discussion avec une vieille sorcière.

— Te revoilà enfin ! s’écria Ama prenant une mine boudeuse.

— Cette sorcière s’est mise à me parler, j’ai dû dire que tu allais pleurer si je ne retournais pas te voir pour qu’elle me lâche, se défendit Ace avec un sourire malicieux.

— Je vais vraiment finir par me demander si je n’ai pas été adopté, je ne mens pas autant que toi ! s’indigna Ama en croisant les bras sur sa poitrine l’air fière.

A côté Ashley cachait son fou rire derrière une toux polie, du moins tentait, faisant tomber ses cheveux bruns soigneusement coiffés devant ses yeux bleu. L’Hypnotiseuse décida finalement de laisser Ace et Ashley seuls, la cérémonie était finie et Bill et Fleur se mettaient en place pour ouvrir le bal, le frère d’Ama devrait donc bientôt rentrer en scène pendant qu’elle s’éclipserait dans un coin attendant patiemment que cela passe.

Manque de chance, en reculant discrètement vers un endroit peu fréquenté de la grande tente elle percuta Léo. Vêtu d’un très élégant costume il semblait songeur ou perdu.

— Léo ! Es-tu encore là mentalement ? demanda Ame en passant une main devant ses yeux.

— Hein ? Oui, oui, je cherchais juste…

— Une très jolie sorcière qui s’appelle Alice, oui je la connais, le coupa Ama sur un ton moqueur.

— Moque toi, moque-toi, pour l’instant je suis plus occupé à me moquer d’Ace l’insensible mais dès que j’en ai fini avec lui t’es la prochaine, prévint Léo un sourire en coin aux lèvres.

— Je meurs de peur, ricana-t-elle en frissonnant, je pense plutôt que te seras tant occupé avec Alice que tu m’oublieras très bien bientôt, continua-t-elle de se moquer.

— Tu vas voir toi, un jour Ace et moi on se vengera de tout ce que tu nous fais subir, marmonna Léo d’une voix menaçant avant d’attirer Ama à lui dans un geste fraternel.

— Pour Ace c’est amplement mérité ! Il m’a présenté à Ashley comme une mule je me venge ! Quant à toi c’est simplement parce qu’en tant que petite sœur je me dois de bien me moquer de toi, répondit Ama un large sourire aux lèvres.

Ils restèrent un petit moment ainsi, chacun profitant de la présence de l’autre, de la bonne ambiance et de la paix. Ne s’étant pas vu pendant près d’un an ils comptaient bien rattraper le temps, que ce soit avant ou après cette seconde guerre, ignorant tous deux s’ils se reverraient après cette dernière en réalité. Les deux frère et sœur de cœur furent soudainement ramener à la réalité par Molly, déclarant que le bal était ouvert, Ama laissa donc Léo rejoindre Alice pendant qu’elle allait s’asseoir auprès de Luna, vêtue d’une robe jaune soleil elle avait également était conviée au mariage avec son père.

— Tu vas danser toi ? lui demanda l’Hypnotiseuse.

— Dès que mon père aura fini de converser avec Mr. Weasley oui.

Ama tourna la tête et vit le père de Luna en grande conversation avec Arthur, bougeant les bras dans tout les sens, la conversation semblait très animée.

A peine eut-elle pensé cela que Xenophilius vint vers elles, conviant Luna pour une danse. L’Hypnotiseuse assista alors à une scène à la fois hilarante et on ne peut plus gênante, les deux dansant de manière folle et originale, mais gênante, ils dansaient avec lenteur mais pourtant chaque geste était effréné, dansant avec subtilité et folie, Ama ne savait pas si elle devait être gênée pour eux ou admirer leur façon de danser à contre sens des autres.

— Je pari que demain George nous annonce qu’il est amoureux, déclara alors une voix moqueuse dans son oreille.

Ama ne prit même pas la peine de se retourner pour répondre, connaissant déjà la personne.

— Je prends dix gallions comme quoi il dit que c’était un test mais que les cousines de Fleur ne sont pas assez à son goût, répondit-elle finalement.

Fred, qui était visible de loin avec sa tenue magenta jurant avec ses cheveux roux flamboyant, s’avança pour prendre la place que Luna occupait précédemment et continua son pari.

— Dix gallions s’il dit qu’il est amoureux, s’il dit qu’il a une petite amie c’est dix gallions plus une semaine de corvée ménagère, tant que je reste là.

— C’est injuste, si j’ai raison je n’ai pas deux solutions comme toi, mais marché conclu, répondit Ama.

Fred eut un sourire à faire fondre un cœur de pierre et serra la main à Ama, retrouvant leur complicité d’antan, Ama n’avait pas oublié tous ces gages qu’ils faisaient avec George avant la mort d’Erso, ils trouvaient toujours le moyen de parier et d’esquiver les tâches ménagères, ce qui avait fait beaucoup rire Ama.

— Je me demandais, toi tu penses que Fleur et Bill vont bien ensemble ou tu es comme Ginny et tu aurais préféré Tonks ? demanda Ama en jetant un regard en biais aux jeunes mariés qui dansaient au centre de la piste.

— Oui j’aurai sans doute préféré Tonks, elle est plus drôle et a un caractère bien trempé, mais elle va bien avec notre loup-garou solitaire, répondit-il après une minute de silence, comme s’il avait pesé le pour et le contre. D’ailleurs, qu’est-ce qu’elle a vous a dit, à toi et Ginny, pour que vous ayez un sourire jusqu’aux oreilles hier ?

— Désolée, secret entre filles, je suis défendue de le dire, répondit Ama.

— Tu peux me le dire à moi !

— Un secret de filles c’est sacré, répondit Ama malicieuse avant de se lever et d’entrainer Fred sur la piste de danse.

C’était la seule idée qu’elle avait eue pour couper court à la discussion, ne laissant pas le temps à Fred de se retirer elle commença à trouver ses marques de danseuse, elle n’était pas une fan absolue ni très forte, mais lors des danses pour célébrer les rentrées de chaque niveau à Foxfire elle se débrouillait assez bien, donc elle ne tombait pas.

Tandis qu’ils dansaient avec tranquillité, douceur et tendresse, Ama eut l’horrible impression d’être surveillé, elle tourna la tête en tout sens mais ne vit rien, posant la main sur la baguette du Mangemort qu’elle avait combattu deux mois auparavant, pour s’assurer qu’elle était toujours enroulée de façon à maintenir un nœud ceinturé autour de sa taille, elle continua à jeter des regards furtifs autour d’elle, inquiétant Fred qui semblait se tendre soudainement.

Malheureusement, le ressenti d’Ama n’était pas qu’un ressenti, cela fut sûr lorsqu’un nuage noir de sorciers tombèrent sur la tente, créant une panique générale, des cris et coupant court à la fête, à la joie et la bonne humeur.

Chapitre X :

Oubliant qu’elle devait se tenir comme une jeune femme raisonnable et élégante, Ama lâcha Fred et attrapa sa baguette, prenant ses appuis et cherchant du regard ses autres proches qui avaient déjà commencés le combat. L’Hypnotiseuse se mit dos à dos avec Fred, chacun ne tenant pas à finir clouer au sol ou pris par derrière ils avaient jugés préférable d’user de cette défense avant de ne passer à l’attaque. Projetant des éclairs de bleu et de vert Ama visa chaque Mangemort qui bougeait ou osait s’approcher trop près de ses proches.

Tout se passait bien, si l’on peut dire, les combats semblaient lents et faibles, certes il y avait des cris, certes il avait des pleurs et des bousculades, mais tous ceux ayant le courage de se battre, même en ce jour de fête, semblaient inépuisables. Comme s’ils regagnaient en énergie à chaque coup encaissé, et c’était peut-être bien ce qui pourrait les sauver.

Soudainement, Ama et Fred se firent attaqués de côté, aucun des deux n’ayant le temps de lancer un sort de protection ils furent éjectés plus loin, Ama passant par-dessus une table avant de s’étaler au sol une douleur cuisante dans les côtes. Mais elle ne s’y attarda pas, elle se redressa d’un bon, maudissant la tradition de porter une robe aux mariages, elle n’était clairement pas à l’aise, et savoir que sa robe auparavant blanche était désormais souillée ne la mit pas de bonne humeur non plus.

L’Hypnotiseuse n’eut pas plus le temps de s’apitoyer sur son sort qu’une étoile gobeline la rata de peu, de très peu. Relevant la tête les yeux remplis de colère elle croisa un regard bleu aigue-marine lui étant totalement inconnu, se fichant pas mal de cela elle pointa sa baguette en direction de son adversaire. Ce dernier eut un haussement d’épaules, l’œil blanc de sa manche étincelant à la lumière de la lune, l’Invisible semblait totalement se fichait de ce qu’Ama pouvait faire avec cette baguette. Du moins c’était jusqu’à qu’il se retrouve au sol, maintenu pas un sort de pétrification.

Sans entrainement Ama parvenait à réussir les sorts les plus faciles sans parler, en espérant que c’était dû à son sang d’elfe et non une explication étrange et inquiétante. L’Hypnotiseuse chercha un autre adversaire du regard, mais tout ce qu’elle vit fut ses proches haletants et les tables retournées par la bataille. En revanche elle remarqua également l’absence de Ron, Hermione et Harry.

En toute franchise, elle ne prit même pas la peine de demander où ils étaient, ni de faire semblant d’être surprise, connaissant les trois amis ils devaient être partis accomplir leur mission à eux, attendant que la danger ne leur tombe sur le coin du nez.

— Dois-je faire semblant d’être surprise qu’ils aient disparus ? demanda Tonks, nonchalante malgré son regard inquiet.

— En toute franchise ? Non. Ils ont une mission à accomplir, répondit Ace en époussetant son costume, je vais chercher Médoc, il y a des blessés pas très beaux à voir.

Sans que personne ne prenne le temps de répondre, Ace avait disparu dans un flash lumineux, laissant seules Ama et Tonks qui rejoignirent le groupe de sorciers restant, c’est-à-dire Bill et Fleur qui semblaient aimantés l’un à l’autre, Arthur, Molly, les jumeaux le regard perdu, Ashley sa robe bleu pâle désormais couverte de terre, Ginny regardant dans la vide, tremblante et pour finir Léo. Les Aurors étant partis à la poursuite des Mangemorts dans l’espoir d’en attraper, sauf Tonks que Remus avait dû forcer de rester à cause de ce que l’on appellerait un handicap.

— Il y a des blessés ? demanda finalement Ama n’ayant vu aucune blessure.

— Les cicatrices de Bill se sont rouvertes, répondit Fleur d’une voix effarée.

Ama cru d’abord que c’était un mensonge, mais en tournant le regard vers Bill elle remarqua que la moitié de son visage était ensanglanté, l’Hypnotiseuse n’avait pas pu le voir tant il était collé à Fleur, mais maintenant elle voyait bien le sang ruisselant sur son visage, collant ses longs cheveux roux à sa joue, le forçant à fermer un œil, malgré cela il gardait une allure humble et fière.

— Ah oui, en effet. Médoc saura parfaitement te soigner, fit Ama conciliante.

— Vite j’espère, nous partons dès demain, répondit Bill d’une voix sombre. Désolé, mais je pense qu’être éparpillé sera plus sécurisé.

Personne ne souleva la moindre objection, Bill avait tort comme il avait raison. Être éparpillé revenait à donner plus de travail aux Mangemorts et Invisibles, mais cela revenait aussi à être plus vulnérable. Quoi qu’il en soit, ils hochèrent tous la tête, approuvant donc la déclaration de Bill, malgré Molly qui éclata subitement en sanglots, Percy n’était pas venu au mariage, son fils ainé repartait, son dernier fils venait de disparaitre, cela devait être beaucoup pour elle. Arthur passa donc un bras autour de ses épaules et la guida plus loin, suivis par les jumeaux et Ginny qui semblaient tout trois chamboulés, Bill et Fleur s’éloignèrent également, comme pour respirer après ce mariage gâché, personne ne pouvait leur en tenir rigueur.

— Et c’est reparti, maugréa Léo en passant une main sur son visage.

— Si même les mariages sont gâchés, il va vraiment falloir qu’on se dépêche, fit remarquer Ashley, songeuse.

— Tu es avec nous ? demanda Ama surprise. Je veux dire, d’habitude les elfes se fichent pas mal du sort des humains…

— Certes, mais pas moi et si les Invisibles se préparent à attaquer, il faut que les Cités Perdues soient au courant. Et que les elfes sachent que le temps de la guerre est revenue. Les esprits restent très flous à ce niveau-là, j’espère que vous avez un plan, répondit Ashley avec sérieux.

— Plus au moins. Je dois retourner dans les Cités Perdues en parler avec le Cygne Noir, expliqua Ama.

— Il s’est allié avec le Conseil. Peut-être auras-tu plus de chance maintenant, si Sophie t’écoute, le Cygne Noir t’écoute.

— Qui est Sophie ? demanda Ama.

Sentant les regards surpris d’Ashley et Léo sur elles, elle se sentit mourir de honte, que n’aurait-elle pas donné pour se transformer en petite souris !

— Sophie est le Colibri, elle est amie avec les Vacker, tu as toutes tes chances, lui expliqua Léo.

— Je vais déjà en parler au Cygne Noir, à Silver et Lise avant quiconque je m’occuperai du Colibri et de ses amis après, soupira l’Hypnotiseuse.

— Loin de moi l’idée d’interrompre vos plans, mais je préférerais que vous en parliez à l’intérieur, je ne sais pas qui ou quoi peut nous écouter, déclara alors Tonks d’une voix lasse en jetant des regards attentifs autour d’elles.

Les trois adolescents hochèrent la tête et suivirent Tonks dans le Terrier, les esprits désespérément embrouillés et flous, une seule chose était sûre : Ama devrait aller dans les Cités Perdues dans les prochains jours.

Chapitre XI :

Deux jours après le mariage gâché, Bill et Fleur étaient finalement partis habiter à la Chaumière aux Coquillages si l’Hypnotiseuse avait bien compris, en toute franchise, son esprit avait été très loin de la réalité durant ces deux derniers jours. Elle pensait à sa future visite chez le Cygne Noir, comment allait-elle faire ? Elle n’allait tout de même pas arriver comme une fleur et exposer le problème à son ancienne organisation ? Si ? Elle n’en savait rien, entre ce souci mineur les inquiétudes s’étaient introduites dans ses pensées, lui rappelant que plus le temps passait, plus les chances de voir ses proches mourir augmenter.

Ama se trouvait assise dans le salon chaleureux des Weasley, fixant l’horloge de la mort, comme elle avait surnommée, de Molly, cette dernière démontrant que chaque membre de la famille était en danger de mort. L’Hypnotiseuse lâcha un soupir, se demandant quand viendrait le jour où cette horloge ne montrerait plus « en danger de mort ». Serait-elle au moins pour voir ce jour ? Elle n’aimait pas être pessimiste, mais le dangereux était de la mort se resserrait autour de chacun d’eux, espérer de vivre était bien beau, mais Ama ne voulait pas se voile la face, un danger de mort planait au-dessus d’elle, il fallait qu’elle en soi consciente.

— Ama ! On part à la prochaine pleine lune ou comment ça se passe ?! hurla soudainement Ace tirant Ama de ses pensées très peu égaillées.

L’Hypnotiseuse se leva dans un soupir, vérifia que sa tenue elfique était assez adaptée, ils allaient sûrement faire un tour dans l’Atlantique ou rendre visite aux nouveaux membres du Cygne Noir, donc autant faire une assez bonne impression, même si son air renfrogné, le manque de joyaux sur ses vêtements et son regard sévère renvoyaient la totale impression qu’elle voulait donner mais peu importe.

Elle rejoignit donc Ace, qui était presque ridicule dans sa tenue d’elfe. Sa longue cape bleue trainait sur le sol, son pourpoint vert le rendait très élégant et lui donnait l’air de sortir du moyen âge, à côté Ama avait l’air tout à fait normale avec sa tunique jaune. Amusée elle s’approcha de son frère qui sortit un cristal de saut aux reflets bleutés, le levant pour qu’il soit illuminé par la lumière du soleil et crée un faisceau de lumière il grommela contre sa tenue.

Une fois que le faisceau de lumière apparut, ils passèrent tout les deux dedans, retrouvant cette ancienne sensation que l’Hypnotiseuse avait presque oubliée. Elle parut presque perdre conscience, perdant la notion du temps elle se laissa aller à ce fourmillement de chaleur qui l’envahissait.

Avant d’être brusquement ramener à la réalité en arrivant devant un manoir elfique entouré de pâturages, plusieurs animaux se trouvaient là, principalement un tyrannosaure aux plumes vertes fluorescentes, qui se débattait avec un homme blond pour ne pas manger un fruit ou un légume. Alors qu’Ama observait l’homme faire avec Ace, un groupe d’adolescents arriva devant eux. Une fille blonde aux yeux marron brillant d’un éclat noisette à son centre. Ama ne fit même pas semblant d’être surprise de voir une fille avec de tels yeux, elle était le Colibri, Mr. Forkle leur avait dit qu’elle avait quelque chose de différent. Elle tourna ensuite son regard dur sur ses amis, un garçon blond vénitien aux yeux pervenches qu’elle identifia comme Dexter Dizznee, un garçon blond aux yeux bleu glacier dont elle avait déjà entendu les exploits d’heures de colle. Et Biana et Fitz Vacker, cheveux bruns, yeux bleu aigue-marine, aucun doute possible ils étaient bien des Vacker, famille hautement connue dans les Cités Perdues, l’ainé étant un Invisible aux dernières nouvelles et le cadet le plus jeune télépathe de l’histoire, enfin jusqu’à l’arrivée du Colibri.

— Tu vois Sophie ! Je t’avais dit qu’il reviendrait ! s’écria Biana avec un regard vainqueur.

Ama jeta un regard suspicieux à Ace, pourquoi était-il déjà venu ici ?

— Je t’expliquerai au moment venu, lui murmura-t-il. Voici Ama, ma petite sœur, Ama tu les connais déjà, reprit-il d’une voix plus forte.

— Tu n’as toujours pas été tuer par Alina ? Félicitations, déclara alors le blond aux yeux bleu glaciers un sourire en coin.

Ama détailla le blond de haut en bas, allure nonchalante, sourire en coin, regard malicieux, il lui faisait étrangement penser aux jumeaux, ce qui voulait dire qu’il valait mieux qu’ils ne se rencontrent pas pour éviter de faire sauter une maison.

— Tu m’excuseras, je connais tout le monde ici sauf toi donc tu es ? demanda-t-elle simplement.

— Ce garçon est une mauvaise fréquentation, déclara une voix derrière le groupe d’adolescents.

L’homme blond qui « se battait » auparavant avec le tyrannosaure s’était approché d’eux en silence, ses vêtements couverts de plumes.

— Papa ! s’écria Sophie en s’empourprant légèrement.

L’Hypnotiseuse n’eut pas grande réaction, elle le reconnaissait à présent, Lord Ruewen, très méfiant depuis qu’il avait appris la vérité sur Jolie, et encore, il n’en connaissait qu’une infime partie.

— Il a raison blondinette, renchérit une voix rauque et forte.

Sortant de l’ombre d’un arbre, une ogresse vint se mettre près de CE garçon, Ama reconnut cette ogresse, fille du Roi Dimitar, sûrement sa garde du corps, Ama ne savait pas si elle devait ressentir de l’admiration pour qu’il ait une telle garde du corps, ou avoir peur pour sa vie, c’est alors qu’elle remarqua plusieurs gobelins autour d’eux, elle se demandait comment elle n’avait pas pu les voir avant alors qu’ils faisaient deux mètres de haut.

— Je ne me souviens pas t’avoir demandé ton avis Ro, cracha le blondinet.

— Je sais, mais tu sais que j’ai les moyens de te faire taire Lord Grassecoiffe alors je dis ce que je veux, rétorqua l’ogresse en jetant un œil à sa manucure.

— Ce n’est pas que le combat qui allait s’enchainer ne m’intéresse guère, mais je ne suis pas venue ici pour ça. Si vous êtes aussi incompétents que le Conseil je me débrouillerai toute seule, déclara alors Ama d’une voix dure.

Tout le monde se tut, tous tournèrent vers elle un regard surpris, tandis qu’elle leur rendait un regard sombre et dur. Elle se serait attendue à ce que tous baissent la tête, mais Ro lui accorda un geste très peu poli tandis que Fitz se mit à sa hauteur, faisant grimacer Sophie et Biana.

— Tu crois vraiment que c’est une petite nouvelle qui va nous donner des leçons ? Lui cracha-t-il au visage le regard flamboyant de colère.

— Nouvelle ? J’étais dans cette organisation avant même que tu n’en apprennes l’existence et que Sophie n’arrive. Donc tu vas être gentil tu vas te taire, ne crois pas que c’est parce que tu es un Vacker que je vais m’agenouiller devant toi, lui répondit-elle cinglante.

S’ensuivit un duel de regard entre le jeune Vacker et l’Hypnotiseuse, aucun des deux ne semblaient vouloir se laisser faire. Malheureusement leur duel de regard fut interrompu par un toussotement que l’Hypnotiseuse connaissait à la perfection.

Chapitre XII :

L’Hypnotiseuse eu l’effet d’une pierre lui tombant au creux de l’estomac, elle s’était préparée mentalement, mais elle avait continué d’espérer de ne pas le revoir, c’était naïf de sa part, mais l’espoir faisait vivre comme on disait.

Ama ne tourna pas la tête, toujours occupée avec son duel de regard avec Fitz qui semblait tout aussi mécontent qu’elle par l’arrivée de l’invité surprise.

— Mr. Forkle ?! Que faites-vous là ? Je croyais que vous…commença alors Sophie.

— Nous aurons tout le temps pour parler de ça plus tard Sophie, le coupa Mr. Forkle bien plus aimable qu’à l’accoutumée.

L’Hypnotiseuse eu une grimace renfrognée avant de reprendre un visage impassible, presque fantomatique, quel grand jeu de comédie ! Le vieux télépathe semblait enfin témoigner un peu de sentiments à l’égard de quelqu’un, Ama ne voyait même pas pourquoi elle était surprise, il lui avait déjà prouvé à maintes reprises qu’il se fichait de tout le monde, sauf du petit Colibri chéri si fragile.

— Miss. Everdinia, dois-je faire semblant d’être surpris de vous voir ? minauda-t-il en la voyant, reprenant son ton cassant habituel.

— Cela dépend, dois-je faire semblant d’avoir encore du respect pour vous ? répondit Ama sur un timbre de voix neutre.

Mr. Forkle parut vouloir répliquer une parole cinglante, mais il fut coupé de peu par Sophie qui s’emporta littéralement contre Ama.

— Mais tu te prends pour qui pour lui parler comme ça ?! Tu es nouvelle, tu arrives comme une fleur et tu te crois déjà tout permis ?! s’écria-t-il ses yeux noisette flamboyant de colère, ce qui la fit étrangement penser à Ginny et Molly lorsqu’elles étaient en colère.

Ama haussa un sourcil voulant dire qu’elle s’en fichait totalement en direction de Sophie, mais en voyant le sourire satisfait de Mr. Forkle elle préféra répondre que de repartir au Terrier.

— Ne t’a-t-il donc point conté le passé ? Dévoiler la vérité ? Avouer ses torts ? Connais-tu ne serait-ce que mon ancienne relation avec cet elfe que prétend te voir comme une famille ? dit-elle d’une voix calme, dénuée d’animosité au contraire de son regard.

Sophie parut se décomposer sur place en comprenant qu’Ama en savait bien plus sur ce sujet houleux, Mr. Forkle quant à lui paraissait sur le point de commettre un meurtre et les autres ne savaient plus où se mettre, sauf Ro qui semblait trouver qu’il manquait quelque chose aux révélations d’Ama.

— Ama on n’est pas venu ici pour ça, la rabroua Ace d’une voix dure mais d’où l’on pouvait percevoir un timbre amusé.

