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chapitre 1 : l'attente

Cela faisait déjà un mois que Keefe était dans le coma. Et, bien sûr, toujours aucune nouvelle des invisibles.

"- Pourquoi ne m'as tu pas écoutée, Keefe ? Pourquoi ? Pourquoi faut-il toujours que tu désobéisses ? Sophie ne pouvait plus compter le nombre de fois où elle avait pensé, hurlé ou murmuré cette phrase.

-Tu sais, Sophie, dit Elwin, il ne t'entend pas ! Enfin, je ne crois pas. Rentre chez toi. Il ne se réveillera surement pas avant un bon moment ! Et si c'était le cas, il est entre de bonnes mains."

Non ! Sophie ne voulait pas l'abandonner. Lui avait toujours été là pour elle, peu importe les conséquences !

- Je veux que la première chose qu'il voie à son réveil, ce soit moi !" Et cette fois, Elwin ne protesta pas.

"- Bien, reste la, je vais héler Edaline pour qu'elle te rapporte de quoi t'habiller, d'accord ? En attendant, installe-toi où tu veux. Biana et Fitz ne devraient pas tarder à arriver. Fitz... Il ne manquait plus que ça ! Sophie ne parvenait toujours pas à comprendre pourquoi il l'avait abandonnée. Une question d'honneur ? S'il tenait tant à son "honneur", il n'aurait même pas rejoint le cygne noir. Non, c'était autre chose : il avait peur de ce que les gens pouvaient penser de lui. Et visiblement, il n'aimait pas assez Sophie pour combattre ses peurs pour elle.

"- Salut, Sophie...

- Biana devait venir, non ?

- Je suis là..." Depuis le long sommeil de Keefe, Biana ne cesser de disparaitre. Rien d'étonnant à cela, si ce n'était qu'à chaque fois, elle disparaissait plus longtemps, comme si elle voulait que plus personne ne la voie jamais.

-Bonjour, Sophie. toujours rien ?

-Non. Mais je vais rester au centre de soin pour veiller sur lui. Je te hélerai au moindre changement.

- Je... Il se réveillera, n'est ce pas ? demanda Biana. Tant de sentiments se bousculaient dans le coeur de Sophie... Des sentiments qui se mélangèrent pour ne former plus qu'un : la détermination.

- Oui, il se réveillera. Je t'en fait ma promesse.

- Enfin ! Notre Colibri se réveille !

- Forkle ??? s'exclamèrent Sophie Fitz et Biana. En effet, depuis la deuxième semaine de coma de Keefe, Ils n'avaient plus vu le vieil elfe boursouflé.

- Enfin ! dit Ro, se retirant du coin sombre où elle s'était terrée. Le Forklnator se décide à sortir de sa cachette ! Va t-il nous apporter sa lumière ou lâchement nous laisser tomber comme au cours de ces dernières semaines ? Sophie était hors d'elle. Comment pouvait t-il se montrer alors qu'il les avait laissé se morfondre sans la moindre nouvelle !

- Je vous comprends, et je mérite ce sarcasme. Princesse, vous feriez mieux de ne pas pointez cette dague vers moi !

- Ah oui ? Et qu'est ce qui m'en empêche, hum ?

- J'ai une solution pour sauver Keefe.

Chapitre 2 : La solution

"- C'est vrai ???!!!

Il fallu une minute à Sophie pour réaliser que c'était elle qui avait posé cette question.

- Comment ? S'écrièrent silmutanément Fitz et Biana. Sophie était heureuse, oui, mais... Ils avaient déjà tout essayé et rien n'avait marché, alors...

- Il faudrait sonder ses souvenirs pour parvenir à trouver une solution.

Sophie éclata d'un rire hystérique, sans la moindre joie

- Vous croyez peut être que nous ne l'avons pas fait ? Vas-y, Ro. Lâche toi.

- Non, Sophie ! Attends ! Sonder TOUS ses souvenirs. Y compris les dorés.

Soudain, le silence se fit dans la salle de soin. Biana arréta de clignoter, Fitz sembla à deux doigt de casser quelque chose, Elwin, qui venait de revenir lacha le flacon qu'il tenait entre ses doigt et Sophie... Comment étaient ils passé à coté d'une telle évidence ? Mais...

- On ne peut pas faire ça à Keefe, dit Sophie.

- Et bien moi, je serais ravie de découvrir les petits secrets de Lord Grassecoiffe, pas vous ?

- Ro...

- ...à raison. non pas que j'en serais ravi, mais découvrir ses secrets pourrait créer un lien très fort entre vous et développer ton instillation ! Surtout un certain secret, hum ? dit Forkle, en adressant un regard lourd de sens à Sophie...

