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Vous voulez la suite ? Elle arrive ce week-end, mais je vous présente quand même le résumé et la couverture.

Résumé :

Ama a souffert, beaucoup, auparavant appréciée de nombreuses personnes, elle est devenue la sans-coeur reniée. Forcée de quitter le Terrier pour ne pas se briser, elle a déménagé à Santania, son ancienne maison, avec Ginny, sa fidèle amie qui semblerait prête à l'accompagner jusqu'au bout du monde. Les deux amies ont vite été rejointes par Fred et George, eux-mêmes mis dans les problèmes d'Ama. Cette dernière doit vite s'en sortir dans ces derniers, alors qu'elle nage dedans ils prennent de l'ampleur. Sans compter le parchemin trouvé dans la chambre de ses parents, il est bien mystérieux... Et ce symbole, que représente-t-il ? Ama va chercher à le découvrir. Son passé est revenu, ou elle est allée le chercher, mais il se mélange au présent. Ce mélange, bien qu'étrange, donnera-t-il un futur heureux ? Ou au contraire, un futur malheureux ?

By Orage d'Espoir

By Orage d'Espoir

Pour le savoir, replongez vous dans la suite de l'histoire, pour le meilleur... Ou pour le pire.





Prologue :

Une cascade dans la montagne, la chute d’eau berce les animaux chaque nuit, mais pas cette nuit-là.

Les animaux sont agités, les biches ont les oreilles tendues, les prédateurs de ces dernières ne cherchent même pas à les attaquer et fixent la cascade de leurs yeux jaunes. Les petits animaux tels que les marmottes ou les fouines restaient cachés dans les buissons, leurs yeux noirs brillant de peur.

La lune était pleine, camouflée par les nuages elle brillait faiblement tandis que le rugissement de la cascade couvrait les feulements des animaux. Soudainement, une puissante rafale de vent chassa les nuages, la lune, éclatante, fit briller la cascade d’eau d’un éclat argenté et luisant.

Hypnotisés par ce spectacle, les animaux n’émettaient plus aucun bruit, seule leur respiration se faisait entendre avec le rugissement de la cascade en cette nuit d’été.

Brusquement, ce fut le drame.

Alors que la lune brillait ardemment sur la cascade, un faisceau de lumière éblouissant avait jaillit de cette dernière, les animaux, aveuglés par tant de clarté, avaient gémi et pris la fuite se cognant dans les arbres ou les uns contre les autres.

Lorsque le faisceau de clarté disparut, il ne restait plus aucun animal. Mais, il y avait deux humains, tous deux encapuchonnés dans leurs capes rouge, au dos de ces dernières il y avait un symbole noir qui représentait une feuille encadrée de griffes acérées.

L’un de humains avec une carrure haute, les épaules carrés il était imposant au contraire de son acolyte qui était frêle et chétif.

Sans échanger un mot, les deux humains s’élancèrent en même temps dans la forêt. Leurs pas effleurant à peine le sol ils ne faisaient aucun bruit, le plus chétif s’amusa à grimper à un arbre pour sauter de branche en branche tandis que le baraqué rester au sol. Ils continuèrent de courir jusqu’à ce qu’ils arrivent à une grotte.

Leurs pas résonnèrent dans la grotte où l’on pouvait entendre un clapotis régulier d’un filet d’eau, ils descendirent dans les profondeurs de la grotte pour arriver dans l’antre principale. Un halo de lune l’éclairait, surtout un grand pic au centre de la grotte qui brillait légèrement. Les deux humains s’approchèrent et baissèrent leurs capuches.

Le baraqué était un homme aux cheveux ras et bruns, il avait une barbe de deux-trois jours et des yeux d’un bleu ciel éclatant son acolyte était une femme aux cheveux blond coupés court avait des yeux bleu argenté comme l’opale.

— On va continuer cette chasse longtemps ? demanda-t-elle.

— Aussi longtemps que nécessaire ma chère, nous l’avons promis, répondit le baraqué.

— Nous avions promis de prendre soin de sa progéniture, pas de jouer à la chasse au trésor !

— C’est justement pour ça que nous faisons la chasse, pour assurer la protection de sa progéniture.

— Il serait peut-être temps de vérifier vos sources.

Ni le baraqué, ni la chétif n’avait parlé, c’était une voix douce, grave et mélancolique qui avait parlé. Les deux aventuriers regardèrent autour d’eux mais ne virent rien, ils sentirent juste un mouvement près d’eux, en tournant la tête vers l’endroit où ils étaient arrivés, le baraqué vit une ombre disparaitre.

— Qu’est-ce que ça veut dire ? paniqua la femme.

— Je ne sais pas. Prends le cristal on s’en va, répondit l’homme.

La femme obéit et prit le petit cristal brillant comme l’opale qui était sur le pic, ce qui créait la lumière, elle leva le cristal à la lumière et un faisceau de lumière apparut, ils n’échangèrent pas un regard et s’engouffrèrent dans le halo de lumière pour disparaitre.

Derrière eux, une forme se brouilla pour devenir celle bien nette d’un homme. Malgré sa capuche, on pouvait bien voir le sourire qui s’étirait sur ses lèvres.

— Courez, courez. Ce n’est qu’une question de temps, murmura-t-il.

Puis sa silhouette se brouilla pour disparaitre dans les ombres de la nuit.

Chapitre I :

Près d’un mois s’était écoulé depuis qu’Ama avait découvert le parchemin. Elle avait beau avoir réfléchi elle n’avait strictement rien trouvé qui pouvait l’aider à comprendre, Ginny et les jumeaux non plus.

Ces derniers avaient donc emménagé à Santania jusqu’à nouvel ordre, ils faisaient la communication entre Ama et Ginny et Arwen, cette dernière ne voulait pas savoir où elles étaient à cause de son père qui était ami avec le professeur Baiard, elle avait trop peur que ce dernier soi un legilimens et qu’il puisse lire ses pensées pour les retrouver.

Bien qu’Ama lui en soi reconnaissante, elle trouvait cela dommage. L’Empathe n’allait plus dans les Cités Interdites, du moins, pas là où ses « amis » pouvaient se trouver, donc au Chemin de Traverse, étant donné qu’Arwen travaillait là-bas, Ama les croiserait tôt ou tard et elle voulait éviter ça.

Surtout que, d’après les jumeaux, ils passaient beaucoup de temps au Chemin de Traverse, Lucie voulant voir les jumeaux elle allait une fois sur deux à la boutique.

Et cela en devenait tant abusif et lassant que dès que Lucie venait les jumeaux confiaient le magasin à Ron et transplanaient à Santania. Ils aimaient bien l’endroit, toujours plus ébahis à chaque fois qu’ils découvraient une pièce, bien que George n’en rate aucune pour se moquer d’Ama et sa tête de déterrée sur les cadres de famille. Au moins, il n’avait toujours pas découvert sa peluche qu’elle avait renommé Câlinou, si ça arrivait, elle pourrait demander à préparer son errant.

Ce matin-là, Ama n’avait pas le courage de quitter son lit, Câlinou serré contre elle, elle regardait par la fenêtre de sa chambre. Le ciel était d’un beau bleu limpide, aucun nuage à l’horizon, mais un soleil éclatant était présent. Néanmoins, ce soleil ne donnait pas envie à l’Hypnotiseuse de se lever, elle était fatiguée, elle n’avait pas beaucoup dormi la nuit précédente, rongée par ses sombres pensées comme souvent.

Elle avait pensé aux dernières paroles de Lucie « tu me payeras l’affront que tu m’as fait ». Elle aurait dû l’écouter ce jour-ci, ou au moins avoir un soupçon de doute. Maintenant qu’elle y repensait, elle aurait dû savoir que Lucie attaquerait aussitôt ! Elle aurait dû le prévoir, elle aurait dû se méfier…

Mais elle avait préféré voir Silver et Lise, bien que ce ne soit pas regrettable, elle aurait dû faire quelque chose pour empêcher Lucie de faire ça. Maintenant, elle avait gagné le soutien d’Hermione -bien qu’elle l’ait depuis longtemps- de Ron, de Molly et d’Harry.

Ce dernier n’avait pas demandé aux jumeaux de parler à Ginny, ce qui affectait la jeune rousse, elle n’en montrait rien, mais Ama le voyait dès que Fred faisait un petit geste adorable à son égard, son amie s’imaginait sans doute qu’Harry était à ses côtés.

Soudainement, quelqu’un toqua à la porte d’Ama, tirant cette dernière de ses pensées et songes, elle cacha précipitamment sa peluche sous son oreiller pile au moment où la porte s’ouvrit pour que Ginny rentre.

La sorcière était vêtue de l’une de ses nouvelles tuniques, une rouge dont le col était orné de fleurs dorées qu’elle semblait bien aimer.

— Tu vas te lever marmotte ? demanda-t-elle en guise de bonjour.

— Je ne sais pas, je n’ai pas envie.

— Ah. Je reformule ma question : tu vas te lever marmotte ou c’est moi qui t’éjecte du lit.

Comprenant qu’elle n’avait pas le choix, Ama quitta son lit douillet et alla se changer rapidement, elle trouva le moyen de se faire une tresse malgré ses long cheveux et alla retrouver Ginny qui l’attendait assise sur son lit.

— C’est bon. Pourquoi as-tu décidé de me lever alors que je profitais du confort de mon lit ? demanda-t-elle les bras croisés.

— Ah. J’avais envie. Plus sérieusement, je me disais qu’il fallait qu’on aille chez Ace et Ashley. Si on découvre des choses dans les affaires de ta mère, peut-être que ton frère aussi sait quelque chose, répondit Ginny en se tournant vers Ama.

Ama ne répondit pas immédiatement, elle aimerait que son frère ne sache rien. Mais durant le mois dernier, elle avait recontacté Léo, Ama avait de nouveau aborder le sujet d’Ace, mais Léo l’avait esquivé très vite. Désormais, l’Hypnotiseuse était convaincue que son frère lui mentait, bien qu’elle le sache, elle espérait fortement qu’il y avait une infime chance pour qu’elle s’invente des histoires.

— D’accord. Je vais appeler Ashley pour dire qu’on vient dîner, ce soir ou demain, faut trouver comment fouiller maintenant, finit-elle par soupirer.

— Facile ça, faut juste que les jumeaux soient invités, dit Ginny avec un sourire en coin.

— Développes tu veux.

— S’ils sont là, ils vont amuser la galerie, et Fred aura juste à prétexter une discussion avec Ace, tu fais croire que tu veux voir la déco de leur chambre, et moi je prétends une envie pressante. A partir de ce moment-là, on aura juste à jouer nos fouines.

— Tu sais ce qu’est le pire dans ton plan tordu ? C’est qu’il tient la route, soupira Ama.

— Je suis une stratège de haut niveau, je n’y peux rien, fanfaronna Ginny.

— Tu sais, plus les jours passent, plus je me dis que tu es aussi mesquine que tes frères.

— AH NON ! Tu n’as pas le droit de me comparer à eux !

Ama, amusée d’avoir touché un point sensible, leva les yeux au ciel et affirma ses propos d’un hochement de tête avant de quitter la chambre. Elle n’était pas arrivée devant la porte de la chambre d’Ace que Ginny cria son nom. C’était le signe qu’elle pouvait commencer à courir.

Sans attendre, l’Hypnotiseuse commença à courir dans les couloirs de son manoir, instinctivement, elle se rua au rez-de-chaussée pour sortir dehors. La sorcière continua de la pourchasser.

Son manoir était entouré de plaines verdoyantes dans lesquelles Ama aimait se perdre. Les plaines n’étaient pas vierges, il y avait bien entendu des arbres, sans que cela soit une forêt pour autant. L’Empathe courut pour mettre de la distance entre et Ginny avant de s’arrêter brusquement, elle se souvenait de son enfance, lorsqu’elle courait dans les plaines avec son frère qui la pourchassait. C’était dans ces mêmes plaines qu’elle avait appris à grimper aux arbres, toutes les chutes qu’elle avait pu faire, toutes ces courses avec son frère. Ces souvenirs la firent sourire lorsque soudainement elle sentit un poids lui tomber sur le dos.

C’était Ginny qui avait profité de son inattention.

— Je t’ai eu, déclara-t-elle fièrement.

— Je m’avoue vaincue, mais pousse-toi tu m’écrases la colonne vertébrale, dit Ama en essayant de ne pas manger la terre.

Ginny s’écarta et Ama put se mettre sur les genoux.

— Bon, tu étais tellement perdue dans tes pensées que j’ai eu le temps d’avertir les jumeaux pour le dîner. Ils acceptent, déclara en se mettant sur les genoux.

— Parfait. J’appelle Ashley alors, dit l’Empathe en sortant son transmetteur.

Autant le faire maintenant alors qu’elle avait encore le sourire aux lèvres.

— Et ne lui laisse surtout pas le temps de comprendre ce qu’il se passe sinon elle va trouver le moyen de refuser, prévint Ginny alors qu’Ama sortait son transmetteur.

— Ginny. Tu es vraiment machiavélique, ça me fait presque peur.

Ama entendit Ginny pouffer et appela Ashley.

Elle apparut vite à l’écran, la jeune femme était toujours pimpante, ses joues rosies, ses cheveux châtains bien coiffés et ses yeux bleu éclatant de surprise.

— Ho salut Ama ! Tu voulais quelque chose ?

— Salut Ashley ! Oui. En fait, je me disais qu’on pourrait se voir parce que ça fait longtemps et qu’on n’a jamais eu de vraies discussions entre belles-sœurs, commença prudemment Ama.

— Et donc ? demanda Ashley, intriguée.

— Donc, j’ai décidé de venir demain avec Ginny, Fred et George ! Pour le dîner, aller, y a Ginny qui va finir par s’évanouir devant un tableau, à demain !

Sans laisser le temps à Ashley de réagir, Ama coupa la transmission, elle n’aimait pas spécialement faire ce coup-bas à Ashley, mais Ace ne lui laissait pas le choix.

Chapitre II :

Le lendemain, Ama s’était levée tôt avec Ginny, les deux amies avaient oublié un léger, très léger détail.

Il fallait qu’elles se trouvent une tenue adaptée pour un dîner avec la fille de l’une des stylistes les plus connues des Cités Perdues. En effet, Ama avait trouvé un magazine sur lequel on parlait d’Ashley, elle ne le montrait pas, mais apparemment elle aimait autant la mode que sa mère et donc, il vaudrait mieux essayer de ne pas faire tâche devant elle. Les deux amies se fichaient de leurs habits et elles n’aimaient pas les robes, mais il fallait quand même qu’elles se trouvent de belles tuniques.

— Tout ça pour un dîner, soupira Ginny qui était en train de vider l’armoire d’Ama.

— Pas besoin de robe, faut juste une belle tunique, il manquerait plus qu’elle ait des paparazzis ou que sa mère passe à l’improviste pour juger ses créations.

— Une mère prévient avant de passer, contra Ginny.

— Si seulement. C’est une styliste, comme sa fille, Ace m’avait rapidement parlé d’elle, elle vient régulièrement pour voir les créations d’Ashley, expliqua Ama.

— Ho malheur, et maintenant on doit faire bonne impression devant elle ?

— Je ne tiens pas à ruiner le couple de mon frère.

— Ok. J’ai compris. Alors je te propose qu’on mette ceci, soupira Ginny en sortant deux tuniques, l’une jaune pâle en satin et une seconde longue et bleu pâle.

Ama hocha la tête, elle approuvait le choix des tuniques de la rousse. L’Hypnotiseuse prit donc la tunique jaune pâle, satisfaite elle sourit à Ginny. Les deux amies allèrent se changer et revinrent dans la chambre d’Ama pour juger.

La tunique bleue allait très bien à Ginny qui avait mis un legging blanc en dessous, mais elle était trop ample pour elle. Ama attrapa donc une fine ceinture blanche incrustée de diamants et la mit à Ginny.

— Là. C’est parfait, approuva Ama.

L’Empathe se regarda ensuite dans son miroir, elle trouvait que la tunique lui allait bien même avec son pantalon blanc orné de joyaux en-dessous, elle retroussa un peu les manches et trouva cela même parfait.

— Maintenant, faut juste te trouver un collier, déclara Ama.

— Pardon ? s’étonna Ginny.

— Les bijoux c’est important chez nous.

— Ho l’enfer.

— Bienvenue dans les Cités Perdues, fit Ama avec un sourire de gêne.

— Je vais commencer à regretter cette idée de dîner, soupira Ginny tandis qu’Ama sortait sa boite à bijoux.

Elle ne répondit pas, ce qui l’inquiétait était plus les jumeaux, il y avait de fortes chances qu’ils aient retourné la chambre d’Ace pour trouver une simple tenue, Ama avait déjà peur du nettoyage qu’elle aurait à faire après leur passage.

En fouillant un peu, l’Hypnotiseuse trouva un pendentif de rubis qui pourrait très bien s’accorder avec Ginny. Elle lui tendit le collier tandis qu’elle trouvait un pendentif de spirale incrusté d’un saphir magnifique. Ama n’avait jamais aimé porter des bijoux, ses parents l’en avaient presque traumatisé à force de lui répéter à quel point c’était important pour l’honneur.

L’Empathe se glissa le pendentif autour du cou et se tourna vers Ginny qui continuait de jauger le rubis, bien qu’elle ait mis le collier.

— Porter un rubis. Si celle-là je m’y attendais un jour, déclara-t-elle en levant vers Ama un regard ébahis.

— Si je m’attendais à faire des efforts pour m’habiller. On est tombée bas Ginny, affirma Ama avec un sourire amusé.

— TROP bas.

— Tout ça, c’est pour trouver des solutions, dès demain on se remet en tenue simple, pantalons simples et tuniques confortables, la rassura Ama.

— Bon. On va voir comment se débrouillent mes frères. Doués comme ils sont, ils sont capables de n’avoir trouvé qu’une chemise, soupira Ginny.

— Je te rappelle que depuis qu’ils ont leur propre argent ils ont assez de goûts en vêtements, contra Ama.

— Tu es amoureuse, pas objective.

L’Hypnotiseuse soupira, Ginny avait décidé de la rendre folle depuis hier. La sorcière lui adressa un grand sourire tandis qu’elles se dirigeaient vers la chambre d’Ace. Ama ouvrit avec appréhension mais fut bien vite rassurée, la chambre était rangée. Aucun vêtement n’était au sol ou même sur le lit, les jumeaux se contemplaient dans le miroir. Tout avait l’air normal.

— Ce qu’il ne faut pas faire pour un repas, soupira George en remarquant les deux filles.

Les deux frères avaient décidé, comme toujours, de s’accorder, l’un portant un pourpoint vert sombre avec un pantalon de la même teinte, tandis que le second avait opté pour du bleu. Ama hocha la tête en signe d’approbation sans même s’en rendre compte.

— Bon, ok Ama, je t’accorde ce point, ils savent choisir leurs vêtements. Mais c’est la dernière fois que je te donne raison sur eux, soupira Ginny, vaincue.

Ama lui fit un clin d’œil complice tout en souriant aux jumeaux. Fred se rapprocha d’Ama et lui déposa un baiser sur la tempe le regard brillant tandis que Ginny se rembrunit dans son coin. Compatissante, l’Empathe lui posa une main sur l’épaule et lui offrit un sourire bienveillant qui rassura son amie, ses yeux émotions s’éclairèrent au même rythme que son regard.

Le reste de la journée passa rapidement, si vite au point qu’Ama se surpris à être presque en retard au moment de partir. Elle avait l’impression d’oublier quelque chose alors qu’elle avait vérifié cent fois que non, avait-elle oublié pourquoi elle allait à ce dîner ? Non, c’était pour chercher des informations. Son collier ? Son cristal de saut ? Nullement.

Elle finit par se convaincre qu’elle avait tout et descendit rejoindre les Weasley, ils n’échangèrent pas un mot, les jumeaux avaient l’air de se réciter les bêtises qu’ils allaient dire dans leurs têtes tandis que Ginny semblait réfléchir à ce qu’elle dirait si on la surprenait en train de fouiller.

Peu soucieuse de ce détail, Ama prit la main de Fred pour qu’ils fassent une chaine avant de lever le cristal de saut à la lumière pour sauter au manoir de son frère. Le manoir était étincelant et brillait d’une lumière opalescente avec les reflets de lune, émerveillée, ce fut toute joyeuse qu’Ama toqua aux portes du manoir.

Après deux minutes d’attente, les portes s’ouvrirent, Ashley, toute pimpante, ouvrit avec un grand sourire. Vêtue d’une belle robe bleu sombre, légèrement maquillée et décorée de colliers à joyaux, elle les fit entrer en remettant une mèche rebelle derrière son oreille.

— Bonsoir ! J’espère que vous allez bien, dit-elle en les guidant dans une grande salle du manoir.

— On va toujours bien, mentit Ama.

Elle n’allait pas débarquer comme une fleur et en plus lui dire tous ses problèmes. Ashley offrit un sourire à Ama tandis que Ginny décida d’entamer la discussion avec elle, elle tâtait le terrain pour voir comment s’éclipser à un moment du repas.

Les discussions animées commencèrent alors, le repas également, mais sans Ace. Le frère d’Ama ne semblait pas décider à se joindre au repas, remarquant les recherches de regard d’Ama, Ashley posa sa main sur la sienne et lui dit d’une voix douce :

— Il est en train de travailler, il ne va pas tarder rassure-toi.

Mais Ama ne la cru pas, son pouls s’était accéléré à cause du mensonge, comprenant son erreur, Ashley retira précipitamment sa main et lui sourit comme si de rien n’était.

Mais l’Empathe savait que ce n’était pas rien. Au contraire, ce mensonge était tout.

Chapitre III :

Le début du dîner se déroula sans Ace, Ama se forçait à réagir lorsqu’Ashley parlait, mais elle n’y mettait pas du sien. Elle avait compris ce qu’elle avait oublié.

L’attachement qu’elle portait à son frère, voilà ce qu’elle avait oublié.

Elle avait oublié à quel point il était important pour elle et à quel point elle était impatiente de le voir, mais il tardait à venir à cause de son « travail ». L’avait-il oublié ? Se souvenait-il qu’il avait promis de prendre soin d’elle ? Se souvenait-il tout simplement qu’elle existait ?

Plongée dans ses réflexions, elle n’entendit pas Ashley qui lui parlait, mais elle vit les signes de mains de Ginny, signifiant qu’elle tenait une occasion pour fouiller. L’Hypnotiseuse se redressa donc et écouta la petite-amie de son frère.

— Oui pardon ?

— Je disais que tu pouvais monter le voir si tu veux, ça le sortira enfin de ses papiers. Il est au premier étage, sa porte est toujours ouverte, répéta Ashley.

Ama remercia Ashley d’un sourire et se leva, sans attendre un instant de plus elle fila au premier étage. Il lui tardait tant de revoir son frère ! Impatiente, un sourire s’était étiré sur ses lèvres tandis qu’elle faisait claquer les petits talons de ses bottes sur l’escalier de marbre.

Elle courut dans le couloir aux murs blanc et s’arrêta devant une porte grande ouverte. Le bureau de son frère. Elle regarda à l’intérieur et vit son frère, ce dernier était presque couché sur un parchemin pour écrire. Sa longue mèche blonde retombant devant son visage, il n’avait pas vu Ama.

Mais elle, elle le voyait, elle voyait les livres ouverts sur le bureau, les papiers en boule au sol, des débuts de parchemins épars sur le sol également. Que pouvait-il bien faire ?

L’Hypnotiseuse toqua doucement à la porte pour attirer son attention, il tressaillit à peine, elle retenta donc sa manœuvre en plus fort et cette fois-ci il redressa un peu la tête, sans lever le regard de ses parchemins. Obligée d’en venir aux choses sérieuses, elle toqua comme si la porte était en béton et qu’elle devait la détruire, c’est seulement à ce moment-là qu’Ace leva totalement la tête pour qu’Ama puisse revoir ce regard électrisant qui la rassurait tant autrefois.

— Salut grand-frère tu m’avais manqué, dit-elle doucement.

Cette phrase fut un écho à la phrase qu’elle avait dite lorsqu’ils s’étaient revus il y a trois ans. Ace cessa alors d’écrire et se leva pour se mettre face à Ama, l’Empathe n’avait même pas besoin de le toucher pour sentir la gêne ambiante. Aucun des deux ne savait comment réagir, l’ainé ayant dit qu’il n’avait pas de temps pour sa cadette, cette dernière lui trouvant un comportement trop suspect. Elle gardait ce vain espoir qu’il ne mente pas.

— Toi aussi tu m’as manqué, finit-il par murmurer en s’approchant pour la prendre dans ses bras un court instant.

Ama étreignit son frère à son tour, il lui avait tant manqué et elle ne savait même pas quoi dire !

— Alors, tu vas bien ? Les examens n’étaient pas trop durs ? demanda-t-il en s’écartant.

— Oui, super et toi ? Les examens ça a été.

Décidément, c’était soirée mensonges pour Ama.

— Un peu marre du boulot mais tout va bien. Tu es venue avec les Weasley je crois.

— Les trois dont je suis le plus proche du moins.

— Je vais les saluer. Je reviens, dit-il en sortant.

— Fais attention ! Ils racontent que des bêtises !

Enfin, pour une fois c’était ce qu’elle espérait.

Dès qu’Ace fut partit elle regarda ce qu’il écrivait, rien de bien intéressant, il parlait des Cités Interdites, elle regarda donc ensuite les débuts de parchemins au sol. Certains étaient destinés aux Vacker, aux Ruewen, à Tiergan, un mentor télépathe, ou encore à Cassius Sencen pour de simples formalités.

Rien d’intéressant en clair, Ama continua de fouiller. Elle regarda les pages de livres ouverts, ils montraient des grottes, seulement des images de grottes, de cascades ou au mieux de forêts. Ace avait envie de devenir garde forestier ou quoi ?

Les fouilles d’Ama n’apportaient rien, il y avait juste des choses banales. Banales et inintéressantes, s’avachissant dans le fauteuil d’Ace, un éclat doré attira son attention. Une clé d’or était toujours dans la serrure d’un tiroir, curieuse de savoir ce qu’il pouvait cacher, Ama l’ouvrit et fut horrifiée par sa découverte.

Une lettre, une simple lettre de dos, mais elle était signée du professeure McGonagall.

« Cher Ace,

Votre sœur a été renvoyée à cause d’un comportement inapproprié envers une camarade de classe. Mais là n’est pas le sujet, pour répondre à votre précédente lettre je ne crains que trois de mes élèves, dont votre jeune sœur, commencent à se douter que quelque chose cloche. Deux d’entre elles ont vu les cartes, je ne sais pas ce que fait cette bande de malotrus et pourquoi elle a besoin d’autant de précisions sur des lieux perdus, mais j’espère fortement que c’est pour une bonne raison.

Avez-vous des nouvelles à leur sujet ? Si oui j’attends avec patience votre lettre. Sinon, je vous informe que j’ai reçu une nouvelle lettre de votre mère, elle nous dit de se méfier. Elle dit que ces goujats sont plus forts qu’on ne le croit, elle précise qu’il faut que nous la croyions car elle a l’expérience derrière elle. Je ne crains qu’elle ait raison et que nous devions réellement nous méfier s’ils sont aussi dangereux que vos Invisibles.

Bien à vous,

Minerva McGonagall. »

Ama n’en revenait pas, Ace parlait avec la directrice de Poudlard depuis longtemps ! En fouillant les autres lettres elle vit qu’ils étaient en contact depuis Noel au moins. Ace lui mentait depuis tout ce temps ! Qui étaient ces goujats ? Pourquoi la directrice avait-elle des nouvelles de Caeta alors qu’Ama n’en avait même pas, elle sa propre fille ! De quelle expérience parlait-elle ? Pourquoi parlaient-ils de nouveau des Invisibles ? N’avaient-ils pas été réduit à néant ?

Et Ace, il savait pour son renvoi, il ne lui avait même pas envoyer une réprimande ou une lettre compatissante ! Il se fichait royalement d’elle, il lui avait demandé comment elle allait, mais il s’en fichait en réalité !

Il se fichait de ce qu’elle ressentait, sinon il aurait gardé le contact et n’aurait pas mentit, il se fichait qu’elle aille bien ou mal, il se fichait de ses études, il se fichait de tout ce qui la concernait. Il se fichait d’elle…

Et ça ne fit que lui briser le cœur. Déjà craquelé et broyé par Hermione, cette fois-ci Ama eu l’impression qu’il brûlait dans sa cage thoracique, il brûlait dans un feu ardent de colère et de tristesse.

Horriblement peinée, Ama se redressa tremblante en prenant de grandes goulées d’air pour ne pas pleurer. Elle rangea toutes les lettres à la hâte et referma le tiroir. Une fois sûre qu’elle n’avait aucun signe démontrant une forte envie de pleurer elle redescendit dans la salle à manger en affichant un sourire conquis.