Ama, bien obligée d’admettre qu’il avait raison, soupira et fit planer son regard sur les différents adolescents, malgré le fait qu’elle soit à peine plus âgée qu’eux, elle ne put s’empêcher de se dire qu’elle avait tout de même plus d’expériences et de se demander comment cette équipe pouvait sauver les Cités Perdues, surtout que les résultats avaient été très peu fructueux d’après ce qu’Ashley lui avait raconté.

— D’ailleurs je pense que tout le monde aimerait ce que vous faites là ? déclara Ro en bâillant d’ennui.

— Nous étions venus pour recourir à un coup de main, mais finalement je crois qu’on se débrouillera mieux seul, répondit Ama, murmurant presque sur la dernière partie.

— Tiens tu as vu Lord Bellecoiffe ? Elle est comme toi ! Mieux en solitaire, s’écria Ro en ricanant.

— Merci Ro, mais je la connais, avec Silver elles rendaient la vie infernale à Alina, mais passons. Pourquoi tu voulais notre aide ? demanda la blond aux yeux bleu glacier.

— Keefe, tu ne devrais pas lui accorder tant de confiance ! Tu as vu comment elle est avec ses ainés ! s’emporta Fitz.

Ama retint une nouvelle fois un soupir, Fitz semblait avoir oublié qu’elle avait estompé chacune des rumeurs qui avaient un jour courues sur les Vacker lorsqu’elles étaient encore à Foxfire, mais à quoi bon se souvenir du passé quand l’avenir s’annonçait aussi sombre qu’une nuit sans étoiles ?

— Tant pis pour vous, moi je l’écoutes, répondit Keefe sous les regards noirs de Sophie et Fitz.

— Bon, donc c’est quoi le problème ? demanda Biana tandis que Sophie, Keefe et Fitz commençaient à débattre par télépathie sans doute.

— Comme vous le savez, enfin je l’espère, les Invisibles commettent de plus en plus d’atrocités, les habitants des Cités Perdues commencent à devenir aisément irritables, ils se disputent pour un oui ou un non, commença Ace.

— C’est le même cas dans un autre monde, celui des sorciers, je sais que c’est compliqué à croire, mais c’est vrai. Dans ce monde, les sorciers préfèrent être aveugles que voir la vérité, ils préfèrent vivre dans l’ignorance et attendre que la mort leur tombe dessus, continua Ama avant de donner quelques détails supplémentaires sur ce monde nouveau pour Biana et Dex qui étaient les seuls à l’écoute.

— Ah oui, c’est… Très peu…Comment dire… Possible ? balbutia Biana.

— Pourtant, personnellement j’y crois, on a bien vu les effets néfastes des Invisibles sur notre monde, je ne serai même pas étonné que ce soit pareil dans un autre monde où ils sont liés à chaque mésaventure, fit Dex le menton relevé.

— Pourra-t-on compter sur votre aide ? Les Cités Perdues seront attaquées, pas le moindre doute, Invisibles et Mangemorts se mélangeront pour tous nous détruire, à petit feu ou en déclenchant un incendie, peu importe, ils nous détruirons, souffla Ace la mine sombre.

— Moi je serai de la partie, Tam, Linh, Dex, Wyllie et Stina également, en revanche pour Sophie, Keefe et Fitz je vais commencer à avoir des doutes. Ils ne cessent de se mettre de côté, avoua Biana dans un soupir.

— Alors rajoute Lise et Silver à la place, elles je sais qu’elles se battront, je vais quand même demander confirmation mais j’en suis sûre. Ashley et Ace viendront vous voir de temps à autres, qu’on se tienne au courant des plans, conclut Ama ne laissant pas place à la moindre répartie.

En effet, lorsque Sophie, Keefe, Fitz et Mr. Forkle se rendirent compte de ce qu’il venait de se produire, Biana et Dex avaient déjà approuvés, Ace sortait déjà un cristal de saut. Ama salua les deux personnes à l’écoute et Grady, qu’elle avait totalement oublié tant il avait été silencieux et discret. Ama et Ace échangèrent un regard en disant long sur la moindre de leurs pensées avant de sauter dans leur ancien repère pour retrouver Lise et Silver.

La guerre avait réellement commencer maintenant qu’ils commençaient à en prendre tous conscience,  elle débutait.

Chapitre XIII :

Ama et Ace sautèrent donc dans ce lieu qu’ils avaient un jour considéré comme chez eux. Lorsqu’ils arrivèrent sur la douce pelouse verdoyante, ondulante au rythme du vent, ils n’avaient déjà qu’une seule envie, retourner au Terrier. Cet endroit respirait… La peur, l’incompréhension, le doute, de mauvaises ondes se dégageaient d’Alluveterre, elles étaient nombreuses, et semblaient tombées un peu plus chaque jour sur ce lieu, comme si l’on tenait une épée accrochée au plafond à l’aide d’une corde qui manquait de craquer chaque jour, chaque jour le poids de l’épée l’emporter. Mais, qu’est-ce qui pouvait bien attirer toutes ces mauvaises ondes ici ? Qui était pourtant un lieu paisible.

L’Hypnotiseuse jeta un regard en direction du lac des Eckodons qui était… Vide. Ils avaient désertés les lieux, comme s’ils avaient sentis le danger qui planait et qu’ils avaient décidés de prendre la fuite. Si mêmes les animaux prenaient la fuite, ce n’était plus de la rigolade.

— Ama, allons-y avec un peu de chance on croisera Médoc, ou Blizzard ou n’importe qui, déclara soudainement Ace, ramenant Ama à la réalité.

Ama hocha la tête, très peu consciente de la suite, elle était chamboulée par le départ des Eckodons, les gnomes étaient-ils également partis dans ce cas-là ? Ama ne tarda pas à savoir la réponse, eux aussi avaient désertés l’endroit. L’immense manoir autrefois si brillant, si brillant de vie, ce manoir n’était plus. Il avait laissé place à un sombre manoir lugubre, donnant l’impression d’être hanté, les murs couverts de plantes semblaient désormais ne pas avoir été lavés depuis de nombreuses années, Ama n’était pourtant partie il y a seulement deux ans et Sophie environ un an, comment cela avait-il pu autant changer ?

— Ace, c’était comme ça quand tu es parti ? demanda Ama la voix fébrile, en poussant les deux portes massives du manoir.

— Non, c’est bien cela le problème… Ils l’ont tout simplement abandonné, répondit Ace dans un haussement d’épaules très peu convaincant.

Ama ne fut guère rassurée, ils entrèrent donc dans le manoir, guettant le moindre bruit. Mais tout était silencieux, seuls leurs pas résonnaient sur le carrelage au sol, leurs bottes percutant avec force le sol, ils ne furent guère discrets et bien vite interpellés par une voix qu’Ama avait commencé à oublier.

— Ace ! Ama ! Vous êtes là !

C’était Médoc qui venait de parler, l’infirmière du Cygne Noir aux longs cheveux brun foncé tressés, toujours son masque décoré d’une plume sur le visage, elle s’approcha d’eux d’un pas précipité et Ama put voir qu’elle était suivie par une jeune fille rousse au visage constellé de tâches de rousseurs et d’une jeune femme aux cheveux noirs coupés en carré.

— Silver ! Lise ! Enfin ! s’écria Ama, un peu honteuse de ne pas leur avoir parlé durant… Trop longtemps.

— La grande Ama est de retour dans son chez-soi ! se moqua gentiment Silver avec un sourire entendu, signe qu’elle ne tenait pas rigueur à Ama de les avoir oubliées.

— Je crois qu’on a beaucoup de choses à se raconter, clarifia l’Hypnotiseuse.

Même si elles étaient au courant, Ama se lança dans l’explication de ses aventures à Poudlard, de la trahison d’Elyssa, jusqu’à la mort de Dumbledore, bien entendu elle passa sous silence ses crises de jalousie ou ses petits problèmes de poumons ou personnels. Il n’y eut d’abord aucune réaction, d’après ce qu’Ama se souvenait, Silver et Lise avaient passés la plus grande partie de leur temps à s’entrainer, donc elles n’étaient pas forcément au courant de tout. Soudain ce fut l’explosion, Silver commença à pousser des jurons, Lise se maudissait d’avoir accordé sa confiance à la mauvaise personne et Médoc bredouillait des paroles comme « Impossible » ou « C’est un cauchemar ».

— Elyssa, une traitresse ? La douce Elyssa ? Qui souriait pour un rien ? demanda finalement Médoc la voix tremblante.

Ama n’eut pas le courage de répondre, Médoc était une personne au fort caractère d’ordinaire, mais elle semblait si faible à l’entente de cette nouvelle, comme si elle lui déchirait le cœur, lui brisait l’âme, comme si son esprit refusait d’accepter la nouvelle. Et en réalité c’était peut-être bien le cas, Médoc avait toujours chéri Ama, Silver, Lise et Elyssa, oubliant leurs douleurs, leurs remords, leurs différences, elle les avait prises sous son aile, se souciant peu de l’avis de Mr. Forkle. Ama comprenait donc la douleur qui devait l’habiter à l’instant, elle avait vécu la même chose.

— Cette même Elyssa à qui Ama et moi confions tout ? renchérit Lise, tournant son regard bleu-vert vers Ace.

Ce dernier hocha la tête tandis qu’Ama grimaçait, elle n’aimait guère se souvenir qu’elle avait confiait nombreux de ses tourments à une ennemie, elle pourrait s’en servir n’importe quand, ou alors, elle ne dirait rien, et Ama croirait qu’elle exploserait comme une grenade. Ce qui faisait que cela brûlerait Ama à petit feu, la restreignant dans un halo de peur et d’angoisse. Mais Ama pouvait-elle vraiment se permettre de paniquer pour si peu ?

— Il faut que l’on revienne avec vous au Terrier, je contrôle mon nouveau talent maintenant c’est bon. Vous avez raison, la guerre a commencé et il est hors de question que je reste planqué ici, déclara Silver ses yeux bleu glacier.

— Je viens aussi ! s’empressa de dire Lise, une petite flammèche s’allumant dans sa main droite, signe de sa détermination.

Ama répondit par un hochement de tête affirmatif, elle ne savait pas ce qui poussait la jeune rousse à faire cela, après tout elle allait devoir combattre son père, Fintan, tôt ou tard. Pour Silver sa détermination était bien plus compréhensible en revanche, après tout, les Invisibles avaient tué sa mère, et avaient détruit son père. On ne pouvait pas dire qu’elle avait eu beaucoup de chance.

— Donc vous revenez, on reprend nos anciennes habitudes ? demanda Lise.

— On reprend nos anciennes habitudes, avec des sorciers cette fois-ci, corrigea Ama.

— Je vous fais confiance, moi je ne peux pas partir, je dois aider le Colibri, mais je sais que vous serez capable de retarder ce danger qui nous menace tous, déclara Médoc, reprenant contenance.

— On y arrivera, croyez-moi, il y a des pépites dans l’équipe, affirma Ace un sourire espiègle aux lèvres.

Ama n’ajouta rien, se contentant de dodeliner de la tête en signe d’affirmation, elle était perdue dans ses pensées. Maintenant que l’équipe était de nouveau complète, enfin presque, ils allaient pouvoir réfléchir sérieusement au plan, trouver les bonnes tactiques, et éviter autant de morts que possible. Alors qu’Ama croyait qu’ils en avaient fini ici, Ace s’écria :

— Je crois qu’on peut encore compter sur des alliés !

Chapitre XIV :

L'Hypnotiseuse leva un sourcil intrigué, de quels alliés Ace pouvait-il bien parler ? Mis à part le Cygne Noir, certains des amis de Sophie et les sorciers, Ama ne voyait aucune autre possibilité.

— De qui parles-tu ? demanda Silver.

— Voyons Ama, tu ne les as quand même pas oubliés ! s'écria Ace réellement surpris. Ils sont ta famille...

Cette fois-ci Ama parvint à voir de qui il parlait, des silhouettes se dessinèrent dans son esprit, une jeune femme de son âge à la peau mate, aux cheveux bruns lui tombant en cascade sur les épaules, un homme blond platine, assez grand avec un sourire étincelant et un jeune homme, aux cheveux blancs comme ceux d'Ama, qui faisait presque toujours la tête. Sa famille, celle à qui elle rendait autrefois si souvent visite, cette même famille qui avait fini par s'estomper de sa mémoire, ses souvenirs remplacés par les ordres que Mr. Forkle lui donnait, remplacés par sa disparition d'émotions. Ses souvenirs oubliés, souvenirs qui avaient disparus pour laisser place à un cœur de pierre.

— Tu parles d'Eux ? demanda-t-elle tout de même pour être sûre à Ace.

— Exactement. On va faire un tour dans les Cités Interdites, répondit-il avant d'expliquer vaguement la situation à Silver, Lise et Médoc.

Mais Ama n'écoutait plus, combien de temps cela faisait-il qu'elle n'était pas allée les voir ? La dernière fois remontait à peu de temps avant l'arrivée des sorciers, cela faisait donc deux ans qu'elle n'était pas retournée les voir ! Mais maintenant qu'elle s'en souvenait, elle senti un creux se faire en elle, comment avait-elle pu oublier sa famille ? Alors qu'elle avait passé tant de bons moments avec eux ? C'était pitoyable de sa part.

— Ah, dans ce cas on ne va pas venir. Comme ça, on aura le temps de prendre nos affaires, déclara Silver avec un hochement de tête respectueux.

— Entendu, mais prenez ce cristal de saut, il ramène directement au Terrier, répondit Ace en leur tendant un cristal aux reflets orangés.

— Comment ? Ce n'est pas un endroit des Cités Perdues, fit remarquer Lise avec curiosité.

— J'ai des contacts. Ama, on y va ?

L'Hypnotiseuse hocha la tête, sa gorge semblait s'être asséchée, incapable de parler, elle allait les revoir, mais pourtant elle ne parvenait pas à démontrer un signe de joie, alors que son cœur faisait littéralement une fête dans sa cage thoracique. Elle se tourna alors vers Ace, espérant qu'il pourrait l'éclairer sur la démarche à suivre, mais lorsqu'elle croisa son regard elle comprit que c'était peine perdue. Il avait ce fameux regard du « écoute ton cœur » qui l'irritait au plus haut point. Il sortit donc un cristal de sauf rouge flamboyant, démontrant clairement qu'il était d'ordinaire interdit, mais ils étaient parvenus à se procurer un cristal de saut exceptionnel, Ace avait des contacts comme il disait.

Ils sortirent donc en dehors de l'imposant manoir qui risquait d'être officiellement abandonné désormais, Ace leva le cristal à la lumière du soleil et un faisceau de lumière apparu, ils s'y engouffrèrent donc, Ama se laissant une nouvelle fois aller à cette douce chaleur. Chaleur lui parcourant les veines, chaque membre de son corps, elle réveillait ses douleurs suite aux nombreux combats qu'elle avait menés, la ranimation de ces douleurs la fit grimacer, elle avait tant pris l'habitude de marcher ou de transplaner qu'elle avait oublié que les sauts dans les Cités Interdites créaient des douleurs à l'occasion, ranimant les blessures récentes.

Soudainement la douleur disparue et Ama posa le pied sur du béton, la forte odeur de gaz et pétrole lui emplit aussitôt les narines, s'engouffrant dans ses voix respiratoires elle sentit ses poumons se comprimaient, hurlant à l'aide. Déjà qu'elle était sensible au niveau respiratoire, cette visite n'arrangerait pas son cas. Elle se mit une main sur le nez et suivit Ace qui semblait être dans son élément d'origine ce qui était bluffant à côté d'Ama qui était habituée à vivre dans des environnements saints.

Ils avaient eu la chance d'atterrir sur un parking vide, ils prirent donc la première rue qu'ils virent. La longeant, dire que les passants les regardaient avec choc était un bien faible therme, entre leurs vêtements horriblement voyants, les cheveux blancs d'Ama et leur beauté apparemment plus haute que celle des humains ils étaient comme la lune en pleine nuit, visibles et rayonnants. Ils hâtèrent donc le pas, créant des murmures autour d'eux, des couinements de filles et des sifflements sur leur passage.

— Imagine si Léo était là, il ferait son fameux sourire aux filles, je crois qu'elles tomberaient toutes au sol, chuchota Ama à Ace sur le ton de la plaisanterie.

— J'imagine à la perfection la scène, c'est hilarant, mais je suis plus occupé à fusiller le moindre garçon du regard actuellement, répondit Ace un sourire fantomatique aux lèvres en se rapprochant d'Ama, comme pour faire comprendre que celui qui s'approchait trop près était mort.

Ils continuèrent la fin du trajet en silence, manquant de peu de se faire renverser par une voiture ce qui ne fit que renforcer la peur d'Ama à l'égard de ces engins. Ils finirent par arriver devant une rangée de maisons toutes identiques, toutes sauf une. Ils s'en approchèrent donc. Elle était blanche avec un toit rouge, comme les autres, seule différence, sur les murs blancs étaient poussées des plantes, démontrant que peu importait la croissance de la nature, il en valait de même pour le jardin plus que fleuri, les habitants semblaient très peu s'en soucier.

Traversant le jardin à grandes enjambées, Ace toqua à la porte rougeoyante en retirant sa cape qui avait dû trainer dans la boue du jardin, il la plia rapidement et la garda sous son bras lorsque soudainement un homme aux cheveux blancs ouvrit la porte, son visage refermé démontrait des signes de surprises, ses yeux bleu Majorelle écarquillés, il dit d'une voix trébuchante :

— Ama... Et Ace Everdinia ? J'hallucine ?

— Ravi de te revoir aussi Amadeo, répondit Ace un vrai sourire s'étirant doucement sur son visage.

Il y eut un court silence pendant lequel Amadeo les observa de haut en bas avant de se tourner vers l'intérieur de la maison.

— PAPA ! KALEA ! Y A DES REVENANTS DANS LA FAMILLE ! s'époumona-t-il. Venez, rentrez, reprit-il avec un sourire.

Ama et Ace suivirent donc Amadeo à l'intérieur de la maison, ils traversèrent le hall d'entrée décoré de nombreuses décorations humaines, donc tout ce qui ne touchait pas aux joyaux, les murs étaient ornés de papier rouges, eux-mêmes décorés par des signes royaux dorés, Ama se serait presque crue dans la salle commune de Gryffondor. Mais cette impression changea lorsqu'ils arrivèrent dans le salon, ce dernier étant d'une allure très rustique, un canapé orange qui paraissait âge se trouvait dans le coin, en face d'une télévision rurale contrastant avec l'ambiance des lieux. Une table en bois massif se trouvait à l'autre de bout de la pièce, un vase remplis de roses était posé dessus, entourée par plusieurs chaises pour invités. Ce salon donnait envie d'y rester selon Ama.

— Ai-je vraiment affaire à Ama et Ace ou est-ce mon imagination qui me joue des tours ? demanda alors une voix puissante tout en étant douce dans le dos de l'Hypnotiseuse.

Chapitre XV :

À la suite de la question de la personne dans le dos d’Ama, un silence s’était installé, pesant pour Ama, mais il ne paraissait guère dérangé Amadeo qui rayonnait, alors qu’il était toujours d’humeur massacrante dans les souvenirs de l’Hypnotiseuse. Finalement Ama pivota pour se retourner, une fois retournée elle ne put empêcher son regard de se voiler à la vue de l’homme qui se trouvait en face d’elle. Ses cheveux blond platine attachés en catogan, son regard bleu cyan scrutant Ama du regard, lui souriant d’un sourire franc et rassurant, tout dans son attitude donnait envie de lui faire confiance, son air jovial, son aura bienveillante, son accoutrement simple et détaché.

— Non, tu ne rêves pas, c’est bien Ace et Ama, déclara enfin Ace avec un sourire qu’Ama croyait disparu.

— Ah ! Mon neveu et ma nièce préférés sont enfin décidés à me reparler ! s’écria-t-il en venant prendre Ama et Ace dans ses bras.

— Nous sommes tes seuls neveux et nièces, fit remarquer Ace.

— C’est pour ça que vous êtes mes préférés.

Ama quant à elle ne disait toujours rien, chamboulée elle rendit faiblement l’étreinte de son oncle, cherchant quoi dire, quoi faire… D’ordinaire ses mouvements, gestes et actions étaient assurées, mais si elle commençait à être fébrile avec sa famille, comment pourrait-elle bien se comporter avec ses amis et son petit-ami ?

Leur oncle s’écarta enfin, son sourire s’affaissa soudainement lorsqu’il vit l’air monotone d’Ama.

— Que t’arrive-t-il ? demanda-t-il d’une voix douce, celle que l’on emploi pour parler à un enfant.

Ama se retrouva précipitée dans ses souvenirs, une vague de ces derniers déferla dans son esprit. Elle se souvenait de lorsqu’elle était petite, que sa mère l’emmenait elle et Ace dans cette même maison, qu’Ama jouait avec Amadeo et sa sœur adoptive Kalea. Elle se souvenait à quel point elle riait, elle s’amusait, à quel point elle laissait son innocence prendre le contrôle sur chacune de ses actions, lorsqu’elle ne se souciait de rien, ni de décevoir ses parents, ni de faire plaisir aux autres, lorsqu’elle était une âme pure et innocente.

Les temps avaient bien changés, elle avait dû changer pour plaire au Cygne Noir, devenir froide et téméraire pour garder sa place, taire ses sentiments pour avoir un toit au-dessus de la tête. Il s’était passé tant de choses entre ces évènements, tant de choses horribles et effroyables, qu’Ama avait oubliée son passé heureux, oubliée sa famille, elle avait oubliée qui elle était, et elle s’en rendait compte seulement maintenant. Fallait-il qu’elle redevienne comme avant ? Serait-elle seulement acceptée ? Mais avait-elle vraiment envie de redevenir comme avant ? N’était-elle pas bien comme cela ?

L’Hypnotiseuse secoua la tête, ce n’était pas le moment de penser à son passé, ses souvenirs ou de regretter ses choix ! Elle y réfléchirait plus tard.

— Je vais très bien si c’est ça ta question. Disons juste que… Je suis nostalgique de cette vie sans soucis, répondit finalement Ama, sentant les regards pesants de son cousin, son oncle et son frère sur elle.

— Je t’avais prévenu Angel, elle est toujours aussi lunatique, fit Ace à leur oncle avec un sourire moqueur.

Angel récupéra vite son sourire, croyant Ace sur paroles il reprit son air jovial et heureux de vivre, soudainement il se tourna, se mit les mains sur les hanches et hurla :

— KALEA VAS-TU VENIR VOIR TON COUSIN ET TA COUSINE ?!

— NON ! TU DIS CA POUR QUE JE FASSE UNE CORVEE ! répondit une voix féminine.

— Rah, les adolescentes de nos jours ! marmonna Angel mécontent.

— N’avait-elle pas le même âge qu’Ama ? demanda Ace.

— Si, mais les humains ont beau être adulte à dix-huit ans, reste toujours aussi adolescente et garde son caractère bien trempé. KALEA AMA ET ACE TE DEMANDE ! s’époumona-t-il une nouvelle fois.

Une série de bruits suivirent les paroles d’Angel, des bruits sourds, une porte qui s’ouvre à la volée, des pas martelant l’escalier de bois massif. Et finalement une jeune femme à la peau mate, aux cheveux brun foncé nattés, au sourire éclatant arriva en criant de joie avant de sauter dans les bras d’Ama puis d’Ace.

— Je n’y crois pas ! Des revenants ! plaisanta-t-elle en sautillant sur place.

— Oui, des revenants, affirma Ace avec un sourire amusé.

Ama quant à elle fixer Kalea, en deux ans elle avait bien changé, les traits de son visage s’étaient adoucis, ses yeux noirs semblaient encore plus brillant, elle était devenue magnifique, tout simplement. Pourtant… Elle était humaine, mais à première vue elle donnait l’impression d’être une elfe.

— Que faites-vous là ? demanda alors Amadeo, rappelant la cause de la venue soudaine des Everdinia.