Qui s'empressa d'oublier cet instant. Elle se tourna vers le visage de Keefe. Si beau, si paisible... Des larmes roulèrent sur les joues de Sophie. Non ! Pas question de se laisser emporter par l'émotion ! Pas maintenant...

- On ne peut pas lui faire ça, répéta t-elle. Quelle sera sa réaction s'il se réveille et l'apprend ?

- Oui, mais... Quel serait sa réaction s'il se réveillait des années plus tard et apprenait qu'on n'a pas tout fait pour le sauver ? murmura Biana. Sophie réfléchissait. ce n'était pas la réaction de Keefe, qu'elle redoutait. C'étaient les secrets en question. Surtout un en particulier... Mais elle devait tout faire pour sauver le jeune homme, peu importe les conséquences.

- Maintenant ?

- Voilà bien la combativité du Colibri ! s'exclama Forkle. Mais non pas maintenant ! Ce n'est ni l'endroit idéal, ni le bon moment ! Dans trois jours, se sera la pleine lune. A ce moment là, à minuit pile, ce sera le bon moment.

- L'endroit idéal ? On va devoir déplacer Keefe ? Demanda Fitz.

Forkle hocha la tête.

- Mais ou ? Dit Elwin.

- Le panacier de Calla... Dit Sophie.

-Oui, en effet, se serait l'endroit idéal, reprit Forkle.

- Enfin !!! Je vais pouvoir sortir de cet endroit ! Dis, charmante blondinette, tu crois que tu pourras demander à Edaline de préparer un festin de guimolles, d'éclatéroles et de boumobeurres ?

- Mais, Ro... S'il ne se réveille pas ?

- Je me contenterai de Boumobeurres, dit l'ogresse avec un petit sourire triste.

- Sophie, rentre à Havenfield. Si tu veux le sauver, il te faut du repos. Or, rester dans cette endroit, pour toi, c'est tout sauf du repos, déclara doucement Forkle.

- Je confirme ! renchérit Elwin avec un petit sourire.

Qu'il perdit bien vite face au regard noir que lui adressa Sophie.

- D'accord. Trois jours. Mais c'est tout. Et s'il ne se réveille pas, promettez moi de ne pas fuir comme vous l'avez fait. Promettez moi que je pourrai rester à ses cotés.

- Je te le promets. Maintenant, rentre chez toi. C'est valable pour tout le monde, d'ailleurs.

Sophie rentra chez elle, et les jours s'étirèrent jusqu'à devenir Trois, deux, un... Zéro.

Chapitre trois : Je t'ai toujours aimée

Et voilà, c’était le grand jour. Sophie avait passé la nuit à se ronger les sangs. Et dire qu’il lui faudrait encore attendre jusqu’à minuit ! Le soleil se levait tout juste sur Havenfield dans un magnifique dégradé de rose, orange, bleu et violet. Mais la jeune fille n’avait même pas l'idée de s’éblouir devant un tel spectacle. Elle se leva le cœur lourd de tristesse. Pourtant, cette fois, il y avait une étincelle d’espoir dans son regard…

- Quelle surprise, ça faisait longtemps ! Oh mon dieu ! Qu’est-il donc arrivé pour que ça puisse te mettre dans un tel état !

En effet, cela faisait bien longtemps que Sophie n’était pas reparue devant Vertina. En temps normal, Sophie aurait tourné les talons, mais… Elle avait besoin de tout raconter à quelqu’un. Et jusqu’à présent, elle n’avait trouvé personne à qui se confier. Combien elle redoutait autant qu’elle espérait soigner Keefe, ce qu'elle craignait de trouver parmi les souvenirs du garçons, sa peur de ne pas être à la hauteur, mais aussi sa relation compliquée avec Fitz. Car si elle était sûre qu'entre eux, c'était fini, elle aurait bien aimé qu'il retrouvent la même complicité qu'avant... Mais leur amitié semblait malheureusement brisée à tout jamais.

Alors qu'elle se confiait, les larmes coulaient sur ses joues.

- Eh bien ! C’était…Intense. Tu dois vraiment aller mal pour te confier à moi comme ça ! Franchement, tu devrais voir ta tête ! Si tu écoutais mes conseils, au moins tu serais…

- … Laisse tomber ! la coupa Sophie. Elle commençait à partir de sa chambre lorsque celle qui avait était si proche de Jolie l’interpela :

- Sophie ! Attend ! Je…Je suis désolée ! Je ne peux pas t’aider autrement qu’en te rendant plus… Présentable à ses yeux quand il se réveillera, alors… S’il te plaît, laisse-moi faire ! C’est ma façon de te consoler !