Ama ne fut pas vraiment là pendant le reste du dîner, son esprit était comme éteint. Pour une fois, elle ne pensait pas à ses nouveaux tourments, elle s’efforçait de ne penser à rien, comme lorsqu’elle était enfant, elle affichait un faux sourire et répondait machinalement lorsqu’on lui parlait tout en priant pour que le dîner termine rapidement.

Bienheureusement, Ginny eut l’idée de dire que Molly allait s’inquiéter pour qu’ils partent. Ce qu’ils firent sans attendre, Ama étreignit Ace malgré la peine qui enlaçait étroitement son cœur, elle fit la bise à Ashley et sans même un regard ou un sourire pour eux, sauta avec les sorciers.

Dès lors qu’ils furent dans le manoir elle alla dans sa chambre où elle s’enferma à double tours. Elle expliquerait tout le lendemain, ou le jour encore après, mais pas aujourd’hui, pas ce soir. Elle était trop fatiguée, blottie sous ses draps, elle ne pleura pas, ne gémit pas, ne cria pas, elle trembla juste, se demandant ce qu’elle avait bien put faire pour que sa relation avec Ace se dégrade ainsi.

Qu’avait-elle fait de mal ?

Chapitre IV :

Deux jours plus tard, Ama n’avait pas quitté sa chambre. Elle réfléchissait à comment sa relation avec son frère avait pu changer, pourquoi, à cause de qui ? Elle n’avait pas dit ses trouvailles aux Weasley, mais aucun d’eux n’était venu la déranger, ils semblaient respecter son semblant de déprime.

L’Empathe ne savait pas si on pouvait appeler ça de la déprime à l’état pur, mais elle se sentait déprimée de voir les tournants que sa vie prenait. Elle en était à un point où elle préférait rester dans sa chambre que de voir ceux qu’elle aimait quand même !

Malgré qu’elle se dise ça, elle ne bougea pas, les genoux repliés contre elle, serrant sa peluche, elle fixait le vide, elle ne voyait rien, à force de fixer le même point sa vue s’était brouillée et elle ne réagissait pas. Elle ne se sentait même pas la force de réagir à ça alors qu’elle n’avait pas réagi aux mensonges d’Ace.

Toujours perdue dans ses pensées, Ama entendit vaguement un « alohomora » et le bruit d’une porte déverrouillée, même à ça elle ne réagit pas. Elle se sentait trop faible pour le faire. Ce fut seulement lorsqu’elle sentit un poids tomber près d’elle, qu’elle se décida à cligner des yeux pour recouvrer une vue nette et voir Fred qui fixait Ama de ses yeux bruns.

— Ah, tu me regardes directement, je ne vais pas être obligé de parler tout seul pour attirer ton attention, dit-il avec un timbre de soulagement.

— Tu voulais quelque chose ?

— Te faire sortir de ta chambre ne me parait pas plus mal. Je ne t’ai jamais vu aussi éteinte que lors du dîner d’Ashley, et pourtant je crois d’avoir vu sous pas mal de tes coutures peu glorieuses.

— Je n’ai pas envie.

— Tu n’as envie de rien en ce moment, fit remarquer Fred.

— Si. Je veux savoir pourquoi mon frère m’a mentit, comment on en est arrivé là, rétorqua Ama.

— Et tu crois que c’est en restant cloitré dans ta chambre que tu vas le découvrir ?

L’Hypnotiseuse ne répondit pas, il avait raison, elle le savait et elle ne pouvait que lui accorder ce point.

— Tu as raison, finit-elle par soupirer.

— Je sais. Maintenant tu vas sortir de cette chambre et nous expliquer ce que tu as trouvé dans le bureau de ton frère.

— Il parlait avec McGonagall depuis au moins Noel, déclara brusquement Ama.

Elle ne tenait plus, il fallait qu’elle dise ce qui pesait sur sa conscience, même si elle devrait le répéter une seconde fois elle décida de dire tout à Fred, elle lui expliqua pour la lettre, son sentiment d’exclusion, son sentiment d’oubli, de rejet. Tout ce qu’elle ressentait.

Le sorcier l’écouta sans l’interrompre, il devait sans doute voir à quel point Ama était bouleversée, surtout qu’elle ne cessait de trembler et de bégayer donc pour ne pas voir son bouleversement il fallait être pire qu’aveugle.

A la fin de son récit, Ama tremblait encore plus que lorsqu’elle avait découvert la lettre, penser aux mensonges de son frère n’était pas aussi brutal que les évoquer de vive voix.

— He ! Calme-toi Ama, tout va bien se passer, murmura Fred en la serrant contre lui.

— Me calmer ? Tu veux que je me calme ? Mets-toi à ma place un instant Fred, imagine que Bill, ton grand frère, la personne que tu as toujours idéalisée, à qui tu faisais confiance, te ment. T’oublie, se fiche de ce que tu ressens, imagine que du jour au lendemain Bill te fasse ça, tu serais calme toi ?! rétorqua Ama en s’écartant brusquement.

Elle n’avait rien contre l’idée que Fred cherche à la réconforter, mais lui dire de se calmer n’était vraiment, mais alors vraiment pas, une bonne idée ! Son petit-ami dû sentir son animosité car il leva les mains en signe de paix et dit d’une voix extrêmement douce :

— Je réagirais comme toi sans doute. Mais moi c’est parce que je suis impulsif sur certaines choses, alors que toi, tu es calme. Tu regardes les situations sous tous les angles en gardant un calme ahurissant pour trouver la meilleure solution.

— Pas quand ça me tient à cœur. Pas quand j’ai confiance, pas quand j’y crois, là, je pars au quart de tour.

— Je comprends. Alors oublie ce que j’ai dit, énerve-toi autant que tu veux, tu peux même pleurer sur ta peluche promis je ne dirai rien, déclara Fred en retenant un sourire.

La remarque du sorcier fit esquisser un sourire à Ama et la faire rougir, pour garder le secret de la peluche c’était fichu, les joues rouges, elle cacha son visage derrière se peluche tandis que Fred, qui avait dû sentir la détente d’Ama, éclata de rire.

— Ho ça va hein ! pesta-t-elle derrière sa peluche.

— Oui tout va très bien, merci de demander. C’est juste que tu es adorable quand tu rougis et que tu essayes de te cacher, s’esclaffa Fred.

Ama redressa la tête et, comme une enfant de cinq ans, tira la langue à Fred avec humeur, ce qui ne fit qu’accentuer son hilarité. Amusée, l’Hypnotiseuse finit par se joindre à Fred, bien qu’elle lève les yeux au ciel pour montrer son agacement.

— Qui c’est le meilleur petit-ami du monde qui fait toujours sourire sa bienaimée ? demanda Fred en souriant.

— Un idiot qui trouve toujours quelque chose à dire, soupira Ama en embrassant tendrement Fred.

— Je trouve que génie conviendrait mieux qu’idiot.

— Je trouve que ça dépend des jours.

Ama et Fred échangèrent un sourire complice et l’Empathe trouva enfin la force de se lever. Elle cacha sa peluche avant de s’étirer. Rester blottie sur son lit pendant deux jours n’était pas la meilleure idée qu’elle avait eu jusqu’à présent.

— Bon, dis-moi, elle s’appelle comment ta peluche ? demanda Fred.

Visiblement il cherchait à conserver le sourire sur le visage d’Ama ce qui réussit à la perfection.

— Câlinou. Je l’ai depuis… Longtemps.

— Et il aime les câlins ? s’amusa Fred.

— Lui, je ne sais pas, moi oui, avoua Ama avec un sourire timide.

Pour toute vérité, Ama n’avait jamais été aussi adorable qu’à cet instant, entre ses joues rosies et son tendre sourire la jeune femme à l’allure de glace aurait pu faire fondre un cœur de roche. Autant dire que le cœur de Fred ne dû pas tenir car l’Empathe vit ses yeux briller d’un éclat amoureux et attendri, il s’approcha de sa petite-amie et l’entoura de ses bras.

— Alors je serai ton câlinou numéro deux, lui dit-il avec une voix douce.

— Ho, j’aime bien l’idée et le surnom ! pouffa Ama, conquise.

Les deux amoureux restèrent un moment enlacé, l’Empathe conquise par les émotions qui émanaient de Fred tandis que ce dernier gardait un sourire scotché au visage, sa déclaration avait été très niaise, mais elle avait réussi à atteindre le cœur d’Ama et à l’attendrir. Encore une fois, le sorcier avait fait des miracles.

L’Hypnotiseuse mit fin à leur étreinte, il était temps pour elle d’expliquer la situation à George et Ginny, à coup sûr elle allait devenir le cobaye du premier et le cocotier de la seconde.

Elle allait devenir leur souffre-douleur en l’espace de dix secondes top chrono.

Mais, cette idée ne fit qu’élargir le sourire d’Ama. La déprime c’était bien beau, mais sourire l’était encore plus !

Chapitre V :

Est-ce qu’Ama avait signé son entrée pour l’enfer en réapparaissant au bout de deux jours ?

Eh bien c’était tout à fait le cas.

Comme prévu George avait promis vengeance, prétextant qu’il se sentait offensé d’avoir été ainsi ignoré, quant à Ginny… Elle l’avait secoué comme un vulgaire cocotier. Elle détestait visiblement qu’Ama s’enferme sans lui parler, cette dernière avait donc été obligée de promettre de ne plus recommencer, et elle espérait qu’elle y arriverait.

Le sermon passé, Ama leur avait expliqué sa découverte, il y eut un instant de choc, qui fut vite remplacé par une Ginny en pétard. Elle manqua littéralement de crever le tympan restant de George tant elle avait enseveli la professeure McGonagall et Ace sous un torrent d’injures et de mots peu polis.

Une fois l’explosion de Ginny passée, ils parlèrent calmement du problème. Ace avait menti et la directrice de Poudlard était liée à ces mensonges et à ceux de Caeta par la même occasion.

Ils n’avaient toujours pas trouvé de solutions, tous plongés dans de profondes réflexions assis sur les canapés de velours, un silence de plomb était tombé.

Ama réfléchissait sans réfléchir, elle ne faisait que revoir son frère qui promettait d’être là pour elle, qui promettait de ne pas lui mentir, elle revoyait ses sourires francs, son regard joyeux, et maintenant, elle ne voyait que des mensonges qui barraient son visage.

— Je sais ! s’écria brutalement George, surprenant Ginny qui tomba du canapé.

— J’espère que c’est une bonne réflexion ! pesta sa sœur en se redressant.

— D’après la lettre de McGonagall, Caeta parle aussi avec McGonagall et elle semble connaitre plus de choses qu’elle sur cette bande sans nom. Alors, le mieux ne sera-t-il pas de retrouver Caeta et de lui en parler directement ? fit George, ignorant royalement sa sœur.

Ama eut un instant de choc, comment avait-elle pu ne pas y penser avant ? Et depuis quand George était-il un génie ?

— Bon sang, George tu es un GENIE ! s’écria-t-elle en se redressant d’un bond pour aller chercher un transmetteur.

Elle n’avait plus qu’à prier pour que sa mère ait le sien, sans se soucier des Weasley qui étaient en train d’entamer un débat pour savoir si Ama pensait vraiment le compliment qu’elle avait dit à George ou si c’était sur le coup de l’émotion.

— Montre-moi Caeta Everdinia.

L’écran du transmetteur se brouilla mais ne montra rien, ce qui voulait dire que ça ne correspondait pas à un nom existant. Ama eut peur que sa mère ait périe quand elle se souvint de son père biologique.

— Montre-moi Caeta Arialsom.

Ama jubila, l’écran argenté se brouilla pour laisser place à sa mère cette fois-ci. Caeta avait toujours les cheveux détachés, blonds et soyeux ils brillaient au soleil, ses yeux bleu montraient de la surprise tandis qu’un sourire illuminait son beau visage.

— Ma fille daigne montrer un signe de vie ! Quel ravissement ! s’écria-t-elle.

— La vie s’est assurée que je sois trop occupée pour. On peut y remédier très vite, rusa Ama.

— Et comment ? demanda Caeta soudainement très attentive.

— Tu pourrais passer à Santania !

— Que fais-tu là-bas ? Le manoir est abandonné !

— Je t’expliquerai lorsque tu viendras. Et maintenant il est rénové, répondit Ama en prenant garde à mettre du mystère.

— Tu titilles bien trop ma curiosité chérie. Je passerai la semaine prochaine, le temps d’expliquer la situation à mon hôte, répondit Caeta.

Ama eut un sourire ravi, mine de rien elle était heureuse de revoir sa mère, bien que ce ne soit pas pour des raisons de plaisir. Après un rapide au revoir, elle raccrocha et posa le carré de cristal l’esprit plus léger que ces derniers jours. Elle retourna dans le salon où les frères et la sœur étaient toujours en plein débat.

— Moi je te dis qu’elle a dit ça sur le coup de l’émotion ! insista Ginny.

— Non, elle a juste enfin reconnu que j’étais un génie, contra George.

— Et pourquoi on ne lui demande pas simplement ? proposa Fred. Amanounette tu as fais ce compliment à George parce que tu le pensais ou sur le coup de l’émotion ?

— Les deux, répondit Ama sincère. Y a des jours où c’est un idiot pur, d’autres ou c’est un génie, comme toi Freddie.

— Beurk des surnoms, mais au moins j’ai raison ! fit George avec un air fier.

— A moitié raison ! Elle a dit que ça dépendait des jours, le rabroua Ginny. Et Ama, moi aussi je peux t’appeler Amanounette ?

— Même pas en rêve, c’est moi qui ai trouvé ce surnom, c’est moi qui l’utilise ! répondit Fred à la place d’Ama.

Et un nouveau débat s’entama entre Ginny et Fred pour savoir qui avait le droit d’utiliser tel surnom pour Ama.

— Mais comme j’ai demandé MOI je devrais avoir le droit ! Puis tu es trop vieux pour de tels surnoms ! dit Ginny.

— Je maintiens que c’est moi qui l’ai trouvé ce surnom, persista Fred.

— Mais moi je suis sa meilleure amie, donc j’ai le droit, puis comme tu es un si grand génie tu sauras en trouver un autre ! fit Ginny en croisant les bras.

— Je suis désolé de te le dire, mais elle marque un point, déclara George.

— Tu es censé me soutenir toi ! pesta Fred qui semblait être à court d’arguments.

— Faut savoir s’avouer vaincu, répondit George.

— Tu as de la fièvre ? Parce qu’un Weasley s’avouer vaincu c’est incroyable. Vous êtes tellement obstiné, déclara Ama en sautant à côté de Fred.

La phrase réveilla l’instinct compétiteur des garçons, Fred se remit directement dans la course.

— Mais le surnom c’est moi qui l’ai inventé spécialement pour elle et qu’il était seulement pour moi.

— Bah plus maintenant, fanfaronna Ginny.

— Et en quel honneur ?

— En l’honneur que je suis sa meilleure amie et que j’ai le droit de lui donner des surnoms ridicules, toi tu dois lui trouver des surnoms mignons, expliqua Ginny.

Bien qu’amusée, Ama s’installa sur le canapé de façon que sa tête repose sur l’accoudoir, elle ferma les yeux, bercée par le débat de Fred et Ginny elle se vida l’esprit, conservant un sourire sur les lèvres.

Intérieurement, elle les remerciait de faire un débat, ce débat éloignait les sombres pensées d’Ama parce qu’elles étaient remplacées par celles joyeuses de se dire qu’ils débattaient pour savoir quel surnom employé pour elle. Elle ne se serait jamais attendue à ça.

La respiration régulière, les yeux clos, l’esprit serein, ce fut apaisée qu’Ama trouva le sommeil, certes en fin d'après-midi, après deux nuits plongée dans ses songes malsains elle s’endormit sereine, calme et en paix. Pour une fois.

Chapitre VI :

Ama avait repris du poil de la bête, depuis qu’elle avait appelé Caeta et qu’elle avait écouté le débat entre Fred et Ginny elle était en forme parfaite. A tel point que ça agaçait George qui se plaignait déjà de voir une horde d’enfants dans sa boutique toute la journée, ce à quoi Ama lui avait répondu que s’il n’était pas content il n’avait qu’à choisir un travail où l’on restait cloitré dans un bureau à longueur de journée pour signer des papiers.

Le jumeau de Fred n’avait trouvé aucune répartie ce qui avait fait sourire Ama, elle commençait à prendre le coup de main pour dompter le lion infernal qu’était George.

Occupée à dessiner, comme souvent, l’Empathe avait oublié que c’était le jour de la visite de Caeta, Ginny semblait l’avoir aussi oublié, elle était plus à occupée à lire un magazine de sports du monde des sorciers et à pester contre les joueurs qui étaient apparemment tous plus nuls les uns que les autres.

Soudainement, on entendit les portes du manoir s’ouvrir, Ama se dit d’abord que c’étaient les jumeaux quand elle se souvint qu’ils avaient pour habitude de transplaner à l’intérieur du manoir et non à l’extérieur, paniquant dans un premier temps elle se redressa brusquement, interrompant son dessin en même temps. Puis dans un second temps, elle se souvint qu’elle attendait de la visite.

Elle rassura Ginny en se décontractant et retourna sur le canapé, la sorcière s’installa près d’elle, les jumeaux travaillaient et elles étaient prêtes à obtenir des informations.

L’Hypnotiseuse commença à crisper ses doigts sur ses genoux, d’impatience ou de stresse elle ne savait pas, elle savait juste qu’à mesure qu’elle entendait les talons de sa mère claquaient sur le sol elle crispait encore plus les doigts.

Jusqu’à les relâcher en voyant sa mère débarquer dans le salon, sa chevelure d’or lui tombant sur les épaules et brillant aux éclats du soleil, ses yeux bleu parcourant le salon avec curiosité avant de s’illuminer en voyant sa fille. Comme si cela avait toujours été ainsi, elle vint s’asseoir dans le fauteuil de velours en face des deux jeunes femmes, elle croisa les jambes, posa ses mains sur son genou et dit avec un sourire :

— J’espère que tu m’as fait venir pour de bonnes raisons. Tu as bien trop titiller ma curiosité.

Ama ne sut quoi répondre, pouvait-elle vraiment gâcher tous les espoirs que sa mère avait en lui annonçant que c’était pour remettre le passé sur le tapis ? Heureusement et malheureusement, Ginny la sauva de cette lourde responsabilité.

— Je suis navrée de réduire vos espoirs à néant Caeta, mais si nous vous avons demandé c’est pour obtenir des réponses. Et ne cherchez pas à nier, on a découvert certains papiers.

— Vous avez fouillé dans mes affaires ? demanda Caeta, son sourire s’affaissant immédiatement.

— Oui. C’était nécessaire.

— Peut-être pourriez vous m’expliquer pourquoi alors, suggéra aimablement Caeta.

— Parce que le ciel m’est tombé sur la tête, déclara Ama, recouvrant l’usage de la parole. Une nouvelle est arrivée à Poudlard environ un mois et demi, deux mois avant les vacances. En un mois elle a réussi à se faire des alliés de taille dans le collège, elle a commencé à s’en prendre à plus faible qu’elle. J’ai réagi au quart de tour face à elle et son allié, ça a mal fini, je me suis faite renvoyée.

— Encore ? s’étonna Caeta.

— Oui. Encore. Mais là n’est pas le sujet, cette nouvelle m’a suivie jusqu’au Terrier où elle s’est assurée que je sorte de mes gonds, commença Ama.

— Elle a réussi à tenir, mis à part à la boutique des jumeaux où elle a eu un léger saut d’humeur. Mais c’est après que ça s’est corsé, Lucie a fait semblant d’être blessée et a fait porter le chapeau à Ama qui en a pris pour son grade. La meilleure solution pour son esprit était de venir ici, donc nous voilà, termina Ginny tandis qu’Ama sentait tout doucement son cœur se serrer.

— Ho. Je vois. Donc si je la croise j’ai le droit de m’occuper d’elle ? demanda Caeta en souriant diablement.

— Non ! On va éviter d’aggraver encore plus la situation ! Quand la vérité aura éclaté on en reparlera, mais actuellement toutes les personnes qui vont au Terrier dans l’année me détestent sauf les trois personnes -dont Ginny- qui sont venues avec moi, répondit précipitamment Ama.

— Trois personnes ? Ginny, ton frère et Fred ?

— Non. Ace aussi est dans ma liste de… Soucis. Le troisième c’est George.

— Je ne suis même pas étonnée, qu’a fait ton frère ?

— La question exacte serait plutôt qu’avez-vous fait vous tous, rectifia Ginny faisant pâlir Caeta.

La mère d’Ama se crispa tout en pâlissant et se leva pour commencer à tourner le rond, comme Ama l’avait si souvent vu faire le soir lorsqu’elle regardait du haut de l’escalier.

— Je n’ai rien fait de susceptible pouvant vous nuire. Vous ne pouvez m’accuser de rien, déclara-t-elle en tournant brusquement un regard sombre vers elles.

Le déni, encore et toujours le déni. Lorsque sa mère n’affrontait pas ses soucis elle faisait semblant de les ignorer, comme s’ils n’existaient pas et que le déni pourrait la sauver. Mais pas cette fois-ci, même si Ama ne l’avait pas montré dernièrement elle n’était pas dû genre à lâcher l’affaire. Surtout pas si ça pouvait l’aider à régler ses soucis, qui étaient, par sa faute, devenus ceux de ceux qu’elle aimait.

L’Hypnotiseuse se leva donc et se mit en face de Caeta, prête à un combat de regard ou d’insolence comme sa mère disait autrefois.

— Donc, envoyer des lettres à la professeur McGonagall sans m’en envoyer une seule n’est rien ? Tu étais sûrement au courant de mon renvoi si tu étais en contact avec elle, mais tu n’as pas daigné réagir, commença prudemment Ama.

— Tu as vraiment été fouiller !

— Oui. Et je recommencerai si nécessaire. Toute cette histoire me pourrit jusqu’à la moelle et toi tu ne réagis pas, tu parles de loin, tu parles de goujats dont on ignore tout, mais tu précises que toi tu as l’expérience. De quelle expérience parles-tu ? Pourquoi me tenir encore une fois à l’écart alors qu’Ace est au courant ? Tu penses ne serait-ce qu’un instant à ce que je ressens ? demanda Ama en sentant sa voix se brisait.

— Bien sûr que oui ! Si je ne prenais pas en compte tes sentiments tu vivrais avec moi et non au Terrier ! s’emporta Caeta.

— Alors pourquoi me mentir et me rendre malade de questions ?! vociféra Ama au bord de la crise de nerfs.

Caeta ne répondit pas, se fusillant mutuellement du regard la mère et la fille jaugèrent l’autre, elles semblaient toutes deux attendre de voir l’autre craqué. Ce fut Caeta qui perdit le duel.

— Bien. Je vais te dire ce que je peux, soupira-t-elle en retombant sur le fauteuil.

Ama s’assit à côté de Ginny, le regard satisfait et le cœur broyé de chagrin et d’appréhension. Qu’allait-elle découvrir comme sombre vérité cette fois-ci ?

Chapitre VII :

Les mains crispées sur ses genoux, le regard vif, le buste en avant -témoignant son intérêt-, Ama était prête à écouter ce que Caeta avait à dire. En espérant qu’elle leur en dirait assez.

— Donc je dois vraiment passer à table ? Il n’y a pas moyen que je vous laisse mariner ? tenta Caeta une ultime fois.

— Si tu ne tiens ne serait-ce qu’un petit à moi oui, répondit Ama.

Cette fois-ci, c’était un ultimatum, ou Caeta se défilait et oubliait Ama, ou elle disait ce qu’elle savait et conservait la relation stable qu’elle commençait à avoir avec sa fille.

Les yeux dans les yeux, elles se dévisagèrent, dans les yeux de Caeta se lisait un doute et une peur qui devenait palpable, tandis que dans les yeux d’Ama se lisait une détermination infaillible avec un mélange de quiétude, sa mère ferait-elle passer ses secrets avant elle ?

Soudainement, Caeta soupira.

— Je n’ai pas vraiment le choix. Bien qu’il soit évident.

Caeta joignit les mains et laissa son regard se perdre sur la pièce, c’était signe qu’elle allait parler. Soulagée, Ama sentit ses muscles se décontracter tandis qu’à côté d’elle, Ginny s’affalait dans le canapé, les bras croisés.

— Bon, vous parlez ou vous attendez le déluge ? Parce que si c’est le cas je peux aller chercher un hydrokinésiste, déclara Ginny avec son tact habituel.

— Ne soyez pas si impatientes. Je fais le tri, répondit Caeta.

Une minute s’écoula. Puis une deuxième. Et une troisième. Une quatrième. Une cinquième. Caeta ne parlait toujours pas, Ama se demanda même si elle n’avait pas perdu l’usage de la parole. Mais, au bout de ce qui parut être l’éternité, elle ouvrit la bouche et commença à expliquer le gros du problème.

— Ton père a toujours été un aventurier et un trublion. Depuis petit il trouvait le moyen de se mettre dans des situations compromettantes. Des heures de colles pour s’être introduit dans le bureau d’Alina, réprimandé par ses parents pour avoir fait exploser l’une des salles de Foxfire, il a fini par être envoyé à Exilium. Là-bas, on lui appris ce qu’était la vie, l’adversité, les obstacles. On lui a appris à être déterminé, à se relever, à ne compter que sur soi, commença Caeta.

Elle s’arrêta un instant, le regard brumeux elle semblait voir les souvenirs défilaient tandis qu’Ama s’imaginait son père, plus jeune et à Exilium, et elle comprenait également d’où elle tenait cette fâcheuse tendance à se retrouver dans des problèmes jusqu’au cou lorsqu’elle était en cours.

— Les Mentors d’Exilium l’aimaient bien, il leur montrait une facette inconnue des Cités Perdues. Pour eux, il était symbole de rébellion et de liberté. Insouciant comme le vent, libre comme l’oiseau, imprévisible comme la rivière, rebelle comme le loup et rusé comme le renard. Pourtant, il restait aussi fragile qu’une fleur, un rien pouvait l’émouvoir comme tout pouvait ne lui faire ni chaud ni froid, reprit-elle d’une voix qui laissait entrevoir de faibles tremblements.

Ama sentit Ginny perdre patience à côté d’elle, des ondes d’interrogation s’émanaient d’elle, elle se demandait sans doute à quoi aboutissait tous ces discours pour ne rien dire. Au contraire de l’Empathe qui, elle, était hypnotisée par les paroles de sa mère. La vie de son père l’intéressait fortement, elle avait l’impression de s’y identifier sur certains points. Elle ne montra donc aucun signe d’impatience, seulement de la curiosité résidait dans son attitude.

— Et ça, les Indociles l’avaient compris, plus précisément Elios. Il aimait bien Hunter, il le trouvait prometteur, du jour au lendemain, Hunter s’est retrouvé embarqué dans une bande. Dans un clan, pas comme les Invisibles qui employaient la force pour se faire voir, pas comme le Cygne Noir qui utilisait la peur pour qu’on les écoute, non. Ce clan, il utilisait la ruse, l’intelligence et la bienveillance. Elios, qui faisait partie de ce clan, faisait pleuvoir des indices de temps à autres pour qu’Hunter soit curieux, il l’aidait lorsqu’il se battait avec des Indociles avec un pois-chiche pour cerveau, et il prenait garde à entretenir l’espoir d’Hunter, celui de voir un jour les illusions tomber, pour des Cités où chacun aurait une place.

La curiosité d’Hunter fut piquée. Il a donc suivi Elios dans ce clan et en est devenu un membre à part entière. Même l’un de leurs meilleurs membres, dévoué, rusé et au cœur d’or, Hunter avait mérité sa place. Il s’est fait beaucoup d’amis et d’ennemis durant ses missions, parfois même des amis qui devenaient des ennemis, déclara Caeta d’un coup en prenant à peine le temps de souffler.

Reprenant son souffle, Caeta ne dit plus rien, une main posée sur le cœur elle prend de grandes goulées d’air tandis qu’Ama la regarde, le regard brillant de curiosité et d’extase, sans même le connaitre, elle admirait son père. Il avait l’air d’être si bon dans les paroles de Caeta !

— Et, il y a une suite ? demanda Ginny.

— Il y a la fin surtout. Lors d’une mission, Hunter a joué avec le feu, il s’est retrouvé à devoir choisir. Sa famille ou la liberté. Si vous préférez, il a dû choisir entre être emprisonné et laisser Erso prendre sa place tandis que lui était dans des cachots, ou être libre et voir sa famille prisonnière des Invisibles. Je pense que vous avez compris quel fut son choix. Après ça, je n’ai plus eu de vraies nouvelles de lui, seulement des « il est en vie » de temps à autres. Puis vint le jour où j’ai décidé de faire une tentative, le jour où je vous ai revu. Vous connaissez la suite et enfin, vint le jour où j’ai appris son décès. Il était resté fort longtemps, trop longtemps, il n’a pas supporter le dernier coup porté, termina Caeta les yeux humides.