— En toute honnêteté, on vient implorer votre aide. Nous, traversons de temps sombres dont les humains sont sûrement inconscients, mais nous, les elfes, et les sorciers sont jugés à une guerre proche. Nous avons besoin du plus d’alliés possible pour cette nouvelle guerre à laquelle nous sommes confrontés, confia Ace dans un soupir lasse.

Un silence pesant s’installa à la suite de cette déclaration, Kalea avait les yeux écarquillés par la surprise, étant une humaine elle ne devait pas songer au même type de guerre qu’eux, Amadeo et Angel le prouvaient, leurs yeux étaient agrandis par l’effroi, leurs teints étaient devenus très pâles et ne laissaient aucun doute sur la peur qui les habitaient à l’instant.

— Donc, tu penses que ce sont deux elfes qui vont faire la différence ? souffla Angel en levant un regard intrigué.

— Et une humaine ! ajouta Kalea son regard noir flamboyant de colère.

— Tu n’es pas conviée à cette guerre, rétorqua Angel.

— Et Amadeo si ?!

— Il a le choix, mais il sait aussi bien que moi qu’il sera utile ! contra Angel.

— Oui, je viendrais, confirma Amadeo en dodelinant de la tête.

— Et pourquoi, moi, je ne pourrai pas venir ?! J’ai le même âge qu’Ama et elle va bien se battre ! s’emporta Kalea. En plus je suis adulte contrairement à elle !

— Mais tu es humaine ! Tu ne possède pas les mêmes dons !

— Mais moi je suis plus apte à tuer que vous, pour moi la vie n’est pas sacrée, moi, même si c’est horrible, je suis capable de tuer. Alors que vous… Vous en seriez incapable, contra-t-elle en s’adoucissant.

— Elle a raison, si nous tuons notre esprit en sera affaibli, alors que celui de Kalea restera intact, fit remarquer Ace.

Ama ne disait rien, elle ne voulait absolument pas voir une personne qu’elle aimait confronter la mort, mais elle savait que c’était impossible. Le sang devait couler pour la paix, peu importe le camp.

— Kalea sera utile, elle sait se battre, elle est discrète et a de bonnes esquives, elle a sa place dans cette guerre, déclara finalement Ama d’une voix solennelle en hochant la tête devant Kalea, comme un soldat s’inclinerait devant son roi elle lui témoignait confiance et respect.

— Bien ! Qu’il en soit ainsi. Vous allez rester ici pour la fin de journée et la nuit, nous allons préparer nos affaires, vous allez nous expliquer la globalité de l’histoire, et demain, nous vous suivrons. Peu importe la destination, soupira Angel, vaincu.

Ama hocha la tête avec satisfaction tandis qu’Ace tentait sûrement de joindre Silver pour lui expliquer la situation, ils venaient de gagner des alliés en plus, ce qui ne pouvait qu’être bénéfique.

Chapitre XVI :

La nuit s’était écoulée, ni Ama, ni Kalea n’avaient dormies, partageant la même chambre elles avaient passés la nuit à parler de broutilles, mais également de leurs vies, Kalea connaissait désormais chaque détail de celle d’Ama. L’Hypnotiseuse en connaissait moins en revanche, Kalea s’était montrée réticente, elle vivait une période où elle n’était guère acceptée pour ce qu’elle était, couleur de peau différente, les humains ne l’acceptaient pas comme cela ce qu’Ama trouvait particulièrement débile. Elle en avait fait part à Kalea qui avait sourit en disant que l’humanité pouvait être très intelligente, comme elle pouvait être plus que stupide.

Finalement le soleil s’était levé et leur conversation s’était tût, elles s’étaient levées et avaient rejoints les garçons, tous témoignant des gestes d’anxiété. Les filles avaient fermés les yeux dessus et avaient commencés à parler normalement. La matinée était donc bien entamée lorsqu’ils se décidèrent enfin à partir pour retourner au Terrier.

— Génial, il pleut, j’espère qu’il fera plus beau là où est-ce qu’on va, grommela Amadeo en fermant les stores du salon.

En effet, le temps n’était guère beau, le ciel d’un gris sombre menaçait un orage, accompagné d’averses personne n’avait envie de sortir. Malheureusement, Ama doutait fortement que le temps change au Terrier.

— Vous êtes prêt ? demanda Ace, un cristal de saut couleur terre à la main.

— A se tuer ? Oui totalement, répondit Amadeo.

— Vous n’allez pas mourir, dit Ace en levant les yeux au ciel.

— Ca ne saurait tarder, grogna leur cousin d’une voix inaudible.

Personne ne répondit, conscient que c’était la vérité, finalement Angel arriva, trois sacs à dos dans les mains, il en lança un à Kalea et un second à Amadeo. Il était temps de partir.

— Et dire que je ne reverrai peut-être jamais cette maison, soupira Angel en regardant son salon d’un air nostalgique.

— On fera notre possible pour que tu la revoie ta maison, ne t’en fais pas, murmura Ama d’une voix doucereuse en s’approchant de lui.

Il eut un sourire triste et prit la main d’Ama, ils allaient sauter, ils créèrent donc une chaine et Ama laissa son subconscient s’étirer sur celui de Kalea pour la protéger lors du saut, une dernière fois Ace leva le bras et mit le cristal de saut en évidence face à un faible rayon de lumière filtrant à travers les stores, un faisceau illumina alors la pièce et ils sautèrent pour le Terrier.

Ama ne ressentit pas la douleur cette fois-ci, trop concentrée à protéger Kalea elle en avait oublié le rester. Ce fut seulement lorsque ses pieds tombèrent dans de la boue qu’elle reprit pleinement conscience. Le temps pluvieux n’avait pas excepté le Terrier, il pleuvait à torrent, l’eau battant en rythme sur le sol, trempant Ama et sa famille jusqu’aux os. Ils s’approchèrent d’une pas rapide de la vieille bicoque de plusieurs étages, toquèrent à peine et entrèrent congelés.

Seul Angel et Amadeo ne paraissaient pas dérangés, c’étaient les seuls à maitriser le contrôle de température qu’Ama leur enviait, elle tremblait de froid et fut obligée de se frictionner les bras pour être sûre qu’elle les avait encore.

— Ama ! Enfin ! cria alors Silver qui venait de descendre.

— Ace ne t’avait pas prévenu ? demanda Ama grelottante.

— Si, mais je me serai attendue à ce que vous arriviez à l’aube ! Mais vous avez nagés pour venir jusqu’ici ou quoi ?

— Il pleut à torrent, répondit simplement Amadeo en ébouriffant ses cheveux blancs éclaboussant quelque peu les murs.

— Ah, bien, allez vous changer, je vais prévenir les autres que vous êtes là, fit Silver d’un ton autoritaire.

Ils ne se firent pas prier et suivirent Ama et Ace dans les étages, une fois revêtus de vêtements chauds et secs ils redescendirent et allèrent dans le salon où tout le monde les attendait, Silver, Lise, Léo (ce dernier se leva et s’assura qu’Ama et Ace allaient bien), Ginny, Molly, Ashley et Fred et George.

— Enfin ! On se demandait si vous n’étiez pas mort ! déclara George sur le ton de la taquinerie, malgré le poids de ses paroles.

— Oui, toi aussi tu nous a manqué en une journée, contra Ama en allant s’asseoir à côté de Fred qui semblait littéralement faire la tête.

— On a réussi à trouver quelques alliés, Lise et Silver qui sont de retour, deux amis du Colibri qui s’occuperont de récolter des informations dans les Cités Perdues, Léo, Ashley et moi irons régulièrement pour se tenir au courant. Et puis, notre famille à Ama et moi, déclara Ace en montrant Amadeo, Angel et Kalea tour à tour.

— Ce sont tous les trois des elfes ? demanda Ginny suspicieuse.

— Non, moi je suis une humaine, confia Kalea.

— Une humaine dans cette guerre ? En êtes-vous bien sûrs ? demanda Molly d’un ton angoissé.

— Elle est plus douée que certains humains ne le montrent, croyez-moi ses atouts nous serons très utiles, affirma Ama.

— Et vous deux ? Vous devez avoir des talents j’imagine, ajouta Fred en direction d’Amadeo et Angel.

— Il est malin le petit rouquin dis-donc, nargua Amadeo d’un ton tranchant, reprenant son caractère mauvais vis-à-vis des étrangers.

— Amadeo, Ama et Ace ont loués leurs louanges tu pourrais faire un effort ! le rabroua Kalea en lui donnant un coup de coude.

— Je ne les connais pas moi ! contra-t-il entamant un débat.

— Tu fais confiance à Ama et Ace oui ou non ?!

Pendant ce temps Fred parut rembrunit, Ama n’eut même pas besoin d’attendre un peu pour savoir qu’Amadeo et lui ne seraient guère amis. Pendant ce temps elle posa sa tête sur son épaule, épuisée, ça lui apprendrait à faire des nuits blanches, mais c’étaient surtout ses nouveaux tourments qui commençaient à la hanter. Maintenant qu’elle se souvenait d’elle enfant, petite fille intrépide et joviale, devait-elle cherchait à redevenir ainsi ? Ou devait-elle rester comme elle était aujourd’hui ? Une fille froide à l’extérieur, mais chaleureuse lorsqu’on la connaissait ? Elle ignorait la réponse.

Tout comme elle ignorait la cause dû à cette perte de souvenirs, elle se souvenait pourtant de chaque souvenir avec ses parents, mais celui-là avait disparu pour ressurgir. Elle ne comprenait pas ce qu’il se passait.

Elle cligna des yeux, pour éviter de devoir secouer la tête, et revint dans le présent, le débat de Kalea et Amadeo avait pris fin, tous deux semblaient désormais boudeur.

— Maintenant que les deux têtes de mule ont finis de se battre, je vais me présenter correctement. Je suis Angel Everdinia et je suis un Ténébreux.

— Qu’est-ce que peut faire un Ténébreux ? demanda Fred curieux.

Pour toute réponse Angel fit soudainement bouger des ombres, Ama sentit également Fred tressaillir à côté d’elle, signe que son oncle utilisait son murmure ténébreux.

— Classe, souffla George ébahis.

— Et Amadeo ? demanda Ginny.

Mais Amadeo, étant une tête de mule de première croisa les bras et détourna la tête, signe qu’il ne répondrait pas. Ama lâcha un soupir et répondit à sa place :

— Il est Polyglotte et Psionipathe. Il peut donc parler toutes les langues du monde et imiter les voix des autres, il peut également créer des champs de forces comme bouclier.

— J’ai dû mal à croire qu’on puisse prendre la voix d’un autre, marmonna Fred.

Manque de chance pour lui, Amadeo l’avait entendu, il se retourna vers lui, les poings sur les hanches.

— J’ai dû mal à croire qu’on puisse prendre la voix d’un autre, dit-il en imitant Fred à la perfection, de sa voix accentué à son timbre chaleureux, il l’imita tellement bien qu’Ama failli le trouver séduisant.

— Ils vont s’entendre comme chiens et chats eux, murmura alors Ginny à Ama qui s’était redressée.

L’Hypnotiseuse hocha la tête en retenant un soupir, elle savait déjà cela, il suffisait de voir les regards noirs qu’ils échangeaient depuis le début des présentations. Ama ne fit aucun commentaire à ce sujet-là, ce n’était guère le moment de créer des tensions, elle les laissait donc se débrouiller seuls, espérant qu’ils sauraient se débrouiller seuls justement.

Chapitre XVII :

Le vent soufflait fort sur la vieille maison qu’était le Terrier, des bourrasques toujours plus fortes assenées les fenêtres, les faisant claquer, agitant les herbes hautes devant la maison qui ressemblaient plus à des fouets qu’à une plante. L’Hypnotiseuse commença à douter de la cause de cette tempête, la mi- Octobre était venue, c’était assez inhabituel un temps pareil en cette période, mais Ama ne cherchait plus à comprendre ce qui était normal ou non.

Les Mangemorts avaient attaqués la boutique d’un dénommé Olivander, vendeur de baguette, une boutique juste en face de celle des jumeaux qui avaient assistés à la scène avec impuissance. Désormais leur boutique était fermée jusqu’à nouvel ordre, le Ministère de la Magie « enquêter », si enquêter voulait dire regarder la scène et déduire une attaque. Fred et George travaillaient donc à domicile, invitant Lee trois fois par semaine, lorsqu’Ama demandait ce qu’ils trafiquaient, ils répondaient qu’ils cherchaient une solution pour ranimer la flamme de joie et d’espoir dans le cœur des gens.

Ama n’avait pas posé plus de questions, s’attendant à une idée débile et efficace à la fois ! Elle évitait donc de les importuner, et s’occuper à veiller sur Kalea et Amadeo, Angel passait le plus clair de son temps avec Molly, Arthur ou Remus, parlant de choses sérieuses comme son oncle disait si bien. Kalea quant à elle s’amusait avec Ashley et Ginny, cette dernière n’ayant pas repris les cours comme Ama, Luna et Neville étant retournés à Poudlard ils avaient jugés préférable d’avancer séparément.

Ama était donc là, assise dans le canapé rustique du salon, occupée à lire un livre à côté de Ginny qui regardait la rediffusion d’un match de Quidditch sur la télé. Aucune des deux ne parlaient, toutes deux concentrées sur leur activité, mais soudain un courant d’air encore plus fort que les autres ouvrit la fenêtre, faisant voler une multitude de papier, la bourrasque dû être très puissante car l’écran de la télévision laissa place à de « la neige » comme les humains disaient.

Ama se leva d’un bond et fut à la limite d’entamer un combat pour fermer cette fenêtre, Ginny s’approcha la baguette pointée sur la fenêtre et lança un sort en silence, étant donné qu’elle ne suivait pas les cours cette année, elle et Ama avaient convaincus les jumeaux de leur apprendre les sorts qu’ils connaissaient, au prix d’un mois de corvée supplémentaire.

— Je hais ce temps ! Il se passe quoi aujourd’hui ?! Les Dieux sont déchainés ?! pesta Ginny le regard flamboyant de mécontentement.

— C’est inhabituel, le temps n’est pas censé être ainsi à cette période de l’année, releva Ama d’une voix douce.

— Certes, je ne comprends pas… Qu’est-ce qui peut bien produire de telles bourrasques ? Et si Harry avait les mêmes ?! paniqua Ginny.

— Je ne pense pas que ce soit le cas, quant à la cause de ces bourrasques, j’ai bien une hypothèse, avoua Ama dans un soupir lasse.

— Laquelle ?

— Des Rafaleurs, en un nombre assez élevé seraient chez les Invisibles, quoique, même un petit nombre peut créer de telles bourrasques. Les talents élémentaires sont des dons puissants et imprévisibles, répondit Ama d’une voix tendue.

En effet, si l’on cherchait bien, quelques Rafaleurs pouvaient user de leur talent pour créer cette sorte de tempête, mais cela voulait dire qu’ils n’étaient pas loin du Terrier, Ama aurait voulu vérifier, mais sortir n’était guère une bonne idée. Elle n’était pas bien épaisse et tenait à garder les pieds sur terre.

L’Hypnotiseuse fut tirée de ses pensées par l’arrivée de Léo, Silver et Lise.

Le premier ayant des cheveux d’un violet pourpre ravissant.

— Tu as fait quoi aux jumeaux pour mériter ça ? lui demanda Ginny un sourire amusé aux lèvres.

— Rien, répondit-il boudeur.

— Il a voulu faire une coloration aux jumeaux, manque de chance ils ont inversés les bouteilles ! le coupa Lise en riant.

Ama s’aperçu soudainement des changements de Lise, elle était plus grande, plus aminci, ses cheveux roux reflétaient des flammes lorsqu’ils ondulaient, les traits de son visage s’étaient affinés, démontrant qu’elle avait bien grandi depuis la dernière fois qu’Ama l’avait vu.

Depuis l’arrivée de Kalea, Amadeo et Angel, Ama avait surtout passé du temps avec eux et délaissé les autres, ce qui créait des mécontentements chez certains d’après Ginny. L’Hypnotiseuse dû admettre ne pas y avoir trop penser, elle était toujours plongée dans sa problématique de sa personnalité du passé et celle qu’elle avait actuellement, elle n’avait point osé en parlant, trouvant cela égoïste de parler de ça alors que la mort planait sur la tête. Elle gardait donc le silence.

— Le passé revient lorsque le futur n’est plus à la hauteur du présent.

Ama sentit son cœur s’affoler à l’entente de cette phrase.

— Vous avez entendu ? demanda-t-elle le regard paniqué à Ginny, Lise, Léo et Silver.

— Entendu quoi ? demanda Silver intriguée.

— La voix !

Ses amis échangèrent un regard confus, ils semblaient hésités en la prendre par pitié ou folle.

— Tu dois être fatiguée, les seuls bruits qu’il y a sont ceux du vent, fit alors Lise d’une voix douce.

Ama ne répondit rien, penaude, elle n’avait pas imaginé ce murmure, ça elle en était persuadée, mais comment le prouver alors qu’elle était seule à entendre ? Pourquoi les choses étranges n’arrivaient-elles toujours qu’à elle ? Elle ne pouvait pas avoir une journée de répit ?

Et puis, qu’est-ce que cette phrase voulait dire ? « Le passé revient lorsque le futur n’est plus à la hauteur du présent ». Qu’Ama était-elle censée comprendre ? D’ordinaire elle serait allée voir Firenze, mais c’était impossible… Comment pouvait-elle le joindre ? Les lettres étaient consultées, si elle mettait des phrases comme telles la lettre n’arriverait jamais à destination.

— Ama ? Allo la Terre appelle Ama ! fit alors Léo, passant une main devant les yeux de sa sœur de cœur.

— Je suis là, je suis là, je réfléchissais juste. Bref, vous avez des nouvelles d’Ace et Amadeo ? demanda alors Ama.

Ces deux derniers étaient partis tôt le matin, avant que la tempête ne se déclare, Ama ne connaissait point leur destination, mais Ace avait dit que c’était important. L’Hypnotiseuse lui accordait une confiance aveugle, alors elle le laissait faire.

Par chance, à peine cette pensée eut-elle effleurée son esprit qu’un faisceau de lumière illumina la pièce et Ace et Amadeo arrivèrent. Le premier la mèche plaquée sur le crâne, dévoilant un œil bleu électrique et un autre blanc marqué d’une cicatrice d’une légère rougeur, le second les cheveux en bataille, le regard agrandis pour une quelconque raison.

— Jamais je n’aurai cru dire ça mais, les centaures ne sont peut-être pas aussi intelligents qu’on ne le prétend, déclara Ace en remettant sa mèche devant son œil aveugle.

— Pourquoi donc ? demanda Ginny, sur la défensive.

— Cela fait plusieurs fois que nous essayons de leur faire comprendre que nous aurons besoin d’eux, ils disent que c’est notre problème et non le leur, en parlant de cette guerre, répondit-il.

— Honnêtement ces canassons n’ont pas d’estime autre que la leur ! s’écria Amadeo.

Ama n’eut pas le courage de le rabrouer, Amadeo était quelqu’un de réaliste et franc, rien ne pouvait le faire changer d’avis.

— Donc, on va avoir besoin d’aide pour les amadouer, moi je ne peux plus retourner là-bas, ni Amadeo, on est adulte et ils peuvent nous tuer, mais si ce sont des « poulains » qui viennent, ils leur laisseront la vie sauves, souffla Ace, lâchant tout d’une traite.

Ama hocha la tête et n’hésita pas une seconde à se porter volontaire, techniquement elle n’était pas adulte et mourrait d’envie de passer à l’action.

— Je viens avec Ama ! Comme au bon vieux temps ! cria Lise manquant de s’étaler par terre tant elle y mettait de l’entrain.

Après un coup d’œil furtif, Amadeo et Ace acquiescèrent, aucun des deux n’avaient l’air ravis de l’initiative, mais ils savaient que c’était un « mal » pour un bien. Même si désormais… La ligne entre les deux était devenue presque invisible et mince, assez pour qu’Ama ne cherche plus à défendre son point de vue comme quoi il n’y avait ni un côté mal, ni un côté bien, à présent les deux côtés se reliaient à la perfection.

Chapitre XVIII :

Il n’y avait plus de tempête, ni de violentes bourrasques, seule la légère brise du crépuscule daignait démontrée sa présence jusqu’au bout. Bercée par la clarté du soleil, embrassant l’horizon, colorant le ciel de teintes vives telles que l’orange ou le rose. Le ciel était une agréable vue, assez pour qu’Ama soit sortie et assise sur le clôture encadrant le Terrier pour regarder le soleil se coucher, qu’est-ce qu’elle aimait contempler le ciel, sous toutes ses formes, il dégageait toujours une aura de bienveillance et un air de liberté, le vent soulevant dans les cheveux de l’Hypnotiseuse témoignait que la liberté était encore existante, sûrement par ce que c’était un vent doux, qui ne semblait apporter aucun mauvais présage.

L’Hypnotiseuse contemplait donc ce ciel si inspirant pour elle, en pensant aux aventures, aux conversations et aux choix qu’elle devrait faire le lendemain. Elle allait, avec Lise, voir les centaures, ils avaient préférés attendre une petite semaine pour que les centaures ne se calment, il valait mieux éviter d’énerver les centaures deux jours d’affilés, ou dans la même journée.

Ama resta là un long moment, son regard dérivant toujours vers le ciel qui s’assombrissait peu à peu, les teintes vives laissant place aux étoiles, la brise légère se refroidissant et ramenant Ama à la brute réalité, sentant ses membres se refroidirent elle se leva et retourna dans le Terrier, lançant un dernier regard plein d’espoir au ciel.

Une fois à l’intérieur, elle croisa Molly qui lui dit d’aller à la cuisine, pour manger comme tous les soirs. Comme tous les soirs la pièce mélangeait joie et silence, les jumeaux parlant d’un ton enjoué avec Kalea et Lise, ce qui rassurait Ama si elle oubliait les regards noirs qu’Amadeo et Fred échangeaient, tandis que Ginny restait d’humeur maussade avec Amadeo justement et Silver.

Instinctivement l’Hypnotiseuse alla s’asseoir aux côtés de Silver et Ginny, toutes deux gardant un visage impassible, Silver semblait murmurait des choses à une voix si basse qu’Ama n’entendit pas, tandis que Ginny semblait réfléchir à des choses complexes étant donné son regard planant dans le vide.

— Vous êtes en train de chercher comment tuer quelqu’un là ou quoi ? leur demanda-t-elle finalement.

Ses paroles semblèrent ramener Ginny et Silver à la réalité, la première cligna des yeux plusieurs fois tandis que la seconde sursauta sur sa chaise.

— N’importe quoi ! On était en train de réfléchir à demain, on imaginait ce que l’on pourrait faire les centaures refusaient notre alliance, et si, dans la pire des cas, ils s’allient au camp adverse, répondit Silver d’un ton sérieux.

Ama hocha la tête, songeuse, elle n’y avait en aucun cas pensait, trop occupée à réfléchir aux paroles qu’elle ne devrait pas dire aux centaures, par peur de les brusquer.

Ama ne pipa pas un mot du repas, elle ignorait un peu, elle devait l’avouer, ses amis depuis qu’elle avait entendue cette voix, sans savoir pourquoi elle refusait de les mêler à ses pensées farfelues et préférait se débrouiller seule que de les impliquer là-dedans, c’était sûrement son pire défaut.

Lorsque vint l’heure de se coucher, Ama laissa son lit à Kalea et partagea l’ancienne chambre de Charlie, un fan absolu de dragons vu toutes ses figurines, avec Lise, elles avaient décidés de réfléchir un peu au lendemain.

— Il faut qu’on parle poliment, et qu’on évite de s’enflammer, commença Ama un doigt accusateur pointé sur Lise, elle la connaissait.

— Promis je ne mettrais pas le feu à la forêt ! répondit Lise en levant les mains en signe d’apaisement.