Sophie n’en revenait pas ! C’était la première fois que Vertina se montrait aussi gentille avec elle. Il fallait vraiment que la situation soit désespérée.

- …D’accord. Mais pas maintenant. Répondit Sophie avant de tourner les talons pour dévaler les escaliers. C’était sans compter le gobelin bien trop zélé qui attendait derrière la porte...

- Où allez-vous ?

- Heu… Prendre mon petit déjeuner comme toute personne normale ?

- Vous n’êtes pas normale.

- Je le savais déjà, mais c’est toujours agréable de se le faire remarquer ! Maintenant, tu peux me laisser passer ? S’il te plaît ?

- Où vous allez, je vais ! Déclara le gobelin, reprenant son éternel refrain. Et si je prends en compte votre air colérique et vos poings serrés, sans compter qu’en temps normal, dans une telle situation, vous avez le ventre si noué que vous ne pouvez rien avaler, vous ne comptez absolument pas descendre en bas pour rejoindre Grady et Edaline ! J’en déduis donc que vous voulez soit rejoindre Lord Bellecoiffe au centre de soin soit faire quelque chose d’autre de tout aussi dangereux !

- Et en quoi rendre visite à Keefe pourrait-il être dangereux ? Non ! Attends ! À la réflexion, je préfère ne pas savoir ! Mais si tu te poses la question, non, ce n’est pas ce que je voulais faire ! Je voulais… voler avec Silveny.

- Je ne peux pas vous accompagner, remarqua Sandor.

- Non, mais tu peux toujours me surveiller de la terre ferme.

- Si vous tentez de vous enfuir, je…

- Je ne partirai pas, le coupa Sophie. J’ai juste besoin de tout laisser et de m’envoler quelques instants.

Sandor hésita un bon moment avant d'acquiescer.

-Bien, mais si vous tardez trop, je n'hésiterais pas à venir vous chercher.

Sophie tenta en vain d'imaginer le gobelin musculeux sur le dos de Greyfell. Impossible ! Sophie renonça finalement à essayer de découvrir comment le gobelin comptait si prendre pour monter sur le dos du compagnon de Silveny.

Elle ne voulait pas perdre de temps avec ce genre de chimère

Partie deux du chapitre trois

Courir. Le plus vite possible. Et s'envoler loin de tout. C'était tout ce qu'elle désirait.

-Sophie ? Amie ? Aide ?

Demanda Sylvenie.

- Keefe ! Keefe ! Keefe ! Keefe !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

- heu... c'est à dire que... non, Keefe n'est toujours pas réveillé. Mais ce soir, je ferais tout pour le sauver !

- Promis ?

- Oui, promis.

- Sophie aimer Keefe.

-Oui, c'est vrai, il a toujours été quelqu'un de très important pour moi et... Attend, quoi ?! Non non et renon ! Je te jure que ce n'est pas ce que tu crois ! Arrête de me regarder comme ça ! Et de quoi on parle, d'abord ?!!! Ce n'est pas pour parler de ça que je suis venue te voir ! Et et... Enfin bref, je m'égare et je m'enfonce ! Je... tu pense que... On pourrait voler ? comme la première fois ? Sans le crottin à paillette, bien sur ! s'empressa t-elle d'ajouter devant l'étrange lueur des yeux de Sylvenie.

- Sophie. Amie. Voler. T'aime.

- Oui, moi aussi je t'aime, maman paillette.

Sophie grimpa su le dos de l'alicorne scintillante et... Elles volèrent comme elles ne l'avaient jamais fait. Indépendantes et surtout... Libres. Une lueur d'espoir s'alluma dans le regard de Sophie. Elle se battrait jusqu'au bout. Elle donnerait même sa vie pour sauver ses proches. Pourquoi ?

Elle était le colibri. Tel était son destin. Elle l'avait décidé.


Partie trois du chapitre... ben, du trois justement XD

La lune avait déjà remplacé le soleil depuis longtemps dans le ciel lorsque Sylvenie entama la descente.

Descente un peu trop brusque, d'ailleurs.

- SYLVENIE !!! Ont avait dit PAS de crottin d'alicorne !!! Elle foudroya la jument de son regard le plus assassin.

Sauf que l'alicorne l'ignora royalement, préférant retourner voir Greyfell.

- Cela évoque bien des souvenirs, n'est ce pas, Mlle Foster. Le conseil était là au grand complet. Ainsi que Fitz, Biana, Dex, Marella, Stina ? Marucca ? Wylie, Linh, Tam et Lueur. Laquelle n'avait d'ailleurs plus son infame costume, vestige de son appartenance aux invisibles. Elle portait désormais une sorte de cagoule violette ornée de joyaux. Le comité au grand complet était là, lui aussi.