Prise d’un geste de réconfort, Ama se leva et alla entourer sa mère de ses bras et lui frotta les bras tandis que Caeta refouler ses larmes. Pour les deux c’était une scène inédite, cela expliquait donc la gêne ambiante de la pièce.

— Et. Hum. Comment se nommait ce clan ? demanda Ginny.

— Je ne sais rien de plus. Je ne vous ai conté que le passé dont je suis au courant. Vous voulez des informations supplémentaires ? Retrouvez Elios. Nous sommes à un temps où il le connaissait mieux que moi. Elios sait tout d’Hunter, il a grandit avec lui à Exilium, il lui a appris la vie et j’en passe, expliqua Caeta en séchant ses larmes d’un revers de main.

— Et tu sais où le trouver ? demanda Ama, pleine d’espoirs.

— Même si je le saurais je ne le dirai pas.

— Et pourquoi donc ? s’étonna Ama en s’écartant d’un bond.

— Je vais t’apprendre une chose ma fille, je ne te mâcherai pas le travail, tu as déjà encaissé plus dur que ça. Si tu as l’ambition de ton père tu chercheras Elios, si tu as sa détermination tu le retrouveras, si tu as un bon raisonnement tu sauras recoller les pièces du puzzle une par une, tu résoudras l’énigme pas à pas, indice par indice. Tu ne sauras pas toutes les réponses, et ils refuseront de toutes de les donner, mais si tu as mon entêtement tu finiras par découvrir la vérité, si tu as la force, la foi et le courage, tu vaincras plus fort que toi, que ce soit avec ton esprit d’acier, ton âme d’argent ou alors ton cœur d’or. Tu n’as qu’une seule chose à faire ma fille. Tu as juste à rester toi-même.

Chapitre VIII :

À la suite des révélations de Caeta, Ama n’avait sut que répondre. Surtout après sa déclaration, Ama avait pris cela comme de merveilleux compliments, l’Hypnotiseuse n’avait plus ouvert la bouche, elle avait ressassé la conversation. Caeta avait décidé de rester quelques temps avec sa fille, ce qui voulait dire que l’Empathe ne pourrait plus fouiller sa chambre, mais elle pourrait poser des questions.

Le soir, lors du repas, Ama était toujours en pleine réflexion, le regard figé sur son verre, elle ne touchait pas à son assiette ce qui créait des vagues de murmures chez ses colocataires.

— Peut-être qu’elle attend que la nourriture lui saute dans la bouche, suggéra George.

— Ou elle attend des réponses, rétorqua Ginny en regardant Caeta d’un regard mauvais.

— Et elle vous entend au passage, fit Ama sans lever le regard.

— Ma chère fille, vas-tu continuer de fixer ce verre encore longtemps ? demanda paisiblement Caeta.

— J’arrêterai lorsque je trouverai le moyen de contacter ce dénommé Elios, répondit Ama.

— Ho bon sang ! Je te croyais plus rapide à la détente que ça, tu veux des réponses ? Alors cherche les, je te l’ai déjà dit. Mais si tu ne peux te passer de mon aide, fais au moins l’effort de poser les bonnes questions et de prendre la peine de les comprendre !

La nouvelle déclaration de Caeta fit l’effet d’un seau d’eau glacée à Ama, la session compliments était terminée, elle ne savait pas si c’était malheureux ou au contraire si ça devait la soulager. Au moins, la mère avec qui elle avait grandi était toujours là. Mais la dernière partie de sa phrase retint son intention.

— Tu as dit quoi ? En tout dernier, demanda Ama pour être sûre.

— Hm ? J’ai dit « prends la peine de les comprendre ».

Une ombre de doute passa dans le regard d’Ama, le professeur Baiard lui avait dit la même chose. Coïncidence ? Elle n’en avait aucune idée, ça pouvait être le hasard, comme ça pouvait être calculé à la perfection.

— Pourquoi tu demandes ça ? demanda Fred, les sourcils froncés.

— Le professeur Baiard m’avait dit la même chose. C’est juste, étrange.

— Je ne connais pas de Baiard, donc cela doit être le hasard, protesta Caeta.

— Sans doute, marmonna Ama en haussant les épaules.

Néanmoins elle restait douteuse, elle voulait bien croire Caeta, mais elle ne pouvait pas croire en le professeur. Espion ? Peut-être. L’avait-il déjà surveillé et l’aurait entendu prononcer cette phrase sans doute dite maintes et maintes fois ? En pensant à cela, Ama frissonna. Elle repensait aux personnes qui les avaient surveillées, elle et Ginny, il y a deux mois. Désormais, elles n’avaient plus aucune nouvelle d’eux, c’était logique après tout, ces personnes n’avaient plus de relations à abimer.

— Ama, savais-tu qu’un jour tu risquerais de d’exploser le cerveau à force de penser sans arrêt ? demanda Ginny.

— Ah. Ce serait problématique j’imagine.

— Elle se fiche royalement de ce que je lui dis, j’abandonne, souffla Ginny.

— Fais donc. Sur ce, je vous prie de m’excuser, mais je pense que m’éclipser sera mieux pour chacun de nous, déclara Ama.

Sans attendre de réponse elle se leva et quitta le manoir, il fallait qu’elle marche, qu’elle réfléchisse, qu’elle pense et tout ça, seule et en paix. Elle s’aventura donc dans les plaines autour de chez elle, tantôt courant, tantôt marchant paisiblement. Cette sensation d’être en paix, d’être en harmonie avec les étoiles au-dessus d’elle, qu’est-ce que cette sensation avait pu manquer à Ama ! Celle qui lui redonnait espoir à condition de regarder le ciel nocturne, celle qui la rassurait à chacun de ses pas, celle qui apaisait ses pensées, celle qui lui faisait croire qu’elle pouvait aller n’importe où. Cette sensation de paix et liberté.

L’Empathe avançait à légères foulées, ses pieds touchant le sol le temps d’un rebond, son regard rivé sur les étoiles qui parsemaient le ciel noir pour le faire briller, ce ciel noir qui apportait une certaine sérénité et un grand calme. La nuit continuait d’enchanter Ama comme toujours.

L’Hypnotiseuse n’avait jamais compris ce fait que beaucoup de personnes préféraient le jour à la nuit, ce fait d’idéaliser et le soleil et de pourrir la lune. Elle n’avait rien contre, c’était en fonction des goûts et les couleurs après tout. Mais, pour Ama, la nuit était enchanteresse, la lune veillait à éclairer le chemin des voyageurs ou des personnes perdues. Les étoiles redonnaient espoir et certaines indiquaient la direction à prendre. La nuit apaisait les esprits, les cœurs, certes c’était la nuit que les sourires s’affaissaient, que les larmes coulaient, mais c’était la nuit que chaque pensée prenait un sens, que chaque battement de cœur devenait une raison, que chaque sentiment était expliqué. C’était la nuit qui donnait la raison de chaque fait, chaque geste, chaque conséquence.

Mais ça, ce n’était que l’avis d’Ama, et elle le préservait.

Perdue dans ses songes, le regard brumeux, le cœur ailleurs, Ama ne regardait pas où elle allait. Elle ne savait même pas où elle était, peut-être loin, ou alors près de Santania. Et honnêtement, elle s’en fichait actuellement, tout ce qui comptait étaient les énigmes de sa mère en ce moment. Il fallait qu’Ama comprenne les questions, qu’elle fasse l’effort de poser les bonnes questions, mais qu’est-ce que ça voulait dire ? Si Ama posait des questions, c’était qu’elle les comprenait et qu’elle cherchait à comprendre les réponses et non l’inverse ! Les bonnes questions, qu’est-ce que cela signifiait aussi ? Qu’il fallait qu’elle emploi un langage extrêmement soutenu pour que cela s’apparente à de bonnes questions ?

Ne regardant toujours pas où elle allait, Ama sentit quelque chose percuter ses jambes de plein fouet ce qui la fit tomber lourdement sur le sol. Surprise, elle se mit sur les coudes et regarda autour d’elle mais ne vit rien à part le ciel, les silhouettes des arbres et les lumières du manoir au loin. Mais elle entendait des bruits de pas furtifs, une respiration sifflante.

— Des questions, encore des questions, toujours des questions et jamais de réponses. N’en as-tu pas assez ? demanda une voix lisse et douce comme une roche polie.

— Qui êtes-vous ? demanda Ama.

— Tu le sauras bien assez tôt. Encore une question qui aveuglera tes pensées ma chère. Tu te tortureras avec cette question. Qui suis-je ? Pourquoi suis-je venu te parler ? Pourquoi m’écoutes-tu ? Pourquoi tu ne m’attaques pas ? Pourquoi moi je ne t’attaque pas ? Tout ceci aveuglera tes pensées, ruinera ton esprit, te fera oublier ce qu’il y autour de toi.

— Comme vous semblez si intelligent pourquoi ne pas répondre immédiatement ?

— Parce que cela serait trop simple et pas assez drôle. Je me dois de partir, mais nous nous reverrons. Enfin, je te verrais, et tu m’écouteras. A très bientôt. Amaterasu.

Un courant d’air passa, puis plus rien, plus de bruits de pas, plus de souffle, plus rien.

Le cœur d’Ama tambourinait dans sa poitrine, en proie à une grande panique elle cherchait à prendre de l’air. Amaterasu. Cette personne, qui était un homme étant donné sa voix, l’avait appelé ainsi alors que peu de personnes connaissait son nom entier. L’homme savait qu’Ama était aisément perturbable spirituellement, il savait que sa faiblesse était les questions sans réponse.

Et il avait su très bien viser pour qu’Ama perde de nouveau notion du temps et de ses pensées.

Chapitre IX :

Ama était rentrée en panique au manoir, les jambes flageolantes, les lèvres tremblantes et le regard affolé. Mais lorsqu’elle était arrivée, le manoir était plongé dans le noir, elle était restée très longtemps dehors, au point que chaque hôte était couché. L’Hypnotiseuse n’avait pas pu confier l’incident qui lui était arrivé. Et le lendemain, elle n’en avait même pas trouvé la force, ses pensées tournées vers mille et une questions elle avait à peine écouter Ginny et Caeta, même les blagues des jumeaux avaient été ignorées ce qui était assez compliqué à faire.

L’Empathe avait perdu notion du temps, elle ne savait pas combien de temps s’était écoulé. Une semaine ? Deux ? Ou alors à peine quelques jours ? Elle ne savait pas, toujours plongée dans ses songes, perdue dans ses doutes, et en guerre avec ses peurs elle n’avait réfléchi à rien d’autres. Elle ne savait même pas si on lui avait adressé la parole !

Exaspérée par son habitude d’ignorer lorsqu’elle était pensive, habitude qui devenait affligeante, Ama décida de risquer un tour dans les Cités Interdites, au Chemin de Traverse. Elle devait tenir Arwen au courant, peut-être que la ruse et la mesquinerie de la Serpentard l’aiderait à y voir plus clair.

Elle se leva donc tôt un matin, avant même que les jumeaux en soient levés, et écrivit un rapide mot pour les prévenir qu’elle ne serait pas là aujourd’hui tout en ajoutant la promesse de ses aveux sur la fameuse nuit lorsqu’ils seraient tous réunis.

L’Empathe prit donc de grandes inspirations et transplana seule, elle commençait à se faire à l’idée de sentir son corps s’étirer de façon disproportionnée. Ama se retrouva accroupie au milieu d’une rue grouillante de passants, c’était bientôt la rentrée de Poudlard, et donc l’heure des achats. L’Empathe s’ébroua à cette pensée, elle avait beaucoup apprécié ces temps de calme où elle découvrait encore des nouvelles choses du monde des sorciers, un léger sourire flottant sur les lèvres dut à cette pensée, l’Hypnotiseuse se dirigea dans l’Allée des Embrumes, avec de la chance Arwen travaillait toujours dans la boutique de ses parents.

La chance semblait être avec Ama en ce jour, devant la boutique se trouvait Arwen, adossée au mur elle avait les yeux clos et gardait un air cool et décontracté malgré ses froncements de sourcils. L’Empathe s’approcha furtivement et lui posa brusquement ses mains sur les épaules ce qui fit sursauter la Serpentard.

— Bon sang ! Mais tu es folle ! pesta-t-elle.

— Folle ? Je ne le savais pas tiens, renchérit Ama.

— Que fais-tu ici ? Te connaissant tu n’es pas ici en visite de courtoisie avec Lucie qui traine, il s’est passé quelque chose.

— Ta perspicacité aura raison de moi un jour. J’ai eu un souci il y a une durée indéterminée de cela, je n’en ai parlé à personne, j’espérais que ton côté Serpentard m’aiderait avant de parler, expliqua Ama dans un soupir.

— Ho. Je vois l’ombre du souci, mais marchons, mon père peut nous écouter, ordonna Arwen en prenant le bras d’Ama.

Bras-dessus bras-dessous elles se dirigèrent dans une allée entre deux magasins, l’Empathe expliqua alors son problème nocturne et lui raconta ses discussions avec Caeta. La Serpentard ouvrit plusieurs fois la bouche durant son récit mais ne prononça jamais un mot, le regard changeant d’humeur, exprimant un instant de la colère et l’instant suivant de la surprise.

— Tu accumules la poisse ce n’est pas possible ! Alors, tu veux que je t’aide à quoi ?

— A comprendre, tu as été en contact avec des Mangemorts, peut-être pourrais-tu m’aider à voir clair dans les intentions de mon interlocuteur ? demanda prudemment Ama.

— Ton interlocuteur nocturne veut te rendre folle, il commence par faire flotter plusieurs questions dans ton esprit, puis tout doucement il va commencer à s’immiscer dans ta vie, tu l’entendras partout, de la paranoïa quoi. Son but est de t’induire sur le mauvais chemin, de faire en sorte que tu oublies ce qu’il y a autour de toi, et que lorsque tu seras seule sans même le savoir il t’achevera avec le coup final, commença Arwen.

— Si rassurant…

— Mais tout ça, il le fera prudemment, à petits pas, comme un feu. Tout s’enflamerra rapidement dans ton esprit et dans ton âme, mais cela prendra du temps à s’éteindre, et s’il est rapide, il parviendra même à rallumer l’incendie.

— Et donc ? Que devrais-je faire ? demanda Ama qui sentait la panique monter en elle.

— Rappelle-toi que tu n’es pas seule. Tu dois parler, je sais que c’est parfois dur pour toi, mais il faut que tu te confies aux personnes qui sauront t’écouter, comme dans ton rêve prémonitoire tu te souviens ? fit Arwen.

— Oui. Entoure-toi des personnes, celles à qui je me confie, celles qui sont privées de perfidie. Oui, je m’en souviens.

— Tu as trouvé ces personnes, nous le savons toutes les deux.

— Oui. Je le sais. Mais je suis assez idiote pour les ignorer sans même le vouloir, soupira Ama avec regret.

— Tu n’es pas idiote, juste perturbée. Ils comprendront. Maintenant, est-ce que je peux te faire part de quelque chose ?

— Je t’écoute.

— Mon père passe beaucoup de temps avec Baiard, il devient hargneux, il rentre tard le soir et ne me parle que pour me reprocher des choses. Je… Je crois que Baiard l’a changé, il y a un problème, je le sais, je le sens. Mais je n’arrive pas à mettre le doigt dessus, j’ai l’impression de voir des ombres autour d’eux, des ombres inexistantes, ce sont comme leurs auras, je les sens devenir malveillantes, confia Arwen.

— Je t’avouerai que je ne peux rien faire à ceci. Mais prends garde à toi, si ton père devient hargneux alors qu’il ne l’était pas avant songe à partir, songe à t’éloigner, songe à réfléchir de façon impartiale.

— Qu’est-ce que ça sous-entend ?

— Je sous-entend que tu chercheras forcément à trouver une excuse à ton père, je ne dis pas qu’il est mauvais, juste qu’en ce moment la confiance doit être à son absolu.

— Merci Ama. Je ne sais pas si ça m’aidera, mais merci.

L’Empathe offrit un sourire bienveillant à Arwen dont les émotions étaient terriblement ternes, elles effleuraient à peine Ama au contraire de celles des passants qui la fouettaient de toutes parts.

Soudainement, les sentiments d’excitation et de joie s’estompèrent ne laissant place qu’à trois sentiments très puissants, la haine, la colère et la tristesse. En relevant le regard, Ama vit celui d’Arwen prendre un aspect sombre et menaçant, intriguée, l’Empathe se retourna et regretta vite son choix.

Hermione et Molly étaient là. Accompagnées de Lucie bien entendu, sinon ce n’aurait pas été drôle.

Chapitre X :

Le sang de l’Empathe avait semblé se figer dans ses veines, la tension avait grimpé, tout se brouillait en un noir absolu dans l’esprit d’Ama. Pour une fois, elle n’avait pas envie de se poser de questions, elle n’avait nullement l’envie de réfléchir. Cette fois-ci, elle voulait juste effacer le sourire satisfait que Lucie gardait sur son visage faussement angélique, et avec ses vêtements aguicheurs, Ama en était toujours répugnée, comment Molly qui avait toujours vécu dans la modestie faisait pour tolérer cela ? L’Hypnotiseuse se doutait bien que c’était mal de juger ainsi, mais là, c’était trop !

— Ho ! Ama ! Comment vas-tu depuis ta dernière attaque ? Tu es contente d’avoir emmené Ginny loin de sa mère, je me trompe ? Quel grand cœur tu as ! Priver une mère de sa fille, quelle délicate attention ! déclara Lucie en s’approchant rapidement des deux filles.

— Et toi ? Tu es contente depuis ton dernier coup bas ? répondit aimablement Arwen à la place d’Ama.

— Faire des coups bas ? Moi ?! Tu dois te tromper ma chère, je suis navrée, en même temps, si tu es amie avec Ama la folle c’est normal, admit Lucie en posant une main sur son cœur avec un air affligé tandis qu’Hermione et Molly se rapprochaient.

Dans le regard de la première se lisait un dédain infini, inimaginable, tandis que dans celui de la seconde se mélangeait tristesse et regrets, les émotions de tristesse qu’Ama avait senties étaient bien celles de Molly.

— Toujours aussi douée en mensonges, tu veux peut-être que je t’obtienne un rôle dans un film ? Avec ton don de comédienne ça devrait être rapide, déclara abruptement Ama.

— Ho ! Je suis touchée que tu te soucies encore de moi après l’affront que tu m’as fait ! s’écria Lucie en prenant une mine touchée cette fois-ci.

— Et rappelle-moi ce que je t’ai fait ? suggéra l’Empathe.

— Ne joue pas l’innocente, tu l’as hypnotisée pour qu’elle se fasse du mal. Elle nous l’a dit, dit froidement Hermione.

— Ho Hermione. Je suis déçue. Tu es intelligente, mais bien naïve. Je ne peux pas hypnotiser de loin, et il me semble que le jour du drame je n’étais pas présente. Explique-moi comment je pourrais avoir un lien avec tout ça ?

Ama avait parlé d’une voix étrangement calme, ses yeux étincelaient de fureur et sa voix se faisait entendre pour se sérénité. Cela en devenait terrifiant de voir que deux émotions autant opposées que la colère et la sérénité puissent être dans le même corps au même instant.

— C’est simple. Tu mens. Ne joue pas la sotte, celle qui ne comprend pas, nous voyons clair dans ton jeu aussi perfide qu’incroyablement bien réalisé, rétorqua Hermione.

Tandis qu’Ama engageait une confrontation de regards avec la sorcière, Molly s’éloigna parce que quelqu’un l’avait interpellé, ainsi au milieu de cette ruelle vide et sans adulte mature, cela risquait de vite mal finir. Très vite.

— Tu es devenue naïve Hermione, ou manipulable. Les deux sont possibles. Mais je n’arrive même pas à exprimer de la déception, peut-être m’y attendais-je intérieurement, peut-être que je me doutais que, parmi tous mes proches, tu étais la plus susceptible de me tourner le dos. Peut-être est-ce ça le souci, j’ai trop espéré que tu te repentirais et tente de me croire. En vain.  Un espoir fondé sur quoi ? Une simple amitié ? Aussi vulnérable qu’un nouveau-né ? Peut-être que c’est moi qui suis tombée bas en réalité, répondit Ama avec un sourire triste.

— Et après tu oses me dire que je suis une belle actrice ? As-tu vu comment tu joues avec la perfidie et les noirceurs des cœurs ? commenta Lucie.

— Tu vois Ama. Tu sous-entends que je suis idiote, mais toi tu viens de l’être assez pour montrer que tu avais de la perfidie en toi ! Ils croient tous que tu un adorable ange tombé du ciel ? Eh bien la vérité leur fera mal ! s’écria Hermione.

Ama se mordit la lèvre jusqu’à sentir qu’elle se la fendait, donc, si récapitulait bien, elle était la méchante, la perfide, l’ennemie, le diable. Lucie était la gentille, l’honnête, l’amie et l’ange. Oui, si elle avait tout bien compris c’était cela.

Et étrangement ça amusa Ama, voir que les rôles n’avaient pas été bien distribués la faisait sourire, tandis qu’elle se mettait à sourire sans se contrôler, Lucie se décomposa sous ses yeux.

— Comment peux-tu sourire ? s’étonna la Poufsouffle.

— Comment peux-tu ne pas sourire ? La situation est si comique, je crois que la vie s’est trompée en écrivant mon histoire mêlée à la tienne, elle a inversé les rôles. Ironique non ? répliqua Ama.

— Hein ? Quoi ? Que racontes-tu pauvre folle ? s’indigna Lucie.

— Lorsque la vie à écrit vos histoires mêlées, elle s’est trompée dans la distribution des rôles, tu es le petit ange, celle à plaindre alors qu’elle n’est que mauvaiseté ! expliqua aimablement Arwen.

L’Empathe échangea un regard rempli de complicité avec Arwen, toutes n’ayant rien à rajouter elles se détournèrent et s’avancèrent dans la sombre allée pour rejoindre celle principale. L’Hypnotiseuse avait l’esprit serein, le cœur léger, les questions apaisées, elle n’avait pas à se soucier de Lucie qui n’avait représenté qu’une brindille dans les ronces de la vie d’Ama. Qu’elle la fasse passer pour la méchante, la traitresse, la perfide, tout ce qu’elle voulait ! Tant que cela ne toucherait pas Ginny, Arwen, les jumeaux ou toute personne qui croyait encore en elle cela ne l’affecterai pas. Les conséquences des actions de Lucie n’étaient que des épines qui s’enfonçaient dans la peau d’Ama et qui ne créaient qu’une vague douleur avant d’être retirées.

Mais Ama pouvait bien rêver pour que cela arrive. Alors qu’elles sortaient de la ruelle, Ama sentit une force la projeter dans les airs avant de retomber lourdement dans la rue bondée devant les magasins de fournitures scolaires, elle vit bientôt Arwen la rejoindre au sol, le souffle coupé.

L’Hypnotiseuse s’était trompée, Lucie n’était pas une brindille, elle était une ronce épineuse, les conséquences qu’elle créait n’étaient pas des épines, elles étaient des poignards qui étaient douloureux à retirer, qui laissaient une profonde entaille incrustée dans la chair. Des entailles qui devenaient cicatrices visibles. Cicatrices qui se rouvraient à chaque faux mouvement, qui restaient visibles même après beaucoup de temps. Des cicatrices définitives.

Et l’Empathe avait fait l’erreur. L’erreur de croire que Lucie n’était rien. L’erreur de croire à un oubli. L’erreur de croire qu’elle pourrait l’ignorer. Et, en plus de cela…

Elle avait fait le faux mouvement de trop qui avait rouvert les plaies.

Chapitre XI :

Toujours pliée au sol, Ama se redressa sur ses coudes, fixant Lucie qui accourait près d’elle et Arwen avec Hermione qui paraissait affolée pour une fois.

— Ama ! Arwen ! Vous allez bien ?! cria Lucie la mine affolée en s’accroupissant près d’elles.

— C’est toi qui nous a envoyé au tapis espèce de sale… commença Arwen.

— Ho ma pauvre tu es chamboulée ! Je ne sais pas qui vous a attaqué mais ce n’est pas moi !

Pourtant les ondes de perfidie qui s’émanaient de la sorcière démontraient le contraire, elle mentait comme toujours et prenait bien garde à montrer une facette faible et vulnérable pour amadouer les autres. Des murmures se faisaient déjà entendre parmi les passants.

— Quelle ingratitude de l’accuser alors qu’elle vient les aider !

— Les jeunes de nos jours, ils ne savent plus dire merci !

— Et les vieux de nos jours ils ne savent pas la fermer ! cria Arwen qui commençait à avoir les joues rouges de colère.

— Calme toi Arwen, ça ne sert à rien. Elle a rallié tout le monde à sa prétendue innocence, déclara Ama en se redressant seule et la tête haute.

Elle aida Arwen à se relever lorsque Molly arriva, suivie des Weasley qui travaillaient au magasin de farces et attrapes, le cauchemar.

— Ama ! Arwen ! Vous allez bien ? demanda George en bondissant près d’elles tandis que Fred prenait grande attention à créer un rempart entre les deux filles et Lucie.

— Disons que cette fois-ci on ne saigne pas, répondit la Serpentard.

— Mais qu’on s’est fait avoir comme des débutantes, ajouta Ama avec un regard noir à Lucie.

— Hermione ! Comment tu vas ? demanda Ron paniqué.

L’Hypnotiseuse se retint de lever les yeux au ciel, Ron croyait vraiment à une attaque mystère ? Elle savait qu’il pouvait se montrer facilement crédule et parfois même presque débile, mais là… Il battait des records selon Ama. Cette dernière préféra ne pas s’affliger plus longtemps sur le souci et tenta de s’éloigner du groupe qui s’était formé autour d’eux.

— Tu es une ingrate Ama ! Moi qui veut juste t’aider ! gémit Lucie.

Le gémissement de trop et la phrase à ne pas dire. Enervée, Ama s’approcha de Lucie et lui tira violemment les cheveux pour que son regard rencontre celui de Lucie car elle portait toujours des talons trop hauts.

— Tu vas bien m’écouter princesse. Je ne veux pas de ton aide qui me détruit, je ne veux pas te voir car je sais que tu prépares toujours un sale coup, je ne veux pas t’entendre car je risque de mourir étouffée dans ta perfidie. Alors reste avec ton cercle vicieux, loin de moi. On sait toutes les deux qu’on se retrouvera, alors pourquoi attirer les foules maintenant ? lui murmura-t-elle à l’oreille.

— Parce que c’est bien plus amusant de te détruire avec les rumeurs, même si cela sera très plaisant de voir leurs visages en décomposition lorsque tu t’effondreras devant moi je l’admets, lui murmura Lucie en retour. MAIS LACHE MOI PAUVRE FOLLE ! cria-t-elle par la suite.

L’Empathe ne se fit pas prier, elle lâcha brusquement Lucie qui, emportée par son poids, tomba au sol et mangea la poussière. Réjouie de voir Lucie à terre pour une fois, elle se détourna la tête haute et fendit la foule amassée autour d’eux pour se diriger vers le magasin des jumeaux, ils n’allaient pas la laisser partir ainsi.

Et en effet, Fred, George et Arwen la rejoignirent bien vite, ils allèrent dans la réserve où les jumeaux croisèrent les bras en attente d’explication tandis qu’Arwen époussetait ses vêtements.

— Alors princesse aux mille et un secrets, on peut avoir des explications maintenant ? demanda George.

La pique était méritée.

— J’ai croisé Lucie et Hermione, ça a mal fini, tu veux quoi d’autres comme détails ?

— Des détails pour nous expliquer la cause du mot de ce matin, et comment ça a pu mal finir même ici au Chemin de Traverse ! suggéra Fred.

Dans un ultime soupir Ama s’expliqua, elle décrivit ce qu’il s’était passé avec Lucie et précisa qu’elle expliquerait la cause du mot ce soir avec Ginny.

— Même si je suis obligé d’admettre que tu as raison, il faut que tu cesses Ama ! Tu sais très bien qu’elle a toutes les cartes en main pour gagner ! déclara George sa voix mélangeant compassion et agacement.

— C’est facile à dire pour toi ! Elle vous drague ! s’écria Ama.

Ceci était sorti tout seul et elle détestait cette phrase par ailleurs. Elle frissonna à la simple idée de voir Lucie avec l’un des deux, idée qui la répugnait, surtout si c’était Fred et… Horrible, elle préférait ne même pas y songer.