Ama hocha la tête et baissa son doigt, effectivement, les centaures vivaient tous dans la Forêt Interdite, un élément fortement déconseillé aux Pyrokinésiste, mais il fallait passer outre cette règle pour conserver l’espoir.

Finalement, elles n’avaient pas plus parlé que ça et s’étaient couchées, toutes deux épuisées sans aucune raison valable. Mais Ama prit du temps à s’endormir, la nuit était un moment qu’elle haïssait autant qu’elle aimait. Elle aimait la nuit pour les étoiles, le calme et l’apaisement que cela lui procurait, mais elle la haïssait à cause de tous ses tourments qui revenaient dans son esprit aussi violents que les vagues déferlantes sur la plage.

Cette petite voix, que pouvait-elle bien signifier ? Ces sortes de « prophéties » qu’elle avait eu à Poudlard étaient-elles toujours d’actualité ? Devait-elle faire en sorte qu’Amadeo et Fred cessent d’échanger des regards noirs ? Devait-elle partir à la recherche de sa mère ?

Sa mère… Comment allait-elle ? Était-elle encore en vie ? Si elle était blessée ? Maintenant qu’Ama y pensait, elle se rendait compte qu’elle s’était montrée ingrate, était-ce donc cela qu’Ace faisait avec Ashley et Léo ? Ils cherchaient Caeta ? C’était une possibilité, mais était-ce la vérité pour autant ?

Ama n’eut pas la réponse à ses questions, elle était tombée dans les bras de Morphée, ne cherchant pas plus loin.

Le lendemain elle fut réveillée par un doux rayon de soleil filtrant à travers la fenêtre. Le soleil était déjà levé, elle devrait l’être depuis longtemps aussi, elle se leva d’un bond et alla se vêtir de vêtements sombres, lorsqu’elle revint dans la chambre elle dû se faire une tresse pour camoufler au maximum ses longs cheveux blancs, une fois cela fait, elle descendit pour rejoindre Lise qui était en train de parier avec les jumeaux, l’Hypnotiseuse préféra ne pas demander la cause de leur pari et attendit que Lise la remarque pour sortir un cristal de sauf vert comme l’émeraude qu’Ace lui avait donné la veille.

La jeune fille rousse, qui avait également eut l’idée de s’habiller en noir, s’approcha d’Ama et lui prit la main, ce qui arracha un sourire attendri, mais ce dernier disparu lorsqu’elle vit Amadeo et Fred parlaient, il y avait énormément de chance que quand elles reviennent l’un des deux aient un œil au beurre noir, ou dans le meilleur des cas, ils se battraient oralement. Ne voulant guère assister à cela elle leva son cristal de saut et elles sautèrent pour cette Forêt Interdite où les centaures vivaient.

Elles arrivèrent dans un sombre, très sombre forêt, même le soleil ne filtrait pas à travers les épais feuillages des grands arbres aux troncs noueux. Soudainement aux aguets, les deux anciennes membres du Cygne Noir commencèrent à marcher d’un pas discret et vif, prêtes à se défendre en cas de besoin elles assuraient leurs appuis.

Mais, alors qu’elles avançaient dans l’obscurité de la forêt, leurs yeux s’accommodant peu à peu au noir, elles virent une silhouette étendue sur le sol, une carrure assez grande et puissante comme celles d’un étalon, mais ce n’en était pas un. Lorsqu’elles furent près de la masse, Ama sentit comme une pierre tombait au creux de son estomac tandis que Lise se détournait, les yeux exorbités de frayeur et de surprise.

Chapitre XIX :

L’Hypnotiseuse se sentit chanceler avant que ses jambes ne se dérobent sous elle, près de la masse gisante dans la terre et la poussière, comment était-ce possible ? Ama ne pouvait pas y croire, pourtant c’était le cas. Elle tourna alors son regard, brouillé par des larmes de rage, vers le torse du centaure défunt, une flèche plantée dans le cœur, il n’avait pas eu le temps de souffrir. Ses yeux remontèrent jusqu’aux yeux de son ancien professeur de divination, mais également un excellent conseiller. Firenze, il semblait si paisible ainsi, ses cheveux blond platine, presque blancs épars autour de sa tête, ses yeux bleu d’u bleu autrefois perçant ouvert et vitreux.

Lise s’en approcha et passa une main sur les yeux de Firenze pour les fermer, qu’il repose réellement. Les deux filles se contemplèrent un instant en silence, Lise le regard effaré et peiné, Ama ses yeux bleu rayonnant d’une colère amplifiée par ses larmes qu’elle sécha d’un revers de la main. Alors qu’elle fermait les yeux, pour se calmer, elle sentit une masse s’abattre sur elle et entendit un sifflement passé au-dessus d’elle.

Lorsqu’elle se redressa sur les coudes, Lise était affalée sur elle, elle porta son regard vers l’endroit où elle se trouvait avant et pu remarquer une flèche plantée dans un arbre juste derrière.

— Vous n’avez pas le droit d’être ici ! cria alors une voix claironnante et assurée.

Ama et Lise se relevèrent d’un bond, elles se rapprochèrent au maximum, leurs épaules se frôlant, elles refusaient de se retrouver séparer maintenant qu’elle voyait la horde de centaures devant elles.

Celui qui avait parlé était un centaure à la robe noire, aux cheveux gris et long et aux yeux jaune perçant. Le regard de l’Hypnotiseuse croisa celui du centaure et elle sentit aussitôt l’animosité qu’il éprouvait pour elle, son regard qui aurait put être aussi chaleureux que le soleil se révélait être aussi froid que la nuit.

— N’avez-vous pas assez tué des nôtres ? S’écria-t-il en s’approcha à un mètre des deux elfes.

— De quoi parlez-vous ? articula Ama à grande peine, les mots semblaient vouloir rester coincés dans sa gorge.

— Vous avez déjà tué Bane ! Et maintenant Firenze ! hurla une voix dans la horde de centaure.

— Firenze était un traitre, il n’a que ce qu’il mérite ! contra une seconde voix.

S’ensuivit un brouhaha incroyable, personne n’était d’accord, certains défendaient Firenze et pleuraient sa mort, tandis que d’autres jugeaient cette mort comme méritée, même le centaure aux yeux jaune perçant parut fatigué de ça, assez pour que l’animosité s’évade de son regard lorsqu’il tourna la tête vers Ama et Lise.

— Si vous nous dites pourquoi vous tuez des centaures, nous vous laisseront la vie sauve, avec des séquelles, mais nous vous laisseront la vie, dit-il d’une voix assez forte pour que les elfes entendent par-dessus le brouhaha.

— Nous n’avons jamais tué personne, encore moins un centaure ! répondit Lise d’une voix fébrile.

— Je vous ai vu près du cadavre. Laissez-moi deviner, vous tuez les nôtres pour qu’on s’allie à vous ? demanda le centaure. Cela fait une semaine que nous retrouvons des morts. Pile quand nous avons refusé l’alliance.

— C’est justement pour ça que nous sommes là, pour l’alliance. Réfléchissez un instant, croyez-vous vraiment qu’on tuerait pour que vous soyez avec nous ? Nous ne sommes pas les Mangemorts et Invisibles, rétorqua Ama d’un ton cinglant.

— J’admets que vous marquez un point, alors, je me dois de vous écouter.

— Pour commencer. Firenze n’était pas un traitre ! Vous allez me dire qu’il a aidé des humains, je le sais, mais ce n’est pas une trahison, c’est de la bonté, chose que vous ne semblez pas possédé ! commença-t-elle les poings serrés. Ensuite, vous devriez vraiment nous rejoindre dans cette guerre.

— Pourquoi donc ? Nous sommes en paix dans la forêt, répondit le centaure en croisant les bras sur son torse, son regard jaune toisant Ama et Lise.

Ama le regarda d’abord bouche-bée avant d’exploser d’un rire froid et sans joie. En paix ? Il allait dire qu’ils étaient en sécurité après c’est cela ? Les centaures n’étaient-ils pas censés mieux comprendre que les humains ? Pourtant ceux-là paraissaient stupides.

— En paix ! Mais oui je vois ça en retrouvant un cadavre ! répondit-elle prise d’un fou rire.

— Vous ne serez ni en paix, ni en sécurité nulle part, commenta Lise d’un ton neutre.

— Vous mentez ! contra le centaure d’un ton impérieux.

Ama cessa subitement de rire, il n’y avait plus aucun bruit mis à part le martellement de sabots du centaure en face d’elle, les autres avaient finis de débattre et écouter à présent avec la plus grande attention. Ama reprit alors d’une voix claire et forte, s’adressant à tous les centaures.

— Vous croyez être en paix ? Ce n’est qu’une question de temps avant que la Forêt Interdite ne soit attaquée ! Dumbledore vous a promis de vous laissez en paix, maintenant qu’il est mort la tâche sera ardue ! Voulez-vous vraiment le déshonorer ? Déshonorer la bonté qu’il a eu envers vous ?

— Ce n’est pas parce qu’on ne…

Ama coupa le centaure aux yeux jaunes d’un regard noir.

— Il a eu la bonté de vous offrir un endroit où vous seriez en sécurité, mais si vous vous ne battez pas vous ne témoignez aucune reconnaissance, vous passerez pour des lâches et des faibles en plus !

Ama avait touché un point sensible, c’était une bonne affaire. Elle sentit la tension grimpait et l’envie de se battre grimper en flèche. L’Hypnotiseuse eut un petit sourire avant de ne reprendre son sérieux.

— Vous battre prouverai que vous êtes courageux et que vous avez de la reconnaissance, ajouta Lise.

— On n’est pas des faibles ! hurla alors une voix.

— Et on est assez bon pour être reconnaissant ! renchérit une autre.

Cette fois-ci, ce fut un martellement de sabots et des cris déchainés qui animèrent le troupeau. Ama eu un grand sourire et se tourna vers le centaure.

— Nommez-moi Trix, dit-il avec un signe de tête respectueux. Ho, je sais qui vous êtes, ajouta-t-il coupant Ama et Lise dans leurs élans.

— Ah oui ? demanda Lise surprise.

— Oui, nous serons des vôtres, répondit-il.

Ama ne posa pas plus de questions et s’inclina avec un infime respect devant Trix, bientôt imitée par Lise. Les deux filles échangèrent un sourire glorieux.

— Je vais vous raccompagner à l’orée de la forêt, reprit-il.

Les elfes hochèrent la tête et suivirent Trix, en s’approchant de la lumière et de Poudlard, elles échangèrent un regard qui voulait tout dire. Lise sortit alors de sa poche un petit cube noir, un obscurateur.

— Lise, tu es la meilleure ! fit Ama d’un ton enjoué.

— Je suis outrée que tu ne le remarques que maintenant, répondit son amie en soulevant ses cheveux roux avec un air arrogant malgré les rougissements qu’Ama percevait distinctement sur ses joues.

Chapitre XX :

Ama et Lise n’étaient guère d’humeur à rentrer immédiatement au Terrier, le soleil était à son zénith, elles avaient encore du temps. Une fois que Trix fut parti, Lise mit en marche l’obscurateur et Ama et elle commencèrent à marcher en direction de Poudlard, cet endroit qu’elle avait considéré comme son foyer.

Mais le beau Poudlard n’était plus, d’ordinaire des sorciers volaient sur leurs balais, mais le ciel était vide, les tours semblaient sombres, tristes, ce qui n’était absolument pas normal. Les elfes échangèrent un regard et pressèrent le pas, une fois à l’intérieur de Poudlard, elles purent constater les différences.

Les couloirs étaient très peu éclairés, des rideaux avaient été mis devant les fenêtres, seule la lumière de certains chandeliers éclairait l’endroit. Les personnes se trouvant dans les tableaux avaient des mines tristes, déçues, dépressives même, plus elles avançaient, plus les filles se demandaient ce qui avait pu se passer. Ama, qui refusait de perdre espoir, prit la direction de la salle commune de Gryffondor, une fois devant le portrait de la Grosse Dame, elle sortit du périmètre de l’obscurateur.

— Je…

— Mot de passe, la coupa la Grosse Dame.

— Enfin, vous voyez bien que je ne suis pas une élève ! s’écria Ama.

— Ni une Serpentard par ailleurs.

— Quel est le rapport ?

— La salle commune de Gryffondor a été déplacée, désormais elle est aux cachots, répondit la Grosse Dame dans un soupir de désarroi.

Ama ne réfléchit pas un instant de plus et fit demi-tour, elle percuta Lise sans la voir et ne prit pas le temps de se replonger dans le périmètre de l’obscurateur. Gryffondor, déplacé, cachots, c’était tout ce qu’elle retenait. Qu’en était-il advenu d’eux ? Neville allait-il bien ? Et Lavande ? Et Luna ? Aucun des trois n’avaient donnés nouvelle, pourtant Ama avait échangé des lettres avec Lavande pendant les vacances, mais depuis la rentrée c’était le néant. Prise de panique elle accéléra sa course, entendant des pas précipités derrière elle, elle en déduit que Lise la suivait.

Alors qu’elle continuait de courir, elle eut l’immense malheur de percuter quelqu’un, perdant son équilibre elle tomba au sol avec la personne percutée. Se relevant à grande vitesse, elle s’excusa et tendit une main pour aider la personne, mais lorsqu’elle la reconnut elle regretta son geste.

Pansy Parkinson.

Elle était encore là, avec ses cheveux coupés au carré, son regard froid et hautain, sa tenue de Serpentard, elle se releva et toisa Ama d’un regard noir avant de la reconnaitre.

— Toi, tu vas avoir de grands ennuis, siffla-t-elle en sortant soudainement sa baguette.

— Tu n’as pas le droit dans l’enceinte de l’école ! rabroua Ama.

— Le règlement a changé, les Serpentard ont le tout pouvoir, tandis que toi, tu n’as rien, alors qu’est-ce que je vais utiliser comme sortilège sur toi…

— Absolument rien ! la coupa Ama en la percutant d’un coup d’épaule pour reprendre sa course.

Elle n’avait pas le temps de se disputer avec Pansy, ni de lui donner une leçon, elle courait donc, ses poumons commençant à hurler au mal, il faudrait qu’elle se décide à demander un élixir à Médoc un jour, ce n’était pas normal que ses poumons la compriment de l’intérieur, comme s’ils brûlaient, ils enflammaient sa respiration.

Ama, après avoir dévalé beaucoup d’escaliers, arriva aux cachots, alors qu’elle s’approchait à pas feutrés, elle entendit des murmures. Elle s’approcha et reconnut la douce voix de Luna, la voix fébrile de Neville, et une dernière qu’elle ne reconnut pas, une voix mélangeant sifflement de serpent et chant de sirène, Ama fut emportée par la curiosité et la hâte de retrouver ses amis et s’avança près d’eux, dévoilant sa présence.

Son cœur ne fit qu’un bond lorsqu’elle à qui appartenait la troisième voix, une jeune Serpentard se trouvait là, deux yeux vert persil, des cheveux châtains et ondulaient et une cape de sorcière ornée de l’écusson du Serpent.

— Ama ! Que fais-tu là ? demanda Luna avec innocence.

— Je passais dans le coin, mentit Ama.

Elle ne dirait rien en présence de la Serpentard.

— Ho, voici Arwen, une amie et alliée, elle est très utile, expliqua Neville en voyant le regard suspicieux de l’Hypnotiseuse.

— Enchantée, répondit Arwen avec un léger signe de tête qu’Ama lui rendit.

— Une Serpentard ? demanda-t-elle tout de même, malgré qu’elle soit contre les préjugés.

— Je suis avec vous, crois-le ou non, mais je déteste cette année, les Serpentard sont encore plus haïs, nous avons tous les droits, je déteste ça. Pour avoir ces droits, je veux les gagner à la loyale, déclara-t-elle d’une voix ferme.

Ama se laissa convaincre, peut-être était-ce naïf et idiot, mais elle interpella Lise, qui se dévoila à son tour, et la présenta aux trois sorciers. Une fois qu’ils furent tous sûrs de se faire « confiance » (c’était un grand mot), Ama leur fit le récit de sa découverte sur Firenze et de sa discussion avec les centaures.

Pendant tout le long ils restèrent silencieux et attentifs, ce fut seulement lorsqu’elle eut fini qu’Arwen poussa des jurons très peu polis, Neville serra les poings et Luna fixait le sol, comme si elle se fichait de ce qu’Ama racontait.

— Donc si j’ai bien compris, la mauvaise nouvelle c’est que Firenze est mort, la bonne c’est qu’on peut compter sur le soutien des centaures lors de la guerre ? récapitula Arwen.

— Exactement, les alliances comment à être parfaites, il ne reste plus que les elfes et les sorciers de Poudlard ! répondit Lise.

— Cela risque d’être plus compliqué que prévu, les élèves ne peuvent plus parler aux professeurs à moins d’avoir prévenu Rogue du sujet abordé vingt-quatre heures au préalable, expliqua Luna ses yeux bleus rivés sur Lise.

— Ombrage est de retour ou comment ça se passe ? demanda Ama avec ironie.

— Elle travaille au Ministère, mais maintenant que Rogue a le plein pouvoir il en abuse, comme vous avez sûrement pu le constater, répliqua Neville.

— Oui, oui. Mis à part ces nouvelles règles, que s’est-il passé ? demanda Ama.

— Nous nous sommes faits attaqués dans le Poudlard Expresse, l’envoie de courrier est interdit et on vit notre pire année à Poudlard, expliqua Arwen en bref.

— Bon sang, ça va être compliqué, gémit Ama.

— Surtout pour vous ! pesta une voix perfide à l’autre bout des cachots.

Chapitre XXI :

L’Hypnotiseuse trouva, par on ne sait quel miracle, la force de se retourner, instinctivement elle prit Lise par le bras et la mit derrière elle. Elle n’avait strictement rien à voir avec Poudlard, ni les problèmes d’Ama, il était donc hors de question qu’elle encaisse avec elle.

Devant elle, Rogue se tenait droit, ses cheveux noirs tombant en rideaux autour de son visage, ses petits yeux noirs fixés sur elle, un sourire mauvais au visage. Il semblait bien plus heureux qu’il ne l’avait jamais montré, bien sûr, maintenant qu’il avait tué Dumbledore. A côté de lui se trouvait Pansy, affichant un sourire carnassier elle passa sa main dans ses cheveux avec un air satisfait.

Ama cru que ce serait tout, quand Elyssa arriva.

— Toujours dans nos pattes, je te manque tant que ça ? susurra-t-elle.

— Rêve toujours.

En réalité Ama aurait tant aimé pour répondre que oui elle lui manquait, elle regrettait ces années de complicité, d’aveux, de joie, des bons moments partagés, de délires fous, de grimaces derrière le dos de Mr. Forkle. Tout lui manquait, elle voulait retrouver son amie, cette Elyssa si douce qu’elle avait côtoyer, qu’elle avait aimée, elle voudrait la retrouver, mais la douce Eclipseuse avait disparue pour laisser place à un trou vide à la place du cœur.

L’Hypnotiseuse secoua la tête, empêchant des larmes de dévaler ses joues, elle ne pouvait pas se montrer faible, pas maintenant, pas alors qu’elle devait se battre contre ses émotions négatives chaque jour depuis son entrée au sein du Cygne Noir, Mr. Forkle avait dis qu’il n’y avait pas de place aux sentiments chez eux, Ama avait donc dû se renfermer, il en allait de même pour Silver, elles parvenaient tout juste à passer du bon temps lors de leurs semaines de repos.

A bien y réfléchir, Ama ne savait pas quel était le pire, être avec Elyssa mais cacher ses émotions ou perdre Elyssa et pouvoir être elle-même.

Elle-même, c’était un bien grand therme. Comment pouvait-elle être elle-même si elle ne savait même pas qui elle était ? Une elfe, une sœur, une amie, une petite-amie, une fille. Mais tout cela n’était que de vulgaires noms qu’on pouvait lui donner à tout va ! Qui était-elle réellement ? Elle croyait le savoir, mais depuis qu’elle se souvenait de son passé avec sa famille, elle était perdue, elle se perdait aux tréfonds de son esprit, de son cœur, seule son âme lui refusait l’entrée.

— Tsss, toujours aussi lunatique, siffla alors Elyssa ramenant Ama à la brute réalité.

L’Hypnotiseuse serra les poings et tenta, en vain, de lancer un regard noir à l’Eclipseuse, mais elle n’y parvenait pas, elle croyait pouvoir la haïr, mais non, elle n’y parvenait pas, elle ne pouvait pas tout simplement, c’était incompatible avec la puissante amitié qu’elle lui avait un jour accordé. Ama posa alors une question, une seule, refusant de croire qu’Elyssa avait changé de camps car Lady Gisela lui promettait un meilleur avenir.

— Pourquoi es-tu devenue comme ça ? Dis la vérité cette fois-ci.

— Je te l’ai déjà dit, le pouvoir, la puissance, la reconnaissance, c’est tout, répondit Elyssa en claquant sa langue sur son palais.

Ama n’y croyait pas, elle avait peut-être était naïve, mais elle connaissait Elyssa, du moins assez pour savoir que cette fois-ci elle mentait vraiment, elle refusait de croire que son cœur avait été assez faible pour se laisser entrainer dans une histoire de puissance.

Elle refusait de voir toutes ces années s’écroulaient, de voir ses souvenirs s’effaçaient, de voir son amitié disparaitre. Elle refusait tout ça !

— Tu mens, mais je ferais comme si tu disais la vérité. Je suis navrée pour toi que tu ai oubliée aussi vite, répondit-elle finalement, ravalant sa rage.

— Cela suffit ! rugit Rogue.

Ama se souvint soudainement qu’elle était entourée, elle avait totalement oublié la présence de Rogue, Pansy, Lise, Luna, Neville et Arwen.

— Vous allez avoir de graves problèmes, reprit-il d’une voix doucereuse.

— Non je ne crois pas, rétorqua Lise.

Et avant qu’Ama n’ait eu le temps d’esquisser un mouvement, Lise allumait deux boules de feu dans ses mains et les lancer au sol pour créer un nuage de fumé avec quelques étincelles, Lise attrapa le cristal de saut qui était dans la boucle de ceinture d’Ama et la mit à la lumière des étincelles pour créer un faisceau de lumière où elle tira Ama.

Totalement prise au dépourvue Ama eut tout juste le temps de se protéger, mais elle n’avait aucun équilibre, alors lorsqu’elles arrivèrent au Terrier elle eut la chance de s’étaler au sol, les yeux écarquillés par la stupeur. Elle se redressa et se mit sur les genoux, sans se lever pour autant, elle n’en avait pas le courage.

— Merci, d’avoir été aussi rapide, souffla-t-elle à Lise qui s’agenouilla à ses côtés.

— Je t’en prie, ça va ? demanda Lise d’une voix douce.

Ama répondit par un vague hochement de tête négatif, l’espace d’un instant les rôles s’inversèrent. Lise posa une main apaisante sur l’épaule d’Ama qui réfléchissait à toute allure, lorsqu’elles étaient au Cygne Noir c’était l’inverse. L’Hypnotiseuse s’occupait de Lise, prenait soin d’elle et faisait en sorte qu’elle ait toujours une petite douceur même lorsque Mr. Forkle leur défendait d’en manger. Elle s’était toujours assurée que ses entrainements se déroulent sans accroc, prenait garde à son talent malgré sa réticence envers les flammes. Voir que les rôles s’inversaient aujourd’hui, durant un court instant, Ama se sentit plus légère, savoir qu’on pouvait s’occuper d’elle la soulageait.

Elle lâcha un soupir et remercia Lise d’un regard avant de se lever. Lise l’imita, mais aucune des deux ne retournèrent à l’intérieur, elles fixaient le soleil qui commençait à déclinait à l’horizon, emportant la chaleur avec lui pour laisser place au froid, emportant la lumière pour laisser place à l’obscurité, emportant immense espoir pour laisser place aux petits espoirs de ceux qui y croyaient jour et nuit.