- Pourquoi tant de monde ? demanda notre colibri. Et au passage, je me demande pourquoi on doit soigner Keefe à minuit pile un jour de pleine lune ! Ce n'est pas un peu absurde ?

- Oh, et bien... J'ai découvert que la pleine lune intensifiait la chanson du panacher de Cala. Et c'est à minuit pile que l'influence de la lune est la plus forte. Maintenant Sophie, tu ferait mieux d'aller te changer.

- Oh, euh oui ! bien sur ! bredouilla la jeune fille sous le regard moqueur de ses camarades.

Et pour une fois, elle suivit les conseils de Vertina jusqu'au bout. Une tresse complexe ornée de rubis et une couronne de fleurs rougeoyantes ornaient sa ravissante petite tête. Un maquillage doré mettait en valeur ses yeux marrons et un rouge à lèvre flamboyant recouvrait sa bouche. Une robe bustier bordeaux chargée de rubis découvrant ses jambes et une paire d'escarpins complétaient sa tenue. Et cette fois, lorsque Sophie se regarda dans le miroir, à la place de la petite fille effrayée elle vit une jeune femme belle, puissante et déterminé, que rien ne pouvait faire reculer. Elle était prête.

Quand Sophie parvint enfin (malgré ses périlleuses chaussures de torture) à rejoindre le panacier, tout le monde posa sur elle un regard de stupéfaction, d'admiration, mais surtout de profond respect.

-Tu es prête. lui dit Forkle. Vas y.

Et c'est ce qu'elle fit. Elle plongea dans la tête de Keefe, et rappela à elle tous les souvenirs dorés. Elle se prépara à ressentir une profonde douleur et à voir tout ce que lord Cassius et lady Gisela avaient fait subir à son fils, mais... Il se dégageait de ces souvenirs une chaleur, douce et profonde. Et Sophie se rendit compte d'une chose. TOUS ces souvenirs parlaient d'elle. Tous les moments, bons ou mauvais, qu'ils avaient passé ensemble, leurs espoirs comme leurs craintes, leur joie comme leur colère, leur amour comme leur tristesse... Un sentiment étrange l'envahit. Plus fort que tout ce qu'elle avait ressentie jusqu'à présent. C'est à ce moment là qu'elle comprit. Tous ces moments passés à éviter le sujet, à tourner autour du pot tout ça pour...

- Keefe...

Sans s'en rendre compte, elle approcha son visage du sien, doucement, tout doucement, et...

Ce fut... Un véritable feu d'artifice. Bien mieux que sa désastreuse première fois, ce baiser avait un goût de... Chocolat. Le cœur de Sophie se déchaîna. Et, sans même s'en rendre compte, elle instilla. Elle instilla tout son amour pour lui, sa joie de pouvoir l'aimer librement, et... Il lui rendit son baiser. Plus rien ne comptait. Ni le conseil, ni le comité, ni ses amis, ni même ses parents, pas même le "JE LE SAVAIS " tonitruant de Ro.

Enfin, Ils s'écartèrent doucement l'un de l'autre. Keefe effleura doucement la joue de Sophie et lui murmura :

"Je t'ai toujours aimée"


Chapitre 4

Sophie n'arrivait pas à dormir. Elle ne parvenait pas à oublier les événements engendrés par la guérison de Keefe. Est ce que... Ils sortaient vraiment ensemble ? Si oui, quel serait la réaction de Fitz ? Ou celle de Biana ? Quand enfin elle arrêta de se retourner sans cesse, ce fut pour tomber dans un monde de cauchemars...

Elle décida finalement qu'après tout, le sommeil, c'était surfait. Elle dévala les escaliers (suivie de près par Sandor) pour rejoindre ses parents.

-"Heuuu........... Vous allez bien ?

En effet, alors que Grady et Sandor arboraient la même grimace et le même regard assassin, Edaline ainsi qu'une bonne partie des gnomes présent affichaient un sourire béat et un regard rêveur.

-"Ce gar... commença Grady...

avant d'être coupé par Edaline :

-"Tu sais, Sophie, nous sommes très fiers de toi ! Vous formez un si beau couple ! Et votre mariage sera...

-"M'enfin ! Le mariage, le mariage ! Personnellement, je n'y trouverais rien à redire si elle n'en voulait pas !

Sophie aurait presque pu les trouver drôles, si ce n'était le sujet de la conversation... C'est à dire, elle ! Ne voulant pas s'éterniser davantage, notre charmante blondinette attrapa sur la table un fruit visqueux à l'apparence plus que douteuse mais au délicieux goût de croissant avant de s'enfuir au plus vite.

-"Ou pourrais-je aller... Pensa t-elle. Elle ne tenait pas spécialement à rester seule.