— Ce qu’Ama essaye de vous dire avec maladresse, c’est que Lucie vous place sur un piédestal de drague alors que nous c’est la guerre. Donc vous n’avez pas les mêmes rapports ce qui change le point de vue, expliqua Arwen.

— Mais nous ne sommes pas débiles non plus ! On a entendu les deux versions, et on sait bien qu’Ama est la vraie ! On dit juste qu’il faut que tu comprennes qu’actuellement elle est plus forte que toi. Et qu’on n’a pas le bon jeu de cartes pour la vaincre, déclara Fred.

Ama soupira, ils ne comprenaient pas ! Ce n’était pas facile de garder son sang-froid face à Lucie, mais ils avaient raison sur le fait qu’ils n’avaient pas de quoi la vaincre. Vaincue et résignée, l’Hypnotiseuse se tut et se mura dans un silence qui en disait long.

Lucie prenait trop d’ampleur, même sans qu’on la voie elle gagnait du terrain. Les jumeaux n’étaient pas idiots, Ama le savait, elle sentait les ondes de compassionet de loyauté -oui c’était étrangement possible- qui s’émanaient d’eux, elle avait confiance en eux. Elle comptait sur eux, leur franchise commune avec celle de Ginny et leur humour, parfois déplacé certes, aidaient Ama à garder la tête haute et à rester dans la réalité qui l’entourait au lieu de rester plongée dans ses illusions.

En une phrase comme en mille : elle avait besoin d’eux tous.

Chapitre XII :

Après la conversation blessante bien que nécessaire qu’Ama eût avec les jumeaux et Arwen, elle était rentrée au manoir et avait tenu Ginny au courant de l’affront précédent. Comme souvent la sorcière avait failli partir pour « casser les dents de Lucie et lui retirer son sourire parfait ». Et le soir, au dîner, l’Hypnotiseuse leur avait enfin révélé cette attaque nocturne qui n’en était pas une à part entière.

Elle n’avait jamais autant entendu ses oreilles siffler et pourtant elle avait grandi avec Erso, Caeta et Ace.

Caeta avait clairement hurlé qu’elle n’avait pas élevée Ama de façon qu’elle devienne une menteuse. Chose qui avait magnifique ratée comme elle devenait chaque jour un peu plus professionnelle du mensonge, Ginny était restée mais ses yeux flamboyants de colère avaient démontré le sérieux de ses propos, disant qu’elles étaient une équipe et qu’elles devaient tout se dire. Puis, il y avait Fred, le sorcier lui avait dit d’une voix froide et tempêtueuse qu’elle devait leur faire confiance et que si elle ne leur parlait pas lorsqu’elle était en danger qu’est-ce que cela serait lorsqu’elle serait en danger de mort ?

Seul George avait jugé inutile de faire entendre sa voix, il s’était contenté de dire qu’une attaque nocturne était une chose à signaler.

Néanmoins cela n’empêchait pas qu’Ama venait de voir la pire journée de l’année se déroulait devant ses yeux. Lucie plus Hermione plus disputes, d’après les calculs de l’Empathe le résultat donne : Ama en déprime.

Bien qu’elle commence à être une habituée, l’Hypnotiseuse n’aimait pas vraiment se morfondre de son sort au fond de son lit en pensant au monde qui vivait bien pire. Mais c’était psychologique, lorsqu’on est blessé on ne voit que soi. Et Ama détestait ça, ne voir qu’elle-même.

L’Hypnotiseuse s’évada donc deux nuits plus tard, elle avait besoin de s’éloigner de cet endroit qui l’oppressait. Son interlocuteur nocturne avait raison, elle oubliait tout ce qui l’entourait, mais elle creusait un fossé entre elle et les personnes qu’elle aimait en plus de ça. Elle espérait donc que la nuit pourrait l’aider à trouver une solution, efficace si possible.

L’Empathe se retrouva donc à marcher dans les plaines obscures de Santania, seule la faible lueur éclairait son chemin, les nuages couvraient les étoiles et faisait faiblir la lumière de la lune. Ce qui voulait dire que même la nuit n’était pas de son côté lorsqu’elle en avait besoin, quelle malchance.

Soudainement, des bruits de pas précipités, l’interlocuteur était de retour. Se doutant du mécanisme qu’il emploierait, Ama se déporta sur la droite, croyant avoir piégé son interlocuteur et baissa la garde lorsqu’elle sentit comme un coup de fouet lui faucher les jambes par derrière pour qu’elle tombe lourdement sur le dos.

— Bien tenté. Mais je te connais, Amaterasu. Je connais tes forces, tes faiblesses, tes doutes, tes envies, je connais tout de toi, alors ne tente même pas de me piéger. Quoi que tu fasses, je le saurai à l’avance, déclara la voix douce comme la roche.

— Qui a dit que je voulais vous piégez ? Et pourquoi déjà ?

— Aucune raison apparente dans l’actualité. Mais dis-moi, as-tu passé une bonne journée ?

Pourquoi répondre ? Il savait qu’elle avait passé sa journée à revoir celle de l’horreur et qu’elle détestait ça, il savait qu’elle avait passé la journée à être ignorée et à être honteuse, il cherchait juste à la ramener brutalement au sol.

— Je prends ce silence pour un « très mal ». Je t’avais prévenu que tu oublierais ce qui t’entourait.

— C’est incroyable comment vous prenez presque tous à me détruire, c’est fascinant et horrifiant à la fois, déclara Ama en cherchant son interlocuteur du regard.

Ce dernier éclata de rire.

— Voyons, ma chère Amaterasu ! Ce n’est pas nous qui te détruisons. Tu le fais très bien toute seule, nous ne sommes que des détails, des dommages collatéraux. Nous avons juste à te parler pour que tu te détruises toi-même. C’est si simple de le faire ! Il suffit juste d’apparaitre dans ta vie, et tu trouves le moyen de torturer…

Ama baissa le regard, trop fière pour admettre qu’il avait raison elle ne dit rien et serra les dents. Mais au fond, elle savait. Chaque parole qui se déversait de la bouche de son interlocuteur était un fragment de vérité, chaque fragment plus horrifique et tranchant que le précédent.

— Vous êtes mesquin, dit-elle.

— Mesquin ? Parce que j’ai juste à te parler pour te torturer ? C’est une façon de voir les choses. Mais, si tu te tortures à cause de moi, n’est-ce pas parce que tu aurais peur de moi ?

Oui, elle avait peur de lui. Un ennemi invisible qui pouvait faire d’elle ce qu’elle voulait, il pensait vraiment qu’elle allait rester de marbre et trouver cela normal ? Eh bien non ! C’était terrifiant cette situation pour elle.

— Non, mentit-elle finalement.

— On ne choisit pas ses peurs, Amaterasu. On ne choisit pas quand elles vont apparaitre, mais quand elles apparaissent, on ne les oublie jamais, elles restent en nous. Comme… Comme une peine de cœur ou une trahison, ou n’oublie jamais et on a toujours peur que ça se reproduise. Tu dois t’y connaitre non ?

Puis, son interlocuteur explosa d’un rire malveillant avant de disparaitre dans une brise légère. Ama n’entendait rien, sauf si son cœur battant la chamade comptait. Si le but de l’homme de la nuit était de faire mal ou peur à Ama…

Il avait parfaitement réussi.

Touchée, elle se sentit trembler, elle avait peur de ce qu’il pouvait lui faire faire. Il réveillait en elle ses peurs profondes, il éveillait des questions et venait de ranimer une profonde douleur. Elle le détestait sans rien savoir de lui.

Tout ce qu’elle avait besoin de savoir, c’est qu’il voulait lui faire du mal. Désormais, il hanterait son esprit, elle le savait, il allait la hanter, elle se poserait des questions, elle ne saurait pas si elle arriverait à faire les efforts nécessaires pour qu’elle n’oublie pas ceux qui l’entouraient, et que ces derniers la pardonnent au passage.

Prise en proie au désespoir, Ama s’allongea dans l’herbe, les nuages avaient disparus et la lune éclairait désormais bien son visage, l’éclat d’argent animait la peur folle qui dansait dans le regard autant qu’il animait la douleur qui dansait au fond de son regard.

Comment allait-elle faire ?

Chapitre XIII :

Ama était toujours couchée sur la douce herbe des plaines lorsque les premiers rayons chatoyants du soleil vinrent lécher son visage. Mais les aurores ne donnèrent pas envie à l’Empathe de se relever, elle avait passé le reste de la nuit allongée sur le sol, à réfléchir à la plus rapide des solutions. Comment pouvait-elle faire pour ne pas oublier ce qui l’entourait alors qu’elle dérivait toujours très vite vers d’autres sujets ? Comment pouvait-elle faire pardonner ses torts envers les hôtes du manoir ?

C’était officiel. Ama détestait cette situation, quitte à choisir elle préférait sa situation au Cygne Noir lorsqu’elle était traitée comme une moins que rien, au moins personne ne cherchait à la rendre folle au point d’oublier ceux qu’elle aimait.

L’Hypnotiseuse lâcha un long soupir, ce n’était pas l’un de ses soupirs d’agacement ou d’abandon lors d’une conversation comme ceux qu’elle avait souvent. Non, ce soupir était un soupir de désespoir, elle ne savait plus quoi faire, réellement. D’ordinaire elle se serait battue comme dix pour trouver une solution, mais là, c’est à peine si elle avait envie de se relever. Cette situation la rendait folle, la rendait désespérée, et elle devait encore se battre. Encore et toujours se battre, mais elle ne pouvait pas se montrer faible et lâche en restant à Santania pour attendre que tout cela se tasse, bien sûr que non, elle ne pouvait même pas y songer.

Pourtant, elle avait envie de faire ça, attendre que ça se tasse et rester loin. Mais ce n’était même pas la peine d’y songer, l’idée ne devrait même pas effleurer l’esprit d’Ama, elle devait se battre, elle n’avait pas le droit de songer à l’abandon, elle l’avait promis.

Finalement, elle se força à se lever et se dirigea vers le manoir les rayons du soleil éclairant ses cheveux pour leur donner un éclat d’opale, majestueuse et fière elle avançait la tête haute bien que son regard soit rivé sur ses pieds. Mélanger son assurance avec ses angoisses et sa peine étaient fort compliqué pour elle, pour elle ils étaient trop éloignés pour créer un mélange. Mais cela marchait quand même, certes pour donner un mélange qui faisait tourner la tête à Ama, mais ça marchait quand même.

Angoisse et peur se hâtaient en Ama à mesure qu’elle s’approchait du manoir, ils allaient encore s’emporter, sûrement par inquiétude parce qu’elle ne serait pas rentrée de la nuit, et après pour de bon parce qu’elle se serait encore fait attaquer.

— Arrête de te torturer Ama. Tu vas leur dire vérité et peu importe les réactions, se murmura-t-elle.

Et elle se parlait toute seule maintenant, de mieux en mieux !

Mais en arrivant au manoir, une surprise attendait Ama, une surprise de taille.

Son frère était là, assis dans un canapé avec Caeta tandis que les Weasley restaient debout, le regard méfiant, les bras croisés sur leurs poitrines.

— Ama ! Enfin ! Tu as fini ta balade du matin ?! demanda Ginny en bondissant près de l’Empathe.

Et en plus de cela ils avaient mentis, bien que cela ne la dérange pour le coup.

— Hm. Oui. Bonjour.

— Cache ta joie petite sœur surtout, la taquina Ace.

S’il savait à quel point elle se contenait pour ne pas lui exploser ses quatre vérités à la face.

— Ouais. Tu sais que je ne suis pas expressive. Mais sinon, que fais-tu là ? demanda Ama en faisan l’effort d’esquisser un sourire d’excuse.

— Rendre visite à ma sœur est interdit ?

Mentir à sa sœur est interdit ?

— Non. Mais vu ton impatience de me voir durant les derniers mois je doute que cela soit une simple visite de courtoisie.

Touché, la phrase fit baisser la tête d’Ace qui parut honteux sur l’instant.

— Je t’ai déjà dit que j’étais occupé par le travail. Déjà nous avons réussi à vous recevoir avec Ashley ce qui était déjà miraculeux, expliqua Ace.

Cette fois-ci, Ama ne parvint pas à se contenir, il continuait de mentir.

— Continue de t’enfoncer dans tes mensonges Ace, ce n’est pas moi qui mourrait étouffé dedans. Je croyais qu’on était frère et sœur non ? Qu’on avait promis de ne pas se mentir. Mais tu as rompu le pacte, tu m’excuseras de t’avoir imité, déclara-t-elle froidement choquant les spectateurs des retrouvailles.

— De quoi tu parles ? s’étonna Ace, bien que son visage soit devenu blême.

— De tout Ace, de tout. Occupé par le travail ? Au point de couper les ponts ? Pourtant avec McGonagall tu avais le temps de lui envoyer des lettres.

Première pique qui fit pâlir Ace.

— Tu avais le temps de chercher des endroits mystères pour aider des malotrus comme dit si bien McGonagall, mais tu n’avais même pas le temps de me faire la morale pour mon renvoi alors que tu étais au courant. Tu appelles ça être un frère ?

Ace ne répondit pas, il était désormais livide et semblait avoir perdu toute répartie.

— Réponds Ace ! Pour toi c’est ça être un frère ? Pour toi c’est oublier sa sœur, lui mentir ! Faire comme si tout allait bien alors que tout va mal ?! Tu tiens bien de Caeta visiblement ! Toujours à créer des nouveaux mensonges dont j’ai l’immense honneur d’être écartée. Et pourquoi par ailleurs ? Pour ma sécurité j’imagine ? Mais vous vous rendez compte que ces mensonges me détruisent plus qu’une nuée d’Invisibles au moins ?! s’emporta Ama les yeux humides de larmes de rage.

Elle ne ressentait pas de tristesse, juste de la colère, de la rancune et de l’amertume. Elle savait qu’elle mentait beaucoup aussi, mais elle cherchait toujours à dire la vérité et finissait par la dire, au contraire d’Ace qui semblait ne pas vouloir lui dire.

— Tu as fouillé dans mes affaires ? demanda-t-il enfin.

— Bien sûr que oui ! Mais c’est tout ce qui compte pour toi ?! Le fait que j’ai fouillé dans tes affaires ?!

— Non. Mais qu’est-ce que tu as lu précisément ?

— La lettre de McGonagall qui annonçait mon renvoi et j’ai lu deux trois lignes des autres venant d’elle, pourquoi ?

— Tu n’as pas toute l’histoire donc. Je comprends mieux.

— Et ça veut dire quoi ça ? Explique-toi Ace ! s’exclama Ama.

— Je ne peux pas. Si je dis quoi que ce soit, tu es morte. C’est à toi de tout découvrir seule Ama, avec un coup de pouce, précisa-t-il en faisant un signe du menton vers les Weasley qui se préparaient à retenir Ama au cas-où elle aurait une envie d’homicide.

— Et pourquoi toujours moi ?! Vous ne pouvez pas m’aider ?

— Parce que c’est ton histoire Ama, c’est à toi de l’écrire, pas à nous, répondit Caeta en se levant pour se mettre aux côtés de son fils.

— Parce que c’est toi qui doit le découvrir seule, tu as déjà vu des histoires où le protagoniste avait les réponses en un claquement de doigt ? renchérit Ace.

— Mais moi je ne voulais pas être ce fichu protagoniste à la noix ! Je voulais seulement une vie normale, des études normales, des disputes normales ! s’écria Ama qui menaçait de fondre en sanglots n’importe quand.

Epuisée elle se retira dans sa chambre, après une nuit blanche une dispute de bon matin n’était pas une idée glorieuse. Une fois sur son lit, elle prit sa peluche et la serra fort contre elle en s’empêchant de pleurer, elle n’en avait pas le droit, elle était la « protagoniste » elle devait rester forte, et trouver des solutions. Pour l’instant, une seule idée lui venait à l’esprit.

Elle devait retrouver Elios.

Chapitre XIV :

Le vent d’Octobre venait frapper les fenêtres du manoir de Santania. Deux mois s’étaient écoulés depuis la confrontation d’Ama et Ace, et rien ne s’était passé. L’Hypnotiseuse n’avait pas trouvé comment joindre Elios, elle ne sortait plus la nuit, et commençait à recoller les morceaux avec les Weasley, enfin plus précisément avec Fred car Ginny et George avaient déjà fermé les yeux depuis longtemps.

Mais là n’était pas le premier problème, enfin si, c’était son premier problème personnel, mais elle devait d’abord gérer celui qui n’allait pas tarder à menacer plus d’une personne.

Un matin où elle était seule à Santania, Ginny et les jumeaux étant au Chemin de Traverse et Caeta en Atlantide, Ama vit sa chambre se remplir d’ombres. Des ombres terrifiantes qui atténuaient grandement la lumière déjà peu présente de la pièce, comme des griffes acérées les ombres se rapprochèrent de l’Empathe qui, surprise, n’eut d’autre réflexe que de se renfoncer au maximum contre son lit.

Les ombres envahirent la pièce, Ama parvenait à peine à voir à un mètre devant elle lorsque la voix qui hantait désormais ses nuits résonna.

— Je suis déçu Amaterasu, tu ne viens plus à nos rendez-vous nocturnes. C’était pourtant si agréable de te voir me chercher comme un chien cherche son maitre ! Et nos discussions, ne te manquent-elles pas ?

— Honnêtement ? Pas le moins du monde, répondit Ama en essayant de contrôler ses tremblements.

La peur commençait à tout doucement s’emparer d’elle, ces ombres lui donnaient la chair de poule et son interlocuteur nocturne aussi par ailleurs.

— Eh bien à moi elles me manquent. Donc je te conseillerai de revenir dès ce soir, sauf si tu tiens à ce que l’un des hôtes de ce manoir disparaisse peut-être ? suggéra son interlocuteur.

Paniquée, Ama se sentit devenir livide tandis qu’elle essayait de bredouiller un « je viendrais ».

— Parfait alors ! On se retrouvera ce soir. Nous avons des choses à dire, susurra-t-il d’une voix douce tandis qu’une ombre venait caresser la joue d’Ama.

Cette fois-ci elle ne put retenir un cri, le touché d’une ombre était froid, glaçant, transperçant, comme la lame d’une dague, froide et tranchante.

Des bruits de pas précipités dans les escaliers se firent alors retentirent, les ombres se replièrent vers le centre de la pièce et, dans un tourbillon de mauvaises augures, disparurent sans ne laisser aucune trace derrière elle.

Paniquée, Ama resta recroquevillée le regard affolé elle cherchait à caller sa respiration et son cœur sur un même rythme un peu près normal.

— Ama ! Est-ce que ça va ? Pourquoi tu as crié ?!

L’Hypnotiseuse ne releva pas la tête, elle avait tant déçu Fred les derniers mois qu’elle osait à peine le regarder. Manque de chance il était têtu et lui attrapa les poignets pour qu’elle le regard dans les yeux.

— Il était là… J-juste là… parvint-elle à bredouiller en esquivant le regard de Fred.

— Qui ?

— L’interlocuteur nocturne, il était là. Il veut que je le retrouve ce soir, si je ne le fais pas il s’en prendra à vous et je… Je ne veux pas voir ce qu’il peut faire.

— Alors je viendrais avec toi, déclara Fred en allant droit au but.

L’Empathe ne trouva même pas d’arguments pour l’empêcher de venir. Elle lui ordonna juste de rester caché, si son interlocuteur le voyait, ils étaient fichus.

— Merci. Et désolée, dit-elle simplement tandis que sa respiration redevenait normale.

— On ne repartira pas sur les excuses ok ? Je m’inquiète juste pour toi, j’ai peur que tu sombres aussi, et je ne peux pas te voir sombrer, alors si je te hurle dessus c’est seulement parce que j’ai peur, expliqua brusquement Fred en venant la serrer contre lui.

— Je sais. Enfin, je m’en doutais à quatre vingt dix pour cent, affirma Ama en se réfugiant contre le torse de Fred.

— Eh bien maintenant tu peux en être sûre à cent pour cent, lui assura Fred en l’embrassant sur les cheveux.

L’Empathe sourit légèrement tandis qu’elle écoutait le cœur de Fred battre, il battait anormalement vite. Amour ou peur ? Peut-être les deux. Songeuse, elle resta contre lui, sans parler, sans bouger, il ne fallait pas rompre ce moment, pas rompre les pensées de l’Hypnotiseuse, ni ce moment de réconfort. Pour ça, ils pourraient déjà compter sur l’interlocuteur de la nuit lorsque cette dernière viendrait.

Fred était resté avec Ama le reste de la journée, il était revenu pour éviter Lucie et finalement n’était pas repartit pour assurer une protection à Ama. Le soir venu, lorsque tout le monde fut couché, ils s’aventurèrent dans les plaines. Fred suivait Ama de loin tandis que l’Hypnotiseuse s’avançait vers l’endroit où elle se faisait le plus souvent attaquer.

Comme les deux premières nuits elle sentit un fouet la faire tomber lourdement sur le sol pour lui couper le souffle, elle commençait à comprendre le stratagème de son ennemi.

— Pfff. Réellement Amaterasu, tu me déçois aujourd’hui. Je ne suis pas idiot, et toi non plus par ailleurs, alors pourquoi joues-tu l’imbécile ?

— De quoi parlez-vous ?

— Je t’avais dit que je connaissais tout de toi, que je savais comment tu fonctionnes, alors pourquoi faire comme si tu avais oublié ? Je sais que ça te hante et te purge l’esprit. Mais tu cherches quand même à être plus fort que moi. Alors, où est-il ? Le roux ? demanda l’interlocuteur.

— Je suis venue seule, rétorqua Ama.

— Et moi je suis le Conseiller Bronte tiens. Où est-il ? insista l’interlocuteur nocturne.

— Au manoir, dans son lit.

Mauvaise idée de répondre ça, des bruits de pas précipités se firent entendre et un courant d’air vint frapper Ama, il ne se passa pas cinq minutes que de nouveaux bruits de pas se firent entendre.

— Je l’ai trouvé. Mais il n’était pas dans son lit.

L’Empathe prit peur, dans la voix de son ennemi perçait une fierté inconcevable tandis que dans le cœur d’Ama s’animait de la panique. Apeurée, elle se leva d’un bond et chercha l’endroit où Fred s’était caché sans tenir compte de son interlocuteur. Elle courut alors vers un endroit où un grand rocher étincelait avec la lune, entourée d’hautes herbes c’était facile de s’y cacher, l’Hypnotiseuse s’en approcha et étouffa un cri. Fred se tenait comme il pouvait à la roche, le visage en sang et le corps tremblant de tous ses membres.

— Je t’avais prévenu que je te connaissais, murmura son ennemi à l’oreille d’Ama.

Puis plus rien, seul Fred qui respirait difficilement se faisait entendre, reprenant conscience Ama le fit s’asseoir et épongea ses plaies, l’arcade sourcilière ouverte, la lèvre fendue et il saignait du coin du front.

— Grande nouvelle Freddie, je ne t’emmène plus jamais avec moi en balade nocturne.

— La prochaine fois ce sera toi, je ne te laisserai pas seule, contra Fred en portant une main à son front.

— Bon sang Fred ! Tu as bien vu à quelle vitesse il a agi ! S’il te plait, je ne peux pas prendre le risque de te voir un peu plus blessé à chaque fois !

— On en reparlera avec les autres.

C’était une phrase sans appel qui clôturait le débat, Ama allait le perdre, c’était sûr. Exaspérée, l’Empathe aida Fred à se relever et passa son bras au-dessus de ses épaules pour l’aider à marcher jusqu’au manoir, elle lui parla de tout et de rien pour qu’il ne perde pas conscience, chose qu’il menaçait de faire à tout instant.

L’Hypnotiseuse perdit vite le file de ses paroles et se contenta de dire n’importe quoi, son interlocuteur nocturne était fort. Très fort. Comme Lucie, entre elle qui employait la manipulation et lui qui employait la force… On pouvait dire qu’Ama était dans une belle panade. La pire de toutes.

Chapitre XV :

L’attaque hantait toujours Ama, tandis qu’elle regardait Caeta s’occupait de soigner Fred au beau milieu de la nuit, elle ressassait sans cesse ce qu’il s’était passé. La vitesse à laquelle il avait agi était tout bonnement incroyable ! Il était rapide, fort, vicieux et rusé. Soit, le mélange parfait pour détruire quelqu’un, ce qu'il commençait à réussir à merveille avec l’Empathe.

Tandis que Fred serrait sa main, car Caeta lui faisait des points de suture à l’arcade sourcilière, Ama vit Ginny et George arriver, bien réveillés et même habillés.

— Pourquoi je ne suis même pas étonnée ! soupira Ginny tandis que George se hâtait près de son jumeau.

Ama lâcha la main de Fred et prit Ginny à part pour lui expliquer l’attaque.

— S’il te plait Ginny, j’ai besoin que tu dises qu’il ne doit plus venir avec moi, regarde son état, la prochaine fois ce sera quoi ? La mort ? dit-elle d’une voix suppliante.

— Tu connais Fred, il est têtu comme une mule. Mais je vais essayer de faire en sorte que tu y ailles seule, promit Ginny avec un sourire compatissant.

Ama la remercia d’un regard tandis que Caeta les appelait pour les explications, et le futur débat.

Ama alla s’asseoir près de Fred, Ginny à côté d’elle, tandis que Caeta se mettait bien en évidence en face d’eux. Fred commença alors à expliquer les premiers évènements de la journée, pourquoi il était rentré au manoir et l’intrusion soudaine qu’Ama avait subie, l’Empathe expliqua ensuite celle nocturne. Comment en l’espace de quelques minutes son interlocuteur avait fait le voyage.

— Wow… Sa force elle est… Terrifiante, déclara Ginny le teint pâle et le corps parcouru de frissons.

— Je ne sais pas comment il fait pour tout savoir, murmura Caeta.

— C’est un Ténébreux, déclara George.

Mais bien sûr ! Comment Ama n’avait-elle pas pu y penser ! Quelle idiote, en plus son oncle était Ténébreux et l’idée ne lui avait pas effleurée l’esprit !

— Comment tu sais ça toi ? demanda Fred.

— Angel en était un, je me souviens que j’étais choqué de voir quelqu’un manipuler les ombres, et comme à chaque fois Ama parle d’ombres, ça me paraissait évident, expliqua George.

— Plus le temps passe, plus j’ai l’impression que tu te rapproches du terme de génie, soupira Ama en massant ses tempes.

— Donc, la question qu’on se pose avant d’entamer un débat est : doit-on laisser Ama y aller seule ou pas ? fit Fred, prévoyant.

— Seule ! répondit précipitamment Ama.

— Accompagnée, contra Fred.

— Mais je sais me débrouiller ! Il ne m’avait pas fait de mal, tu as vu comment ça a fini pour toi ! répliqua Ama.

— Justement, la prochaine fois ce sera toi ! fit remarquer Fred.

Ama fixa Fred de son regard bleu nuit, elle comprenait qu’il cherche à la protéger, mais elle ne voulait pas prendre le risque de le perdre ! Ni lui, ni personne dans cette pièce, elle avait déjà eu des pertes trop importantes.

— Je pense qu’Ama devrait y aller seule, déclara brusquement Caeta en choquant plus d’un.

— Quoi ?! Mais pourquoi ?! s’indigna Fred.

— Son mystérieux interlocuteur nocturne ne veut pas lui faire du mal. Du moins pas pour l’instant, et même si c’était le cas, il ne le ferait pas maintenant, expliqua Caeta.

— Et pourquoi ? Vous avez bien vu comment il s’est attaqué à Fred ! S’il s’en prend à Ama, je doute qu’il retienne ses coups parce qu’elle est une ravissante demoiselle, fit Ginny, mordante.

Ama haussa un sourcil, il est vrai, pourquoi Caeta soutenait-elle l’idée que sa fille puisse aller seule, au beau milieu de la nuit, rencontrer une personne cachée dans les ombres qui pourraient sûrement la tuer en l’espace d’un instant ?

— Ho non, ça je me doute bien qu’il ne fera pas de différence. Mais s’il ne peut pas lui faire de mal c’est parce qu’il sait que ça ne l’affectera en aucun cas, la douleur fait partie de vos vies. Vous êtes des habitués, mais le plus douloureux pour ma chère fille ici présente, c’est la douleur infligé aux autres à cause d’elle, et c’est encore pire si c’est une personne qu’elle aime, expliqua Caeta de façon étrangement posée.

Ama se sentit cuire de honte, vu comme ça c’était sa faute, et comme sa mère avait raison c’était forcément sa faute.

— Mais… l’encouragea Ginny.

— Mais, il y a aussi une seconde raison. Il n’y a plus de doute sur le fait qu’Ama est qualifiée de protagoniste, ce qui fait qu’elle est un pion dans le jeu de son interlocuteur. Elle est le pion essentiel pour mener à bien la partie, le joueur manipulé qui ne comprend ce qui lui arrive qu’à la fin, lorsque le coup final est porté.