Finalement, Ama aimait bien le cycle du jour et de la nuit, lorsque la journée disparaissait, la nuit savait la remplacer en gardant le réconfort. Combien de personnes se sentaient-elles délivrées la nuit ? Combien de personnes étaient libérées de leurs faux sourires ? Combien ressassaient leurs problèmes ?

Malgré elle, Ama ne parvint pas à retirer une idée de sa tête. Elle était comme ces personnes, elle faisait partie de ce cercle vicieux, elle mentait le jour en disant que tout allait bien et qu’elle n’avait pas de problèmes alors qu’elle voudrait parler et comprendre, et la nuit elle se souvenait du passé et de ses tourments.

L’évidence se rendit alors à elle, pour trouver qui elle était réellement, elle devait commencer par accepter d’être aidé.

Chapitre XXII :

La neige tombait, le mois de Décembre venait tout juste de commencer, pourtant la neige tombait déjà. Recouvrant le sol d’une douce poudreuse blanche dans laquelle Ama aurait tant aimée jouer en compagnie des jumeaux, Ginny, Lise, Silver et sa famille. Mais elle avait dû se priver de ce plaisir, tout le monde jouait dans la neige, sauf elle.

Pourquoi donc ? Elle était dévastée et perdue, son unique vrai conseiller, Firenze, était mot plus d’un mois auparavant, depuis elle ne cessait de se repasser leurs discussions en tête. Lui qui avait été si bon avec elle, elle n’avait même pas pu le remercier qu’il avait expiré. Elle se posait des questions, et si les Invisibles et Mangemorts l’avaient tué parce qu’il l’avait aidé ? Avec Elyssa et Lady Gisela qui la haïssaient, sans compter que certains devaient compter la mort d’Erso sur son dos.

Erso, un homme plein de mystères qui avait fait l’enfance d’Ama un enfer. Il lui mettait la pression, disant qu’elle devait maintenir l’honneur des Everdinia, montrer qu’ils étaient plus fort que les autres, chose qui avait bien failli rendre malade Ama et son frère qui subissait également cette pression. Mais pourquoi parler de cet honneur ? Ama ne savait même plus si elle était réellement une Everdinia ou non, maintenant qu’elle avait appris la vérité sur ses gènes, comment pouvait-elle être sûre de la moindre chose qui la reliait à sa famille ?

L’Hypnotiseuse soupira et s’affala sur son lit, pourquoi était-ce si compliqué d’obtenir des réponses à ses questions ? Elle savait bien que la vie n’était pas facile, mais au point de ne pas donner de réponses…

Soudain, la porte s’ouvrit et laissa place à un rouquin aux cheveux roux flamboyants humidiés par la neige, ses cheveux s’étalant sur son front, ses vêtements magenta blanchis par la neige, Fred s’approcha d’Ama et s’accroupit devant elle, incitant Ama à se redresser.

— La neige elle est dehors, pas ici, dit-elle simplement maussade.

Ils s’éloignaient, Ama le savait, elle se montrait renfermée, tandis que lui cherchait des solutions aux problèmes des sorciers qui étaient presque déprimés. Mais l’Hypnotiseuse ne pouvait s’en empêcher, elle ne voulait pas le tourmenter, ni lui ni personne, elle savait qu’elle devait oser demander de l’aide, mais elle n’y arrivait pas, elle était habituée à aider, pas à être aider.

— La neige est dehors, mais ma petite-amie est ici. Et il est vraiment temps qu’on parle, répondit Fred en se redressant pour s’asseoir à côté d’Ama cette fois-ci.

— Tu veux parler de quoi ? De la pluie et du beau temps ? tenta Ama pour esquiver le sujet. Ou encore d’Amadeo ? Angel ? Kalea ?

— Ama. Tu sais parfaitement de quoi je veux parler, l’interrompit Fred en plantant ses beaux yeux brun dans ceux bleu d’Ama.

— Oui, je sais, de mon comportement, ma froideur, allez, poser les tes questions, soupira Ama, vaincue.

— Tout simplement : Pourquoi ?

— Pourquoi ? Je n’en peux plus, je suis à bout. Je ne comprends plus à rien à ce qu’on me raconte, le seul qui pouvait vraiment m’éclairer sur ce que je vois est mort, mes frères ne me racontent rien, vous non plus, mais je l’ai peut-être cherchée. Je commence vraiment à comprendre que la limite entre le « mal et le bien » est aussi infime que la limite entre la jalousie et la possessivité, la vie et la mort, la confiance et la méfiance, lâcha Ama.

Elle n’avait pas tout dis, mais son cœur sembla s’alléger, ses poumons à desserrer leur étreinte pour lui permettre de respirer, cela devrait être le contraire, elle devait avoir la respiration coupée en attendant la réponse de Fred, mais pourtant c’était le total contraire, elle se sentait apaisée.

— Tu nous en veux encore de t’avoir caché le plan ? s’étonna Fred, ce qui arracha un pincement au cœur d’Ama.

— Je crois. Je pensais que Ginny et moi étions dignes de confiance, mais si vous avez voulu cacher un simple plan, où va-t-on ?

— Nulle part. Mais, il est temps que je t’explique, on vous connait, si on vous aurait parlé du plan vous auriez, soit chercher mieux, soit risquer vos vies pour celle d’Harry, et ça c’était non, expliqua Fred d’une voix douce.

— Mais et vous ?! Fol Œil est mort et George sourd d’une oreille ! Pourquoi VOUS vous avez eu le « privilège » de risquer vos vies pour l’élu ?! cracha Ama, soudainement revigorée par un élan de colère.

— Tu crois que ça nous a fait plaisir ? Sincèrement ? Tu crois que ça me fait plaisir de voir mon jumeau comme ça ? rétorqua Fred d’un ton glaçant, malgré qu’il n’ait pas haussé la voix.

Ama se sentit immédiatement coupable, comment pouvait-elle se montrer aussi égoïste alors que Fred souffrait en silence ? Il gardait le sourire, il aidait les autres, mais au fond de lui il voulait de l’aide. Ama connaissait cette sensation.

— Tu es comme moi. Tu souris, tu dis que tout va bien, mais au fond, tu veux de l’aide, dit-elle dans un souffle.

— Peut-être, c’est d’ailleurs pour ça que je suis là, pour accomplir mon travail de meilleur petit-ami du monde et t’écouter, reprit-il adoucit un sourire complice aux lèvres.

Ama ne put s’empêcher de sourire également, elle soupira une nouvelle fois et releva le regard vers Fred, elle allait parler, elle en avait besoin.

— Mon conseiller est mort, je n’ai plus de nouvelles d’amis proches, je me montre froide, voir même égoïste, et je ne sais même plus qui je suis, dit-elle en allant droit au but.

— On ne pourra jamais remplacer Firenze, mais on est tous là, prêts à t’aider. Neville et Lune vont bien, je n’ai aucun doute là-dessus, fais leur confiance, tu n’es pas froide, tu es tourmentée, et pourquoi cherches-tu qui est ? La réponse est évidente, tu es Ama Everdinia, une elfe aussi adorable que terrifiante, répondit Fred, ne prenant même pas la peine d’argumenter tant ma sincérité se lisait dans ses yeux.

— Merci

C’était tout ce qu’elle parvenait à dire, mais c’était sûrement le merci le plus sincère qu’elle n’avait jamais dit de sa vie, Fred ne pouvait pas imaginer sa reconnaissance en cet instant !

— La vie est compliquée, dure et elle fait mal. Mais nous ne sommes jamais seuls, ajouta-t-il en prenant les mains de l’Hypnotiseuse dans les siennes.

— C’est comme ça qu’on survit. Lorsque ça fait aussi mal de respirer, lorsque ça fait aussi mal de vivre, d’aimer, d’haïr. Lorsqu’on ne sait plus différencier les bons choix des mauvais, mais c’est comme ça qu’on survit, répondit Ama.

C’était la vérité, la vie était douloureuse, mais c’était ce qui permettait à Ama de rester en vie, la douleur aurait bon la rongeait jusqu’à la moelle, elle avait toujours cet irrésistible désir de vivre, ce besoin de respirer, d’aimer, même d’haïr et de faire des choix. Elle avait besoin de tout ça pour se sentir vivante.  

— Tu penses à Elyssa en disant cela, n’est-ce pas ? demanda Fred.

— Oui… Elle me manque vraiment, avoua Ama.

— Tu ne peux changer ses choix du passé, mais tu peux essayer de changer ses choix du futur, répondit Fred en remettant une mèche de cheveux derrière l’oreille de l’Hypnotiseuse.

— Tu as raison, je vais essayer, je suis tenace, alors j’essayerai jusqu’à la fin.

Elle essayerait jusqu’à la fin de la guerre, même après, elle essayerait jusqu’à son dernier souffle, jusqu’à son dernier battement, jusqu’à qu’il ne vienne pour elle le temps d’expirer.

Dans un élan de reconnaissance, Ama enlaça Fred comme elle ne l’avait pas fait depuis bien longtemps, il lui avait tant manqué, elle ne se souvenait même de la dernière fois qu’ils avaient été seuls tous les deux.

— Je serais à tes côtés jusqu’au bout, mais pour l’instant tu vas mettre un manteau et participer à la bataille de boule de neige, répondit Fred en pressant son front glacé contre celui d’Ama, son souffle chatouillant Ama.

L’Hypnotiseuse resta un instant sans répondre, profitant de la présence de Fred, avant de laisser un sourire de reconnaissance s’étirer sur ses lèvres, un vrai, pas un faux, un sourire qui devrait être bien plus présent et qu’elle s’efforcerait d’avoir plus souvent.

— D’accord, mais je te préviens, tu vas regretter de me voir dans le camp adverse, déclara-t-elle finalement se levant d’un bond pour enfiler un manteau.

Une course poursuite commença alors, le couple courut dans la maison pour arriver dans le jardin ou tout le monde, y compris Molly, Angel, Ace et Amadeo les plus âgés, jouaient dans la neige. Ama et Fred se joignirent à eux et commença une vraie bataille de boule de neiges, souriant jusqu’aux oreilles, riant à en pleurer, ils étaient aux anges. Ils étaient en guerre, certes, mais ils profitaient de ce petit moment où l’innocence de l’enfance reprenait le dessus, ou leurs problèmes s’envolaient et où ils étaient libres.

Chapitre XXIII :

Ama avait mal à la tête, une terrible douleur lui vrillait le cerveau et semblait la vouloir faire tomber dans les vapes. Elle en souffrait tant qu’elle restait couchée au lit ou assise sur le sol, mais elle n’arrivait même plus à tenir une conversation entière avec n’importe qui sans avoir des larmes qui lui montaient aux yeux. Au moins dans sa chambre elle n’avait pas à se mordre l’intérieur de la joue pour les ravaler, c’était impossible d’avoir aussi mal au crâne ! Cela étant, on ne pouvait pas dire qu’elle tentait d’apaiser sa douleur, au contraire même, elle réfléchissait à tant de choses à la seconde qu’elle aggravait plutôt son cas. Mais ce qui était le plus étrange, à ses yeux en tout cas, c’était que ces douleurs cérébrales étaient arrivées juste après sa discussion avec Fred, comme si elle était punie d’avoir plaider de l’aide.

L’Hypnotiseuse lâcha un soupir et posa la paume de sa main sur son front qui semblait brûlant, littéralement, elle ne pouvait qu’être malade, mais de quoi ? Ama se leva en titubant et alla à la rencontre de son frère qui, par on ne sait quel hasard, passait devant sa porte.

— Tu peux appeler Médoc ? lui demanda-t-elle simplement.

Ace la regarda avec un regard inquiet, Ama avait toujours refusait que Médoc s’occupe d’elle ou de l’appeler, c’était toujours pour Silver et Lise qu’elle se laissait soigner, car elle n’aimait pas boire une centaine d’élixirs, Ace le savait bien.

— D’accord, mais à condition que…

— Je retourne me coucher, oui grand frère, le coupa Ama en pivotant pour retourner dans la chambre.

L’Hypnotiseuse se laissa tomber sur son lit, son esprit ne voulait pas se reposer donc il commença à remettre ses tourments, malgré qu’elle se sente bien plus apaisée et soulagée depuis qu’elle s’était confiée à Fred, ses pensées restaient confuses. Il avait néanmoins raison sur un point, elle était Ama Everdinia, et personne d’être, donc elle ne chercherait plus à trouver le comportement adapté. Mais ce n’était plus cela qui tournait en boucle dans sa tête, c’était Elyssa, une déferlante de souvenirs jaillissait dans son esprit, elle et Elyssa qui se plaignaient de Mr. Forkle, elles qui s’occupaient des Eckodons ou des dragons, elles qui parlaient tout simplement, sans animosité, sans rancune, seulement avec complicité et joie. Ce temps lui manquait tant.

Ama continua de se perdre dans ses doux souvenirs avec cette personne qu’elle avait autrefois considérée comme une sœur, qui la comprenait et l’écoutait, mais maintenant, Elyssa avait toutes les cartes en main pour la détruire, elle connaissait ses faiblesses…

— Alors ma chère Ama, tu as enfin compris que tu avais besoin d’un médecin ? déclara alors la voix douce et moqueuse de Médoc.

Ama s’apprêtait à affirmer ses propos, mais lorsqu’elle tourna la tête vers elle, elle fut surtout sur le point de perdre sa mâchoire sous le coup du choc. Pour la première fois Médoc ne portait pas son masque à plumes, elle était au naturelle, ses yeux bleu clair brillaient de joie et d’amusement, ses longs cheveux étaient tressés et constellés de petites pierres précieuses bleues.

— Livvy ! s’exclama Ama en reconnaissant l’épouse de Quinlin Sonden.

Ce dernier était un télépathe autrefois réputé pour son lien d’Apparenté avec Alden Vacker, mais depuis que leur lien s’était brisé il commençait à se fondre dans la masse, devant un homme sans valeur avec juste de la noblesse.

— Au moins tu connais mon vrai nom. Alors je vais pouvoir m’occuper de toi, répondit-elle en s’approchant d’Ama avant de sortir toutes sortes d’élixirs.

— Comment cela se passe-t-il dans les Cités Perdues ? demanda Ama en se laissant aller aux soins de Livvy.

— Tout le monde est à cran, Mr. Forkle finira par commettre un meurtre s’il découvre que Biana, Dex, Marella et Stina ne font pas ce qu’il demande, ils essayent de faire comprendre aux elfes que pour la paix ils vont devoir se battre, pour l’instant seuls les Sans-Talents et les Exilés veulent faire partie de la bataille.

— C’est déjà pas mal, fit remarquer Ama en songeant aux nombres d’elfes sans talents et ceux enfermés à Exil. Comment ont-ils pu aller à Exil ?

— Ils n’y sont pas allés, mais les Exilés sont au courant de tout, le Conseil leur a rendu visite et ils sont tous hurlés pour sa battre, mais surtout, ils sont tous hurlés pour se battre avec nous et contre les Invisibles, c’est ce qui m’a choqué le plus, confia Livvy.

— C’est bon pour nous, mais j’espère qu’ils ne mentent pas.

Livvy hocha la tête pensive et tendit à Ama un élixir jaune fluorescent que l’Hypnotiseuse se força à avaler, le liquide était sucré et acide à la fois, ce n’était pas la meilleure chose qu’elle ai bu dans sa vie.

— Bon, j’ai des suspicions sur ce qui t’arrive, mais j’ai besoin d’un coup de main, tu peux appeler ton frère ou n’importe qui ? demanda Livvy.

— Pas la peine, répondit Ama.

Elle se leva et tituba légèrement en s’approchant de la porte qu’elle ouvrit. En s’ouvrant la porte laissa place à Ginny, Kalea et Lise qui s’étalèrent par terre tandis que les jumeaux, Ace, Amadeo et Silver les regardèrent s’étaler en riant.

Ama sentit un drôle de frisson lui parcourir les veines, un sourire s’étira alors sur ses lèvres, sans qu’Ama n’en comprenne la cause. Elle secoua la tête et retourna s’asseoir à côté de Livvy, son sourire s’effaçant en même temps.

— Parfait, Ama j’aimerais que tu me dises ce que Ginny ressent, reprit Livvy en faisant signe à Ginny de s’approcher.

— Elle est inquiète et perdue, elle se demande pourquoi tu lui dis de faire ça et se demande si je vais bien ou si c’est grave, fit Ama alors que Ginny était encore à deux mètres d’elle.

Elle ne saurait expliquer comment elle avait su cela, mais elle l’avait sentie, l’inquiétude et l’interrogation de Ginny avaient parcourues les veines d’Ama, elle avait ressentie ce que Ginny ressentait en ce moment. Elle leva les yeux et remarqua les regards surpris qu’Amadeo, Ace et Silver tardaient sur elle, ils semblaient être les seuls à comprendre ce qu’il se passait avec Livvy alors qu’Ama nageait encore en pleine confusion.

— Bon, on va refaire l’exercice avec Amadeo, approche-toi, ordonna Livvy à son cousin.

Amadeo s’approcha donc de sa cousine, le visage renfermé et impassible, mais alors qu’il était à deux mètres, Ama le coupa et parla :

— Il est surpris, intrigué et en colère, comme quelqu’un d’autre dans cette pièce.

— Je vois. Je vois, murmura Livvy en fermant les yeux.

Ama quant à elle resta de marbre, des frissons lui parcouraient les veines et le cœur, elle commençait à sentir plusieurs émotions la subjuguaient en même temps, colère, surprise, choc, inquiétude, tout s’entremêlaient en elle sans qu’elle ne sache pourquoi.

— Bon, alors j’ai deux nouvelles, une bonne et une mauvaise tu veux commencer par laquelle ? demanda Livvy.

— Commence par la bonne, répondit Ama avant qu’Ace n’ai pu prononcer un mot.

— Tu es Empathe ! répondit-elle avec un grand sourire.

— J’avais dis la bonne, gémit Ama.

Pour elle avoir un second talent n’était pas une bonne nouvelle, elle avait déjà eu tant de mal avec son premier talent ! Maintenant qu’elle en avait un deuxième, aussi futile soit-il ce serait encore la guerre jusqu’à qu’elle ne le maitrise, surtout l’empathie !

— c’est la bonne, répondit Livvy penaude.

— Mais, Ama a dépassé l’âge limite de déclenchement de talents non ? fit alors remarquer Amadeo.

— Je ne comprends pas cela non plus, mais je vais étudier ça de près, j’ai une hypothèse, avoua Livvy.

— Bon et sinon c’est quoi la mauvaise nouvelle ? s’impatienta Ginny.

— Ton empathie est bien plus puissante que celle d’un Empathe normal, même avec les elfes tu peux dire leurs émotions sans les toucher, soupira Livvy. Je vais devoir te trouver quelque chose pour éviter que les émotions ne soient trop puissantes.

Ama ne répondit pas, il avait suffit que Livvy dise cela pour qu’elle sente une avalanche d’émotions tourbillonnaient en elle. Elle n’arrivait même plus à savoir quelles étaient ses émotions à elle et celles des autres, ce nouveau talent…

Il allait pouvoir l’aider.

Ou au contraire…

La détruire.

Chapitre XXIV :

Vivre comme Empathe était un enfer pour Ama, surtout qu’elle vivait entourée d’humains et qu’elle sentait même les émotions des elfes. Elle n’aimait pas vraiment ça, sentir une tumultueuse de sentiments se bousculaient en elle ne l’aidait pas à voir plus clair, mais il y avait au moins un avantage, elle savait quand quelqu’un mentait.

Ama avait donc développé son talent d’Empathe, ce qui avait expliqué ses horribles mal de tête, cela faisait plus d’un mois que Livvy lui avait appris, les fêtes de fin d’année étaient passées, et Ama avait sûrement réussi à être la plus joyeuse de tous à ce moment là tant elle respirait les émotions des autres. Livvy lui avait donc offert une simple paire de gant blancs qui atténuait ces ondes d’émotions, ce n’était pas suffisant, mais au moins c’était efficace.

L’Empathe sentait moins les émotions depuis, néanmoins elle en restait sensible, désormais elle savait quand quelqu’un était triste, joyeux, en colère, ou souffrait, et ça la terrifiait. Comment pourrait-elle survivre durant la bataille si elle sentait la douleur ou la peur de tout le monde ? C’était une épreuve pour elle, son épreuve, elle devait la réussir, sinon, elle tomberait.

— Salut cousine ! Tu vas bien ?

Ama leva la tête et cessa de fixer le sol pour regarder Amadeo, les cheveux blanc en bataille, le regard sombre et la mâchoire crispée.

— Bien et toi ?

— Super, répondit-il en s’asseyant à côté d’elle.

Ama aurait pu le croire si elle n’avait pas manquer de tomber à cause du torrent de colère qui s’écoulait d’Amadeo, elle n’avait même pas besoin de demander qu’elle sût déjà qu’il avait discuté avec Fred.

— Est-ce que toi et Fred allez un jour bien vous entendre ? demanda-t-elle simplement.

— J’avais oublié que ça ne servait à rien de te mentir. Pour répondre à ta question c’est non, soupira Amadeo.

— Et pourquoi pas ? Tu sais bien qu’il est important pour moi, argua Ama.

— Je sais, je sais, mais ma colère ne te regarde pas.

Ama, qui était bien curieuse cette fois-ci, retira distraitement l’un de ses gants et prit la main d’Amadeo, ses émotions étaient plus difficiles à cerner, comme celles de Silver, les deux avaient appris à conserver leurs émotions. Mais Ama parvenait quand même à les lires lorsqu’elle était très proche d’eux ou qu’il y a avait un contact physique. Amadeo était en colère et inquiet, en se concentrant bien Ama comprit une partie de la cause, elle-même. Amadeo avait peur de perdre sa cousine qu’il avait toujours surnommé petite, mais il en voulait à Fred pour une raison qu’Ama ne parvenait pas cerner.

Elle n’eut pas le temps de poser la question qu’Amadeo comprit ce qu’elle faisait et lâcha précipitamment sa main tandis que Kalea arrivait en ouvrant la porte à la volée, un grand sourire aux lèvres et des émotions entrechoquant joie et soulagement.

— Ils ont réussi ! Ace, Angel, Ashley et Léo ils sont réussi ! cria-t-elle littéralement au bord de la crise d’hystérie.

— Ils ont réussi quoi ? demanda Ama curieuse en remettant son gant.

— Tu n’es pas au courant ? Ils allaient dans les Cités Perdues pour convaincre les elfes de se battre, et ça y est ils ont réussi ! Les elfes vont se battre !

Ama eut un grand sourire qui s’étira sur ses lèvres, la balance penchait dangereusement de leur côté à présent, tant mieux pour eux, tant pis pour le camp adverse.

Malgré tout Ama ressentit un pincement au cœur, l’heure de la bataille approchait un peu plus chaque jour, chaque jour Ama se rapprochait de l’heure où elle confronterait Elyssa une ultime fois, chaque jour elle se rapprochait dangereusement de sa potentielle heure de mort, autant la sienne que celles de ses proches. Mais, aussi étrange cela soit-il, elle était prête.

Elle était prête à risquer sa vie, à expirer, elle était prête à voir ses proches tombaient, elle était prête à tout ça. Elle n’en était pas insensible, mais elle savait que cette guerre était un risque en elle-même, alors elle avait dû se promettre de prendre ce risque et ne tomber qu’une fois le danger passer. Comme elle s’était promis qu’elle devrait être prête à tout pour la paix, pour leur sécurité.

— Je connais ce regard Ama, toi aussi tu es prête, s’exclama Amadeo sortant sa cousine de ses pensées.

— Toujours mon cher cousin, toujours.

— C’est horrible de se dire qu’on est prêt à ça, mais c’est le cas, souffla Kalea.

— Certes, mais on doit le faire, en tout cas, moi je le ferai pour vous, fit Amadeo en attirant Kalea et Ama contre lui pour une étreinte.

Ama se laissa aller contre son cousin en souriant, il avait beau montrer un visage impassible, il était d’un naturel bon et généreux, sauf quand il décidait de ne pas aimer quelqu’un, ce qui était le cas avec Fred, mais ça, ce n’était qu’un détail.