- Chez Dex ? Mouais... Les triplé dès le matin, très peu pour moi ! Chez Fitz, je ne préfère même pas y penser... Keefe, alors ?

Finalement, elle n'eu pas à hésiter plus longtemps. Ce fut Alden qui vint la chercher.

-"Sophie ! Bonjour ! Je... tu n'aurais pas vu Fitz, par hasard ?

-"Fitz ? Heu, non, pourquoi ?

-"Il a disparu ! On le cherche depuis 2 ou 3 heures. Tu n'a pas une idée d'où il aurait pu aller ? Vous avez était très... Proches, à un moment. Alors si il y a bien une personne qui peut savoir où il est, c'est toi.

-"Il n'a pas laissé un message, ou quelque chose dans le genre ?

-"Eh bien oui. Je me doutais que tu poserais cette question, alors...

Il lui tendit une enveloppe.

-"Elle n'est pas ouverte, fit remarquer Sophie.

-" Normal, elle t'était adressée à toi seule. Il aurait était malpoli de l'ouvrir à ta place.

Sophie, tremblante, ouvrit l'enveloppe :

Sophie,

Je suis, hélas, bien obligé de te dire que les évènements de la veille m'ont troublé plus que je ne l'aurais voulu.

Beaucoup de questions me traversent l'esprit. Mais je ne t'embêterai pas plus longtemps. J'ai décidé de

partir chez les humains. Peut être qu'ainsi, en évoluant dans un milieu pareil à celui de ton enfance, je te

comprendrai mieux. Ne me demande pas pourquoi, mais j'ai l'impression que si j'y arrive, alors j'aurais

accompli quelque chose. Ne me cherche pas. S'il te plait. J'en ai vraiment besoin. Oh, et... dis au revoir

de ma part à mes parents, ainsi qu'a Biana. Adieu, peut-être. On ne sais jamais, après tout.

Fitz

Chapitre 5 : Fitz

Fuir. Loin. Très loin. C'était la seule chose que Fitz avait pu faire. Mais ce n'était que maintenant qu'il se rendait compte que ce n'était pas forcément la meilleure solution. Il ne savait même pas où il était ! Heureusement, il avait pensé à se déguiser et à "emprunter" un peu de monnaie humaine à Dex. Il se trouvait au bord d'une route, dans un endroit froid et pluvieux. Malgré tout, le paysage était magnifique. Des buissons encadraient la route, ainsi que les montagnes et les lacs. Ces lacs avaient quelque chose de particulier... Cet endroit en lui même était magique. Il aurait pu rivaliser avec n'importe laquelle des cités perdues !

"Ouais. pensa le jeune homme. ça ne change rien au fait que je sois coincé au milieu de nul part sur une vieille route un peu bizarre pleine de moutons... Attend ! une seconde ! Qu'est-ce qu'ils font là eux ?" En effet, au beau milieu de la route, un troupeau de moutons noir passait, tranquillement. Ne sachant pas vraiment quoi faire, notre elfe décida donc de parcourir ce "drôle de chemin gris". Il finit par tomber sur une voiture. À l'époque où il parcourait le monde à la recherche de Sophie, il avait appris à connaitre ces étranges machines, bien qu'il eut toujours refusé de monter dans l'une d'elle. Profitant du fait que la voiture était arrêtée par un nouveau troupeau de moutons, Fitz interpela le conducteur :

"Excusez moi, monsieur ? Heu... pardon ! Je veux dire : Excusez-moi, madame ?"

La voiture dans laquelle se tenait la "madame" était vieille, cabossée et pleine de boue. La vieille femme se tenant à l'intérieur avait de longs cheveux blancs, bouclés. Ses yeux était verts... Un vert... hypnotique. Son visage était éclairé d'un sourire d'une infinie bonté. Les rides sur son visages, trahissant de longues années de labeur, n'empiétaient en rien sur sa beauté, au contraire. Elle portait un long châle en laine vert foncé, une longue jupe de velours rouge, ainsi que de vieilles bottes en cuir usé.

"Il n'y a pas de mal, jeune homme. Mais... que faites-vous donc ici par un temps pareil ? Montez !"

"Heu... C'est que... d'accord.

Vu les circonstances, il n'avait d'autre choix que d'accepter, bien que l'idée de monter dans cette voiture n'ait, pour lui, rien de bien rassurant, il fallait bien l'avouer. Une fois monté, il demanda enfin :

"Ma question risque de vous paraître bizarre, mais où sommes nous ?

"Mais enfin... Nous sommes au Connemara, bien sur ! L'Irlande pays étrange, remplis de mythes et légendes... Brr !

Décidément, il était vraiment tombé dans un drôle d'endroit.