— C’est fou comme tu es rassurante Maman, ironisa Ama.

— Je ne suis pas dans mon rôle de mère, donc mon but n’est pas de te rassurer. Mais de t’expliquer la situation dans tous ses détails, de faire en sorte que la vois sous chaque angle, que tu comprennes le mécanismes du jeu, que tu comprennes quel est le chemin à suivre, que tu saches comment résoudre l’énigme, se défendit Caeta le menton haut.

— C’est vrai que tu m’aides tant, fit Ama avec sarcasme.

Elle attendait toujours de savoir comment joindre Elios.

— Poses les bonnes questions, c’est tout, répondit Caeta avec un sourire en coin.

Ama leva les yeux au ciel, quelle grande aide ! On aurait cru entendre Ombrage avec ses « je ne dois pas dire de mensonges ». L’Hypnotiseuse était fatiguée de chercher à répondre à des énigmes inconcevables et insolentes !

— Bon, revenons au jeu. Sur ce plateau qu’à tracé ton interlocuteur, tu peux être qui tu veux. Je veux dire, plus qu’un simple pion sans intérêt, tu peux être le leadeur, la manipulatrice, la discrète qui montre sa force à la fin, ou alors, tout bonnement et simplement… Celle qui remporte la partie, reprit Caeta.

L’Empathe se redressa d’un bond, les poings serrés, elle aimait bien les métaphores, mais sans savoir pourquoi celle-ci l’agaçait, elle répondit quand même en employant le vocabulaire de jeu à sa mère.

— Je ne veux pas être le joueur qui fait les coups bas pour gagner, je ne veux pas être le leader que tout le monde déteste car il est arrogant. Je veux juste faire parti de ceux qui sortent en vie de la partie, brisée, meurtrie je m’en fiche, juste en vie. Parce qu’on le sait tous, une fois rentré dans son jeu, c’est impossible d’en sortir intact.

Chapitre XVI :

Toujours rien, après un mois à faire ces fichus rendez-vous nocturnes Ama n’avait toujours rien ! A part la peur qui lui tordait le ventre chaque jour, à chaque heure, chaque minute, rien du tout ! L’interlocuteur nocturne ne faisait que ficher un peu plus la frousse à Ama chaque nuit, lui répétant à quel point il la connaissait bien, à quel point il anticipait ses réactions, à quel point il connaissait ses émotions, sa mentalité, sa façon de penser… Tout !

Et mine de rien ça fichait la frousse à l’Empathe, il était rusé, il ne lui faisait pas peur d’un coup, non, il infiltrait la peur par étape, un peu plus chaque nuit, c’était une façon de la briser tout doucement. Comme un poison mortel, pour qu’il soit efficace et rude il fallait qu’il s’infiltre délicatement dans le sang, qu’il avance précautionneusement vers le cœur, et qu’au moment d’y arriver, on ne comprenne pas ce qu’il nous arrive.

Voilà ce qui arrivait à Ama, mais elle, elle en avait pleinement conscience et elle se demandait si ce n’était pas mieux de ne pas être au courant de ça.

En plus de tout ça, elle perdait espoir pour retrouver Elios, elle avait tout essayer « où est-il ? », « comment puis-je entrer en contact avec lui ? », « dois-je aller le retrouver à un endroit particulier ? » ou encore « je ne peux pas le joindre avec une lettre ? » rien, sa mère refusait de lui dire quoi que ce soit. Elle répétait sans cesse qu’Ama devait poser les bonnes questions, ou avoir la bonne réaction, mais qu’est-ce qu’elle s’en fichait de ses bonnes questions à la noix ou de sa maudite réaction ! Elle voulait juste retrouver Elios pour éclaircir ses sombres soucis, mais ça, Caeta ne semblait pas le comprendre à son grand désarroi !

Tandis que tous étaient dans le salon, Ginny et George en plein débat sur on ne sait quoi, Fred qui y participait vaguement mais était plus occupé à parler avec Ama qui avait la tête posée sur ses genoux, son regard fixé sur la fine cicatrice qui lui barrait la lèvre à cause de cette maudite attaque. Caeta arriva, toujours grande et fière après deux jours d’absence, Ama lança vite les hostilités.

— J’imagine que tu ne vas toujours rien dire au sujet d’Elios ?

— Pose les bonnes questions, ou aie la bonne réaction et on en reparlera, répondit calmement Caeta.

Ama se leva, les sourcils froncés et regarda sa mère droit dans les yeux, face au regard neutre de sa mère celui d’Ama sembla prendre feu.

— J’en ai assez de tes sales énigmes à la noix, je ne suis plus au Cygne Noir mais tu sembles avoir décidé de prendre le relai, commença-t-elle durement.

— Tu ne vois pas plus loin que ton nombril chérie, fit Caeta en levant les yeux au ciel.

— PARDON ?! Mais tu te fiches de moi ! Ce n’est pas pour moi que je dis ça ! C’est pour eux ! A cause de moi ils ont coupé les ponts avec leur famille, Molly doit être dans le pire des états, Harry doit se rendre fou et se demander où est Ginny et tu me dis que c’est moi l’égoïste ! Tu sais aussi bien que moi qu’ils ont besoin de leur famille, et toi tu prends un malin plaisir à rallonger leur peine ! Tout ça pour quoi ? Pour maintenir ta dignité ou je ne sais pas quoi ? Mais soyons honnêtes, je m’en fiche de ta dignité ! Je veux juste revoir les Weasley réuni, et sans Lucie si possible, ce n’est qu’une question de temps avant qu’elle ne vire Hermione, explosa Ama.

Elle avait explosé sans respirer une seule fois et ressentait à présent le besoin de prendre de l’air, une main sur la poitrine, la respiration saccadée elle continua de fixer Caeta qui n’eut aucune réaction dans une premier temps. Dans le second, un large sourire s’étira sur ses lèvres.

— Le ciel soit loué tu te décides enfin à réagir ! s’exclama-t-elle.

— Réagir de quoi ?

— Aie la bonne réaction. Tu l’as enfin eue ! Bon sang, je me demandais s’il allait falloir que je séquestre l’un de tes amis pour que tu réagisses, soupira Caeta qui semblait apaiser.

Au contraire de l’Hypnotiseuse qui était larguée, elle se laissa tomber à côté de Fred qui la regardait avec de grands yeux, mélangeant surprise et amour, tandis que George et Ginny la fixaient avec ahurissement et reconnaissance.

— Ah, tu ne comprends toujours pas hein ? Eh bien ce n’est pas à moi de t’expliquer, pour une fois je suis vraiment navrée, déclara Caeta avec un sourire en coin qui donna à Ama envie de lui sauter à la gorge.

— Non je ne comprends toujours pas, je doute que tu sois réellement navrée et… VAS-TU ME DIRE COMMENT JE PEUX JOINDRE ELIOS ?! s’impatienta Ama qui sentait que ses nerfs n’allaient plus tenir très longtemps.

— Parfois je me demande comment j’ai pu avoir une fille aussi peu patiente, soupira Caeta.

Elle s’apprêtait à rajouter une autre réprimande, mais en croisant le regard noir que sa fille avait elle sembla juger préférable de garder sa remarque pour elle.

— Bref, pour joindre Elios c’est très simple il faut…

Mais, c’est à ce moment-là que le transmetteur de Caeta vibra, elle s’excusa et se retira pour prendre son appel tandis qu’Ama se cramponnait au canapé de velours comme sa vie en dépendait, même si actuellement c’était surtout celle de Caeta qui en dépendait.

Soudain, elle sentit une paire de bras envelopper ses épaules.

— Tu savais que tu étais la meilleure Ama ? demanda Ginny.

— Franchement ? Non.

— Eh bien tu l’es ! Mais va falloir que je te donne des cours pour que tu sois un peu plus égoïste, ça commence à être compliqué pour toi d’être altruiste, fit la rouquine en s’écartant.

— Faut rajouter des cours du soir alors, parce que là c’est bientôt une peine perdue, renchérit George avec un sourire.

— Ho moquez-vous autant que ça vous chante, je n’ai ni l’humeur de vous rembarrez, ni de me joindre à vous, soupira Ama en posant ses mains sur ses yeux en s’affalant dans le canapé.

— C’est bon, désolée, Ace avait besoin d’une information, où en étais-je ? demanda Caeta.

— Vous alliez nous dire comment contacter Elios, répondit Fred.

— Ah oui ! C’est simple, il faut aller là où tout a commencé.

Ama décida qu’il était temps qu’elle prenne de grandes inspirations si elle ne voulait pas se jeter sur sa mère, ce serait dommage alors qu’elle acceptait de parler.

— Là où tout a commencé pour qui ? fit George, confus.

— Pour ce clan mystère.

— On peut fouiller dans tes affaires au moins ? questionna Ama.

— Seulement dans ce que je vous donnerai. Et encore, si vous êtes logiques ce n’est même pas obliger. Souvenez-vous que ce clan s’est construit avec les elfes qui ont découvert la vraie vie, la vérité derrière les illusions, qui ont trouvé la fausse note derrière la berceuse des Conseillers, répondit Caeta avec mystère.

Encore, et toujours des mystères et des questions. Cela en devenait lassant pour Ama, et presque ennuyant.

Chapitre XVII :

Au bout d’à peine quelques heures, la réponse était venue comme une évidence à Ama. Là où tout avait commencé pour ce clan mystère. C’était bien sûr Exilium ! L’école de la liberté, de la révolte et de la vie ! Le seul endroit dans les Cités Perdues où l’on pouvait apprendre quelles étaient les valeurs fondamentales de la vie, le seul endroit où l’on pouvait voir l’envers du décor de ces si parfaites Cités Perdues, c’était bien Exilium.

Petit souci, comment s’y rendre ? Il fallait un cristal de saut spécifique pour se rendre en territoires neutres et à cet endroit précis. Chose qu’Ama n’avait en aucun cas, en revanche… Lise si.

Elle avait donc filé voir Lise pour lui demander de lui donner de quoi sauter à Exilium, Lise avait accepté. A condition qu’elle ait le droit de venir avec elle, bah oui, bien sûr, c’aurait été trop facile sinon. Avec Ginny, qui avait empêché Fred de venir, mais ce dernier trop inquiet avait dit à Ginny de prendre sa place, elles attendaient que la nuit vienne. Sans savoir pourquoi, l’Empathe sentait qu’il fallait qu’elle y aille la nuit, la journée ce serait bien trop simple non ?

— C’est long d’attendre, gémit Lise.

— Patience est maitre de raison, répondit Ama bien qu’elle sente ses doigts s’engourdir.

— Eh bien patience va bientôt m’énerver, gronda Ginny.

La jeune femme semblait toujours sur les nerfs depuis que Caeta était arrivée, elle grommelait souvent des jurons et s’emportait facilement. L’Hypnotiseuse avait bien essayé de lui en parler, mais la rouquine l’avait refoulé et prétexté qu’elle était simplement fatiguée. Chose qu’Ama n’avait pas cru, quelque chose taraudait Ginny et la rendait folle, au point que son caractère de feu prenne régulièrement le dessus, il fallait y remédier. Mais comment ?

Mais le pire pour Ama, c’était qu’elle était tant focalisée sur elle-même qu’elle n’avait pas remarqué les états de Ginny, même ses émotions elle ne les avait pas sentis. Quelle honte pour elle qui était censée être une Empathe très puissante.

— La nuit vient de finir de tomber ! On peut y aller ! déclara brusquement Lise, ramenant Ama à la réalité.

L’Hypnotiseuse se leva de son fauteuil de velours et s’étira, le corps engourdi elle se dépêcha de retrouver ses sensations pour rejoindre Lise et Ginny qui étaient déjà prêtes. Sans un mot supplémentaire, Lise prit leurs mains et les fit sauter en territoires neutres, là où se déroulait les cours d’Exilium.

Pa chance, les mentors avaient des manoirs et ne vivaient pas dans les tentes plantées pour les repas ou certains cours. Elles s’aventurèrent donc sur la plaine, marchant dans la boue et les peaux de sasquatch. Les bottes souillées, l’Empathe poussa des jurons tout en avançant. Son instinct lui disait d’avancer, alors elle écoutait et avançait, bien qu’elle ne sache pas où ça allait la mener.

Les trois amies s’approchèrent d’une forêt dense, Ama ne l’avait jamais vu et n’était même pas au courant de son existence, certes elle n’était venue qu’une fois en terres neutres, mais c’était honteux quand même ! Désespérée par elle-même, elle soupira et s’aventura entre la multitude d’arbres, suivie par Ginny qui pointait sa baguette devant elle pour y voir clair et Lise qui suivait calmement la marche.

— Et après on ose dire que la Forêt Interdite est glauque, marmonna Ginny.

— Chut ! la coupa Ama.

Elle avait entendu un bruissement.

— Non mais je parle là ! s’indigna Ginny.

— Eh bien parle moins ! réclama Ama.

Le bruissement ressemblait au vent qui soufflait dans les feuilles, mais c’était une nuit froide sans vent. Alors c’était impossible, en tendant l’oreille, elle parvint à entendre des murmures étouffés. Les murmures venaient de devant elle, l’Empathe continua donc sa route, les murmures devenant de plus en forts à mesure qu’elle avançait.

Soudainement, les trois filles arrivèrent devant un halo de lumière que l’on devait à la lune, au centre de ce halo, se tenait une personne de dos, emmitouflée dans une cape rouge ornée d’un symbole, une feuille entre des griffes acérées, noir, la personne continuait de murmurer sans se rendre compte qu’elle était épiée.

— C’est qui ? demanda Lise.

La personne se retourna brusquement, une paire de yeux bleu glacé brillant à travers la pénombre de sa capuche.

— Quel tact Lise, fit remarquer Ginny dans un soupir.

— Vous êtes enfin venus, je commençais à me lasser de venir ici chaque nuit dans l’espoir de vous voir, déclara la personne.

Cette personne avait une voix d’homme, aune voix rauque, mais pourtant on y perçait un ultime soulagement mêlé à une profonde sagesse. Etrange. L’homme se retourna entièrement vers elles et abaissa sa capuche pour dévoiler des cheveux noir de jais qui tombaient devant ses yeux.

— Qui êtes-vous ? répéta Ama en écho à Lise.

— La personne que tu cherches à voir depuis un moment, répondit l’homme.

— Elios ?

— Le seul et l’unique. Tu lui ressembles, même à travers la pénombre je te vois en lui, murmura-t-il du bout des lèvres.

Curieuse, Ama s’avança dans le halo de lumière se dévoilant à lui, bien imitée par Lise et Ginny qui se tenaient prêtes à parer le moindre mouvement.

— Si j’avais voulu vous faire du mal je vous aurais attaqué à partir du moment où vous êtes arrivées, fit remarquer Elios. Mais passons, j’imagine que vous n’êtes pas là pour le simple plaisir de me voir.

— On veut des réponses, tout nous tombe dessus comme un aigle sur sa proie. Quel est cet homme qui vient chaque nuit à Santania ? Et qui parle avec McGonagall et Ace ? demanda Ginny.

— C’est nous qui sommes en contact avec eux, quant à l’homme je ne puis vous répondre dans l’immédiat. Tant que je ne suis pas sûr que vous ayez les compétences requises pour le savoir, je ne devrais même pas me montrer à vous, mais je suis d’humeur charitable, répondit Elios.

— Caeta dit que vous connaissiez mon père, pourquoi l’avoir emmené dans votre… Clan ?

— Nous ne sommes pas un clan. Nous sommes les Griffes de l’Ombre, je sais que ce n’est pas rassurant, mais nous ne voulons que le bien des autres. Je ne répondrai à tes questions que lorsque vous aurez prouvé que vous méritez les réponses, répondit calmement Elios.

— Bon sang ! Vous m’énervez avec vos histoires de mériter les réponses ! J’ai l’impression d’être en cours et que je suis obligée de faire gagner des bons points à Gryffondor ! s’emporta Ginny.

— Une sorcière hein ? Intéressant, marmonna Elios en se frottant le menton.

— Et on doit faire quoi pour mériter les réponses sinon ? s’impatienta lise.

— Suivez-moi et vous le découvrirez.

Forcées de suivre Elios, les trois amies s’activèrent derrière lui. Quelle terrible épreuve allait-il leur faire subir ?

Chapitre XVIII :

Ama suivit Elios dans les bois, une épreuve, une maudite épreuve. Qu’allait-elle devoir faire ? Se battre avec un lion ? Trop simple. Un duel en arène ? Trop évident. Tandis qu’ils continuaient d’avancer, des ombres bougèrent derrière les arbres, soucieuse Ama se tendit. Aux aguets, elle regarda avec méfiance autour d’elle lorsque deux ombres s’abattirent sur Ginny et Lise, Elios continua son chemin et se mit en face d’elle tandis que deux hommes maintenant une dague sous la gorge de Lise et Ginny.

— Dans la vie il faut faire des choix Ama. Maintenant choisis, l’elfe ou la sorcière, déclara simplement Elios.

L’Hypnotiseuse manqua de lui sauter à la gorge. Finalement, elle aurait largement préféré un combat contre un lion. Elle n’aimait pas ce genre d’épreuves, qu’elles soient officielles ou qu’elles servent de test elles tordaient le cœur à Ama. Elle ne pouvait pas choisir entre Lise et Ginny ! Et c’était justement ça qu’Elios voulait voir, quel choix elle était capable de faire en position délicate.

— Vous êtes vraiment une vipère, siffla Ama les poings serrés.

— Je suis une Griffe de l’Ombre.

— Et monstrueux.

— Tu dois faire ce type de choix dans la vraie vie, montre-moi ce que tu sais faire Ama, répondit calmement Elios.

Ama serra les poings jusqu’à voir ses phalanges blanchirent. Elle devait réfléchir posément mais rapidement, si ce n’était pas un test il y aurait comme un compte à rebours, c’était donc une épreuve de rapidité d’esprit.

Soudain elle se souvint d’une chose, une chose qui la terrifiait autrefois mais qui aujourd’hui lui était bien utile. Elle était Hypnotiseuse ! Depuis la bataille elle avait perdu toute habitude de s’en servir, c’était l’heure de voir si elle se débrouillait encore avec, elle ferma donc les yeux et laissa son esprit s’introduire dans ceux des deux alliés d’Elios. Lorsqu’elle fut dans leur partie hypnotisable, Ama leur ordonna de lâcher ses amies qui se précipitèrent près d’elle.

Pleinement conscience de ses actes et mouvements, Ama donna un nouvel ordre, celui de rejoindre Elios qui parut trembler à leur approche. Elle aurait pu leur ordonner de lui sauter dessus, mais elle avait besoin d’Elios, elle quitta donc leur esprit et revint à la réalité.

— Pourquoi choisir l’une des deux lorsque je peux sauver les deux ? demanda Ama en faisant une révérence insolente.

— Aie. L’insolence de ta mère, il fallait bien que tu hérites des deux, soupira Elios. Messieurs, vous pouvez disposer.

Les deux attaquants disparurent, l’un dans des clignotements, le second dans un nuage d’ombres.

— C’est bon ? Elle l’a passé son épreuve ? demanda Lise qui commençait à avoir les mains agitées.

— Elle a passé une épreuve que j’ai pu voir, on verra quelles seront celles que la vie lui réserve, répondit Elios en haussant les épaules. Je vous accorde une question ce soir. Choisissez-là avec soin.

Ama, Lise et Ginny se regardèrent, quelle question pouvaient-elles bien poser ?

— Le plus intelligent serait de demander ce qu’il se passe tout d’un coup, suggéra Lise.

Ama et Ginny affirmèrent d’un signe de tête.

— Nous voudrions savoir ce qu’il se passe soudainement ? évoqua Ama.

— Le passé refait surface. Le présent joue avec les noirceurs des cœurs et des esprits, l’avenir ne montre rien de prometteur. C’est tout ce que je peux vous dire, répondit Elios en regardant ses mains.

— Mais vous êtes sérieux ! Ce n’est rien, ça ne nous aide pas ! pesta Lise.

— Ce n’est pas amusant de tout dire d’un coup.

— ET CE N’EST PAS AMUSANT D’ETRE A NOTRE PLACE ! s’emporta Ginny le regard brûlant de colère.

— Ce n’est pas ma faute si le destin vous a réserver un tel avenir, rétorqua Elios.

— Bon, ça suffit. J’en ai assez, quand pourrons-nous revenir ? demanda Ama les nerfs en pelote.

— Quand vous aurez affronté une nouvelle épreuve de la vie. Je vous contacterai, ayez confiance sur ce point-là. Peut-être bien plus tôt que prévu même, fit Elios.

Puis il se détourna et disparut dans la pénombre des arbres, laissant seules les trois amies qui grinçaient toutes des dents. Ama en était sûre, un jour il y aurait un mort à cause de ces maudites questions sans réponses ! Fatiguée, l’Empathe se tourna vers ses deux amies.

— Je crois qu’il ne nous reste plus qu’à rentrer, déclara-t-elle en soupirant.

— Et à chercher comment tuer Elios ? Si vous voulez je peux faire disparaitre le corps, suggéra Lise avec une tête à faire peur.

— Parfois tu fais peur Lise, vraiment, murmura Ginny en frissonnant.

— Laisse tomber, on finit par s’habituer à son côté psychopathe, la rassura Ama.

— Méchante ! Bon, je vais rentrer avant que mon absence se fasse trop remarquer. A plus les filles ! déclara Lise en sortant un cristal de saut.

L’instant d’après elle avait disparu dans un halo de lumière. Ama et Ginny se prirent par la main et transplanèrent à l’extérieur de Santania. Bien que ce ne soit pas la meilleure idée qui soit avec l’interlocuteur nocturne. Elles se hâtèrent donc de rentrer dans le manoir où elles manquèrent d’hurler.

L’entrée était dévastée, des milliers de petits morceaux scintillaient au sol, des bouts de verre. Les meubles étaient retournés, les murs griffés, sur les tableaux les visages avaient été déchiquetés. Paniquées, les deux amies foncèrent dans le salon où elles trouvèrent George, appuyé sur l’accoudoir du canapé il se massait le genou tout en fouillant la pièce du regard.

— George ! Que s’est-il passé ?! s’écria Ginny en accourant près de lui.

— Le zinzin qui a attaqué Fred, il est venu ici. Il m’a déboité le genou, après il est monté pour s’occuper de Fred et Caeta, je viens seulement de me relever, il arrive à contrôler ses ombres de l’étage jusqu’ici, expliqua George sans entrer dans les détails.

— Ho bon sang… Ginny reste près de lui je reviens ! ordonna Ama en escaladant les marches.

Ama fonça à la chambre de Fred, le sorcier était effondré sur le sol, il tentait de se relever mais peinait à tout juste s’asseoir. Inquiète Ama se précipita près de lui.

— Fred ! Fred tu vas bien ?! paniqua-t-elle en s’accroupissant près de lui.

— J’aimerai te dire que je vais toujours bien, mais là ce serait mentir, répondit Fred en portant une main à sa tête.

Ama ne voyait rien dans l’ombre, elle posa sa main sur la joue de Fred et sentit un mince filet de liquide poisseux s’écouler de son front, visiblement l’interlocuteur nocturne aimait s’en prendre à lui.

— Ne t’occupe pas de moi. Va voir Caeta, c’est elle qu’il voulait, la rassura Fred.

— N-non, j-je vais t’aider, répondit l’Empathe tremblante.

Elle aida Fred à se relever et glissa le bras de son petit-ami par-dessus ses épaules. Bien que faible, Fred parvint à s’appuyer sur Ama et à descendre les étages. Ils allèrent dans le salon où Ginny s’affairait autour de George, elle avait déchiré la jambe de son pantalon pour voir l’état de son genou, il semblait aller bien mis à part quelques bleus.

— Sans nous toucher, il nous rend aussi faible que des nouveau-nés, grogna George.

— Et nous on ne peut pas le voir. Ca va aller Georgie ? fit Fred en s’asseyant à côté de lui.

— J’ai connu pire. Et toi Freddie ?

— Mal de tête.

Pendant ce temps-là, Ama fonça dans la chambre de Caeta, si Fred avait raison et que l’interlocuteur était venu pour elle, elle serait dans un piteux état. En arrivant dans sa chambre, Ama porta les mains à sa bouche pour étouffer son cri.

— MAMAN !

Chapitre XIX :

Ama trembla de tous ses membres en voyant sa mère étendue au sol, il n’y avait pas de sang, mais Caeta était raide, l’Empathe n’entendait même pas son souffle, totalement paniquée, l’Hypnotiseuse attrapa un transmetteur et appela Livvy. La doctoresse du Cygne Noir ne tarda pas à arriver, encore en pyjama certes, mais elle arriva rapidement.

Ama n’osait pas bouger, ni s’approcher de sa mère, elle était comme paralysée, ce fut seulement lorsque Livvy lui ordonna de rejoindre les Weasley pour aider Ginny à soigner les jumeaux qu’elle sortit de sa transe.

L’Hypnotiseuse prit sur soi et s’occupa d’essuyer le sang du visage de Fred, il n’avait qu’une légère entaille, bien que profonde elle était superficielle et serait guérie rapidement. George, lui, avait juste un problème à la jambe, elle était tordue ou quelque chose comme ça, enfin, il serait sur pied d’ici quelques jours.

En revanche, ce fut l’état de Caeta qui était le pire. Livvy dû tout de même l’emmener chez Elwin parce qu’elle avait besoin d’aide. L’Empathe ne dormit donc pas de la nuit, perturbée avec ce mystérieux Elios et paniquée pour sa mère. Que voulait son interlocuteur ? Pourquoi s’attaquer ainsi à eux ?

Pour la briser. Il avait dit qu’il connaissait à la perfection Ama, il devait sans doute savoir que le seul moyen de la toucher était de s’en prendre à ses proches, et pour l’instant, il y arrivait sans peine.

— Comment ça s’est passé avec Elios ? demanda Fred.

Il devait sans doute chercher à occuper l’esprit d’Ama, cette dernière continua de faire les cent pas tout en répondant.

— Il m’a fait passer une épreuve, choisir entre Lise et Ginny, il a dit que la vie s’occuperait d’en faire d’autres et qu’il en préparerait de son côté. Que ce soit pour moi, Ginny, ou n’importe qui qui m’accompagne.

— Il n’a répondu qu’à une seule question aussi. Nous avons demandé ce qu’il se passait. Il a répondu que le passé refaisait surface, que le présent jouait avec les noirceurs des esprits et des cœurs et que le futur ne promettait rien, continua Ginny.

— Et, il vous a dit quel était ce clan mystère ? demanda George.

— Les Griffes de l’Ombre.  Voilà le clan, il n’a rien dit de plus à part qu’on se reverrait lorsqu’on devra se revoir, expliqua Ama dans un soupir lasse.

— En clair, ils jouent avec nos nerfs, clarifia Ginny.

Tandis qu’Ama tournait toujours en rond, un faisceau de lumière apparut devant elle, surprise, l’Empathe fit un bond en arrière tandis qu’une silhouette sortait de la lumière. Vêtue de cette fichue cape rouge, elle abaissa sa capuche et dévoila des cheveux noir de jais et une paire de yeux glaciale.

— Je vous aviez dit que je reviendrais lorsque la vie en déciderait, déclara Elios en jetant un coup d’œil circulaire à la pièce.

— Et moi je vous dis que si vous continuez à jouer avec mes nerfs je vous étrangle, gronda Ama le regard haineux.

— Ce n’est pas moi qui joue avec tes nerfs Ama, c’est Hunter.

— Il faut m’expliquer comment sachant qu’il est mort.

— Ton père était intelligent, il a laissé une marque de son passé pour imprégner ton futur, expliqua posément Elios.

Comme s’il était chez lui, la Griffe de l’Ombre alla s’installer sur un fauteuil et posa ses pieds sur la table basse, comme s’il était invité pour le café !

— C’est bon vous voulez que je vous apporte un thé ? suggéra Ginny avec sarcasme.

— Avec un nuage de lait s’il te plait, confirma Elios.

Heureusement que Fred était là car Ginny tenta de sauter sur l’intrus, mais son frère ainé passa ses bras sur sa taille et la retint en lui chuchotant quelque chose à l’oreille.

— Que faites-vous ici ? demanda George, évoquant la question que tous se posait.

— J’ai appris pour Caeta, je viens m’occuper de mes petits protégés. Vous ne serez bientôt plus en sécurité ici. Il faut que vous vous habituiez à ma présence.

— En sécurité ? Ne me parlez pas de sécurité ! Peu importe où on va on n’est pas en sécurité ! vociféra l’Hypnotiseuse.

— Mais si, mais si. Il faut juste être entouré des bonnes personnes, répondit calmement Elios.