— Vous vous souvenez quand on était petit et qu’on jouait dans la neige ? demanda-t-il subitement, le regard nostalgique.

— Quand on avait aucun souci, aucun problème, qu’on était innocent, oui, répondirent les deux cousines en cœur.

Un élan de nostalgie éteignit le cœur d’Ama, bien sûr qu’elle s’en souvenait, certes elle avait oublié certains de ses heureux souvenirs, mais elle ne pouvait pas oublier celui-ci. Elle qui adorait tant la neige et vaincre ses cousins à la bataille de boule de neige, quelles feintes elle avait pu faire pour gagner !

— Excusez-moi de vous interrompre votre moment familiale, mais il y a une réunion en bas.

Les cousins s’écartèrent et virent Ginny, son regard brun flamboyant de colère, elle était inquiète et énervée. Sur un signe de tête ils la suivirent et descendirent les deux étages pour retrouver les jumeaux, Silver, Lise, Lupin et… Percy. Molly et Arthur n’étaient pas là, ils avaient tout deux eu rendez-vous au Ministère.

— Percy ? demanda-t-elle étonnée en allant se mettre près des jumeaux.

Elle remarqua aussi l’absence d’Angel, Ace, Léo et Ashley, ils étaient sûrement dans les Cités Perdues à régler les derniers détails de leur plan.

— Nous allons tout expliquer. Pour commencer, Harry, Ron et Hermione vont bien. Je les ai... Croisés disons. Ron a eu un problème au bras, mais rien de grave. Ils ont détruits un Hocruxe, le médaillon de Serpentard, commença par expliquer Lupin.

Les Horcruxes étaient des objets très puissants et remplis de Magie Noire en soit, ils servaient à préserver l’âme et donc, par la même occasion, la vie. Voldemort en avait utilisé sept, il pouvait donc vivre tant que les sept Horcruxes étaient intacts. Mais Harry et Dumbledore en avaient déjà détruits trois, un carnet, une bague et un médaillon, il leur en restait donc quatre. Alors Harry pourrait tenter de tuer Voldemort.

— Ils sont à la recherche des quatre derniers, ils savent ce qu’ils sont, mais ils doivent les trouver. Non, ils ne m’ont pas dit ce qu’étaient les autres Horcruxes, continua Lupin. Mais ils sont chez Bill, enfin, plus maintenant, et… Dobby est décédé en les aidant au Manoir Malfoy.

Ama eu un vague souvenir de cet elfe de maison si joyeux et gentil, elle aurait pu en être triste toute seule, mais ce fut surtout la tristesse de Ginny qui l’atteignit par-dessus celle de n’importe qui. Elle s’approcha donc d’elle et lui offrit un maigre sourire compatissant.

— Et ensuite ? demanda George.

— Ensuite, Ace, Angel, Léo et Ashley ont convaincus les elfes de se battre à notre côté. Ils ont tentés avec les sorciers en vain, nous avons tentés avec les sorciers en vain, malheureusement nous seront les seuls sorciers à nous battre ce fameux jour.

En sentant la déception et le désespoir de certains, Ama releva la tête, son regard bleu flamboyant d’une flamme de détermination.

— Non. Des sorciers se battront avec nous, peut-être pas ceux que vous espériez, mais ce sont des sorciers aussi puissant que vous, il faut juste leur donner encore un peu d’entrainement, contra-t-elle.

— Et qui sont-ils ? demanda Percy en baissant ses lunettes en écaille pour la jauger de son regard sévère.

— Les élèves de Poudlard, c’est fou, je sais. Mais eux, ils seront prêts, ils savent qu’il faut se battre. Ils auront le courage de se battre, la bonté d’aider, la sagesse du combat et la ruse pour gagner. C’est ça l’avantage entre les jeunes et -excusez-moi du therme- les vieux sorciers, les jeunes ont les âmes et les cœurs de leurs maisons, tandis que les vieux les ont perdus au fil des années, mis à part quelques exceptions, répondit Ama défiant Percy de la contredire.

— Elle a raison, on pourra aussi compter sur certains anciens élèves comme Lee et Angelina, renchérit Fred.

— Je me dois d’admettre, que cela est une bonne idée. Venant d’une elfe, avoua Percy en repositionnant ses lunettes.

Cette fois-ci Ama en avait marre, elle sentait son dédain alors que plusieurs mètres les séparaient, elle se mit bien face à lui et lança d’un ton impérieux.

— Excuse-moi au Grand Percy Weasley de ne pas être à ton niveau, excuse-moi de ne pas avoir d’idées aussi brillantes que les tiennes et excuse-moi de ne pas avoir assez stupide pour lécher les bottes de Fudge. Maintenant si tu pouvais te montrer raisonnable pour une fois et nous dire ce que tu faisais là ?

— Je venais juste vérifier que vous étiez comme avant. Prêt au combat, répondit-il, le coin de ses lèvres se soulevant légèrement dans un sourire satisfait. Mais aussi pour vous informez que certains sorciers du Ministère vous accompagneront, dont moi.

— Il reste un dernier détail, s’il faut se battre avec les élèves de Poudlard, il faut entrainer les Première Année, mais également aller à l’école, fit remarquer Lupin.

— Pour ça il suffit juste qu’il y ai un elfe avec vous, un cristal de saut et c’est dans la poche, répondit Silver.

d Oui, et il faut qu’on connaisse les mots de passe de chaque maison, comme ça on pourra s’y infiltrer docilement, ajouta Lise.

— Vous êtes des génies. Je vous laisse vous occupez de ça, j’ai d’autres choses à régler, fit Lupin en hochant gravement la tête.

Leur plan prenait enfin un sens. Un plan qui fonctionnerait.

Chapitre XXV :

L’air doux d’Avril faisait voler les cheveux d’Ama, cette dernière assise sur le clôture contemplait le ciel orangé en attendant que Silver, les jumeaux et Ginny rentrent, ces derniers étaient partis entrainer les élèves de Poudlard. Ils avaient réussi à découvrir les mots de passe ou les codes de chaque maison, et comme convenu ils allaient tous les jours les voir pour les entrainer. A leur grand étonnement tout le monde écoutait, même Serpentard. Malgré le fait qu’ils devaient faire en sorte que Pansy ne soit pas là pour les entrainements.

Les temps à Poudlard étaient durs les élèves surmenés, les professeurs en proie à une dépression. Les élèves ne souriaient plus, ne prenaient plus plaisir à apprendre, quant aux professeurs ils ne prenaient plus plaisir à enseigner. Ama avait pu le constater et le sentir en croisant McGonagall dans les couloirs lorsque c’était à elle d’entrainer les sorciers.

Le temps était vite passé, mais rien n’avait changé, Ama devait toujours se battre contre son talent d’Empathe, Amadeo et Fred ne pouvaient toujours pas se voir, Ashley, Ace, Léo et Angel passaient toujours autant de temps dans les Cités Perdues pour organiser les défenses comme ils disaient.

Mais un doute s’était soulevé en Ama, il était sûr que Voldemort attaquerait Poudlard, mais les Invisibles l’accompagneraient-ils ? On attaqueraient-ils les Cités Perdues ? Si les Invisibles et les Mangemorts se séparaient lors de cette bataille, les effectifs changeraient.

Prise en proie au doute, Ama eu une idée, elle devait avoir la certitude d’une chose. Elle se leva donc et grimpa quatre à quatre les escaliers pour se vêtir d’une tenue verte. Ils étaient en milieu ou fin Avril, le vingt environ, la date de mort du frère d’Elyssa. Bien que cette dernière soit dans le camp adverse, il était sûr qu’elle s’était rendue à l’errant de son frère, si Ama se dépêchait elle pourrait la croisait et tenter de lui extirper des informations.

Une fois qu’elle fut donc habillée d’une tunique et d’une cape verte, Ama prit un cristal de saut et sauta sans prévenir quiconque, elle n’en aurait pas pour longtemps. Par chance, son cristal de saut permettait aussi d’aller au Bois des Errants, Ama arriva donc devant cet endroit où elle ne mettait les pieds qu’une fois par an, d’ordinaire.

Instinctivement ses pieds la portèrent en direction de l’errant du frère d’Elyssa, elle zigzagua donc entre les multiples errants aux feuilles colorées, certaines rousses, d’autres dorées, voir mêmes des noires, mais chaque errant avec la faculté d’avoir des fleurs bleues comme les yeux de la personne défunte. Ama admirer leur beauté, quand elle sentit son cœur se soulever en voyant un errant aux feuilles noires comme l’ébène et aux fleurs bleu abysse. L’errant d’Erso.

Ama s’en approcha alors et le regarda, l’errant avec une allure noble et fière, comme Erso, mais il était dépourvu de bracelets à breloques ou de n’importe quel objet. Prise d’un élan de compassion, et sans doute de pitié aussi, Ama retira son bracelet en or et s’approcha encore plus de l’errant pour y poser son bracelet. Elle se recula ensuite et se détourna de l’errant de la personne qu’elle voyait comme son père pour aller retrouver celui du frère d’Elyssa.

Elle trouva ce dernier plusieurs minutes plus tard, comme convenu Elyssa était agenouillée devant l’errant aux feuilles brunes cuivrées et aux fleurs bleu pâle, Ama s’avança de quelques pas et tendit l’oreille en la voyant remuer doucement les lèvres.

— Ils payeront, le Cygne Noir payera de t’avoir envoyé à cette mission, Ama et Silver payeront pour ne pas t’avoir sauvé. Ils se croient tous malins, si seulement ils savaient. Ils croient tous qu’avec les elfes ils seront plus puissants, mais ils ne savent pas que les Invisibles attaqueront les Cités Perdues, et les Mangemorts Poudlard, sauf moi, Lady Gisela et Gethen, on affrontera Ama et ses amis, susurra-t-elle.

Ama sentit un frisson glacé la parcourir en entendant ces paroles, elle ne pensait pas sincèrement qu’Ama et Silver avaient fait exprès de le laisser mourir ?! Elles n’avaient pas réussi à empêcher les saignements, Ama avait toujours cru qu’Elyssa ne leur avait pas tenu rigueur, une nouvelle fois, elle s’était trompée. Refoulant son amertume elle regarda la fille aux longs cheveux noir se lever et quitter le Bois des Errants dans un faisceau de lumière et Ama ne tarda pas à l’imiter.

Ce fut toute chamboulée qu’elle arriva au Terrier, elle rentra précipitamment et sa hâta de raconter ce qu’elle avait entendu aux sorciers, Lise, Silver, Kalea et Amadeo.

— Donc il faut que les elfes restent se battre dans les Cités Perdues ? demanda Lise abasourdie.

— Oui, le combat sera « équitable » d’une certaine façon, répondit Ama.

— Je préviens Ace tant qu’il est encore là-bas, fit Silver en fermant les yeux.

Ils se turent quelques instants pour laisser Silver se concentrait, lorsqu’elle rouvrit les yeux, Ama senti un frisson de satisfaction la parcourir, Silver n’avait pas pu réprimer ce sentiment-là.

— Ils seront piégés, dit-elle d’une voix fière.

— Heureusement que tu es là Ama, approuva Kalea avec un sourire.

— Il suffit de connaitre la personne, dit-elle en haussant les épaules.

— J’interromps la session compliment, mais d’après ce que Remus a appris, Vous-Savez-Qui va bientôt attaquer Poudlard, je pense donc qu’il vaudrait mieux qu’on s’y rende, on sera sur place lors de la bataille et surtout on sera au courant lorsqu’elle commencera, proposa Amadeo.

Ama devait l’avouer, c’était une idée de génie. Elle reconnaissait bien là son cousin, surtout lorsqu’un sourire satisfait s’étendit sur son visage, la raison ? La déception de Fred qu’Ama sentait, quelque chose lui disait qu’il aurait préféré avoir cette idée lui-même.

— Excellente idée, dès demain on va à Poudlard, on se partagera dans trois des maisons, Poufsouffle, Gryffondor et Serdaigle. Pas Serpentard, Arwen s’en occupe déjà, fit Ama refoulant les émotions autour d’elle.

Elle commençait à maitriser un peu mieux son empathie et ressentait donc moins les émotions, c’était une faible évolution, mais elle était suffisante pour qu’elle puisse dormir sans se réveiller au milieu de la nuit à cause des émotions des autres procuraient par leurs rêves ou cauchemars.

— Qui va à quelle maison ? demanda Amadeo.

— Toi tu iras à Serdaigle déjà, tu es sûrement le plus rapide et le plus en forme de nous tous, les sept étages ne seront rien pour toi. Ginny tu l’accompagneras, Lise, Kalea et Silver vous irez à Poufsouffle, moi et les jumeaux on va à Gryffondor.

— Pourquoi je dois aller à Poufsouffle ? demanda Lise, un frisson de déception parcourant Ama.

— Y a les cuisines juste à côté, répondit Ama avec un clin d’œil complice.

La déception de Lise s’envola et laissa place une joie instable, elle se mit presque à sautiller sur place et souriait de toutes ses dents.

— Silver, tu nous joindras avec ton talent, si jamais Harry vient, car c’est sûr qu’il rejoindra Gryffondor avant tout, je viendrai te prévenir et tu préviendras aussitôt Amadeo et Arwen. On est tous d’accord ? conclut Ama.

— Oui, mais Ace, Ashley, Léo et Angel dans tout ça ? releva Kalea.

— Ils se battront dans les Cités Perdues, répondit Silver, Ace m’a déjà dit oui.

— Et les adultes ? demanda Ginny.

— Ils viendront avec nous, mais ils rejoindront les professeurs, répondit Ama.

— On peut dire à Lee et Angelina de venir ? demanda George.

— Plus on sera, mieux ce sera, acquiesça Ama.

— Alors c’est parfait. Si seulement on pouvait savoir où sont Harry, Ron et Hermione néanmoins, soupira Fred.

— Cela peut s’arranger, fit Kalea d’une petite voix.

Elle quitta quelques minutes la pièce et Ama sentit les vagues de doutes de ses amis, mais elle préféra rester confiante, elle faisait confiance à Kalea. Cette dernière revint avec une boule de cristal transparente qu’elle posa au centre de la table autour de laquelle ils se réunirent.

— Une omnisciente, chuchota Silver, où l’as-tu eu ?

— Je l’ai empruntée à Angel. Maintenant, montre moi Harry Potter, répondit Kalea en fixant l’omnisciente.

Un brouillard gris recouvrit la transparence du cristal avant de ne laisser place à un petit village, Ama ne savait pas lequel c’était, mais il était petit en tout cas, il faisait nuit, l’Empathe n’avait pas vu le temps passait. Elle vit alors trois silhouettes se déplaçaient dans l’ombre des maisons, ils entrèrent dans une petite maison et disparurent de la vue de l’omnisciente.

— La maison doit être protégée par la magie pour que l’on ne puisse plus les voir, au moins ils vont bien, commenta Silver.

— C’est le plus important, renchérit Ama.

— Oui, c’est super, mais maintenant, tous au lit ! Il faut qu’on parte tôt demain matin. On a encore de l’entrainement à faire aux sorciers, ils nous reste peut-être beaucoup de temps, ou au contraire pas du tout, déclara Silver.

— Mais il faut encore voir certains détails et…tenta Lise.

— J’ai dit au lit ! rugit Silver avec un regard sévère, défiant quiconque de la contredire.

Personne ne se fit prier et tous grimpèrent les étages pour aller dans leurs chambres respectives, mais ni Ama, ni Ginny ne trouvèrent le sommeil. L’Empathe sentait l’agitement de Ginny, de Kalea et de Lise dans la chambre voisine, au moins, Ama était sûre qu’ils prenaient tous cette tâche à cœur.

Chapitre XXVI :

Huit jours. Cela faisait précisément huit jours qu’Ama, Silver, Lise, Kalea, Amadeo et les jumeaux. Comme convenu ils s’étaient séparés dans les trois maisons, Lee était venu à Gryffondor tandis qu’Angelina avait accepté d’aller à Serdaigle. Les élèves de Gryffondor étaient de nouveau joyeux et emplis d’espoir, l’humour des jumeaux leurs avaient apportés cela. Lorsqu’Ama les observait redonner du baume aux cœurs des élèves, elle avait l’impression de retomber amoureuse de Fred, en toute honnêteté. Elle aimait ça, et même si c’était niais, elle voulait continuer de retomber amoureuse de Fred à l’avenir, comme elle voulait continuer d’admirer le courage de Ginny, la folie de Luna, la bonté de Neville, elle voulait continuer de faire tout ça. Elle voulait continuer de les voir eux.

Et pour ça. Elle se battrait.

— Ama, j’ai parlé avec Arwen, les Serpentard s’entrainement dur et suivent ses ordres. Mais Pansy continue de lécher les bottes de Rogue, lui dit alors Neville.

Ama ne répondit pas, elle se concentrait pour éviter de ressentir au maximum les émotions des sorciers qui la parcouraient comme des vagues déferlent sur la plage. Avec beaucoup de violence et peu de douceur. L’Empathe prit une grande respiration et se tourna vers Neville.

Il avait changé, sans changer, c’était étrange mais c’était le cas. Il avait toujours le même physique, cheveux noirs, yeux bleus, dents de lapin, mais il était plus assuré, plus confiant en lui et il donnait confiance aux autres.

— C’est parfait, tant pis pour Pansy, elle choisira son camp le moment venu, dit-elle finalement.

Neville allait répondre, mais il fut interrompu par une explosion retentissante dans toute la salle commune de Gryffondor et anciennement de Serpentard. Ama se tourna donc vers l’origine du bruit et vit Seamus, un garçon aux cheveux bruns et au yeux bleu clair, barbouillé de cendres noires.

— Désolé, je n’y arriverai jamais, fit-il penaud.

— Au contraire continue comme ça. Tes explosions nous seront utiles lors de la bataille, rétorqua Fred.

— Si on s’organise bien ça pourrai même nous sauver ! renchérit George avec un sourire.

L’Empathe hocha la tête avec satisfaction, mais elle décida de se lever et de sortir de la salle commune et prit un obscurateur. Les émotions des sorciers commençaient à être trop puissantes et Ama ne pouvait plus les empêcher de s’infiltrer dans ses veines. Elle se retrouva donc dans les cachots et décida de se balader dans les couloirs.

Ces derniers étaient sombres et déserts, le silence était pesant, Ama détestait cette sensation. Elle avait l’impression de marcher sur un terrain miné, comme si elle risquait de se faire attaquer à chaque instant, comme si la mort l’attendait au détour d’un couloir. Elle ne se sentait pas à sa place, et elle n’aimait pas ça, elle sentait espionnée, elle avait peur de cette sensation. Elle ne se sentait plus à l’aise à Poudlard et elle détestait cela.

Alors qu’Ama commençait de plus en plus à se sentir oppressée, elle entendit des voix, graves et sérieuses. Curieuse elle s’approcha de la provenance de ces voix et tourna à l’angle d’un couloir pour voir Flitwick et McGonagall en grande conversation, les deux semblaient épuisés, en s’approchant bien Ama pu voir leurs cernes et leur fatigues étincelante dans leurs yeux.

— Il faut que cela cesse Minerva, nos anciens élèves ont été plus fort et malin que nous. Molly et Arthur sont même venus. Poudlard n’est plus sécurisé, il faut que l’on commence à prépare les sécurités pour nos élèves, fit Flitwick.

— Je sais Filius. C’est ce que nous ferons, dès que Potter sera de retour, Il attaquera. Ce sera à ce moment là qu’il faudra créer les défenses, acquiesça McGonagall.

— Pensez-vous que les élèves seront prêts à se défendre ? demanda-t-il inquiet.

— Je ne sais pas. Je l’espère, mais je n’ai aucune certitude.

— Eh bien moi si, déclara Ama, dévoilant sa présence.

Perdue pour perdue elle arrêta l’effet de l’obscurateur, elle sentit alors plusieurs émotions s’entrechoquaient en elle, la surprise, la colère pour les avoir épiés, mais également un immense soulagement, à bien y réfléchir c’était ce sentiment le plus puissant.

— Comment en êtes-vous sûre Miss. Everdinia ? demanda Flitwick en cachant sa surprise.

— Nous les avons entrainés, ils seront prêts, le plan est prêt. Il manque juste Harry, Ron et Hermione et tout sera en ordre. Ne vous inquiétez pas à ce sujet-là, répondit Ama.

— Vous allez tous bien au moins ? s’inquiéta McGonagall.

— Nous sommes tous en forme, assez pour se battre en tout cas. Et nous avons réussi à rétablir la confiance dans les maisons, les amitiés se sont ressoudées, les Serdaigle sont sûrs, les Gryffondor se rappellent, les Poufsouffle continuent d’espérer et les Serpentard prennent des risques, dit-elle en souvenir à leur conversation avant la mort de Dumbledore.

— Les élèves se soucient-ils désormais de leur bien à tous et pas seulement le leur ? demanda McGonagall qui semblait également se souvenir de cela.

— Oui, ils ont tous la bonté d’un Poufsouffle, le courage d’un Gryffondor, l’ambition d’un Serpentard et la sagesse d’un Serdaigle désormais, affirma Ama.

— Alors nous avons toutes les chances de notre côté, merci de nous avoir dit cela Miss. Everdinia, merci à vous et vos amis, précisa Flitwick.

— Ce fut un devoir de faire tout ça. J’ai fais ce que j’ai pu, et je continuerais de faire tout ce que je peux jusqu’à la fin, signala Ama.

— Nous avons foi en vos paroles. Autant que nous avons foi en Potter et ses amis, au fil des ans ils ont montrés de merveilleuses aptitudes, assura McGonagall.

— Messieurs Fred et George Weasley sont des prodiges dans ma matière, jura Flitwick.

— Monsieur Londubat est un expert avec les plantes et Miss. Lovegood se montrait très douée même sans écouter, ajouta une voix douce.

Ama se tourna et vit Chourave s’approcher en compagnie de Slughorn, leurs émotions se résumaient à inquiétudes, tristesse et fierté.

— Monsieur Ronald Weasley était excellent en métamorphose et Miss. Granger aussi, continua McGonagall.

— Potter était excellent en potions, et Miss. Weasley lance des sorts merveilleux et puissants ! renchérit Slughorn.

— Nous avons eu des élèves merveilleux, ils nous ont attirés de nombreux ennuis, mais cela n’enlève en rien leurs talents pour la magie, conclut McGonagall.

— Avec eux à nos côtés, nous sommes obligés d’être en confiance ! se réjouit Slughorn avec un sourire à peine forcé.

— Je confirme, Miss. Everdinia, je vous conseillerai de rejoindre la salle commune, et pour votre information une réunion réunissant les quatre maisons aura lieu dans deux jours, fit McGonagall.

Ama hocha la tête, satisfaite, et remit l’effet de l’obscurateur pour faire demi-tour, qu’est-ce qu’elle avait hâte de raconter tout ça aux autres. Savoir cela ne pourrait que les mettre en confiance, elle repartie le cœur plus léger, comme ceux des professeurs leurs émotions étaient désormais plus douces et parcouraient Ama avec douceur, comme une caresse, comme la douce brise du matin, comme la vaguelette léchant le sable.

Cette douce brise ne tardera certes pas à se transformer en tornade et la vaguelette en déferlante, mais Ama se décida à profiter de l’instant présent et de sa douceur.

Chapitre XXVII :

Ama avait parlé aux jumeaux, à Neville, à Ginny et Luna des louanges qu’avaient fait les professeurs. Les jumeaux avaient affichés de grands sourires satisfaits, Ginny avait eu un sourire étincelant qu’Ama n’avait pas vu depuis longtemps, Luna avait donné l’impression de s’en ficher et Neville avait viré au rouge pivoine. L’Empathe avait été heureuse de leur procurer un peu de joie avant la réunion.