"Mais au fait, jeune homme, quel est votre nom ? Comment se fait-il que vous ignoriez l'endroit où nous nous trouvons ? Je veux tout savoir ! En fait, se serait plutôt à moi de me présenter en premier, non ? Bon, alors, puisque tu y tiens ! Alors voila :"

Fitz avait déjà du mal avec la voiture... Ce moulin à parole ne l'arrangeait pas vraiment !

"Tout d'abord, je me nomme Saol. Ça veut dire "vie" en vieil Irlandais.

"Tu m'étonnes...

Ignorant la remarque sarcastique de l'elfe, Saol poursuivi :

"Je suis une des doyennes de ma "tribu". Comme tu es un étranger, tu ne dois pas vraiment comprendre ce que je dis ! En fait, au Connemara, il existe un mythique clan de gitans, dont personne ne connait vraiment l'origine. On dit que ce mystérieux peuple descendrait tout droit des elfes... Ha ha ha ! Je rigole ! Mon pauvre garçon, tu verrais ta tête ! Enfin bref, tu l'auras compris, je fais partis de ce clan ! à toi !"

Le garçon paniqua. Il n'avait en aucun cas prévu ce cas de figure ! Il réfléchit à toute vitesse. Une idée.. vite !

"Je... heu... En fait, je m'appelle heu... Gypsy ! "

"Tiens, c'est drôle ! Sais-tu que ça veut dire gitan en Irlandais ? Tu vois ! Nous étions destinés à nous rencontrer ! Allez viens ! Je t'emmène chez moi ! tu me raconteras tes péripéties !"

"... Vous y croyez, vous, au destin ?

"Oui et non ! Notre destin existe seulement si nous décidons d'y croire. Et toi dis-moi, quel est le tien ?


Flash back

Un trou. noir. profond.

Je tombe sans que mes mains ne puissent rien trouver pour se retenir.

Je tombe et je me débat

Je sombre et je hurle.

Je crie, mais personne ne m'entend.

Sous l'eau

Cette mer,

Qui était jusqu'ici si calme et si tranquille,

Se gonfle et se dresse devant moi telle une barrière, infranchissable.

Le mur retombe,

Et m'engloutis.

Et me noie.

Je tombe,

Et il n'y a plus personne pour me rattraper.

Soudain, l'eau s'écarte et je me redresse.

De l'air.

Des mains...

à qui sont-elles ?

Mes mains.

Les miennes.

Mais, qui suis-je ?

Des cheveux.

Blonds.

Une cape.

Grady.

Un blason.

Edaline.

Je crois que... je m'appelle...

Un prénom.

Sophie !

Enfin, le monde commence à apparaitre.

Mais il n'est pas clair. Il est brisé, fissuré.

Un souvenir...

Oralie... et... moi ?

La cache.

Soudain, un autre souvenir. Mais cette fois, ce n'est pas le mien.

C'est celui d'Oralie.

Le clan des gitans

Pff... Gypsie ! Non mais franchement, qu'est ce qui m'est passé par la tête ! pensa Fitz. En effet, même du point de vue d'un elfe, ce prénom n'en restait pas moins ridicule ! Finalement, il n'aurais peut-être pas dû suivre cette vieille dame ! D'autant qu'elle ne lui paraissait pas totalement normale, même pour une humaine... Depuis le début du voyage, elle ne cessait de faire allusions aux esprits, aux gnomes aux ogres, aux gobelins, et, surtout, aux elfes ! Lorsqu'elle mentionnait ceux-ci, elle regardait le jeune homme d'un air entendu.

Serait-il possible que... Qu'elle sache ? Non allons, ce serait franchement impossible ! Il ne s'agissait là que des délires d'une vieille femme ! Enfin, c'est ce que Fitz se disait pour se rassurer !

- Et voilà, nous sommes arrivés, mon enfant !

"L'enfant" en question remarqua la fierté et la douceur qui apparaissaient dans le regard de Saol alors que celle-ci regardait son clan.

Franchement, je ne comprend pas ! pensa-t-il. Comment peut-on éprouver autant de sentiments positifs pour un gros tas de bois enflammé, quelques chariots colorés, des...heu... animaux ( et après Sophie se plaint du fait que les animaux elfiques sont étranges !) ? et une bande d'allumés en costumes bariolés ! Ça me dépasse !

- Alors ? C'est beau, n'est ce pas ?

Aïe ! Que pouvait il répondre ? certainement pas : "franchement, non ! vous n'êtes vraiment qu'une pauvre vieille !"

- C'est, heu... très beau !