— Vous sous entendez que nous ne sommes pas assez bien pour nous débrouiller seuls ? fit George.

— Je ne sous-entends rien du tout. Je dis juste que dans la vie il y a des obstacles que même les personnes les plus douées ne sont pas aptes à vaincre.

— Ho bon Dieu, on a un Dumbledore bis, soupira Fred en lâchant Ginny.

— Ah oui Dumbledore… C’était un bon ami… songea Elios.

— Bon et sinon, ça vous dérangerez de nous aider ou c’est trop demander ? pesta Ama.

— Bientôt, tu auras des réponses Ama. Plus vite que tu ne le crois. En attendant, prête attention à ce qui t’entoure, et prépare toi au combat, l’heure approche.

Ama leva les bras en l’air en signe d’abandon, elle s’affala à côté de George en ruminant contre toutes les personnes qui lui avaient un jour parler de façon poétique ou cacher des choses. Autant dire que la liste était longue. Très longue même.

Personne n’osa la déranger dans ses jurons, comme par peur de faire parti de la liste par la suite, ils écoutèrent sans broncher lorsque soudainement Elios déclara :

— Au fait pourquoi en veux-tu à Ace ? Nous lui avions demandé de ne rien dire pour ta sécurité.

— Parce que justement ça m’énerve. La sécurité par-ci, la sécurité par-là, vous savez parfaitement que j’ai autant enduré que lui, vous savez parfaitement ce que j’ai vécu, mais vous vous obstinez à me « protéger » belle réussite non ?!

— Jusqu’à preuve du contraire tu tiens encore debout.

— C’est bien ce qui me dérange ! Mes proches ont été attaqués deux fois et moi je n’ai même pas une égratignure ou un bleu ! Mettez vous à ma place deux minutes ! s’emporta Ama.

— Ah, les adolescents, si impatients, soupira Elios. Tu l’auras bientôt ton combat, mais d’abord il faut que tu comprennes la façon dont le problème est ficelé. Je peux te dire que ton père avait comme qui dirait tout prédit, il a ficelé cette histoire de façon épatante, chaque détail est net et précis, tout est relié, tout s’assemble et se dissout. C’est époustouflant, cette course qu’il nous fait faire nous rapproche de tout et de rien à la fois.

— On sait d’où Ama tient son côté moraliste et philosophe au moins, pouffa George.

Malgré elle, Ama ne put retenir un sourire. Un simple et petit sourire qui sembla soulager ses muscles qui étaient tendus depuis son arrivée ici, tandis qu’elle s’apprêtait à renchérir l’idée de George, son transmetteur vibra, elle l’alluma et Livvy apparut sur l’écran argenté.

— Comment va Caeta ? s’empressa-t-elle de demander.

— Ama, je-je… Je suis désolée. Il était trop tard et…

Ama sentait son cœur battre, elle savait la fin de la phrase de Livvy, mais elle osait espérer qu’elle faisait une blague avec un humour noir très élevé ou qu’elle allait dire dans le coma.

— Et… Elle est morte.

Chapitre XX :

Ama n’avait pas pleuré en apprenant la nouvelle. Elle n’avait pas hurlé. Elle n’avait rien dit. Elle n’avait même pas briser de verre si c’était pour tout dire. Elle avait juste donné le transmetteur à Ginny et s’était retirée dans sa chambre. Une fois là-bas, elle avait juste serrer aussi fort qu’elle pouvait sa peluche contre elle.

Quelques jours plus tard avait eut lieu la plantation de l’errant de sa mère. Un bel arbre au tronc fort et noueux de couleur doré, aux feuilles éclatantes d’un beau bleu clair qui scintillaient à la lumière du soleil. L’Hypnotiseuse n’avait jamais été autant répugnée de porter du vert, d’ordinaire elle aimait bien avoir cette couleur sur elle en signe d’espoir, mais cette fois-ci elle avait surtout eu envie de déchirer sa cape en mille morceaux.

Encore une fois, elle n’avait pas pleuré, ni hurler, elle n’avait pas parler, sauf pour dire à Ace qu’elle le pardonnait. Ce dernier était plus chamboulé, les yeux rougis il avait à peine regarder Ama et n’avait même pas eu le courage de fusiller Fred du regard lorsqu’il avait pris Ama dans ses bras pour la réconforter.

Malgré toutes les condoléances, Ama n’avait pas fléchi, n’avait pas tressaillit, sa mine était restée sombre toute la journée. Mais ses nerfs étaient en pelote, et sa conscience s’alourdissait de jour en jour. Sa vie semblait devenir un véritable enfer.

Une semaine après la plantation, Ama était en train de tourner en rond sans aucune raison apparente, elle réfléchissait à la façon dont l’interlocuteur avait tué sa mère. Livvy lui avait dit qu’elle était morte tuée par l’hydrombre, cette forme d’obscure ténèbres était très puissante lorsqu’elle s’attaquait au cœur ou à l’esprit. S’attaquer au cœur était mortel, s’attaquer à l’esprit pouvait mener à la pure folie. Mais Angel avait dit à Ama que l’hydrombre n’était ni bonne, ni mauvaise, ni dangereuse, ni sûre (chose qu’il avait appris de sa mentor). Alors qu’était-elle ?  

— Ama. Y a l’autre barjot qui veut nous parler, déclara Ginny.

L’autre barjot était Elios. Ginny avait transféré toute la rancune qu’elle avait pour Caeta en haine pour Elios, c’était aussi simple que cela. Quant à l’Empathe, elle n’avait pas la foi de se battre, elle préférait donc l’écouter déblatérer sur tout et n’importe quoi sans lui donner la moindre importance.

Sans répondre l’Hypnotiseuse hocha la tête et suivit Ginny dans la cuisine, Elios était attablé et mangeait sa guimolle dans le plus grand des calmes tandis que les jumeaux semblaient avoir l’étrange envie de lui sauter à la gorge. Et Ama en eu l’affirmation lorsqu’elle s’approcha et qu’elle sentit les émotions hargneuses des deux garçons.

— Qu’est-ce que vous voulez cette fois-ci ? demanda-t-elle la voix rauque.

Elle se frotta la gorge, elle n’avait pas beaucoup parlé, désormais elle était orpheline, le réaliser avait été violent et l’avait muré dans le silence. Mauvaise idée, elle avait l’impression que sa gorge prenait feu et que ses cordes vocales avaient été frottées à du papier de verre.

— Je me doute que le choc a dû être violent pour toi Ama. Mais il faut que tu ailles de l’avant…

— Je vous interromps tout de suite, ne vous avisez pas de me parler de la vie qu’il y après la mort ou quoi que ce soit sinon je m’effondre en sanglots, prévint Ama en agitant son doigt devant elle.

Elios leva les mains devant lui en signe de paix.

— Je n’aborderai pas le sujet maintenant. Mais vous n’êtes plus en sécurité ici, vous devez partir, ton interlocuteur reviendra, il cherche à te détruire et pour ça il n’hésitera pas à tous les blesser ou les tuer un par un, continua Elios avec des coups d’œil aux Weasley. Tu voulais des réponses ? Eh bien tu les auras si tu viens, et en plus de ça tu auras des épreuves, on en sort tous gagnants.

Ama échangea un coup d’œil avec les Weasley, elle n’avait pas l’intention de la jouer en solitaire, voyant la détermination dans le regard de Ginny, l’envie vengeresse dans celui de George et le regard de Fred qui voulait clairement dire qu’il la suivrait dans son choix, l’Empathe n’eut plus de choix.

— Bien. On vous suit.

— Allez prendre ce qui vous est cher et revenez après, nous partons bientôt, déclara Elios avec un sourire satisfait.

Ama attendit que les Weasley s’en aillent pour regarder une dernière fois la décoration, soudainement Elios lui dit :

— Je suis surpris que tu ne me demandes rien en retour. A moins que tu attendais qu’ils s’en aillent ?

— Une seule et unique promesse.

— Dis-moi.

— Promettez-moi que vous les protégerez comme s’ils étaient des joyaux, prenez en soin comme on prend soin de la nature, déclara Ama avec énormément de sérieux.

Elios la détailla du regard, ses yeux glacials se stoppant parfois sur ses yeux à elle ou alors ses cheveux, sans prévenir, il éclata de rire.

— Ton père avait prévu que tu serais comme ça. Va savoir, il a toujours su que tu lui ressemblerais.

— Je n’ai jamais connu mon père, je n’ai pas le temps pour les mensonges !

— Toi, tu ne l’as jamais vu, ni connu. Mais lui, il t’a vu grandir, il a vu toutes tes facettes. Croyais-tu vraiment qu’une simple cage empêcherait Hunter de voir sa famille grandir ? Il était plus rusé que ça, répondit Elios.

L’Hypnotiseuse eut l’impression de se prendre un sceau d’eau glacée sur la tête, donc, si elle comprenait bien, elle avait été espionnée toute sa vie à son insu ? De mieux en mieux. L’Empathe soupira et ne prit pas la peine de poser de question, elle y reviendrait plus tard. Elle décida d’aller dans sa chambre et de prendre ce qui lui était cher… Dit comme cela, elle avait l’impression qu’elle ne reverrait jamais cet endroit, comme si suivre Elios signait son arrêt de mort. Mais l’Hypnotiseuse obéit et prit sa peluche, son fidèle carnet à dessin, et le pendentif que sa mère avait toujours porté. Un beau pendentif argenté formant un croissant de lune, elle l’enfila autour du cou et chercha ensuite son emblème de famille, il était temps de le sortir du placard. L’emblème avait la forme d’une rose, les pétales faits de rubis brillaient d’un bel éclat rouge sur la tige faite en émeraude.

Prise par les sentiments, l’Empathe l’accrocha sur sa sacoche, bien en évidence. Elle prit deux-trois livres qu’elle aimait particulièrement, et quitta sa chambre. Elle alla rejoindre les Weasley qui l’attendaient dans le salon, en arrivant Elios sortit son cristal de saut et déclara :

— Bienvenue à vous dans la vie des Griffes de l’Ombre.

Chapitre XXI :

La planque des Griffes de l’Ombre était un endroit fabuleux. Ils vivaient dans une étendue de plaines où l’on pouvait voir un somptueux manoir trônait au centre et plusieurs manoirs plus studieux s’éparpillaient dans les immenses plaines. Les membres étaient en total contact de la nature et vivaient ici avec leurs familles, les enfants innocents jouaient dans le courant d’eau, les plus grands s’amusaient sur les arbres, quant aux adultes certains exerçaient leurs talents tandis que d’autres couraient, sautaient sur les rochers, les arbres, comme de grands enfants.

Emerveillée, Ama sentit sa mâchoire se décrocher devant un tel endroit… Comment était-ce possible qu’autant d’elfes puissent s’amuser avec tant de naturalité alors qu’ils vivaient dans les Cités Perdues ?

— Nous sommes en territoire neutres, mais personne ne connait cet endroit autre que nous, expliqua Elios. Et, avant que vous ne le découvriez vous-même, sachez que les Griffes de l’Ombre regroupent des sorciers et des elfes.

— Ah bon ? C’est possible ? s’étonna Ginny.

— Oui. Vous risquez de croiser une personne que vous connaissez, ou plus. Les Griffes de l’Ombre ont pour but de garder un semblant de paix et de faire fléchir le Conseil pour que les elfes comprennent les sources de mensonges qu’ils avalent chaque jour. Pour ça, il fallait conserver l’amitié des elfes et des sorciers qui ne sont pas si différents que cela.

— Excusez-moi, mais nous sommes quand même très différents entre sorciers et elfes, fit remarquer George.

— Ah oui ? Je ne trouve pas, mais ce n’est pas à moi de vous donnez un cours sur les espèces, alors taisons le sujet pour l’instant, répondit paisiblement Elios.

George leva les bras au ciel en signe d’agacement, Elios s’aventura alors dans le camp et alla parler à plusieurs elfes, ou sorciers, vêtus de cape rouge avec le signe des Griffes de l’Ombre. L’Empathe se tourna vers les Weasley, prête à demander ce qu’ils faisaient là, lorsqu’Arwen bondit devant eux.

— Vous êtes enfin là ! Ama, je suis désolée pour ta mère, mais vous allez voir cet endroit est juste… WOW !! On peut faire ce qu’on veut ! J’ai enfin réussir à faire ce maudit patronus et… Ah ! Vous allez voir ça va être trop génial ! s’écria-t-elle avant de repartir aussi vite qu’elle était venue.

— J’ai rêvé ou c’était Arwen ? demanda Ama à Ginny une fois que le choc fut passé.

— Soit c’était elle. Soit on a rêvé toutes les deux.

— Navré de vous interrompre, mais on fait quoi maintenant ? questionna Fred.

Ama haussa les épaules et laissa son regard couler sur l’endroit. Elle avait l’impression de voir une grande famille devant elle, les enfants qui s’amusaient tous ensemble… Les parents qui parlaient et riaient…

— On découvre notre nouveau chez nous, déclara-t-elle enfin.

Sans attendre de réponse, elle s’aventura dans le camp suivie de près par les Weasley, leur arrivée fit taire plus d’une discussion. Tandis que les plus jeunes enfants s’approchaient avec émerveillement, les parents les fixaient avec des yeux ronds.

— Maman ! Maman regarde ! C’est la fille d’Hunter ! cria soudainement une fille qui devait ne pas être bien plus jeune qu’Ama.

— Je sais chérie mais chut ! Ne la fais pas fuir ! la rabroua sa mère.

— Fred tu as du souci à te faire, tout le monde reluque Ama, murmura George de façon très peu discrète.

Comme alerté, le sorcier rapprocha Ama contre de lui en prenant bien garde à conserver un contact physique avec elle, l’Empathe leva les yeux au ciel et continua de regarder les Griffes de l’Ombre lorsqu’elle aperçut un visage familier.

Visage fatigué, cicatrisé, yeux mélancoliques, l’air malade. Il ne s’agissait que d'une seule personne.

— Remus Lupin ! s’écria Ama.

L’attention des Weasley se riva sur le veuf, repéré, il s’approcha d’eux avec une démarche fatiguée, mais remplie d’assurance.

— Suivez-moi. Si vous restez ici vous allez finir avec des enfants sur le dos, déclara-t-il dans un murmure rauque.

Personne ne se fit prier et tous le suivirent dans les plaines, toujours en attirant les regards sur leur passage Lupin les guida dans une maison plus petite que les manoirs, mais spacieuse, il les fit rentrer et l’Empathe fut surprise de se retrouver dans une maison aussi chaleureuse que celle du Terrier.

Lorsqu’ils furent dans le modeste salon, Ama se surprit à toujours avoir le bras de Fred sur ses épaules, se concentrant enfin sur lui elle put ressentir sa méfiance comme si c’était la sienne et ses doutes.

— Tout va bien se passer, lui murmura-t-elle. On est avec Lupin.

Fred haussa les épaules et raffermit sa prise avec douceur sur Ama. Parfois il pouvait se montrer protecteur c’était incroyable.

— Je comprends votre méfiance. Mais sachez que je ne me serais jamais imaginé que ça irait aussi loin, déclara-t-il en rangeant des feuilles épars sur le canapé et la table basse.

— Qu’est-ce qui irait aussi loin ? demanda Ginny.

— Qu’Il aille jusqu’à tuer.

— Qui Il ?

— Bah Il, répondit Lupin, perturbé.

— Bon sang ma mère a été tué et vous continuez d’employer des pronoms ! Il n’a pas de prénom ou comment ça se passe ? s’impatienta Ama.

— Elios ne vous a rien dit ? Je ne sais pas si je peux… commença Lupin.

Mais il s’interrompit sec en croisant le regard d’Ama. Un mélange de tristesse et de fureur, avec un brin d’amertume et de détermination, en clair un regard qui voulait dire qu’elle n’avait plus de temps à perdre.

— Il s’appelle Côme. C’est un grand Ténébreux qui manie l’hydrombre comme je manie le sort Experliarmus, il voue une certaine haine à ta famille Ama, mais je ne sais pas pourquoi. Elios savait que je ne tiendrait pas longtemps le secret face à vous, il ne m’a donc donné que des futiles détails, expliqua Lupin.

— C’est mieux que rien. Côme. Je n’ai jamais entendu ce nom de ma vie, soupira Ama.

— Moi…. Moi… Si… fit Ginny en pâlissant à une vitesse vertigineuse.

— Où ça ? Comment ? la questionna Ama, à la fois inquiète et curieuse.

— A Poudlard… Je-je… Je me baladais dans les couloirs, puis j’ai entendu des éclats de voix dans une salle de cours, j’ai été curieuse et j’ai écouté. C’était Baiard et Lucie, ils parlaient d’un Côme, et de plan qui se déroulait à la perfection, mais j’ai fait un faux mouvement, Lucie m’a entendu, elle est sortie en trombe. On a commencé à se disputer, je lui ai flanqué une gifle et j’ai été renvoyée, expliqua la rouquine qui semblait presque sur le point de perdre connaissance.

Totalement sous le choc, Ama se laissa tomber dans un fauteuil, alors tout était lié entre eux depuis le début… Tout… Du plus petit des détails, au plus gros des problèmes…

Et Ama n’avait rien vu.

Chapitre XXII :

Voyant la perturbation des jeunes adultes, Lupin leur avait donné congé et leur avait fait visiter sa modeste maison. Ama avait décidé de ne pas écouter, songeuse elle pensait à ce Côme, à Lucie, au professeur Baiard. Dorénavant, elle savait que c’était avec Côme que le professeur Baiard parlait ce fameux jour où elle avait surprise sa discussion, désormais, elle comprenait qu’ils parlaient de Lucie lorsque le professeur de défenses contre les forces du mal disait « elle sait ce qu’elle a à faire ». Ce qu’elle ne comprenait pas c’était pourquoi ? Pourquoi tant de haine ? Pourquoi chercher à la détruire ainsi ? Qu’avait-elle fait ?

Cette nuit, Ama n’avait vraiment pas dormi. Elle avait bien essayé, mais dès qu’elle fermait les yeux elle voyait le regard mauvais de Lucie ou sa mère étendue sur le sol. Ce qu’elle trouvait étrange car les jours suivants sa mort elle n’avait pas vu ça, peut-être était-ce parce qu’elle comprenait seulement maintenant à quel point elle avait besoin de sa mère. Savoir qu’elle pourrait l’appeler et se faire rabrouer pour un rien était un soulagement, mais maintenant, se faire rabrouer était un désagrément.

Le regard fixé sur la fenêtre, l’Empathe regardait les premiers rayons de soleil apparaitre, la lumière l’aveugla au début, elle frotta ses yeux cernés et fatigués tandis que la porte de sa chambre s’ouvrait. Ama n’eut même pas à tourner la tête pour savoir qui c’était, en ressentant la méfiance et la peine de la personne elle comprit immédiatement qu’il s’agissait de Fred.

— Salut Fred, ça va ? demanda-t-elle poliment sans se tourner.

— Je suis prêt à parier que je vais beaucoup mieux que toi, répondit-il en s’asseyant près d’elle.

— Je suis prête à parier que tu as raison. Mais je ne vais pas m’arrêter de vivre, je respire encore, je suis encore en vie, pourquoi me plaindre ?

Ama déblatérait ses propos sans même savoir s’ils avaient un sens, elle s’était répété cette phrase toute la nuit pour ne pas décider d’abandonner. Après tout c’était vrai, elle était en vie, en bonne santé, pourquoi devrait-elle se plaindre ?

— Ama… commença Fred d’une voix douce.

— Quoi ? le coupa Ama, soudainement tendue.

— Tu n’as pas à garder ce rôle de fille forte. Tu es humaine et c’est normal que tu aies envie de crier, pleurer, briser quelque chose, n’importe quoi. Tu n’as pas à conserver tes émotions alors qu’on sait tous que tu as envie de craquer.

— Si je le dois. Il faut que je reste calme, concentrée, que je ne laisse pas les émotions gagner, si je baisse ma garde Côme va en profiter… J’en suis sûre… Et il va s’en prendre à vous, j’ai déjà perdu Elyssa, Kalea, Amadeo et maintenant ma mère… Je ne peux pas me permettre de perdre quelqu’un d’autre, répondit Ama en se levant pour cacher les larmes qui perlaient au coin de ses yeux, elle cligna des yeux et les chassa en inspirant à fond.

Si elle s’effondrait maintenant elle risquait de ne jamais se relever, et actuellement elle savait qu’on avait besoin d’elle, alors elle devait rester debout. Encore un peu… Juste un peu.

— Ma chère Ama. Quand, comprendras-tu enfin que tu as le droit de vivre un peu pour toi ? Que tu as le droit de penser à toi dans la vie, quand comprendras-tu que tu as le droit de respirer tout simplement ? demanda Fred en venant se mettre devant elle, les bras croisés.

— Quand… Quand je serai morte peut-être… soupira Ama.

Fred laissa ses bras tomber, il était épuisé et exaspéré, la fatigue se lisait dans son regard quant à l’exaspération Ama ressentait ses émotions. Elle l’exaspérait, elle s’en doutait, elle s’en voulait, mais elle ne pouvait pas se permettre de tomber maintenant… Elle devait tenir debout pour eux…

Soudainement, Fred prit ses mains dans les siennes, la forçant à redresser les yeux pour scruter ceux du sorcier.

— Ama. Tu sais que je ne parle pas tout le temps avec autant de sérieux que toi, mais là je le suis. Il faut que tu te reposes et que tu lâches prise. Pour nous faire plaisir. Puis regarde, c’est une belle matinée pour faire trempette non ? dit-il avec un sourire en coin.

— Hein ? Que quoi ?

Sans qu’Ama ne comprenne quoi que ce soit, Fred passa un bras sous ses genoux et l’autre dans son dos pour la porter comme une princesse avant de sortir en courant. Surprise, Ama passa ses bras autour du cou de Fred le regard apeuré et choqué, le sorcier la garda contre lui en courant dans toute la modeste maison avant de quitter cette dernière toujours en courant pour foncer vers la rivière qui sillonnait la plaine.

En arrivant près de cette dernière il ralenti, le souffle court il regarda Ama de ses beaux yeux brun remplis de malice.

— Fred. Je. T’interdis. Formellement. De. Faire…

Ama ne finit pas sa phrase, Fred l’avait déjà jetée à l’eau en riant. Ama resta assise dans l’eau, des mèches de cheveux collés à son front et devant ses yeux l’empêchaient de voir nettement, mais elle entendait Fred se bidonnait à côté d’elle, et, malgré elle, elle explosa de rire avec lui. Rire de bon cœur lui fit du bien, pour une fois, elle commençait la journée le sourire aux lèvres, heureusement que Fred n’était pas tout le temps sérieux. Mais, bien décidée à se venger et à ne pas être la seule mouillée, Ama glissa sa jambe entre celles de Fred et lui crocheta celle de droit pour qu’il tombe dans la rivière aussi.

Elle n’était pas profonde, si pour Ama l’eau arrivait à sa poitrine, elle arrivait à la taille de Fred qui, après avoir repris ses esprits, tira la langue à Ama.

— Tu croyais sincèrement que j’allais te laisser rire de moi sans me venger ? fit Ama en écartant les mèches de cheveux de son visage.

— Non, mais je m’attendais à ce que tu prennes du temps à en trouver une adéquate, s’esclaffa Fred.

Pour toute réponse, Ama lui envoya de l’eau au visage, de grande taille ses cheveux avaient été épargnés ce qu’Ama ne tolérerait pas. Elle joua donc avec l’eau jusqu’à que ses cheveux soient trempés.

— Là, tu es parfait, déclara-t-elle en lui offrant un grand sourire.

— Et toi tu es parfaite en souriant, confirma Fred en ébouriffant ses cheveux.

L’Empathe rougit tout en élargissant son sourire, elle se releva, bien qu’elle eût du mal à ne pas glisser sur les galets, et aida Fred à faire de même. Une fois debout, ce dernier l’attira à lui et l’embrassa fougueusement.

— Finalement, tu as raison, c’est bien de lâcher prise de temps en temps, admit-elle en souriant avant de se caller contre son torse.

Les Griffes de l’Ombre commençaient à se réveiller, ceux qui l’étaient depuis longtemps mais qui sortaient seulement de leurs habitats regardèrent Ama et Fred avec amusement, les plus vieux avec des regards qui voulaient tout dire, les adultes un peu plus jeunes murmurèrent qu’ils étaient encore de grands enfants. Ce à quoi Fred répondit au creux de l’oreille d’Ama :

— De grands enfants qui savent lâcher prise et être sérieux quand il faut.

— Et qui savent encore s’amuser malgré les épreuves. Merci.

Elle le remerciait d’être là, de s’assurer qu’elle souriait et qu’elle riait, de lui donner le sourire chaque jour, d’être encore là malgré son caractère massacrant et sa vision trop réaliste du monde. Elle le remerciait d’être lui, d'être entré dans sa vie et de l’aimer en somme.

Chapitre XXIII :

Après s’être bien amusés dans le courant de la rivière, Ama et Fred retournèrent dans la modeste maison de Lupin, toujours trempés bien entendu. L’avantage était qu’Ama gardait un grand sourire sur son visage, en arrivant dans le salon, ils virent Ginny et George dans le canapé, la première luttant pour garder les yeux ouverts, le second cherchant une vanne à faire au sujet des habits trempés de Fred et Ama, en vain visiblement.

— Je n’ose même pas demander si ça va, fit Ama un sourcil haussé.

— J’ai passé la pire nuit de toute ma vie, et pourtant j’ai partagé un dortoir avec des Gryffondor très peu fréquentables, soupira Ginny.

— Et moi je n’ai pas fermé l’œil, expliqua George.

— Alors, je vais mettre des vêtements secs et je m’occupe de cette tignasse, et après je vous écoute, déclara Ama.

Elle n’attendit pas de réponse et fila dans la chambre qu’on lui avait attribuée, elle se vêtue des vêtements donnés. Soit un pantalon blanc simple et une tunique rouge orné du signe des Griffes de l’Ombre dans le dos, ce symbole était partout, sur les capes et les tuniques ! Ama prit également l’emblème de sa famille et l’accrocha sur le col de sa tunique, elle attacha ses cheveux blanc sur le côté qui camouflèrent l’emblème. Elle ne dirait pas qu’elle en avait honte, mais elle n’était pas prête à l’étaler à la vue de tous pour autant.

Lorsqu’elle revint, elle remarqua que tous portaient un haut rouge, Fred tentait de faire réagir son jumeau ce qui permit à Ama de voir le dos de son tee-shirt, c’était bel et bien le symbole.

— C’est normal qu’au bout d’une journée avec eux on porte déjà le symbole de leur organisation ? demanda-t-elle en s’asseyant près de Ginny.

— Je ne sais pas, et je m’en fiche actuellement, répondit la sorcière.

— Bon, il s’est passé quoi cette nuit ? questionna Fred.

— C’était horrible, je me suis réveillée je ne sais pas combien de fois, je me réveillais toujours pour la même raison, je voyais des morts, ou je me noyais, la belle vie, expliqua sa sœur.

— Et moi dès que je fermais les yeux je me retrouvais seul à gérer la boutique, plus personne ne me parlait, j’étais comme orphelin, ajouta George.

— C’est bizarre. Je n’ai rien eu comme ça, enfin, si, j’ai vu ma mère et le regard mauvais de Lucie mais sinon… commenta Ama. Et toi Fred ?

— Rien. Je pensais à hm… Autre chose et je n’ai rien vu de tel.

L’Empathe préféra ne pas demander qu’était cet « autre chose ». Elle haussa les épaules et réfléchit à la raison de ces soudaines insomnies. Soudainement, Elios entra dans le salon, toujours avec son calme ahurissant.

— Vous avez passé une bonne nuit ? demanda-t-il en guise de salutation.

Les regards noirs d’Ama, George et Ginny suffirent pour réponse.

— Fred est le seul à avoir dormi cette nuit ? ajouta-t-il.

— Je ne dirai pas que j’ai dormi, mais je n’ai pas eu des rêves étranges comme eux, expliqua-t-il.

— Etrange…

— Pourquoi ça ? demanda Ginny soudainement très attentive.

— Nous exerçons quelque chose de particulier avec nos Télépathes et nos legilimens, nous leur demandons de s’introduire dans vos esprits et d’exercer vos plus grandes peurs, expliqua Elios.

— Alors pourquoi ça n’a pas marché sur Fred ? demanda Ama, suspicieuse.

— En réveil l’esprit est plus protégé qu’en état de sommeil, la personne chargée d’exercer les peurs de Fred n’a sûrement pas pu pénétrer son esprit, expliqua Elios.

— Mais ce n’est pas possible d’avoir que deux peurs ! rétorqua George.

— Je n’ai jamais dit qu’ils exerçaient toutes vos peurs en une seule nuit.