Les deux jours s’étaient écoulés, ils étaient en fin d’après-midi, la réunion avait lieu à l’heure du repas, mais Ama savait bien que ce fameux dîner serait loin d’être aussi guillerets que les autres, l’Hypnotiseuse se souvint avec nostalgie de ces repas où elle passait du temps avec tous ses amis, ils riaient pour des broutilles, parler pour ne rien dire, ils étaient à une belle époque. Même si elle n’était pas si lointaine.

L’Hypnotiseuse dû arrêter de se perdre dans ses pensées lorsqu’elle revint dans la salle commune après l’une de ses nombreuses escapades. Les émotions des élèves l’envahirent aussitôt, ses gants étaient sans effets avec autant de personnes près d’elle. Elle commençait à s’habituer, mais cela restait quand même chamboulant. Sentir l’inquiétude, le doute, la tristesse, la mélancolie et la colère des élèves la déprimée. Qu’est-ce qu’elle aimerait pouvoir faire taire leurs angoisses d’un claquement de doigt.

Ces émotions négatives furent soudainement remplacées par le sentiment qui faisait battre son cœur, l’amour, il était certes accompagné d’inquiétude, mais l’amour était plus fort. L’Empathe se tourna donc et eut grand plaisir de voir Fred s’approcher d’elle, ses yeux bruns brillant d’inquiétude et son sourire si doux.

— On va bientôt montrer qu’on est là, dit-il d’une voix basse en la guidant dans un coin isolé pour ne pas avoir l’honneur d’être écouter par des oreilles indiscrètes.

— Oui, bientôt toute l’école sera au courant.

En effet, tous les élèves n’étaient pas au courant, certains ne savaient pas qu’ils étaient là. Les élèves de Gryffondor savaient que Fred, George, Lee et Ama étaient là, mais ils n’étaient pas au courant pour les autres et il en allait ainsi pour chaque maison.

— Nous sommes à l’aube de la bataille, chuchota-t-il.

Sans savoir pourquoi, ils parlaient dans des murmures, mais Ama appréciait cela la calmer, mais il avait raison, l’aube de la bataille. Ils y étaient.

— Tu as raison, il n’empêche que je commence à être terrifiée, avoua Ama dans un frisson.

— Je suis là, tout ira bien, fit Fred en attirant Ama contre lui pour l’étreindre et la rassurer, ce qui réussit à merveille.

Ama se laissa aller contre Fred avec joie, elle savourait entièrement cet instant et priait pour qu’il dure éternellement, mais si elle savait que c’était impossible. Ce n’était pas éternel. Mais elle voulait qu’il y ai d’autres moments semblables, elle ne pouvait pas se dire que ce serait fini, que Fred pouvait perdre la vie, et elle aussi.

— Je refuse que l’on tombe, je refuse de ne plus avoir de moments comme ça, je refuse de ne plus d’avoir toi, murmura-t-elle alors le gorge nouée.

— On ne tombera pas, il y aura d’autres moments, tu m’auras toujours, lui assura Fred avec naturalité. Je ne mourrai pas, pour toi, reprit-il en posant son front contre celui d’Ama.

— Je t’aime trop pour te laisser.

Fred eut un petit sourire et leva avec délicatesse pour déposer un tendre baiser sur les lèvres d’Ama. Baiser qu’elle savoura, elle voulait montrer à Fred qu’elle ne prononçait pas de paroles en l’air ainsi, mais aussi, elle voulait qu’il soit spécial si c’était le dernier. Lorsqu’ils s’écartèrent enfin, Ama vit les yeux de Fred brillaient, ils étaient humides, il avait peur. Elle aussi, elle avait peur, mais elle oublia sa peur et empêcha les larmes de Fred de couler en les essuyant de ses pouces.

— Pour nous et pour nos proches, on se reverra, dit-elle finalement d’une voix douce.

Fred hocha la tête, visiblement pensif, mais convaincu, Ama le sentait. Finalement, ils retournèrent avec les élèves de Gryffondor, l’heure de la réunion était venue. Ils se mêlèrent donc à la foule et attendirent encore cinq minutes, ils devaient arriver après les autres pour ne pas être vu des professeurs. Ama se fondrait dans la foule avec son obscurateur tandis que Lee et les jumeaux attendraient devant la Grande Salle avec les autres membres de l’Ordre du Phénix.

Mais alors qu’Ama suivait le mouvement, un frisson de détermination et de colère la parcourra, elle pourrait reconnaitre ces émotions entre mille. Seul Harry pouvait ressentir d’émotions aussi puissantes, elle releva donc la tête et vit deux yeux vert émeraude qu’elle connaissait bien, elle eut un sourire avant qu’Harry ne se confonde dans la masse d’élèves.

Ils arrivèrent enfin à la Grande Salle, Ama lança un dernier regard à Fred et activa son obscurateur pour écouter le discours, extrêmement ennuyant, de Rogue.

— En début d’année, nous au quelques visiteurs non voulus, ces derniers voulaient en savoir plus sur le plan de Lord du Chaos, commença-t-il d’une voix sifflante.

Ama et Lise plaidaient coupables.

— Mais, bien heureusement pour nous, il n’y a plus eu aucune visite.

Ama retint un rire amère, si seulement il savait. Rogue s’apprêta à continuer, mais il fut coupé par la forte voix d’Harry.

— Comme il n’y plus eu aucun meurtre !  

Harry sortit alors de la foule et vint se mettre au centre de la Grande Salle bien en vu de tous, Rogue se crispa tandis que les autres professeurs eurent de grands sourires soulagés.

— Vous êtes heureux n’est-ce pas ? Après l’avoir tué, vous avez eu sa place. Mais maintenant vous allez vous rendre compte que vous êtes idiot, dit-il avec véhémence.

— Il est vrai que vous êtes très malin, Potter. Seul contre tous, vous croyez vraiment y arriver ? susurra Rogue.

— Il n’est pas seul ! s’empressa de répondre Ama.

Elle désactiva l’obscurateur et vint se placer aux côtés d’Harry, les deux portes en bois massifs s’ouvrirent alors et tous les membres de l’Ordre du Phénix -à l’exception de Tonks qui s’occupait de son enfant- Silver et Lise arrivèrent dans une entrée plus que théâtrale. Ginny vint aussitôt aux côtés d’Harry tandis que Neville, Arwen, Luna et Ernie, un Poufsouffle qu’Ama connaissait vaguement, se détachaient de leur maison pour rejoindre Harry.

Rogue, qui sentit la menace, sortit sa baguette et la braqua sur Harry, mais McGonagall s’interposa et Ama put sentir le doute émanait des deux professeurs.

Aucun des deux n’avaient envie de s’affronter, mais le destin en décida autrement et les éclairs de plusieurs couleurs commencèrent à jaillirent des baguettes.

L’affront dura à peine quelques minutes que Rogue prenait la forme d’un nuage de mauvaise augure et s’envolait par la fenêtre, il allait prévenir Voldemort.

Soudain, une voix se fit alors entendre, une voix de serpent, venimeuse et mesquine.

— Donnez-moi Harry Potter, et vous serez en paix… Donnez-moi Harry Potter, siffla la voix.

Voldemort, il tentait d’avoir Harry d’une autre manière, Pansy hurla alors :

— Qu’est-ce que vous attendez ?! Attrapez-le !

Mais personne ne lui obéit, au contraire même, Arwen la plaqua au sol en un instant et répondit :

— Il en est hors de question, on va se battre, en revanche toi tu vas aller t’amuser aux cachots. Emmener-là.

Deux Serpentard, les deux gorilles qui avaient retenu Fred et George dans le bureau d’Ombrage il y a deux ans, s’approchèrent soulevèrent Pansy par les bras pour l’enfermer aux cachots.

— Bien. Ce n’est qu’une question de temps avant que Voldemort…commença McGonagall avant d’être coupée par Flitwick.

— Minerva vous ne pouvez pas dire son nom !

— Il ne faut plus avoir peur de son nom, cela ne fait qu’accroitre la peur que nous avons de lui. Comme je le disais, ce n’est qu’une question de temps avant que Voldemort n’arrive. Miss. Everdinia, vous et votre amie Silver je vous confie la charge d’organiser le travail des élèves et des adultes, reprit McGonagall.

Tous les regards se rivèrent alors sur elle et Silver, cette dernière n’hésita pas un instant.

— Les adultes, entourez Poudlard d’un champ protecteur. Remus, Kingsley montez dans les tours avec les jumeaux pour assurer nos hauteurs dirais-je, commença-t-elle.

— Harry, Ron et Hermione détruisez les Horcruxes, Neville, Seamus et Dean occupez vous des explosions. Les autres vous n’avez que deux choses à faire, vous battre… Et survivre, continua Ama.

— Quant à ceux qui ont trop peurs pour se battre, vous partez dans les cinq prochaines minutes et vous oubliez Poudlard ! ajouta Ginny d’un ton impérieux.

Tout le monde se mit alors en mouvement, ils étaient prêts, ils se donneraient jusqu’à la fin. Ama avait confiance en eux, elle avait confiance en leur détermination et leurs talents, son empathie lui disait qu’elle avait raison d’avoir confiance. Les seules émotions qui la parcouraient se révélées être de la peur, de l’inquiétude mais surtout et avant tout : de la détermination.

Chapitre XXVIII :

Le sang battant à ses tempes, Ama fila à la nouvelle salle commune de Gryffondor et à l’ancienne de Serpentard, elle devait prendre une épée, se battre avec des poignards et une baguette c’était bien beau, mais elle ne pouvait pas prévoir ce qu’il se passerait, dans le meilleur des cas elle donnerait l’épée à Kalea.

L’Empathe secoua la tête, elle était arrivée aux cachots et venait de se souvenir que Pansy y avait été amenée. En soupirant elle entra, bien décidée à ignorer son ennemie, mais à peine eut-elle mis un pied dans la salle commune que Pansy se rua sur elle et la plaqua au sol.

— Cette fois-ci il en est fini de toi, siffla-t-elle en pointant sa baguette sur le cou d’Ama.

L’Empathe aurait pu croire à cette menace, mais son talent l’en empêchait, Pansy était terrifiée, elle montrait son côté puissant, mais elle tremblait de peur intérieurement, Ama posa deux doigts sur le poignet de Pansy pour voir son pouls. Ce dernier battait à une allure folle, elle paniquait, elle avait peur de faire quelque chose de mal, mais elle mentait.

Livvy avait demandé à Keefe de venir au début, lorsque le talent d’Ama s’était manifesté, il lui avait donc appris à reconnaitre quand les gens mentaient. Le pouls s’accélérer à une grande vitesse et il ratait plusieurs battements. Pansy ne voulait pas sa mort.

— Tu ne veux pas ma mort, tout comme moi tu es terrifiée, tu as peur de ce qu’Il peut te faire, tu as peur de mourir et tu as peur pour Drago, murmura-t-elle d’une voix douce et apaisante.

Les paroles d’Ama eurent un drôle d’effet sur Pansy qui se laissa envahir par la tristesse, ses yeux si froids d’ordinaire se remplirent de larmes et elle lâcha son emprise sur l’Empathe.

— Je ne veux pas mourir, je ne veux pas…gémit-elle.

— Je ne peux pas te promettre que tu resteras en vie, mais je n’ai pas de temps à perdre avec toi. Donc maintenant c’est ton choix, ou tu te bats, ou tu restes ici comme une trouillarde, répondit-elle en se dégageant de l’emprise de Pansy.

Elle se redressa d’un bond et alla prendre une épée qui servait de décoration à la salle commune, malgré tout elle était bien tranchante.

— Je ne suis pas une trouillarde, pesta Pansy en défiant Ama de la contredire du regard.

— Alors prouves-le, dit-elle en haussant les épaules avant de ne quitter la salle commune.

Elle maintint une emprise ferme sur le pommeau de l’épée, surtout lorsqu’elle entendit des pas précipités derrière elle, mais en se concentrant sur les émotions de la personne elle comprit que c’était Pansy. Ils étaient tous prêts au combat.

L’Empathe ne s’attarda pas sur ce sentiment de petite victoire et accéléra le pas en entendant des bruits sourds et de sortilèges, il y avait une première salve d’attaques, les premiers Mangemorts venaient combattre pour affaiblir avant que ce ne soit au tour de Voldemort.

Ama arriva finalement en dehors de Poudlard, un grand champ protecteur entourait Poudlard, des statues de chevaliers en pierre étaient en mouvement pour défendre Poudlard, tout le monde savait où était sa place, tout le monde… Sauf Ama.

L’Empathe se décida à rester en extérieur, elle rejoignit Ginny qui était également dehors avec Amadeo, à son grand étonnement il discutait à voix basse. Ama se rapprocha d’eux et put sentir leur stresse et leur peur.

— Je dois aller retrouver les jumeaux, fit Amadeo.

— Pourquoi ? demanda Ama la voix tendue.

Elle connaissait leur relation et savait qu’ils étaient loin d’être les meilleurs amis du monde, alors pourquoi voudrait-il les rejoindre ?

— Avec mon talent de Psionipathe je pourrai essayer de protéger une partie de Poudlard de là-haut, expliqua-t-il en reprenant un air impassible.

Ama avait du mal à le croire, mais Amadeo était un elfe assez puissant pour qu’elle ne puisse pas sentir ses émotions.

— D’accord.

— Je dois y aller, Ama, oublie les émotions des autres, tu es plus forte que ça, dit-il en déposant un baiser sur le front d’Ama, comme un signe d’adieu.

Ama regarda son cousin s’éloignait à l’intérieur de Poudlard, une boule d’angoisse se créant en elle. Amadeo avait raison, elle était plus forte que ces émotions, après tout… C’était elle qui décidait de les ressentir.

En effet, Livvy lui avait expliqué pourquoi son don d’Empathe était si puissant. C’est parce qu’Ama l’avait décidé ainsi, inconsciemment certes, mais elle l’avait décidé. D’après Livvy, Ama avait toujours chercher le meilleur en autrui, elle avait toujours chercher à voir le bon côté dans le mal, et le mauvais dans le bien, cela n’avait pas toujours été une franche réussite, mais elle avait cherché. Elle avait, apparemment, toujours cherché à aider les autres, Ama avait un peu de doute sur ce point-là, mais c’est en repensant à la rancune qu’elle avait envers Angelina en l’aidant qu’elle s’acheva de penser le contraire. Livvy lui avait alors dit qu’elle cachait une âme et un cœur sensibles derrière ses allures de guerrière, ce qui n’avait guère rassurer Ama.

Ce n’était qu’une réponse sur plusieurs des questions d’Ama, mais c’était une réponse. Elle avait également envisagé que ces histoires de serpent et d’incendies ne la visaient pas elle, mais Harry ou une quelconque personne, peut-être se trompait-elle et serait bien surprise des évènements.

— Ama, je sais que tu es du genre lunatique mais ce n’est pas le moment ! fit alors la voix courroucée de Ginny, tirant Ama de ses pensées.

Ama s’excusa d’un petit signe de tête et remarqua Kalea, ses émotions émanaient d’elle comme des tornades et à sa grande surprise Ama ne sentait que l’impatience et de l’assurance.

— Bloque-les Ama, tu dois les bloquer. Et pour information, je resterai avec toi tout le long de la bataille, dit-elle d’une voix ferme.

Ama détailla sa cousine de haut en bas, malgré ses traits fins, son regard perçant et son allure de guerrière, Ama ne pouvait s’empêcher de voir l’enfant. La fille avec qui elle faisait tourner en bourrique Angel lorsqu’elle leur rendait régulièrement visite, mais elle devait se rendre à l’évidence. Elle n’avait plus affaire à une enfant, mais à une femme sûre d’elle.

— Dans ce cas, prends-ça, dit-elle en lui tendant l’épée. Tu sauras mieux la manier que moi.

Kalea prit l’épée des mains de l’Empathe avec douceur, comme si elle avait peur de la briser, comme si cette lame était plus importante que n’importe quoi d’autre. Kalea la prit finalement fermement en main et offrit un sourire à Ama, cette dernière lui rendit quand une salve de sortilèges s’abattit sur le champ protecteur de Poudlard.

La guerre commençait.

Chapitre XIXX :

Ama échangea un regard avec Kalea et Ginny au premier assaut, le champ protecteur ne durerait pas longtemps, Ama vit alors une onde cuivrée entourée Poudlard.

— Amadeo. Il a réussi ! s’exclama Kalea en levant le poing avec joie.

— Il est plus fort qu’il ne le croit, espérons que le temps qu’il nous donne sera suffisant. Ginny, cours rejoindre Harry, je sais que tu en meurs d’envie, dépêche-toi avant qu’il ne soit trop tard, Kalea et moi on s’occupe de tout ici, déclara Ama.

Elle sentait les sentiments de Ginny, elle savait bien qu’elle devait les bloquer, mais elle n’y arrivait pas. Non, elle n’e avait pas envie, c’était plus fort qu’elle, elle voulait savoir si elle pouvait aider, et pour ça elle devait sentir les émotions. Pour leur donner encore plus de libertés elle retira ses gants sous le regard surpris de Kalea, Ginny était déjà partie.

— Ama…commença à gronder Kalea.

— J’ai besoin de sentir les émotions des autres, c’est peut-être qui me gardera en vie.

— Mais, en les sentant, tu vas souffrir, plaida-t-elle la voix tendue.

— Comme je l’ai déjà dit à Fred, c’est comme ça qu’on survit, quand ça fait si mal, répliqua Ama le regard flamboyant.

— Tu es têtue Ama, ça te détruira, comme a te sauvera, soupira Kalea. Tu es toujours la Ama du passé, pourtant tu as les nouveautés du présent, mais est-ce que celles du futur seront aussi bien ? se questionna-t-elle.

L’Empathe eut une illumination, elle venait de comprendre ! Cette fameuse phrase, qui l’avait faite passer pour folle, elle prenait enfin un sens : « Le passé revient lorsque le futur n’est plus à la hauteur du présent ». Sa famille était revenue juste avant qu’elle n’entende cette phrase, ils étaient le passé, le futur devait s’annoncer bien sombre pour qu’ils soient là, elle ne savait pas ce qui changerait, mais ça changerait, quant au présent, elle avait été très heureuse avec les Weasley et ses nouveaux amis.

Sa famille de sang était le passé, les Weasley le présent et un sombre futur.

L’Ama du passé était revenue, avec ses avis bien tranchés, mais celle du présent avec sa douceur et gentillesse était là, et celle du futur devait se révéler très peu agréable.

Enfin, elle comprenait.

— Je ne sais pas, mais je sais que le futur est bercé d’illusions, alors profitons du présent, même lorsqu’il est sombre, dit-elle.

Kalea n’eut pas le temps de répondre, le champ protecteur vola en éclats, Amadeo avait lâché, les chevaliers de pierre se mirent alors en marche et se dirigèrent vers le pont de Poudlard pour tenter de stopper l’avancée des Mangemorts, Ama et Kalea, quant à elles, retenaient le souffle en refermant leurs prises sur les armes.

Un long silence s’écoula durant lequel il ne se passa rien, le stress et l’appréhension des élèves étaient palpables malgré qu’ils soient à l’intérieur et Ama dehors, soudain, le silence fut remplacé par une explosion et des cris se firent entendre.

— Ensemble ? demanda Kalea.

— Ensemble, assura Ama.

Un nuage de Mangemorts déboula dans Poudlard, certains pénétrèrent l’école, tandis que d’autres restaient dehors avec des géants. Ama et Kalea se rapprochèrent, l’Empathe prit en main sa baguette et attendit patiemment qu’ils ne la remarquent.

Ce qui ne tarda pas, elle entendit des bruits derrière elle et quand les deux cousines se retournèrent elles se trouvèrent face à Greyback et Greyfell

Le regard de Greyback étincela lorsqu’il reconnu Ama, il avait désir de vengeance, ses émotions étaient plus puissantes, il voulait la tuer. Voir son sang s’écouler, sa vie s’échapper de son corps, il voulait la voir souffrir.

— Cette fois-ci, il n’y aura pas de personne pour te sauver, grogna-t-il avant de sauter en avant.

Greyfell l’imita pour sauter sur Kalea, mais Ama ne put voir la suite qu’elle devait déjà s’écarter d’un bond de la trajectoire de Greyback. Ce dernier lui offrit un sourire féroce et cannibale, Ama n’eut d’autres choix que de prendre une dague dans l’une de ses mains et la baguette dans l’autre, elle tenta bien de l’immobiliser avec la magie, mais Greyback semblait insensible ou alors les sorts étaient indolores. Ama dû donc se résigner, elle rangea sa baguette et serra sa prise sur la dague.

Elle allait attendre qu’il ne lui saute dessus, elle espérait ne pas le tuer, mais peut-être que le blesser serait suffisant. Alors qu’elle était plongée dans ses réflexions Greyback passa à l’attaque, plaquant Ama au sol, il lui offrit un sourire satisfait, ses crocs blancs étincelants à la lumière des étoiles, alors il tenta de la mordre, son regard rivé sur sa gorge.

Mais l’Empathe, bien décidé à rester en vie, lui planta sa dague dans les côtes et elle sentit un liquide chaud si précieux au corps s’écoulait le long de sa main. Elle hésitait entre être dégoutée ou fière d’avoir fait ça, en entendant Greyback poussait un rugissement bestiale elle se dit que ce n’était pas le moment d’y réfléchir.

Voyant que le loup garou allait récidiver son attaque, Ama récidiva la sienne, une odeur acre émana alors de Greyback et l’Empathe ressentit sa douleur jusqu’aux tréfonds de son âme. Il gardait sa fierté, mais Ama savait la vérité. Il souffrait. Tentant le tour pour le tout elle recommença une dernière fois, Greyback se redressa en titubant, les mains sur la côte droite, là où Ama avait visé, un liquide rouge écarlate s’écoulait de la blessure.

Greyback eut un regarde noir qu’il lança à Ama, il s’apprêtait à l’attaquer une nouvelle fois quand Kalea lui taillada le bras avec son épée. Greyback, comprenant qu’il ne pouvait faire le poids, battu en retraite en poussant des jurons. L’Empathe se tourna alors vers Kalea, cette dernière couverte de sang haletait, son visage était griffé, ses vêtements rapiécés et couvert de sang.

— C’est le tiens ou… ? demanda Ama, surprise de ne pas voir sa voix tremblait.

— C’est le sien. Un loup garou en moins, répondit-elle en montrant l’épée maculait de sang.

Ama ne fut même pas choquée ou répugnée, c’était la guerre, il y avait peu de place pour les sentiments, Greyback et Greyfell avaient voulu tuer, ils en avaient écopés les conséquences. L’Hypnotiseuse leva le regard au ciel, ils devaient être au milieu de la nuit. Harry avait sûrement détruit le dernier Horcruxe, tout n’était plus qu’une question de temps.

Alors que l’Empathe tournait le dos à Kalea pour regarder aux alentours et voir où aller, elle entendit un cri strident à réveiller un mort, ce cri fut bientôt suivi par une douleur abominable qui transperça Ama comme une série de flèches, elle se retourna avec vivacité.

Son sang se glaça.

Sa vision se brouilla.

Son cœur se mit à battre à diverses vitesse.

Et elle lâcha une plainte stridente qu'elle n'avait jamais prononcée, même lorsqu'Erso était mort.

La douleur se contorsionna à l’intérieur d’elle, mais cette fois-ci c’était la sienne. Elle rampait en elle comme un serpent, mordait son cœur, la faisait pleurer. L’Hypnotiseuse mit ses mains barbouillées de sang devant sa bouche pour étouffer un sanglot, des larmes dévalèrent ses joues sans qu’elle ne puisse les contrôler. Elle releva les yeux et croisa un regard noir et un autre bleu électrique.

Le premier rayonnait de fierté tandis que le second était perdu.

— Je suis très fière de toi Elyssa ! Tu as compris comment il fallait faire pour détruire ! ricana Bellatrix avant de disparaitre à la recherche de sa prochaine victime.

Le regard d’Ama s’attarda sur Elyssa, sa baguette à bout de bras tendue devant elle, à l’endroit où, il y a encore quelques minutes, Kalea assumait d’avoir tué.

Maintenant, c’était elle qui était tuée.