- Ah, toi, tu n'as de gitans que le le nom, ça se voit ! Quand toi tu ne vois qu'une sorte de tribu un peu bizarre et quelques tas de bois pourris et colorés, moi je vois... Un peuple. Une égalité. Une absence de catégorie. Ici, tu ne trouveras personne pour te dire : Toi, tu es riche, beau, alors comporte toi comme tel ! Ou encore : Toi par contre, tu es mal vue par la société, alors arrêtez de vous voir ! Non. Ici, tu peux être toi-même. Nous t'accueillerons toujours à bras ouverts. Vois-tu, Gypsie, j'ai l'impression que toi, tu ne t'es pas encore rencontré.

- Ah. Et ça veut dire que...

En réalité, Fitz ne comprenait que trop bien ce que lui disait la gitane. Seulement...

- Ça veut dire que tu ne te connais pas. Le seul toi que tu connais, tu le connais à travers les yeux des autres.

Elle regarda le garçon un instant, songeuse.

- Le plus dur, c'est de s'en débarrasser et d'être soi-même.

Elle avait prononcé cette phrase si doucement que Fitz manqua ne pas l'entendre.

- Aller, juste ! Je n'ai parlé que de moi pendant tout le trajet ! Résultat : J'ai la gorge sèche

Saol

Je suis transie de froid, et d'ailleurs, ça ce n'est pas un question de parler ou pas, enfin bref !

Et je n'en sais toujours pas plus sur le mystérieux voyageur aux yeux bleu-vert !!!

Alors maintenant, tu me suis sans protester dans ma roulotte pour tout me raconter. Par contre, je te préviens, depuis peu, je vis avec ma petite-fille. Alors reste sur tes gardes, c'est un vrai chien enragé ! Son regard s'assombri. Si seulement je pouvais faire quelque chose pour elle... Malheureusement, je ne sais pas si elle même a envie que l'on fasse quelque chose pour la sauver. Enfin bref ! Je vois bien que je t'ennuis avec mes histoires ! Allez, allons le boire, ce chocolat chaud !

Le secret oublié...

C'est la nuit. Pourtant, chaque chose semble nimbée d'une étrange lueur... La lune, pleine, fait régner dans la plaine une étrange atmosphère. Au milieu de la clairière se tiennent deux miroirs, face à face. L'un est orné d'un soleil et de diverses dorures tandis que l'autre, argenté, est décoré d'une lune et d'étoiles. Soudain, ils se mettent tous deux à scintiller. Du miroir doré sort une elfe au longs cheveux blonds. Ses yeux sont du bleu le plus pur et ses mains sont blanches et délicates.

Oralie... Les joues de l'elfe se colorèrent de rose lorsque elle aperçut le personnage émergeant du second miroir. Cette fois, l'elfe qui en sort est un homme. Une crinière rousse et un grand sourire caractérisent son visage.

Kenric... Le conseiller avança d'un pas sûr, déterminé, et prit la frêle jeune femme dans ses bras.

- Kenric... Tu es sûr que personne ne sait où nous sommes ?

L'homme lui sourit, et la serre encore plus fort.

- Tu sais ce qui nous arriveras, si quelqu'un nous découvre. N'est ce pas ? reprit Oralie.

- Je ne laisserais personne te faire du mal, d'accord ? Jamais !

Enfin, les deux amants se lâchent et s'écartent.

- Que voulais tu me dire de si important pour me faire venir ici ? Tu sais combien ce lieu est sacré !

- Oui, je sais... mais... Crois moi, ça en vaut la peine.

Oralie fronça les sourcils. Kenric était bien trop calme. Quelque chose n'allait pas...

- Dis moi. Est-ce au sujet de tu sais quoi ?

- Oui.

- Alors... Tu as découvert... la réponse ?

- Oui.

- Et... C'est bien ce que nous pensions savoir ?

- ...

- Kenric ! répond moi ! Notre origine, à nous, les elfes... c'est bien ce que nous avons toujours dit ?!

- ...Non.

La jeune femme (enfin jeune femme... du point de vue des elfes !) s'écroula.

Non, ce n'était pas possible... Si elle avait bien compris ce que venait de lui dire Kenric, cela voulait dire que...

Autrefois, les humains étaient des elfes.

Daydré

Fitz et Saol se dirigèrent vers ce qui semblait être la maison de la vieille femme. Fitz avait déjà eu l'occasion de voir des roulottes, lorsqu'il parcourait les cités interdites à la recherche de notre colibri, mais il n'était cependant jamais entré dans l'une d'elles... Celle-ci, toute en bois, était particulièrement colorée. Longue, large, elle n'en faisait pas moins penser à une simple cabane comparé à Everglen ! Des fleurs de mauve poussaient partout autour du logement, qui possédait également un auvent couvrant une minuscule mais charmante petite terrasse de bois.