— Donc ça va durer combien de temps ce charabia ? demanda Fred.

— Jusqu’à qu’on connaisse toutes vos peurs et qu’on sache comment vous les faire vaincre, répondit Elios en souriant.

Ama pâlit à grande vitesse, il était hors de question qu’elle dorme durant toutes les prochaines nuits, elle ne voulait pas se retrouver entourée de flammes ou des illusions des cadavres de ses proches. Tant pis si elle ressemblait à un zombie, elle ne compterait pas vivre ça !

— Ho ho. On dirait qu’Ama a comprit ce que cela voulait dire, s’esclaffa Elios.

— Vous comptez nous tuer de peur en fait, fit-elle remarquer.

— Tuer est un bien grand mot. Disons, que nous ferons en sorte de voir votre résistance à la peur, répliqua Elios.

Ama ne répondit pas, le regard noir elle entama un duel de regard avec Elios, l’ancien ami d’Hunter ne semblait pas vouloir détourner le regard et voulait montrer qu’il avait raison, mais comprenant qu’Ama ne détournerait pas les yeux il finit par lui tourner le dos et s’aventurer dans la maison.

L’Hypnotiseuse soupira, si la matinée avait bien commencée, elle continuait mal. Ce séjour ici allait vite finir en enfer pas de doute là-dessus.

— On est entré en enfer, déclara George.

— Exercer vos peurs, blabla, je vais lui exercer mon poing dans sa face oui, grogna Ginny.

— Peut-être que ça va nous aider, fit Fred.

— Ou peut-être que ça va nous détruire, c’est quitte ou double, répliqua Ama.

Fred haussa les épaules en signe d’impuissance tandis qu’Ama envisageait déjà le pire, elle ne se voyait pas affronter ses peurs, ce n’est pas parce qu’elle ne montrait rien qu’elle était courageuse pour autant ! Au contraire, elle était presque une froussarde, mais l’adrénaline des années passées lui avait donné la force de se battre sans peur certes, mais maintenant que l’adrénaline était à son plus bas… Elle était terrifiée.

C’est à ce moment-là que Lupin arriva.

— J’ai prévenu Molly que vous étiez-là, elle tient à ce que je lui donne de vos nouvelles régulièrement, déclara-t-il.

— D’accord. Merci, dit Fred.

— Lucie est remplie de rage, d’après ce que j’ai entendu de sa conversation avec Hermione elle veut se venger. Donc elle risque de s’abattre sur vous à tout moment, restez prudents, ajouta-t-il.

— Merci de l’information. Lucie veut notre mort, Côme veut notre mort, Baiard veut notre mort ! MAIS QUELLE MERVEILLEUSE VIE ! pesta Ginny.

— Je comprends que vous soyez en colère, mais il faut prendre sur vous, fit Lupin d’une voix douce.

— Mais c’est ce qu’on n’arrête pas de faire ! Prendre sur nous, ne pas s’emporter, ne pas faire taire Lucie. C’est tout ce qu’on fait. ON NE FAIT RIEN QUOI ! A part éviter de commettre des meurtres on fait que dalle ! rétorqua Ginny en se levant d’un bond.

C’est bon, les nerfs de Ginny lâchaient, ceux d’Ama ne tarderaient pas à les imiter et elle exploserait comme Ginny, voir pire.

— Ginny, calme-toi. Tout ça ne vaut pas ta colère, garde la pour flanquer la volée à Lucie, lui dit Ama en se levant.

Elle passa un bras autour des épaules et de Ginny et lui frotta le bras amicalement pour le calmer. Ginny continua de pousser des jurons mais elle ne se déroba pas.

C’est à ce moment-là qu’Ama comprit, il fallait vite en finir avec cette situation qui les rendait tous fous et les mettait à bout.

Chapitre XXIV :

Un mois s’était écoulé, et c’était sûrement le pire mois qu’Ama avait vécu. Malgré ses résistances, elle avait fini par s’endormir… Elle avait vite regretter de se reposer, elle s’était retrouvée entourée d’un mur de flammes, des flammes denses et qui prenaient vite de l’ampleur, l’instant d’après, elle voyait ses proches gisants au sol. Raides morts.

Magnifique, et si ça ne s’était arrêté que là. Elle s’était retrouvée emprisonnée par les Invisibles qui étaient pourtant dissous, elle ne pouvait pas hurler, pas parler, même pas se débattre, non, rien. Elle devait se laisser faire. L’Empathe ne comprenait pas cette peur, elle n’en avait même jamais soupçonné l’existence. Mais il fallait croire qu’elle était encore plus froussarde que ce qu’elle ne pensait.

Alors qu’elle jouait avec des enfants, Ama se tenait à genoux, des filles d’à peine dix ans avaient décidés de jouer avec ses cheveux, comme Raiponce avait dit l’une d’elles, une sorcière.

— Tu ne te coupes jamais les cheveux ? lui demanda une petite blonde.

— Seulement les pointes.

— Moi aussi je veux des cheveux comme ça plus tard ! Mais ma mère elle ne veut pas… soupira une brune.

— Ce n’est pas à ta mère de décider comment tu gères ton corps, si tu veux avoir les cheveux long, aie les cheveux long ! C’est ta vie, ton physique, c’est toi qui commande, fit remarquer l’Hypnotiseuse.

La petite fille ne répondit pas, mais l’Empathe vit un beau sourire s’étirer sur son doux visage innocent. Ama se sentit retomber en enfance, lorsque sa mère lui répétait sans cesse de se couper les cheveux et qu’elle faisait comme si elle était sourde, un sourire mélancolique s’étira sur ses lèvres à cette pensée, même enfant, elle n’aimait pas qu’on lui dise quoi faire.

L’Empathe laissa les jeunes filles s’occupaient de ses cheveux, elle préféra ne pas regarder ce qu’elles faisaient à ses cheveux immaculés et attendit qu’elles finissent. Lorsque ce fut le cas, Ama put se redresser, les jambes engourdies elle s’ébroua et effleura ses cheveux.

Elle pouvait clairement dire qu’elle ne savait pas ce que ces enfants de dix ans avaient fait à ses cheveux, et en soit peut-être était-ce mieux, elle savait seulement que ses cheveux ne descendaient plus au bas de son dos, bon sang, qu’avaient fait ces gamines ?!

— Ama ! Elios nous cherche ! Il dit que c’est l’heure d’affronter nos peurs !

Ama se retourna vivement et vit Ginny elle aussi coiffée, ses cheveux mi-long redressés en un chignon aux allures de guerrière.

— Toi aussi elles t’ont eue, s’esclaffa Ama.

— Alors, je te déconseillerai de juger vu ta coiffure, je n’ai jamais vu autant de fleurs dans des cheveux !

— Pardon ?!

— Elles t’on rattachés tes cheveux en sorte de deux chignons pour les raccourcir, et elles t’ont ajouté quelques fleurs autour pour la déco, pouffa Ginny.

— Et après on s’étonne que je n’aime pas aller chez la coiffeur. Bon, on va voir Elios ?

— Suis-moi ! J’ai parlé avec Arwen, elle a déjà fait le test, apparemment on risque de flipper, mais beaucoup je veux dire, prévint Ginny en s’aventurant à la lisière des plaines pour aller dans les bois qui longeaient l’endroit.

— J’imagine que tu ne dis pas ça dans le but de me rassurer.

— Absolument pas. Je dis ça dans le but de faire en sorte que tu fasses un malaise avant pour que personne ne fasse cet horrible truc, expliqua Ginny.

— Idée des jumeaux ?

— Les seuls et les uniques, confirma son amie.

Ama leva les yeux au ciel, bien que l’idée de faire un malaise l’enchante, elle ne serait pas sûre de sortir de son lit si elle en faisait un, même pour le coup de théâtre, elle décida donc de suivre Ginny, bien qu’elle ne cherche pas à se dépêcher.

Après un moment de marche dans la forêt, elle et Ginny arrivèrent devant une grotte. Les jumeaux attendaient devant avec nonchalance, toujours vêtus d’un haut symbolisant les Griffes de l’Ombre.

— Wow. Vous, vous avez la tête de personnes qui se font fait agresser par des gamines de dix ans, se moqua George en les voyant.

— Ouah. Comment tu as deviné ? fit Ginny en prenant un air surpris.

— Si tu voyais les macarons que vous aviez sur la tête. Sinon Ama, tu ne veux pas nous faire un petit malaise ? pouffa George.

— Si j’en fais un je ne me réveille pas avant que tout ça soit terminé, donc vaut mieux éviter, répondit Ama.

— Dommage. Je n’ai pas envie de faire cette horreur, soupira Fred.

— Cette horreur vous aidera à affronter les futures épreuves, fit remarquer Elios en arrivant.

Comme à chaque fois qu’il arrivait, l’Empathe lui adressa un regard noir. Il semblait être habitué et n’accordait plus d’importance à ses regards mauvais comme la peste noire.

— Mis à part ça, comment ça se passe ? questionna Ginny.

— Dans cette grotte il y a plusieurs chemins, prenez celui qui vous appelle, alors l’affront de vos peurs commencera, expliqua Elios.

— Et si on ne veut pas entrer ? suggéra Ama.

— Alors on emploiera la force.

— Et vous croyez que c’est ainsi qu’on vous donnera de l’aide ? questionna l’Empathe.

— Je sais que tu es méfiante Ama, et que tu as ce maudit instinct de contradiction, mais tu dois me faire confiance cette fois-ci. Tu as juste à entrer dans cette maudite grotte et affronter tes peurs ! s’emporta Elios.

L’Hypnotiseuse lui rendit un regard haineux, c’était devenu son rituel. D’un pas fier, elle entra dans la grotte, quitte à affronter ses maudites peurs autant que ce soit la tête haute, fièrement et sans être trainée de force à l’intérieur. L’Empathe entendit les Weasley la suivre, leurs pas résonnants sur le sol glacé de la grotte, n’entendant que le bruit du clapotis de l’eau sur les roches, Ama regarda tout autour d’elle. Les roches étaient lisses et n’offraient aucun appui, le sol glacé était glissant, donc si Ama avait une soudaine envie de fuite elle risquait surtout de se casser une jambe. Elios prévoyait tout, personne ne pourrait avoir envie de fuir ici.

Soudainement, ils arrivèrent dans l’antre de la grotte où quatre tunnels s’en débouchaient. Sans savoir pourquoi, Ama fut directement alarmée par celui tout à droite, Ginny s’orienta vers celui de gauche, tandis que les jumeaux étaient comme appelés par ceux du milieu.

— Bon courage, fit Fred avant de s’aventurer dans le tunnel qu’il avait choisi.

George ne tarda pas à l’imiter, mais Ginny et Ama furent les plus réticentes. Elles échangèrent un regard rempli de doutes, que trouveraient-elles au bout des chemins ?

— On se retrouvera de l’autre côté du tunnel, déclara Ginny avec un sourire.

Ama lui rendit un sourire, et toutes deux s’engagèrent dans leurs tunnels respectifs ne sachant toujours pas ce qui les attendaient. Sortiraient-elles indemnes de cet affront terrifiant ?

Chapitre XXV :

Toujours aussi réticente à l’idée d’affronter ses peurs, Ama avançait avec lenteur. Ses pas créant des échos derrière elle, elle avait l’impression d’être suivie ce qui ne faisait que l’angoisser encore plus. L’Empathe décida de s’activer un petit peu, plus vite elle aurait affronté ses peurs, plus vite ce serait fini. Elle accéléra donc le pas et déboula dans un nouvel antre de la grotte. Aux aguets, elle se prépara au pire.

Malgré qu’elle soit aux aguets, elle sentit un poids tomber derrière elle, une main gantée se coula sur sa bouche ce qui l’empêcha d’hurler, un bras puissant l’entoura ce qui eu pour effet de paralyser chacun des mouvements d’Ama. Son cœur battait la chamade, la peur du kidnapping, sans savoir pourquoi, elle s’y attendait, en voyant Silver et Alice être kidnappées quelques années plus tôt elle en avait développé une peur inconsciente.

L’Hypnotiseuse se força à se calmer, si elle laissait la peur prendre le contrôle elle donnerait victoire au kidnappeur qui la serrait toujours plus fort, elle sentait son souffle chaud près de son oreille, sa seule envie était de lui donner un coup de pied. Chose qu’elle fit dans son tibia, son kidnappeur se courba et Ama lui décocha un coup de coude supplémentaire dans son torse. Il retira alors la main de son visage, sentant qu’il relâchait son emprise, l’Empathe en profita pour se dégager.

Elle s’écarta d’un bond, retrouvant ses réflexes de membre du Cygne Noir elle écarta légèrement les pieds, mit ses bras devant elle, et avant que le kidnappeur puisse relever la tête elle lui crocheta les jambes.

Au lieu de tomber lourdement au sol, le kidnappeur vola en fumée avant même de toucher le sol. Surprise, Ama baissa sa garde et recula tout doucement, elle regarda partout autour d’elle pour voir un indice pouvant lui indiquer une nouvelle attaque. Mais rien à l’horizon, elle ne se soulagea pas pour autant. Le cœur battant à tout rompre, sa respiration accélérée, elle chercha en vain à se calmer. Elle savait se défendre, pas se calmer. Et ça deviendrait vite un problème.

Elle marchait toujours à reculons lorsqu’elle se retrouva soudainement à genoux, une force magnétique l’avait comme mise au sol, l’empêchant de se relever, elle tenta de parler, mais aucun son ne sortit. En panique, Ama vit les silhouettes de ses proches apparaitre devant elle, en duel avec des Mangemorts ou Invisibles, elle les voyait se faire battre, se retrouver au sol, se faire désarmer, et elle ne pouvait rien faire. Paniquée, elle tenta de bouger, mais à part créer un choc électrique dans son corps cela ne fit rien.

— Tout ça, c’est dans ma tête, inspire, expire, dit-elle pour elle-même en grinçant des dents.

L’Hypnotiseuse ferma les yeux, elle n’était pas réellement en combat, c’était juste une simulation. En effet, lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle était seule et put se relever. A peine se tourna-t-elle qu’elle vit Ginny, elle crut que c’était la vraie lorsqu’elle vit son regard sombre et vitreux. Une illusion. Au début, Ginny souriait à Ama, puis soudainement, elle disparut.

L’Empathe tourna sur elle-même et revit l’illusion de Ginny, mais cette fois-ci elle était avec l’illusion de Lucie, la jeune rousse riait aux éclats avec la Poufsouffle et lançait des regards mauvais et moqueurs à Ama. Elle ne savait pas quelle était cette peur, mais elle la détestait, et elle ne voyait aucune solution pour se sortir de cette peur.

Que pouvait-elle faire ? Sur son visage se lisait la peur et la tristesse, elle ne pouvait pas camoufler ses émotions. Elle pouvait baffer Lucie peut-être ? Non, c’était une illusion. Elle pouvait juste s’efforcer de l’ignorer.

Impossible, elle tenait trop à Ginny.

Soudain, une idée traversa son esprit. Si elle se montrait heureuse pour Ginny, cela voudrait dire qu’elle était plus forte que Lucie non ? Elle décida de tenter. Chassant la tristesse de ses yeux, Ama offrit un grand sourire à Ginny et murmura du bout des lèvres :

— Je suis contente pour toi.

L’illusion de Ginny afficha une mine choquée tandis que celle de Lucie devenait rouge de colère, alors que celle de Ginny disparaissait, celle de Lucie prit une tout autre ampleur. L’illusion devint fumée puis flamme, la flamme grandit, elle enroba l’antre comme un serpent, des murs de flammes. Un incendie. Evidemment, Ama n’aurait pas pu espérer y échapper.

Cette fois-ci, le cœur d’Ama décida de battre fort au point que l’Empathe cru qu’il quitterait sa cage thoracique, son souffle devint irrégulier. Elle porta une main à son cœur et chercha à caller sa respiration sur un bon rythme, la tentative fut veine. Elle était trop paniquée.

L’Empathe recula en voyant une flamme s’agitait, mais derrière elle, elle entendit le crépitement des braises ardentes et retourna en avant, elle était définitivement cernée.

Si seulement ça s’était arrêté là. Mais non. Un incendie seul, aussi dévastateur soit-il pour Ama, c’aurait été trop simple. Il fallait quelque chose de plus fort, de plus puissant pour attirer la peur de l’Empathe, toute sa peur, celle qui vient du cœur, de l’âme, de l’esprit, qui broie les entrailles.

Cette peur faisait surface.

Ama pouvait voir le pire spectacle sous ses yeux, les flammes l’entouraient toujours, près des murs enflammés gisaient les corps d’Ace, Ginny, George, Fred et Arwen, les personnes pour lesquelles elle avait le plus peur, en se tournant, elle vit même les corps morts d’Amadeo, Kalea, Elyssa et Caeta. Cette fois-ci, elle était terrorisée.

Terrifiée, angoissée, l’Empathe ne put plus tenir, cette vision était si vraie ! Elle y croyait, ils étaient morts… Elle n’avait rien fait, elle était la seule en vie… Elle y croyait dur comme fer, son cœur était broyé par le chagrin, elle était prise aux tripes par la peur. Elle n’en pouvait plus, les jambes tremblantes, elle s’effondra au sol, les bras serrés autour du ventre, les larmes aux yeux, elle explosa.

L’Empathe était une bombe à retardement depuis longtemps, ses nerfs vifs et écorchés explosèrent enfin. Elle se croyait forte, elle avait dit à Fred qu’elle l’était, mais c’était faux, elle était faible et lâche !

Cette fois-ci, elle hurla. Elle hurla comme elle n’avait jamais hurlé, son cri eut des répercussions sur les murs de la grotte qui firent résonner ses hurlements. Les échos étaient puissants, mais Ama s’en fichait. Elle continuait d’hurler d’un cri sordide, blessant, déchirant, capable de briser des cœurs, de fendre les âmes les moins sensibles, elle hurlait toute sa peine, sa colère, ses doutes, ses peurs, sa douleur. Tout ce qui était négatif chez elle se faisait entendre dans son cri et ses pleurs. Tout ce qui la rongeait de l’intérieur était expulsé.

L’Hypnotiseuse continua de hurler, elle hurla à s’en casser la voix, elle hurla comme si sa vie en dépendait, sa santé mentale en dépendait. Elle en avait besoin, hurler, sangloter, c’était tout ce dont elle avait besoin.

Elle ne sut pas combien de temps elle avait hurlé et pleurer, tout ce qu’elle savait, c’est qu’à la fin de sa plainte sonore, elle avait sombré dans le noir.

Chapitre XXVI :

Ama se réveilla en criant faiblement. Elle s’était vue entourée de flammes et de corps gisants dans la poussière.

L’Empathe regarda autour d’elle, elle était dans sa chambre attribuée chez la modeste maison de Lupin, les mains bandées, elle passa sa main sur sa gorge endolorie, elle était brûlante. Ama ne se souvenait pas de ce qui était arrivé, elle avait affronté ses peurs, crier, puis néant. Que s’était-il passé ? Combien de jours s’étaient écoulés ? Fred, George et Ginny allaient-ils bien ? Avaient-ils affronté leurs peurs ?

L’Hypnotiseuse n’en savait rien, mais elle obtiendrait bientôt des réponses, elle le sut en voyant Fred arriver dans la chambre. Son regard s’illumina en la voyant, il accourut près d’elle et vint la prendre avec douceur dans ses bras, prenant garde à ne pas lui faire mal.

— Que s’est-il passé ? demanda-t-elle lorsque Fred s’écarter.

— Un cauchemar est devenu réel. On affrontait tous nos peurs lorsqu’on a entendu hurler, au début j’ai cru que c’était Ginny parce que je connaissais ses hurlements. Donc j’ai fait demi-tour et j’ai cherché le tunnel où elle était allée, mais je l’ai croisé dans l’antre principal pendant que George accourait vers nous. Comme tu manquais à l’appel on en a conclu que c’était toi qui hurlais. On s’est dépêché d’aller te retrouver, tu continuais d’hurler, puis soudainement, on n’a plus rien entendu. Lorsqu’on est arrivé, tu étais étendue sur le sol. On t’a ramené ici et ça fait trois jours que tu es évanouie, expliqua Fred.

Les souvenirs revinrent à Ama, le grand mur de flammes, les proches qui lui restaient morts, ceux qu’elle avait déjà perdu gisants à ses pieds. Elle trembla, rien qu’en y pensant, elle détestait cette grotte, elle détestait l’idée d’Elios comme quoi affronter ses peurs serait utile. La seule chose que cela avait fait était d’accentuer ses peurs profondes.

L’Hypnotiseuse se mit à trembler de tous ses membres, elle sentit des larmes dévaler ses joues, elle n’eut même pas le courage de les sécher et se contenta de serrer ses poings bandés, elle s’était sûrement écorché les mains sur la roche.

— Et Ama ! Calme-toi ! Il n’y a rien, tes peurs ne sont pas réelles tu m’entends ? Tu es en sécurité, tout va bien, fit Fred en prenant délicatement ses mains dans les siennes.

— Non ! Tout va mal, je suis faible, je suis lâche, je ne suis même pas capable d’affronter mes peurs, Côme prend en puissance et moi j’explose. J’ai dit que je devais rester forte, mais je n’y arrive pas, je n’arrive à rien ! sanglota Ama.

— Tu racontes n’importe quoi ! Une peur n’est pas simple à affronter, je suis sûr que tu n’es pas la seule, tu exploses certes, mais après tu seras bien plus apte à te battre, tu es humaine Ama ! Tu n’en peux plus et c’est normal ! la rabroua Fred.

— Mais vous, vous restez forts ! Vous n’avez pas explosé comme moi, parce que vous êtes forts et que moi je suis faible !

— Tu crois vraiment ça ? Tu crois vraiment qu’on est fort ? Ginny a explosé sur Elios, George a dû utiliser silencio pour ne pas exploser et moi je vais me réfugier dans les bois la nuit pour ne pas faire quelque chose de mal la journée. Nous ne sommes pas forts, on n’arrive pas à encaisser autant que toi tu le fais, mais on reste debout, parce que, comme tu l’as dit, on respire encore. Alors pourquoi se plaindre ?

Un sourire maigrichon s’étira sur les lèvres d’Ama, derrière ses larmes elle parvint à regarder Fred, toujours en panique, elle alla se réfugier contre son torse, sa tête posée sur son cœur.

— J’aimerai être comme toi Fred, continuer de voir le positif, être assez courageuse pour m’isoler la nuit et revenir splendidement le jour…

— Tu es parfaite comme tu es Ama. Ne cherche pas à changer, j’aimerai avoir ton cœur d’or et ta force pour encaisser, mais je préfère partir. On se complète, dit-il en l’étreignant plus fort.

L’Hypnotiseuse préféra ne pas répondre, elle se contenta de passer ses bras autour de sa nuque et d’enfouir son visage dans son cou, elle se sentait en sécurité, les émotions de Fred la traversant elle eut l’impression de se sentir… Vivante. Son amour électrisant la parcouru, suivi par une certaine admiration et tant de soulagement. Elle l’avait vraiment fait paniquer.

— On s’en sortira Ama. Tous ensemble, on y arrivera, mais pour ça il faut que tu me fasses confiance lorsque je dis que tout va bien, murmura Fred au creux de son oreille.

— Je te fais confiance. A toi, à Ginny, à George, à Arwen, je vous fais confiance. C’est de la vie que je me méfie.

— Alors aie confiance en la vie, elle est terrible, mais parfois elle fait de bonnes choses. La preuve, elle t’a mis sur mon chemin.

Bien que la déclaration fût niaise, Ama sourit, elle était mauvaise langue avec la vie c’était vrai. Mais c’était plus fort qu’elle.

— Promis je vais essayer.

— Parfait, maintenant j’aurai une question à te poser. Tu te souviens de ton rêve ? Est-ce que tu as compris ce qu’il signifiait ?

— Je sais que les bonnes personnes c’est vous, celles privées de perfidie aussi… L’auréole c’est Lucie, mais pour le reste, je ne comprends toujours pas… Pourquoi ?

— Elios nous en a parlé, je sais que tu ne l’aimes pas. Mais il a émit l’hypothèse que l’abandon serait ta mère qui est décédée. L’inattendu et l’inconnu seraient Côme et Lucie. Ce qui fait que tout, est toujours lié, expliqua Fred.

— Le pire, c’est qu’il a sans doute raison. C’est logique. Lucie et Côme étaient inattendus, ils sont trompeurs comme l’inconnu. Ma mère m’a abandonné lorsque j’avais besoin d’elle… Tout est lié. J’aurai dû y prêter plus d’attention, si ça se trouve ma mère serait encore en vie…

— On peut refaire le monde avec des « si » chérie. Alors relève la tête, sois fière, et affronte l’avenir pour qu’il soit radieux, commenta Fred.

— Chérie ? Et une phrase pleine de bon sens ? Tu as bu combien de bièraubeurres ?

— Seulement deux. Allez, lève-toi, on a une nouvelle mission, de ton père en plus. Elios a décidé qu’il était temps de se mettre en action.

Ama s’écarta à contre cœur de Fred, elle l’embrassa rapidement et se leva. Prête à faire ses épreuves, grâce à Fred elle était bien décidée à se battre. Aujourd’hui, elle se relevait plus forte, plus terrifiée aussi, mais déterminée à mettre fin à ce cauchemar, elle refusait de voir ses peurs se réaliser, pour ça, elle allait devoir se battre. Plus durement qu’avant, même si elle allait devoir faire des contraintes, elle était prête.

Chapitre XXVII :

Personne n’avait abordé le sujet des peurs avec Ama, et elle ne l’avait pas abordé non plus. Ginny et George avaient seulement pris le risque de soupirer de soulagement, à la suite de quoi ils étaient partis retrouver Elios près de la rivière. Il déclara qu’il était temps pour eux de s’intégrer à l’organisation, pour ça, il fallait faire le « jeu » d’Hunter. Une sorte de chasse aux trésors apparemment.

— On a plus dix ans, et doit jouer à la chasse aux trésors… Mais dans quel monde on est ? s’écria Ginny, évoquant les pensées d’Ama.

— Moi non plus je ne comprends pas l’intérêt je dois bien l’avouer. Mais si Hunter a crée ça c’est pour une bonne chose, déjà ne vous plaignez pas, deux de mes plus fidèles membres ont déjà fait une bonne partie du travail. Kamelia ! Aidan ! Venez-là !

Aussitôt, deux membres encapuchonnés bondirent près d’Elios, les pieds dans la rivière ils en profitèrent pour éclabousser Ama et ses amis. L’un était grand et baraqué et le second petit et chétif.

— Je préviens, je ne tiens pas la conversation s’ils gardent leurs capuches, dit Ama en voyant Elios ouvrir la bouche.

— C’est qu’elle est autoritaire la petite, ricana le membre à la carrure baraquée.

— La petite elle va vite te mettre à terre, marmonna Ama.

— Cesse donc de lui chercher des noises Aidan, c’est la fille d’Hunter, fit remarquer sa compagne.

Le membre à l’allure chétive baissa sa capuche et laissa apparaitre une chevelure blonde coupé court et de beaux yeux bleu étincelant comme de l’opale.

Ama retint un soupir, savaient-ils qu’elle avait un nom ? Parce que tout le monde disait « la fille d’Hunter » aux dernières nouvelles sa chère mère lui avait offert ce merveilleux cadeau qu’était le prénom, elle n’était pas une enfant fantôme !

— Je teste sa susceptibilité, se défendit Aidan en baissant sa capuche.

Cheveux ras et bruns et yeux bleu comme le ciel, il n’avait pas l’air méchant, si on oubliait sa carrure de colosse.

— Quelle tête de mule, jeunes gens, voici Kamelia et Aidan, les membres les plus fidèles de l’organisation, fit Elios.

Kamelia s’inclina légèrement tandis qu’Aidan serrait leur main, écrasant plutôt celle fine d’Ama dans sa grosse poigne. L’Empathe ne sentit aucun émotion émanant de lui, elle le regarda d’un air suspicieux.

— Je porte des gants qui empêchant les Empathes de lire mes émotions, expliqua-t-il en montrant ses épais gants noirs.

— Ho. C’est navrant pour moi, soupira Ama.

— Pendant qu’on parle de talents, quels sont les vôtres ? questionna Ginny.

— Je suis un Sans-Talent, répondit Elios.

— Je suis une Chargeuse, fit Kamelia en claquant des doigts pour faire apparaitre un petit éclair devant eux.

Comme par réflexe Ginny se recula et se mit au même niveau que ses frères, l’Empathe se rendit alors compte qu’elle était la seule en avant. Elle les taillada d’un regard noir qui lui rendirent avec des sourires.

— Et vous ? demanda Fred en regardant Aidan.