Chapitre XXX :

L’Empathe tremblait, sanglotait, souffrait. Comment avait-elle pu ? Comment elles avaient pu ? Comment Ama avait-elle pu se détourner, même un instant, de Kalea en pleine guerre ? Comment Elyssa avait-elle pu commettre l’irréparable ? Comment Ama avait-elle pu croire et espérer qu’Elyssa était toujours là.

Malgré sa haine grandissante, elle ne pouvait pas se mentir, Elyssa n’avait pas voulu tuer. Ses émotions étaient instables, apeurées et désolées, elles s’engouffraient en Ama et calmer les morsures du serpent, elles agissaient comme un pansement.

Mais l’Hypnotiseuse ne parvenait pas à détache son regard du corps de Kalea gisant sur le sol, couvertes de sang, elle semblait paisible et n’avait pas eu le temps de souffrir, malgré tout Ama entendait encore son cri à fendre des cœurs résonnait dans son esprit.

— Tu es fière de toi n’est-ce pas ? Tu l’as tuée. Tu es contente maintenant ? demanda-t-elle d’un ton glacial qu’elle ne se connaissait pas.

— Ama je te jure que je ne…Je ne voulais pas ! plaida Elyssa, apeurée.

Elle non plus n’avait jamais vu Ama ainsi, elle tremblait toujours de tous ses membres, ses yeux d’ordinaire calme et apaisant brillaient de colère et de tristesse. Elle serra son poignard et avant de n’avoir pu contrôler la moindre de ses pulsions se jeta sur Elyssa. Cette dernière l’esquiva avec peine, ses yeux brouillaient de larmes l’empêchaient de voir correctement, elle posa donc la cheville sur une rocher et chuta.

Ama la maintint au sol, sa dague sous sa gorge, les yeux humides et impérieux.

— C’est moi qui perd ma cousine et c’est toi qui pleure ?! hurla-t-elle.

— Je ne… Je v-voulais pas… Je n’ai jamais voulu ça, continua de plaider Elyssa.

— Ho je t’en prie ! Ne joue pas l’innocente, je t’ai entendu à l’errant de ton frère, tu veux seulement te venger ! rétorqua Ama.

— Non ! Je voulais lui rendre justice ! répondit-elle dans un sanglot.

— La limite entre la justice et vengeance est mince, la preuve, même toi tu n’as pas réussi à voir la différence, argua Ama en pressant un peu plus la lame contre sa gorge.

— Ama, je t’en supplie ne fais pas ça. Tu en serais incapable… Tu ne vivrais plus après, gémit Elyssa ses yeux embués tournés vers l’Empathe.

Ama ne démentit pas, Elyssa avait raison et elle le savait. Elle ne pouvait pas tuer, surtout pas sa complice de toujours. Elle ne pouvait pas, c’était tout simplement impossible pour elle, comment pourrait-elle de nouveau se regarder dans un miroir si elle la tuait ? Ama ne pourrait pas se le pardonner, tout simplement.

Avec lenteur elle retira la lame de la gorge d’Elyssa, elle avait appuyer assez fort pour qu’une ligne rouge soit visible, mais aucune goutte de sang ne s’en échappait.

— Si tu dois mourir, ce n’est pas moi qui te tuerai. Mais je n’oublierai jamais ce que tu as fait, si tu t’en prends à une autre personne que j’aime je te jure que…

Ama fut coupée par un élan de culpabilité provenant d’Elyssa, elle se redressa et fixa le sol, des larmes tombant sur le sol. Mais l’Empathe se fichait de ça, Elyssa se sentait coupable et elle voulait savoir pourquoi, enfin, elle connaissait déjà la cause, elle voulait savoir qui.

— Qui ? Qui as-tu tué ? demanda-t-elle dans un murmure.

— Je… Hum… Je ne voulais… Mais… Bellatrix, elle m’a forcé, j’ai dû l’aider à faire l’explosion, et… Arthur était là… Il a voulu protéger Percy… E-e-et il l’a poussé et il est…mort, bégaya Elyssa.

Le cœur d’Ama se tordit violement de douleur, il hurlait de souffrance, mais l’Empathe n’arrivait pas à hurler sa douleur, ses plaintes restaient bloquées dans sa gorge. Sans qu’elle ne contrôle vraiment quoi que ce soit, Ama donna un violent coup avec le manche de sa dague à Elyssa qui tomba au sol en se frottant le menton, du sang perlait du coin de sa lèvre, mais Ama n’en avait rien à faire.

Elyssa avait ôter la vie à deux personnes qu’Ama aimait énormément, elle sentait la douleur des Weasley s’infiltraient dans ses veines comme du venin sans qu’ils ne soient au courant, après un regard noir et plein de haine -qu’elle n’aurait jamais cru ressentir- à Elyssa, l’Hypnotiseuse se détourna et la laissa seule, elle enjamba le corps de Kalea avec un ultime pincement au cœur.

Elle se précipita à l’intérieur de Poudlard, elle ne voulait pas chercher le corps d’Arthur, ni voir Fred ou n’importe quel autre Weasley tout de suite. Elle était déjà en train de sangloter, si elle en croisait un elle s’effondrerait.

Elle courut donc, jetant parfois des coups d’œil par la fenêtre pour voir la nuit s’éclaircir, Voldemort n’était toujours pas apparu mais ça ne saurait tarder, alors qu’elle courait sans regarder devant elle, elle percuta quelqu’un et tomba à la renverse sur cette personne. Elle se redressa confuse et reconnut sa mère avec ses cheveux blonds en pagaille et ses yeux bleus effarés.

— Maman ! s’écria-t-elle tout de même.

Ama se mordit l’intérieur de la joue jusqu’à sentir le goût acre du sang, elle ne l’avait jamais appelé ainsi. C’était toujours « mère » ou par son nom, mais jamais comme ça. Après tout, l’Hypnotiseuse était épuisée, elle n’avait plus la force de la haïr.

— Ama ! Tu vas bien ? Et ton frère ? s’inquiéta-t-elle.

— Oui, oui. Ace se bat dans les Cités Perdues, mais toi que fais-tu là ?

— Je ne pouvais pas laisser ma famille se battre sans moi, je sais déjà que mon frère, Angel se bat, mon neveu aussi et ma…nièce.

— Kalea est morte maman, Elyssa l’a tué, dit-elle en étouffant un sanglot.

Caeta devint livide, aussi surprise et attristée qu’Ama, mais elle reprit vite son apparence de femme forte et essuya les larmes d’Ama d’un geste du pouce avant de relever et d’inciter Ama à faire de même.

— Je sais que ça t’attriste, mais tu es plus forte d’accord ? N’hésite pas à laisser tes émotions prendre le dessus, mais n’oublie pas que tu les contrôles et que je suis là maintenant, dit-elle en souriant tristement.

Ama hocha la tête et sécha ses larmes d’un revers de la main, sa mère avait raison, même si ça lui coûter de l’avouer. Elle reprit sa dague fermement dans son poing quand elle entendit un grognement animal derrière elles. Caeta et elle-même se retournèrent précipitamment pour voir le regard jaune vif de Greyback.

Ama se sentit frissonner face à lui, il cherchait toujours à la tuer, aucun doute là-dessus. Greyback gronda alors et étira un sourire pour laisser découvrir des dents maculaient de sang. Caeta se mit alors entre sa fille et le loup garou en sortant une dague de sa cape. Greyback leva les yeux au ciel, presque amusé et se jeta sur Caeta pour la clouer au sol.

Ama se sentit paralyser, elle parvint tout juste à s’écarter de la trajectoire des deux combattants, sans pour autant réussir à aider sa mère.

Elle les regarda donc, en vain, rouler au sol, sans pouvoir bouger le petit doigt. La lutte dura un temps indéterminé, elle savait juste que le soleil commençait à décliner et le jour à se lever. Ama ferma les yeux et tenta de calmer les bondissements de son cœur, sans s’en rendre compte elle avait réussi à bloquer les émotions des autres tant elle était concentrée sur les siennes.

Lorsqu’elle rouvrit les yeux, Caeta était devant elle, essoufflée et couverte de sang, derrière elle se trouvait Greyback gisant dans une marre de sang, il ne respirait plus.

— Un ennemi en moins, déclara Caeta en secouant son bras couvert de sang pour éclabousser le sol.

Ama hocha simplement la tête, chamboulée par tous les morts qu’elle avait vues en une nuit. Maintenant il faisait jour, les Mangemorts arrivaient toujours en masse, mais ils étaient prêts. Ama avait perdu deux proches, elle ne se permettrait pas d’en perdre un de plus.

Chapitre XXXI :

Ama et Caeta restèrent à l’intérieur de Poudlard, tandis que plusieurs sorciers allaient dehors, elles restaient ici. Elles continuaient de se battre à l’intérieur, elles rencontraient de multiples Mangemorts, mais aucun Invisible. Les Mangemorts les blessaient, mais Ama et Caeta les assommaient.

Au bout d’un moment, Ama et Caeta durent se séparer, Ama avait dû faire en sorte d’éloigner deux Mangemorts de sa mère, elle s’était donc brûlé les poumons en manquant de peu de se faire renverser par Harry et Voldemort. L’Hypnotiseuse ne s’en était pas formaliser et avait continué sa course, elle avait éviter plusieurs sorts et fait chuter les Mangemorts de deux étages.

Mais alors qu’elle courait toujours, à la recherche de quelqu’un à aider ; une personne lui rentra dedans et la serra contre lui. Ama releva la tête et lâcha un immense soupir de soulagement en reconnaissant Ace.

— Ace ! Maman, elle a tué Greyback ! Mais… Mais, Kalea et Arthur… Ils sont… bafouilla-t-elle.

— Je sais, je sais, Ginny m’a raconté, calme-toi maintenant, murmura-t-il en s’écartant.

Ama le regarda alors de plus près, il avait un œil au beurre noir et sa cape était tâchée de sang, mais il semblait aller bien dans l’ensemble.

— Mais que fais-tu là ? Tu étais dans les Cités Perdues !

— La bataille est finie, nous avons gagnés. Maintenant, c’est ici qu’on doit gagner, répondit-il avec un sourire entendu.

Ama hocha la tête et continuèrent leur chemin. Avançant à pas feutrés, tendant l’oreille au moindre bruit de pas, bien que tout ce qu’ils entendaient furent des cris et des explosions. Mais le frère et la sœur ne s’en préoccupaient guère et avançaient dans la foulée. Du moins c’était jusqu’à ce que deux Invisibles qui leur était bien connus ne les attaquent.

Lady Gisela et Gethen.

Gethen se jeta sur Ace et les deux hommes roulèrent au sol, tandis qu’Ama et Lady Gisela se lançaient des regards noirs et cherchaient par où attaquer. Aucune des deux ne semblaient vouloir lancer l’attaque, elles cherchaient le point faible de l’autre, pour savoir comment se faire tomber mutuellement.

Mais Lady Gisela fut prise d’une envie bestiale, Ama le sentit, les émotions de la Polyglotte étaient enrobées de malveillance et de désir de faire souffrir, mais lorsque Lady Gisela sauta sur Ama, cette dernière leva sa dague pour se défendre.

La suite de la scène se déroula lentement, Lady Gisela n’eut pas le temps de se rattraper, l’Empathe n’avait pas le temps de rengainer sa dague, alors Lady Gisela s’empala sur la dague de l’Hypnotiseuse.

Ama tomba à la renverse sous le choc de la percussion, Lady Gisela tomba lourdement sur elle. Le sang gicla sur le sol, un liquide poisseux s’écoula et tomba sur la main d’Ama pour ensuite égoutter sur elle-même. Le regarde de Lady Gisela s’écarquilla tandis qu’elle hurlait en se redressant, elle posa les mains sur son ventre ou une plaie béante s’était ouverte, elle tourna son regard plein de rage vers Ama. Mais il devint vitreux, elle tomba alors à genoux, puis face contre terre, elle tenta de se redresser, mais son soupir fut sa dernière expiration.

Le regard d’Ama brilla de peur, elle venait de tuer… Elle avait commis l’irréparable, comment pourrait-elle de nouveau se regarder dans un miroir ? Maintenant qu’elle n’était plus concentrée sut les émotions et sentait les siennes affluaient à grande vitesse, elle sentait la souffrance de Lady Gisela avant qu’elle n’expire, elle regarda sa vie quitter son corps tandis que la douleur d’Ama se ranima comme une flamme.

L’Empathe secoua la tête, Lady Gisela avait pris la vie à tant de personnes ! Peut-être n’était-ce que justice. Enfin, elle disait surtout cela pour s’en convaincre elle-même.

Alors qu’Ama était encore assise sur le sol, apeurée et tremblante, une main entra dans son champ de vision, l’Empathe redressa la tête et vit Ashley, ses vêtements autrefois si élégants étaient maculés de sang, surtout celui de ses ennemis, car elle avait l’air en pleine forme, Ama accepte sa main tendue et se redressa.

— Viens vite avec moi, à la Grande Salle tous les corps et blessaient y sont… Et… Enfin tu verras, dit Ashley tandis qu’Ama remarquer ses yeux embués.

Ama paniqua aussitôt avant de partir en trombe vers la Grande Salle suivit d’Ashley, mais Ama n’y prêta aucune attention, la peur l’accaparée elle ignora chaque sourire que les sorciers lui adressaient, bien trop paniquée.

Ama et Ashley arrivèrent donc dans la Grande Salle, de nombreux morts et blessés se trouvaient épars sur le sol, Ama se précipita vers les Weasley lorsqu’elle les vu de loin, elle fut rassurée en voyant qu’ils allaient tous bien, sauf Arthur.

Ce dernier était étendu sur le sol, les yeux clos, le visage serein, ses enfants et sa femme autour de lui. Ama sentit son cœur se serrer, plus jamais elle ne pourrait répondre aux questions qu’Arthur posait, elle ne pourrait plus l’écouter avec attention lorsqu’il parlait de son mode.

L’Empathe sentit les larmes lui montaient aux yeux, elle s’apprêtait à aller s’asseoir près des Weasley pour leur offrir un soutien moral, mais son regard fut attiré par trois autres corps.

D’abord, celui de Tonks, la jeune maman, Lupin était agenouillé à côté d’elle, des larmes dévalaient ses joues. Ama eut de la peine pour lui, pas la peine qu’elle utilise son talent pour ressentir sa douleur, elle la ressentait elle aussi. Tonks avait été si bonne avec elle, et voilà qu’elle était morte.

Elle passa à côté d’eux sans un mot, les larmes menaçant de tomber. Elle s’approcha donc de trois autres lits de morts, cette fois-ci se mordre l’intérieur de la joue ne suffirait pas pour empêcher ses larmes qui dévalèrent une nouvelle fois ses joues.

Devant elle se trouvait Kalea, si paisible, elle était morte si jeune au grand désarroi d’Ama, à côté d’elle, Elyssa se reposait également dans son sommeil éternel, l’Hypnotiseuse ressentie tout juste un pincement au cœur, malgré sa rancune elle en restait attristée.

Puis, son regard se tourna vers Ace et Angel, agenouillés devant un dernier corps qui souleva le cœur d’Ama. Elle s’en approcha et s’agenouilla à côté d’eux pour contempler son cousin mort. Amadeo semblait dormir sereinement, Ama aurait pu vraiment croire qu’il dormait s’il respirait, mais ce n’était pas le cas. Son cousin si têtu et si impassible, mais au cœur si bon. Ama déposa un baiser sur son front, pour lui dire adieu, toutes ces choses qu’elle aurait aimées lui dire étaient dans ce baiser. Ama se redressa, tremblante de tout ses membres et laissa à Ashley le rôle de s’occuper d’Ace, cette dernière était venue le prendre dans ses bras tandis que Caeta consolait son frère en lui parlant à voix basse.

L’Empathe pivota et se retrouva en face de Fred, ce dernier avait les yeux gonflés et rougis à force de pleurer, et Ama ne valait sûrement pas mieux. Elle ne prononça pas un seul mot et se contenta de se laisser tomber dans ses bras, sanglotant de plus belle.

— C’est ma faute, lui dit alors Fred.

— Quoi ? De quoi ? s’inquiéta Ama en s’écartant de lui à toute vitesse.

— Si Amadeo est mort, un Mangemort m’avait pris en ligne de mire, il allait me lancer le sort « Avada Kedavra » mais Amadeo s’est interposé et a pris le sort de plein fouet… Oh Ama je suis désolé ! gémit Fred, des larmes dévalant ses joues.

Ama ne répondit rien, chamboulée, elle aurait pu en vouloir à Fred, mais si Amadeo s’était interposé c’était pour une bonne raison. L’Hypnotiseuse ne savait pas laquelle, mais elle avait confiance en son cousin. Elle offrit donc un triste sourire à Fred et essuya ses larmes avec les pouces.

— S’il a fait ça, c’est pour une bonne raison, et je lui fais confiance, murmura-t-elle en retournant se blottir au creux de ses bras.

Après tout, lui aussi avait perdu un proche, il avait aussi besoin de réconfort. Ils restèrent ainsi un long moment, personne n’osait se déranger dans ces moments de réconforts. Ama ne savait pas qui d’autre de ses proches étaient morts, mais elle avait vu Neville et Luna, donc elle était rassurée.

Néanmoins, elle resta tout de même contre Fred, la joue était levée, la guerre finie, la paix pouvait désormais venir. Mais Ama préféra rester contre Fred, elle se sentait en sécurité, et surtout elle tremblait de tous ses membres, si elle s’écartait elle risquait de tomber.

Lorsqu’Ama s’écarta enfin, elle ne lâcha pas pour autant les mains de Fred, elle voulait rester près de lui, comme s’il suffisait qu’elle s’éloigne pour qu’il disparaisse. Elle resta donc près de lui lorsqu’ils retournèrent près des Weasley et des Everdinia qui restaient, Harry, Ron et Hermione manquaient comme toujours à l’appel.

Ginny s’approcha à grandes enjambées d’Ama et lui sauta au cou, Ama sentit son soulagement et ne put que l’étreindre. Elle savait qu’elle pouvait lui faire confiance, mais également qu’elle avait bien fait de lui accorder sa confiance.

Quand Ginny s’écarta tous tournèrent le regard vers la fenêtre, un ciel éclatant brillait, il brillait comme si rien ne s’était passé cette nuit là et que tout allait bien dans le meilleur des mondes. Ils savaient que ce n’était pas le cas, mais ils savaient qu’ils se relèveraient plus fort de cette aventure aussi extraordinaire que blessante.

Epilogue :

Un mois tout pile s’était écoulé depuis la guerre. Le deuil était toujours présent, mais les plaies se refermaient petit à petit, la douleur restait fraiche, mais bien moins douloureuse.

Le quotidien d’Ama reprenait son cours, elle habitait toujours au Terrier tandis qu’Ace et Ashley avaient emménagés ensemble, Léo avait fait la même demande à Alice qui lui avait promis qu’elle viendrait avec lui dès que sa dernière année serait terminée. Les jumeaux aidaient à la reconstruction du magasin d’Ollivander, ce dernier avait été retrouvé, il avait quelques commotions cérébrales mais il allait bien. Il pourrait même reprendre du service dès la rentrée prochaine ! Comme chaque magasin en réalité, Fred et George continuaient leurs ventes par hiboux, mais ils avaient hâte de retrouver leur boutique.

Ama quant à elle, elle avait prévue de terminer ses études à Poudlard, elle ferait sa dernière année avec Hermione, Lise elle avait décidé de commencer ses études à Poudlard, elle serait donc en troisième année et Ama était prête à parier qu’elle serait chez Poufsouffle. Silver quant à elle aidait à la reconstruction des Cités Perdues qui avaient été endommagées à la suite de la guerre contre les Invisibles -elle en profitait pour se pavaner auprès de Mr. Forkle- tandis que Ginny et Ama aidaient Remus avec son bébé, il s’appelait Ted Lupin et possédait le même don que sa mère, ses cheveux prenaient plusieurs teintes, mais sa préférée était de loin la bleue.

Comme toujours, l’Hypnotiseuse était allongée sur l’herbe verdoyante un beau soir, elle contemplait les étoiles avec sa mère, son oncle et son frère. Cette réunion familiale s’était transformée en nuit à la belle étoile.

— Vous pensez qu’ils sont là-haut ? demanda Angel.

Angel avait toujours cru dans les réincarnations ou les idées extravagantes. Il parlait donc de Kalea et Amadeo, se demandant s’ils veillaient sur eux, Ama eu tout de même de la peine pour lui, il avait perdu ses deux enfants en une seule nuit.

— Oui, j’en suis sûre, et je suis sûre qu’ils se fichent de nous, fit Ama en riant.

— Aucun doute, ils doivent se dire qu’on est de gros paresseux, renchérit Ace.

Tous rirent de bon cœur avant de ne laisser place au silence, personne n’osait parler tandis qu’ils contemplaient les étoiles. Ama put alors se perdre dans ses pensées et souvenirs.

Ces trois dernières années furent mouvementées pour elle. Elle avait fait des rencontres inoubliables, elle était tombée amoureuse, s’était faite des ennemis et des amis, s’était faite virée du Cygne Noir, dire qu’elles avaient été calmes seraient mentir.

En parlant d’amis et d’ennemis, les enfants de Mangemorts tels que Pansy, Drago ou Zabini avaient été pardonnés de leur trahison, jugeant qu’ils avaient simplement écoutés leurs parents.

Rogue, ce professeur qui haïssait Ama, était mort en héros. Apparemment il aurait été le héros caché de cette histoire, mais Ama n’avait pas demandé de détails, pour elle il n’y avait ni héros ni vilains. Juste des survivants chanceux et des morts désobligeantes.

L’Hypnotiseuse s’était pardonnée à elle-même d’avoir tué Lady Gisela, mais après plusieurs discussions elle en avait conclue que c’était seulement un incident. Comme nombreuses des morts ce soir-là.

Ama n’avait plus à s’inquiéter au moins, elle n’avait plus de tourments, plus de peurs ni d’appréhension, elle avait juste à profiter de la vie.

L’aube se levait sur un jour nouveau, le crépuscule se coucherait avant une nuit bien méritée et sans cauchemars, la nuit apaiserait les esprits, elle ramènerait parfois des mauvais souvenirs, mais avant tout le calme. Elle aimait toujours autant ce cycle du jour et de la nuit, malgré tout ce qu’il s’était passé, il lui apportait toujours la paix. Et le silence.

Le silence, cette chose qui avait accompagnée durant toute sa vie et qui était encore à ses côtés en ce moment, avec sa famille, ils restaient silencieux tout en contemplant les étoiles. Sans parler, Ama savait qu’ils s’aimaient tous, comme elle savait que même sans parler, Fred comprenait qu’elle l’aimait et Ginny comprenait qu’elle était importante à ses yeux.

L’amour ou l’admiration ne passent pas forcément par des paroles, mais par de simples gestes, de simples regards ou de simples sourires. L’amour au premier regarde, c’était sans doute ce qui était arrivé à Ama. On avait beau dire que pour aimer il fallait se connaitre pour aimer, toute histoire commençait par un regard qu’on le veuille ou non. C’était ce qui était arrivé à Ama, elle avait admiré au premier regard, aimé au premier regard. C’était ce qu’elle appelait :

La Magie du Silence.


Franchement je dis merci et bravo à tous ceux qui seront arrivés jusque là !

Je vous remercie d'avoir lu et d'avoir accompagné Ama durant ces quatre tomes consécutifs, mais son histoire s'achève là. Désormais elle vivra d'elle-même sans que je ne vous dise ses émotions, j'espère que vous aurez aimé, que vous vous serez attaché aux personnages et apprécier cette histoire à laquelle j'ai pris beaucoup de plaisir.

Mais aujourd'hui elle prend fin, c'est ma dernière fanfiction Gardien des Cités Perdues et j'espère sincèrement que vous l'aurez aimé !

Finalement, ce n'est pas la fin... La Mélodie du Temps. Tome I : Souvenirs de printemps

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