- Allez, entre ! s'exclama Saol, déjà à moitié à l'intérieur. Je ne vais pas te manger !

- D'accord...

Le jeune homme entra, peu rassuré à l'idée d'entrer dans la roulotte, qui lui semblait bien fragile. À l'intérieur, un feu de bois brulait dans l'âtre, répandant autour de lui une lueur chaude et diffuse. À gauche, il avait été installé un petit coin cuisine. Les meubles en bois brut semblaient avoir été fait main. Fitz était perplexe. Où était le four ? Il comprit alors que la gitane devait faire cuir ses repas dans l'énorme poêle. Dans cette petite cuisine de fortune, une petite table pliante croulait sous le poids d'un énorme gâteau au chocolat. Il y avait également une bonne centaines de pots colorés reposants sur une étagère branlante. À droite, un petit salon semblait vous invitez à venir vous assoir au coin du feu. Un vieux canapé de cuir tout craquelé était recouvert entièrement de couvertures, coussins, et foulards coloré, le rendant presque attirant. Une vieille bibliothèque remplie de vieux livres aux pages jaunies chancelait juste à côté du canapé. Sur le sol, un énorme tapis oriental tout de velours reposait sous une table basse en rondins de bois. Il y avait, disposé un peu partout, une multitudes de poufs colorés. Lorsque Fitz leva la tête, il remarqua la présence d'une mezzanine.

Sûrement la chambre ! se dit-il, en voyant dépasser un bout de couette ainsi qu'un oreiller. Tout en observant la "cabane", il se dit qu'il manquait quelque chose...

-"Excuse-moi Saol mais... Je ne vois pas de salle de bain ni de toilettes. Comment fais-tu pour te laver et pour... Enfin tu vois, quoi !

-"Non, je ne vois pas ! Qu'est ce que tu veux dire ?

-"Euh, ben... Tu sais, quand on va aux toilettes, on... enfin... heu...

_"HA HA HA HA HA !!! Tu verrais ta tête ! Mon pauvre, tu es tout rouge ! HA HA HA ! Je te taquinais, je vois très bien de quoi tu veux parler, ne t'inquiète pas !

-"Eh donc ?

-"Donc quoi ? Ah, oui ! pardon ! Pour se laver, on a la rivière ! Et pour les toilettes, il y a les toilettes sèches !

-"Oh, d'accord... Eh bien, pensa-t-il, voilà qui ne sera pas gênant du tout ! En-fait, vous ne m'aviez pas dit que vous viviez avec votre petite fille ?

-"Oui ! Tu pourrais allez la chercher, s'il te plait ? Elle doit être assise au bord de la rivière !

-"Mais... Il y a plein de gens assis au bord de la rivière ! Comment est ce que je pourrais la reconnaitre ?

-"C'est simple ! Elle te ressemble. Elle non plus ne se connait pas, et elle a l'air aussi perdu que toi... Bon courage dans tes recherches, et à tout à l'heure ! Le chocolat chaud t'attend :) !

Fitz sortis sans un mot. Qu'avait voulus dire Saol ? Il savait très bien qui il était ! Enfin... À peu près. Tout autour de la rivière, il n'y avait que des adultes. Fitz s'éloigna donc. Il avançait vers un vieux quai qui lui semblait pratiquement désert, lorsqu'il l'aperçut. Elle était de profil, l'elfe pouvait donc voir son visage. Le jeune homme se cacha derrière un érable dont les feuilles rouges et or volaient en tous sens...

Pourquoi est ce que je me cache ? pensa Fitz. Ça n'a aucun sens ! Il suffit d'un seul regard vers la jeune fille pour que le coeur du jeune homme se mettre à battre plus vite. Elle avait de longs, très longs cheveux roux. Ses yeux verts étaient entourés de noir, et ses longs cils étaient alourdis par une épaisse couche de mascara. Ses lèvres étaient peintes de noir. Elle était vêtus d'une longue robe noire, elle aussi, comprenant plusieurs jupons. Un corset noir (oui, encore) lui serrait la taille, et ses mains étaient recouvertes de mitaines résilles. Ses doigts, recouverts de bagues, étaient extrêmement pâles, tout comme le reste de sa peau. La jeune fille avait au pieds de grosse bottes de cuir noir à lacets. Elle tenait un téléphone, qui diffusait une musique triste et lentes. Des larmes perlaient ses joues, tel la rosée du matin sur une rose.

Une rose... noire. songea Fitz. Il soupira, et portât sa main à sa poitrine, ou son coeur battait vite. Trop vite.

Lui, Fitz Vacker... Pouvait-il vraiment tomber amoureux d'une humaine ?

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