— Je suis un Hydrokinésiste, répondit-il en faisant voler une bulle d’eau au-dessus de leurs têtes.

Ama hocha la tête avec une certaine satisfaction, les talents n’étaient pas plus dangereux que ça sauf s’ils étaient assemblés entre eux. En effet, elle craignait toujours pour les Weasley, elle ne parvenait pas à savoir si Elios tenait sa promesse… D’ailleurs, à bien y réfléchir, il n’avait rien promis du tout !

— Bref, maintenant que les présentations sont faites nous allons pouvoir passer aux choses sérieuses. Où mène le dernier cristal ? questionna Elios.

— Devant un lac, répondit Aidan.

— Vous y avez trouvé quelque chose ? Un indice même quelconque ?

— Non, ça fait plusieurs mois qu’on fait ce fichu jeu de piste et on n’e comprend toujours pas l’intérêt, soupira Kamelia.

— Voilà pourquoi on a besoin de sang neuf ! Allez chercher Arwen, nous partons en excursion ! s’exclama Elios en souriant.

— Bah oui. Bien sûr. Laissons le travail aux jeunes, marmonna Ama pour elle-même.

Malgré ça, elle avait une certaine pulsion qui se faisait entendre en elle, elle ne savait pas pourquoi, mais elle avait envie d’y aller. Peut-être dans l’espoir de comprendre son père sans l’avoir connu ? De le connaitre à travers son jeu de piste ?

Quelques instants plus tard, Arwen arriva, elle n’avait pas beaucoup parlé avec eux depuis leur arrivée. Elle était très demandée ici, mais la Serpentard afficha un beau sourire en voyant Ginny et Ama.

— Je vous avais dit que je ferais partie de l’aventure cette fois-ci ! s’écria-t-elle en guise de bonjour.

— En effet. Espérons qu’elle sera hmm. Disons moins risquée que la précédente, répondit Ama.

Elle aurait voulu dire « espérons qu’il y aura moins de morts » mais elle trouvait cela trop brute, et elle espérait de tout cœur qu’il n’y aura plus de morts. En tout cas, elle se battrait pour en éviter le maximum, et surtout pour éviter que ce soient ceux qu’elle aime qui succombent.

— Nous sommes prêts au départ. Une fois là-bas, nous nous séparerons en deux équipes, expliqua Elios. Je vous les dirai une fois là-bas.

Puis Kamelia sortit un cristal de saut qu’elle fit briller à la lumière, ils firent une chaine avant d’entrer dans la clarté du halo lumineux.

Le corps réchauffé par cette sensation de saut, Ama eut l’étrange impression de sentir son sang bouillir dans ses veines, comme si elle sentait quelque chose de particulier.

Elle fut tirée de cette sensation à partir du moment où ses pieds touchèrent un sol rugueux. Ils étaient à quelques mètres de la rive d’un lac, les pieds sur la terre rugueuse et sèche, l’Hypnotiseuse leva les yeux et regarda l’étendue d’eau devant elle. Les rayons du soleil brillaient avec puissance, éblouissants Ama et ses compagnons, l’Empathe remarqua alors avec quelle puissance le lac renvoyait l’image du soleil. Malgré les temps rudes qu’elle vivait, elle parvint à trouver cet endroit très beau.

— Nous ne partiront pas d’ici tant que nous n’aurons pas trouvé ce qu’a laissé Hunter. Quitte à dormir ici, prévint Elios.

— Magnifique. Sinon, les équipes ? demanda Kamelia.

— Filles contre garçons, fit Ama, coupant Elios.

— Hm pardon ? dit ce dernier interloqué.

— Pour ne pas que ça nous ennui à nous tuer, on va transformer ça en jeu. Les filles contre les garçons, la première équipe qui trouve gagne hm…

— L’équipe perdante devra une semaine de services à la gagnante, suggéra George.

— J’approuve l’idée, fit Aidan en posant ses deux grosses mains sur les épaules des jumeaux qui flanchèrent.

— Bien. Comme il semble que je n’ai pas mon mot à dire. Les filles vous prenez la rive droite, nous on prend la rive gauche, lorsque le crépuscule pointera son nez on revient ici, déclara Elios dans un soupir.

Ama hocha la tête avec satisfaction et s’approcha d’Arwen, Kamelia et Ginny tandis que les jumeaux rejoignaient Elios et Aidan. Quatre contre quatre, c’était équitable.

Le jeu pouvait commencer.

Chapitre XXVIII :

Les deux équipes se séparèrent. Ama ne savait pas pourquoi, mais elle avait été prise d’une pulsion lui disant de s’amuser. Peut-être était-ce l’aura de cet endroit qui lui soufflait de faire ainsi ? Le lac était d’un calme enchanteur et sa beauté resplendissait, peut-être qu’Ama se sentait assez bien pour lâcher prise.

Mais ce n’étaient que des suppositions. L’Empathe se sentait plus légère depuis son réveil, elle n’en prenait pleinement conscience que dès à présent. Elle aurait dû écouter Fred lorsqu’il lui avait dit de se lâcher, d’hurler, pleurer ou casser quelque chose, elle avait tant emmagasiné ses émotions négatives en elle qu’elle avait explosé sur un coup de pression irréel. Mais hurler lui avait fait énormément de bien, elle avait l’impression que son avenir s’annonçait plus radieux, son regard était plus brillant, un léger sourire flottait sur ses lèvres tandis qu’elle marchait d’un pas guilleret. C’était une période critique et elle s’amusait… Comme quoi hurler avait du bon.

— Ama a craqué, déclara Arwen en remarquant la bonne humeur de son amie.

— Je n’ai pas craqué, enfin si, il y a trois jours, admit Ama.

— Ho tu ne peux pas savoir la panique générale !! Les enfants ont cru que tu étais morte, les adolescents ont hurlé sur Elios comme jamais, et les parents ont failli le frapper. Y en a même une qui l’a giflé, fit Arwen en riant.

— Je confirme, Fred était paniqué mais niveau maximal, George je crois qu’il essayait de vérifier qu’il entendait encore de son oreille restante, et moi j’essayais de me dire que j’étais encore dans l’antre de la peur, renchérit Ginny.

— Désolée de vous avoir causé du tracas, fit Ama en se grattant la nuque.

— Bah, on a l’habitude avec toi, la rassura Ginny.

— En revanche je suis vexée, tu aurais pu me dire que tu étais une star ! Une SUPER star même ! s’offusqua Arwen.

— Je n’emploierai pas le terme de star, intervint Kamelia, mais il est vrai que tu es très appréciée chez les Griffes de l’Ombre.

— Et pourquoi ? Je connais votre existence depuis quelques mois, et encore, le nom je l’ai appris il y a trois mois, fit remarquer l’Hypnotiseuse.

— Ho. Oui, toi tu ne nous connaissais pas, mais nous si. Elios et Hunter étaient d’excellents amis, Elios étant un peu le chef, Hunter est devenu son lieutenant dirais-je. Lorsqu’Hunter a été capturé par les Invisibles, ils nous a fait jurer, à moi, Elios et Aidan de veiller sur vous. On t’a observé toi et ton frère, vous grandissiez en bonne santé, bien que vous méritiez une meilleure famille…

— Pourquoi n’avez-vous rien fait alors que vous sachiez les horreurs qu’on endurait ? s’empressa de demander Ama.

— Serais-tu devenue celle que tu es aujourd’hui si nous t’avions pris sous notre aile ? Serais-tu devenue une Ama bienveillante ? Pour devenir celle que tu es aujourd’hui il a fallu que tu endures les coups et que tu voies la mocheté du monde, aujourd’hui tu es solide comme un roc et tu savoures chaque parcelle de beauté de la vie, répondit calmement Kamelia. Puis, tu ne serais jamais allée à Poudlard, donc pas d’amies fidèles, ni de petit-ami.

Ama réfléchit un instant. Elle détestait ne pas avoir le dernier mot et avoir tort en plus de ça, c’était son esprit de contradiction elle n’y pouvait rien.

— J’ai horreur de me dire que vous avez raison. Mais vous auriez pu aider Ace non ?

— Il fallait que lui aussi il endure les coups. Il se porte aujourd’hui.

— Alors pourquoi n’est-il pas là ? questionna Arwen.

— Hunter a prévu d’autres choses pour lui. Ce garçon avait un don, il… Comment puis-je dire ? En plongeant son regard dans celui d’un autre, c’est comme s’il lisait l’âme. Comme si d’un seul regard il pouvait déterminer si la personne serait du côté du bien, ou du côté du mal, songea Kamelia.

— Pour la quatorze millième fois, il n’y a ni bien ni mal dans le monde ! Il n’y a pas de différence, certains préfèrent juste le bien facile, et d’autres le bien risqué. Regardez les Invisibles, ils ne voulaient pas agir en mal, ils n’avaient juste pas la bonne méthode. Et le Cygne Noir, l’organisation voulait bien agir, mais elle s’y prenait mal, rétorqua Ama.

— Tu me parais callée sur le sujet. Je croyais pourtant que tu avais fait partie de deux organisations bienfaisantes ? fit Kamelia en s’arrêtant.

— Lorsque j’ai rejoint le Cygne Noir, je les voyais comme des héros qui sauveraient les Cités Perdues, je les idéalisais. Mais en grandissant, j’ai fini par comprendre qu’on ne peut résoudre un problème avec un seul et unique point de vue, expliqua Ama.

— C’est vrai. Lorsqu’on est petit, on adore les super héros, et en grandissant, on comprend les méchants, ajouta Ginny.

— Ah ? Vous comprenez les Mangemorts donc ? Côme aussi ? Voldemort ? Gisela ? Elyssa ? Les Invisibles ? questionna Kamelia en fronçant les sourcils.

— Les Mangemorts n’avaient soient pas le choix, soient ils voulaient faire taire l’injustice, ou alors… Ils voulaient revoir le sang pur peuplé le monde des sorciers. Ils n’avaient juste pas le même point de vue, expliqua Arwen.

— Les Invisibles eux, voulaient que les elfes voient les mensonges du Conseil derrière leurs promesses, la vérité derrière le mur. Ils voulaient montrer l’envers du décor, c’est Gisela qui maniait tout ça, enchaina Ginny.

Les trois filles se tournèrent alors vers Ama, celle-ci était en pleine réflexion. Il ne restait que Voldemort, Côme et Elyssa. Soient les personnes qui avaient beaucoup affectés la vie d’Ama. L’Empathe prit donc un temps à décider de sa réponse, prenant la peine de bien se la formuler pour ne pas répondre quelque chose d’idiot.

— Il est trop tôt pour que je me prononce pour Côme. Voldemort était un être blessé, meurtri… Il a vécu en faisant peur, sans famille, lorsqu’il est arrivé à Poudlard, on l’a anéanti en le traitant de je ne sais quoi car il descendait d’un père humain. Il a vécu… Sans amour. Je ne sais même pas si on peut appeler ça vivre, car une vie sans amour, ce n’est pas une vie. Une enfance brisée, un esprit mutilé, un cœur et une âme meurtris… Il ne devait sans doute rien ressentir, ce qui a fait qu’il est devenu ainsi.

Ama commença à respirer, elle venait de défendre Voldemort… On pouvait dire qu’elle devrait songer à dormir, parce que pour défendre Voldemort, l’ennemi numéro un des sorciers, il fallait être fort. Et elle n’avait même pas fini.

— Quant à Elyssa, ce n’est qu’une histoire de vengeance, son frère est mort, c’était sa seule famille, elle s’est tournée vers les personnes qui lui accordaient une occasion de vengeance, elle l’a tout simplement saisie.

En relevant la tête, l’Empathe remarqua les regards de Ginny, Arwen et Kamelia rivés sur elle. Mélangeant confusion et choc, leurs regards restaient fixes et vides, comme si elles réfléchissaient aux propos d’Ama.

— Bon sang je déteste quand elle trouve le moyen d’avoir raison sur une question où elle est censée avoir tort, marmonna Ginny en se pinçant l’arête du nez.

Ama lui offrit un grand sourire et sans un mot supplémentaire elles reprirent leur route à la recherche d’indices laissés par Hunter.

Chapitre XXIX :

L’esprit ailleurs, le regard perdu, Ama ne regardait pas où elle marchait. Elle sentait juste ses pieds s’enfoncer à chaque pression, elle regardait vaguement le décor autour d’elle. De la boue, des flaques d’eau, et des herbes hautes au-dessus givré, un vent froid commençait à s’installer tandis que le soleil déclinait de l’horizon.

— Le crépuscule ne va pas tarder, ça fait plusieurs heures qu’on marche, on va devoir faire demi-tour, déclara Kamelia en s’arrêtant.

— Et personne n’a rien vu ? demanda Ama.

— A part de la boue ? suggéra Ginny.

— Et mes bottes saccagées par la boue ? renchérit Arwen.

— Rien du tout, finirent-elles en chœur.

L’Empathe soupira, ça faisait plusieurs heures qu’elles pataugeaient dans de la boue et de la vase pour strictement rien. Et le pire, c’est qu’elles allaient devoir refaire le chemin à l’envers et de nouveau dans le sens de l’aller le lendemain. Quelle poisse !

— Je n’y crois pas qu’on ait fait ce chemin pour rien, soupira Arwen.

— En soit le trajet n’était pas si inutile que ça, j’ai appris certaines choses, rétorqua Kamelia en prenant une intonation mystérieuse.

Ama marmonna un semblant de « tant mieux », son regard perdu sur le lac qui reflétait les rayons ardents du soleil, elle ne regardait plus que ça. Comme fascinée par ce spectacle alors qu’elle en avait déjà des semblables des dizaines de fois. Peut-être était-ce à cause des nuances de vert qu’elle voyait se reflétaient avec les rayons ardents du soleil, la contraste entre l’orange et le vert donnait un spectacle splendide qui aurait pu hypnotiser Ama durant encore un long moment si elle n’avait pas entendu crier.

L’Hypnotiseuse tenta de se tourner vers Kamelia et les deux sorcières, mais à peine eut-elle fait un début de pirouette qu’elle se sentit s’engourdir dans la vase visqueuse. Elle jeta un regard en coin à Ginny et vit que cette dernière était plongée dans la vase jusqu’aux genoux.

— Du sable mouvant ? Sérieusement ?! s’écria-t-elle en cessant brusquement de bouger.

A côté d’elle Arwen bougeait comme si elle était attaquée par une horde de frelons, elle semblait plus paniquée qu’Ama ne l’avait jamais vue, mais plus elle bougeait, plus elle s’engourdissait dans la boue, enfin les sables mouvants.

— Arwen arrête de bouger ! Cela ne fera qu’aggraver le processus ! lui ordonna Ginny d’un ton sévère.

Mais Arwen était trop paniquée, beaucoup trop, elle continuait de gigoter en tout sens. Ama n’eut donc pas le choix, elle ferma les yeux, cessa de bouger, calla sa respiration sur un rythme paisible et pénétra l’esprit d’Arwen. Elle en était désolée, mais elle devait l’hypnotiser.

Lorsqu’elle pénétra son esprit pour lui donner l’ordre de cesser de bouger, l’Hypnotiseuse fut surprise de constater la résistance de son esprit, la Serpentard était puissante, mais elle était terrifiée, les vagues de panique effleuraient Ama comme une légère brise. En inspirant un grand coup, elle puisa dans ses forces mentales et s’aventura plus profondément dans l’esprit de la Serpentard où elle lui ordonna de cesser tout mouvement.

En rouvrant les yeux, Ama fut réjouie de voir qu’Arwen ne bougeait plus, mais son ravissement fut de courte durée. En maintenant l’emprise sur l’esprit d’Arwen, elle remarqua que la Serpentard était désormais engourdie jusqu’à la poitrine, Ginny était désormais plongée jusqu’au ventre dans la vase, Kamelia, de petite taille, était également à la poitrine à côté d’Ama qui sentait la boue infiltrait ses vêtements à la naissance de son torse.

— On fait quoi ? demanda Ama à Kamelia.

— Ne bougez pas, laissez le sable vous engourdir totalement ! intima la Chargeuse.

— Pardon ?! Tu veux qu’on meure ? s’étonna Ginny.

— Non ! Je… Je sens qu’il ne faut pas bouger, faites-moi confiance !

Bien que peu rassurée, Ama décida d’accorder sa confiance à la Chargeuse sur ce coup-là et se laissa aller dans la vase. Elle se sentait s’alourdir, déjà bien légère elle sentit brutalement cette sorte de prise de poids. La boue s’infiltrait toujours plus dans ses vêtements et frottait sa peau. Les yeux levés, elle regarda le ciel aux nuances crépusculaires et se laissa chatouiller par les rayons chatoyants. Lorsque soudainement Kamelia leur ordonna de prendre une grande bouffée d’air et de fermer la bouche et les yeux, elle ordonna à Arwen de faire ça lorsqu’elle sentit la vase caressait le bas de sa mâchoire. Ces sables mouvants étaient plus efficaces que ceux dont Ama avait entendu parler, elle vint même à soupçonner qu’il y ait de la magie derrière ça.

Mais elle ne put y réfléchir plus longtemps lorsqu’elle sentit la vase lui léchait le visage, elle se laissa s’engourdir dans ces sables mouvants.

Elle ne sut pas si la chute dura longtemps, en revanche elle sut qu’elle était tombée de haut et qu’elle était lourdement retomber sur le sol.

Le souffle coupé par la chute, Ama recracha de la vase qu’elle avait trouvé le moyen d’avaler, courbée sur le sol elle toussa fortement lorsqu’elle sentit qu’on lui tapait dans le dos pour l’aider à retrouver de l’air.

— Calme Ama ! Tout va bien ! lui dit Arwen.

Ama continua de tousser mais elle leva un pouce en l’air. Lorsqu’elle eut retrouvée son souffle elle se redressa et vit Arwen dont les cheveux étaient trempés, lui collaient au visage et étaient horriblement visqueux.

— Je vais prédire l’avenir attention ! déclara Ginny.

Elle fit des gestes avec ses mains comme si elle regardait dans une boule de voyance puis leva les bras vers le ciel comme pour invoquer un esprit en disant d’une voix grave :

— Ama va prendre la plus longue douche de sa vie dès qu’on sortira !

L’Empathe baissa le regard et constata avec effroi que son pantalon de base blanc était magnifique bien devenu marron, elle prit le risque de prendre une mèche de ses cheveux et étouffa un cri. Ses cheveux d’ordinaire si beaux, soyeux, et blanc surtout, étaient désormais couleur terre, visqueux, et horribles. Elle devait ressembler à un monstre des cavernes.

— Ecoutez ! leur dit Kamelia.

Les trois amies se turent et tendirent l’oreille, elles entendirent alors un égouttement d’eau, dans le calme ambiant de la grotte dans laquelle elles étaient tombées on entendait également l’eau qui s’écrasait contre la roche.

— On va se nettoyer, si on suit le bruit, on devrait tomber sur un lac sous terre, ou même un courant, ça nous sera tout de même utile. Et vous me suivez, ordonna sévèrement Kamelia.

Les trois jeunes femmes hochèrent la tête et suivirent Kamelia dans l’obscurité de la caverne sous-terraine, tandis qu’Arwen et Ginny utilisaient le sort de lumière maximale, Ama prit grand soin à rester près de Kamelia. Elle ne savait pas si c’était une bonne idée de lui faire confiance. Après tout, elle avait deviné qu’il fallait ne pas bouger, était-elle au courant de cet endroit ?

— Je n’étais au courant de rien. C’est juste l’instinct, déclara la Chargeuse en voyant le regard méfiant que tardait Ama sur elle.

— J’espère bien, si vous essayez de nous piéger vous risqueriez de le regretter.

Kamelia haussa vaguement les épaules et continua d’avancer, toujours méfiante, l’Empathe la suivit, lorsque soudainement, elles arrivèrent dans une cavité souterraine qui était traversée par un courant d’eau étrangement clair et limpide.

— On a trouvé l’indice d’Hunter, signala Kamelia.

Chapitre XXX :

Ama regarda autour d’elle, à part une faible luminosité au bout de la rivière souterraine, Ama ne voyait pas le moindre indice.

— Et l’indice il est invisible ? ironisa Arwen.

— Il faut suivre la rivière, Aidan et moi on a déjà dû faire ça, dans une grotte en extérieure, mais on a déjà eu quelque chose de semblable, répondit Kamelia.

— Soyons honnêtes, ça ne nous aide clairement pas, répliqua Ama.

— Commençons par nous débarbouiller, je vous expliquerai après.

Comprenant qu’Ama n’avait rien à tiré de plus de Kamelia, elle s’approcha de la rivière souterraine limpide comme l’eau d’une source dans la montagne, avant d’y réfléchir à deux fois Ama sauta dans l’eau.

La tête sous l’eau elle vit ses cheveux s’éparpillés et reprendre leur couleur blanche, bien qu’encore un peu terne cela s’arrangea. Lorsqu’elle ressortit la tête de l’eau, elle vit Ginny et Arwen qui pataugeaient dans la rivière avec plaisir. La rousse retrouva ses cheveux flamboyants tandis que la seconde se débarbouillait le visage.

— Ah quel bien fou ! s’écria Arwen avec plaisir en sortant de l’eau.

Ama lui sourit et sortit à son tour de l’eau tandis que Ginny profitait encore un peu. Elle essora ses cheveux tout en retirant sa cape imbibée d’eau. Elle l’étala au sol, jugeant qu’elle pourrait la récupérer sur le chemin du retour. Arwen et Kamelia l’imitèrent pendant que Ginny sortait de l’eau et s’ébrouait.

— Donc, quel est l’indice d’Hunter ? fit-elle en rejetant ses cheveux en arrière.

— Voyez-vous la lumière au bout de la rivière ? C’est un de ses cristaux de saut, il en a éparpillé à plusieurs endroits dans un but que j’ignore encore. Mais je sais qu’ils sont nécessaires pour la suite, expliqua la Chargeuse.

— Ah oui, donc quand on parlait de chasse aux trésors s’en est vraiment une en fait ! s’’exclama Arwen.

— Hunter a toujours conservé un côté enfantin, malgré l’âge, répondit Kamelia en souriant.

— On peut y aller oui ? D’un, je n’aime pas me sentir dans un endroit à risques comme ça, de deux, je suis sûre que la nuit est tombée donc j’aimerai éviter de mourir parce que je n’aurai pas ramené Ginny à Fred et George à temps, de trois il n’y a pas de trois mais ça fait plus classe avec un trois, déclara Ama.

— Parfois j’oublie qu’Ama reste une adolescente normale et qu’elle dit des bêtises sans aucun sens, souffla Ginny avec un sourire en coin.

— Oui, on va y aller, patience est maitre de raison tu sais, la sermonna Kamelia.

— La raison elle est partie en fumée à partir du moment où j’ai rencontré Lucie, rétorqua froidement Ama avant de prendre la tête du groupe.

Tout en avançant elle commença à penser à Lucie, tête baissée, le regard sur le sol, les mains croisées, elle repensait à la Poufsouffle. Qu’était-elle devenue ? Cherchait-elle toujours à la nuire ? Sans aucun doute, mais comment pouvait-elle se débrouiller maintenant qu’elle avait disparu de la circulation ?

Secouant la tête, l’Empathe ne remarqua pas qu’elle arrivait déjà dans une nouvelle cavité de la grotte souterraine. La rivière continuait de s’écouler et terminait plus loin en cascade qui rugissait fortement avec les échos.

— Ama, relève la tête, lui conseilla Arwen.

L’Hypnotiseuse releva la tête et vit un cristal brillait au centre de la cavité, elle leva les yeux et remarqua un trou béant dans la grotte qui laissait passer la lumière de la lune positionnée de façon parfaite pour s’aligner avec le trou.

Curieuse, elle s’approcha à grande enjambée du cristal qui tenait dans la paume d’une main. Il brillait de mille éclats, chaque facette polie brillait d’une couleur différente selon la lumière et l’angle de la lune, certaines faces étaient rosées, d’autres bleutées.

— Prends-le, lui ordonna Kamelia.

— Je n’ai pas d’ordres à recevoir.

Trop intriguée, Ama se baissa et prit le cristal dans ses mains, à peine l’eut-elle levée qu’elle vit un fin papier usé en dessous, elle le prit entre deux doigts, comme par peur qu’il prenne feu, et le déplia pour en voir davantage.

« A toi qui lis ce papier,

Si tu le lis, c’est que tu fais parti(e) de ma famille, ou que c’est comme si. Si tu es arrivée jusque-là, c’est que tu as su rester calme.

Je t’en félicite.

Tu dois sans doute te dire « je n’ai pas fait tout ça pour terminer avec un fichu bout de papier qui ne m’apprend rien ! ».

Alors je vais t’apprendre une chose.

Derrière les choses les plus moches du monde se trouvent une face cachée, magnifique comme le crépuscule.

Hunter. »

Ama aurait pu dire qu’elle était déçue, ce qui était un peu le cas, mais elle comprenait le mot de son père. Sous ces sables mouvants se trouvait une rivière magnifique, un rugissement de cascade enjôleur, une pleine lune qui resplendissait sur le cristal, en bref, une beauté cachée derrière une mocheté.

— Je crois que je tiens de mon père, déclara brusquement Ama.

— Je le confirme !

L’Empathe frissonna, ce n’était pas Ginny qui avait parlé, ni Arwen et encore moins Kamelia. C’était une voix polie comme la roche, une voix qui hantait encore certaines nuits d’Ama et qui réveillait en son âme une terrible envie de vengeance…

Le regard noir l’Hypnotiseuse se retourna face à l’un de ses nouveaux ennemis, Côme, toujours encapuchonné, il trainait sa longue cape violette derrière lui, pendant que Ginny, Arwen et Kamelia se mettaient près d’Ama, il s’approcha d’elles et s’arrêta à quelques mètres.

— Est-ce toujours utile que je conserve mon identité ? Je pense que tu me connais désormais, déclara-t-il.

— En effet, Côme, affirma Ama avec énormément de dédain.

Côme porta les mains à sa tête et abaissa sa capuche violette, dévoilant un visage à la mâchoire carrée, aux yeux gris et aux cheveux noir parsemés de mèches argentées.

— Ravi de te revoir. Alors, comment va ta chère mère ma petite Ama ?

Elle ne répondit pas, mais ses poings se serrèrent instinctivement.

— Ho, excuse-moi, elle a rejoint ton père, ce n’est qu’une question de temps avant que tu ne les rejoignes, et ensuite viendra le tour de ton frère, ronronna-t-il.

— Vous ne ferez rien à Ace ! l’interrompit Ama.

— Tu ne seras plus là pour le juger, lui répondit Côme avec un sourire.

— Co…

Ginny ne termina jamais sa phrase. Côme s’était courbé sur lui-même, les bras au-dessus de la tête, il respirait difficilement pendant que les ombres de la nuit s’aventuraient dans le trou qui laissait voir la lune, cette dernière disparut totalement.

Soudainement, Côme se redressa, les bras écartés les ombres devinrent comme des pics acérés qui se plantèrent sur Kamelia, Ginny et Arwen, elles s’effondrèrent au sol en hurlant de douleur.

Bouleversée, Ama regarda autour d’elle, désemparée elle ne put rien faire, n’entendant rien d’autre que les cris et les sanglots étouffés de ses amies.

— Pourquoi faites-vous ça ?! hurla-t-elle à Côme qui s’était rapproché d’elle au point qu’elle puisse sentir son souffle dans sa nuque.

— Tu es encore plus spéciale que tu ne le crois Ama, et je déteste qu’on soit plus spécial que moi, encore plus que je détestais ton père. Alors je dois en finir, même si pour ça je dois tuer un cœur sauvage comme le tiens, répondit-il dans un murmure rauque.

L’Hypnotiseuse n’eut pas le temps de se retourner qu’elle sentait comme une griffe acérée lui taillader le cœur. Pourtant, elle ne voyait rien, mais elle s’effondra au sol.

Un froid instable s’était immiscé sous sa peau, une peur glaciale lui nouait le ventre pendant que des griffes lui lacéraient le cœur. Elle suffoquait, malgré ses efforts pour respirer, elle se sentit tout doucement sombrer.

Le cœur meurtri, l’esprit éteint, elle avait terriblement mal au cœur, comme broyé, brûlé, il lui faisait mal à chaque battement qui devenait de plus en plus lent et irrégulier.

La douleur continua de la meurtrir jusqu’à la fin, lorsqu’elle sombra pour de bon. Elle était brisée de l’intérieur.

Mais surtout, elle avait terriblement besoin d’air.


He he he... C'est la fin du second tome de la Mélodie du Temps. Oui je suis cruelle. Mais prenez votre mal en patience, la suite arrive, lentement mais sûrement. Et j'espère qu'elle vous emportera dans les abîmes de cette histoire...

La Mélodie du Temps. Tome III : La Nuit de la Louve.

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